Souvenirs de mer

17 octobre 2005

La flotte des sous-marins de Paris

Oui, ça existe ! La Préfecture dispose d’une flotte.

- Ce genre de sous-marin n’est pas réellement conforme à la première idée qu’on s’en fait, en n’en connaissant pas le contexte...

- Ce qui suit nous fut raconté durant un repas de midi au restaurant près de chez Alcatel à Colombes, par un de mes stagiaires durant un stage. (article nr 21 "Qui je suis")

- Je recevais cette semaine là les techniciens radios de la Préfecture de Police de Paris, une équipe particulièrement indisciplinée et sympathique en même temps :
- Tout le contraire des Gendarmes qui m’ont fait une sacrée surprise, car ils furent le seul groupe de stagiaires dont TOUS arrivèrent à l’heure le lundi matin (11h00 sur les lettres de convocation). Ils étaient même déjà là, à 10h00... C’est incroyable, en 2005 je n’en reviens toujours pas. La Police ne saurait en dire autant...
- Cela dit, mes stagiaires étaient en général tous présents à 14h00 et les vrais retards étaient fort rares. Sur la totalité des gars d’où qu’ils viennent, je n’ai pas vu un seul personnage antipathique, c’est dire que cela se passait fort bien. (article nr 21 "Qui je suis")

- L’un des policiers était un ancien de la Royale, un "ex" des bateaux noirs de surcroît. Constatant avoir affaire à un autre ancien marin, nous avions des choses à nous dire. Il fit entre autres choses, allusion au fait qu’il continuait à Paris à fréquenter les sous-marins, mais pas vraiment les mêmes que ceux de la Royale...

Un sous-marin parisien pris au hasard

- Les trois policiers commençaient à s’impatienter. Il fait toujours chaud en Août à Paris, surtout à bord d’une fourgonnette de fleuriste, même celle d’un fleuriste qui ne transportera jamais de fleurs et même si sa décoration sait faire envie aux véritables fleuristes.

- "Quatre semaines jours et nuits qu’on fait les cons ici. J’en ai ras la casquette et n’y crois plus ! Ce tuyau est crevé. "Ils" seraient déjà venus ces cons-là. Javert est aussi dur que celui de Victor Hugo !"
- "C’est pas Jean-Valjean que notre Javert il veut chopper. Tu peux te remotiver camarade ! Et nous avons de la chance, nous avons le plus beau sous-marin de la Préfecture de Police pour cette planque :
- Décoration extérieure modulaire modifiable en dix minutes chaque soir, toilettes chimiques, jeux de cartes, périscope discret sous l’enseigne de toit, système radio Tétra inviolable par un scanner classique, lecteur de CD, et pour finir, une insonorisation totale. Personne sur le trottoir ne peut nous entendre parler. Que demande de plus le peuple de Paris ?"

- "Mais la "climate" Bertrand ! La climatisation nom de Dieu !!"
- "On l’aura l’année prochaine... Sois patient ! Tu es jeune Miloud Azédine ! Dans la Police le travail consiste souvent plus à attendre que dans l’action directe. La relève de la garde, c’est dans moins de deux heures... Sois cool.
Tiens !! Là ! J’ai un gars bizarre dans le viseur. Mais qu’est-ce qu’il fait ce gonze ?"
- "Fais voir un peu Roger ?"
- "Regardes..."
- "Non ! C’est pas l’un d’eux, merde. Mais c’est louche. Et la porte de l’immeuble ? On n’a pas une bonne place aujourd’hui. C’est pas d’hier que c’est dur de parquer son char à Paname."
Dit-il en imitant fort mal l’accent de Québec.

- Roger s’exclama soudain en commençant à comprendre ce que l’individu observé faisait, il essayait d’ouvrir chaque voiture l’une après l’autre. Heureusement il n’avait en apparence pas d’outils et il restait une dizaine de véhicules avant la fourgonnette du fleuriste imaginaire Euroflora-Citygroup, qui avait un vrai centre d’appel pour répondre au téléphone : le Nautilus.

"- Putain quel con ! Heureusement les portes de devant ne sont pas faciles à ouvrir..."
L’espace arrière "habitable" pour la mission clandestine était séparé du poste de conduite.
Exprimant sa crainte, Yann prit le microphone et pianota sur le clavier pour appeler et informer Nautilus"... (le "centre nerveux" sous-terrain lui, de la Préfecture de police de Paris)
- "Quelle merde !" commenta Miloud.
- "Heureusement qu’il n’y a rien dans l’habitacle qui nous identifie clairement. Il va descendre après avoir vidé la boîte à gants..." précisa Yann.
- "Si ce connard veut tirer l’autoradio, il va se demander ce que c’est que ce bazar..."

- "Nautilus" leur souhaita bonne chance car il n’y aurait rien à faire si l’individu réussissait à ouvrir. Il s’approchait peu à peu, inéluctablement. Il restait l’espoir nécessaire que le gars réussisse avec une autre voiture. C’était bien la première fois que Roger souhaitait la réussite d’un vol de voiture !

- Le canard était maintenant sur place. Observant avec concupiscence cette jolie fourgonnette neuve, il en fit le tour. Puis ce qui n’était pas visible de loin avec le périscope fut hélas rapidement constaté :
- Le voleur disposait d’un outils sophistiqué, il s’installa donc sans grand problème au volant.
En quelques minutes le moteur tournait, tandis que Roger lançait un pathétique SOS par radio pour supplier "Nautilus" de venir à leur secours.

- Abdel Kader Abdelaziz était content de lui :
- Il avait longuement hésité en essayant son outils sur une dizaine de voitures. Mais de loin il avait immédiatement ressenti l’envie irrésistible de se taper la fourgonnette de fleuriste du bout de la rue.

- Ce serait plus original que tirer la BM d’un blaireau. D’autre part, elles sont fort difficiles à faire démarrer ces salopes de BM...

- Abdel Kader était un romantique. Il pensa donc que ce soir, Karima serait couverte de fleurs.

- Pendant ce temps au PC sous-terrain Nautilus de la Préfecture de Police, le commissaire Javert observait avec colère le spot GPS du sous-marin volé se balader sur la vaste carte murale de Paris. Ah les cons !!
- C’est ainsi que Karima a dû venir régulièremet à Fresnes quelques temps, pour apporter des chocolats belges...

- Tout ça ne s’invente pas, ce sont les sous-mariniers de la Police au travail...

- Bien navicalement Thierry Bressol OR1
- Autre sous-marin parisien, merci à :
- http://www.chroniques-nomades.net/chronics/0203_paris/sous-marin.htm

- Sa vision stupéfie les passants... Quoi ? Ai-je bien vu ? Un sous-marin sur la Seine ? On se frotte les yeux pour s’assurer que l’on n’a pas rêvé. Mais non ! Il est bel et bien là, amarré au bord d’une étonnante barge militaire, à deux pas du camping du Bois de Boulogne. Maurice Delignon, 72 ans, alias capitaine Momo, en est l’heureux propriétaire. (Même s’il cherche aujourd’hui à s’en séparer). Long de 22 mètres de long (pour 5 mètres de large), le submersible est tout bleu. C’est la réplique fidèle, quoiqu’en modèle réduit, du Skipjak américain sorti des chantiers navals de l’US Navy en 1959. Construit en Côte d’Ivoire où Maurice Delignon vécut près de 30 ans, l’embarcation fut, un temps, aménagé en restaurant avant de se transformer en cabaret au milieu des années 90. Equipé d’une cuisine, d’un bar (en acajou), d’une piste de danse et de nombreux canapés et fauteuils évoquant le monde imaginaire de Jules Verne, le sous-marin a même hébergé, une saison, une compagnie de « Chippendales » ! Sur son flanc, l’immatriculation fantaisiste C105, renvoie au passé tumultueux de son propriétaire. C 105 ? C’est en effet la cellule 105 de la Santé où Maurice Delignon purgea une peine de quelques années d’emprisonnement pour avoir fait sauté le château de son père à la dynamite. A la suite d’un « différend » familial, explique-t-il, simplement.

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/