Souvenirs de mer

1er janvier 2006

Noël à bord, ce n’est pas toujours drôle...

Les fêtes de fin d’années à bord se passent en général assez bien, plus ou moins bien, pour rester exact. Cela dépend de fait de qui est à bord et du navire. Mais on ne l’oublie jamais.
- J’ai eu de la chance en général, car une seule fois cela s’est mal passé pour moi. Encore que... Je suis toujours vivant.

(corrigé le 14 janvier 2006 et le 24 Déc. 2008)
- Thursday, December 23rd, 2004 10h28 PM
- Les fêtes de fin d’année à bord.

Mon Noël de 1983 eut lieu à quai à Hambourg à bord du Pointe Sans Souci. Ce ne fut pas l’un de mes meilleurs souvenirs de mer, même si avec le recul du temps je suis devenu un peu tenté d’en rire et...
- Ca va mieux en le disant....

Le piano du Pointe Sans Souci ici retrouvé

D’autre part, nous n’avions pas encore perdu le piano qui fut retrouvé
à bord du CGM Normandie puis débarqué pour rejoindre le second Marion Dufresne...
- Je n’en reviens toujours pas.
- A bord du Pointe Sans Souci j’étais ce soir-là "Officier de Garde".

Malgré le fait mal connu à bord de ce navire français que la population allemande fait toujours "le service minimum" pour Noël, nombre d’entre nous sont partis faire un tour à terre durant une bonne partie de la nuit. Ils y trouvèrent donc une ville morte.

Le PC bananier polyvalent Hornstar, ex Pointe Sans Souci (un "Super Pointe")

Ce maudit bateau "décida" d’emmerder son officier de garde, c’est à dire moi, toute la nuit du 24 au 25 :
- Presque toutes les alarmes "délicates" m’ont "dérangé" (pour rester poli) :
- Incendie, inondation à la machine, température des bananes, chaudière de
mouillage, défaut électrique, refus de démarrer du 3ième groupe électrogène, etc.
- Ah ! Le c...!! Autant en manuel qu’en couplage automatique, intrusion de clochards bruyants à bord etc... J’ai presque tout eu, sauf la destruction du navire.
- Cela commença "en fanfare" par un vrai début d’incendie à la machine interrompu avec la mousse par "mes soins". Durant les efforts ultra-précipités et mal compétents en "machines" de l’officier radio que j’étais, pour déclencher la mousse sans l’aide des officiers mécaniciens tous absents, j’ai ouvert une vanne qui fit rentrer de l’eau dans le fond de la salle des machines à cause de travaux en cours que je ne pouvais pas prévoir. Quel bazar !

La chaudière s’arrêta puis refusa longtemps de redémarrer malgré mes
tentatives trop nombreuses et maladroites pour lui botter le cul...
Les instructions du manuel de l’officier de garde intitulé :
- "Devenez Officier de Garde du Pointe Sans Souci en Douze leçons"
(gag amusant que je devais retrouver des années plus tard aux Câbles)
n’étaient pas très adaptées à cette situation imprévue. Mais cela me fut expliqué, mais après coup bien sûr...

Le Pointe Sans Souci à Hambourg

Cette mauvaise fille (la chaudière de mouillage) aurait pu non seulement connaître des avaries graves à la suite de ces manipulations mal adaptées, mais elle pouvait aussi me sauter à la figure, ce que je n’ai su et pu comprendre que le lendemain...
- La nuit se poursuivit avec des alarmes de températures des bananes, les seuils de déclenchements étant réglés "trop juste".

C’est un bien Vaste sujet que la surveillance de la température des bananes...
- Il faut +12°C ! Un point, c’est tout !
- Et dans les faux-ponts "frigo" cette énorme masse de cartons de 19 Kg de
bananes chauffe très naturellement. Cela fut, même si à l’extérieur il faisait - 17°C...
- Tout cela demande de l’énergie et le bananier Pointe Sans Souci disposait
d’une énorme puissance électrique par conception, naturellement. Mais ce
soir-là j’ai eu des "black-out" à répétition...

C’était un problème de couplage automatique des Groupes Electrogènes,
résultat idiot d’une fausse manoeuvre commise la veille.
(dixit le Chef le lendemain, il essaya tout pour me consoler)
Tout était conçu très "presse-bouton" à bord, mais il m’a fallu forcer les choses :
- Séparer les "barres" avec les gros disjoncteurs, puis coupler "en manuel" avec l’aiguille sous les yeux.
- Notre Chef mécanicien et notre Commandant devaient s’inquiéter au moins un peu, en rentrant ensemble à bord très tôt le matin dans leur taxi qui faisait le tour des bassins :
- Ils ont pu voir les lumières du navire s’éteindre et se rallumer trois fois de suite, si je me souviens bien. Ca fait désordre...
- En remontant chez moi j’ai croisé le Chef mécanicien inquiet et aussi fatigué que moi dans les coursives, mais pas pour les mêmes raisons. Il me donna aussitôt une petite information qui stabilisa définitivement la situation puis nous nous sommes quittés en nous félicitant, avec les bons voeux d’usage.
- Le Cdt a vite "disparu", comme tous les autres.

Le Pointe Sans Souci existe toujours, même s’il fut démoli à Alang....

L’intrusion à mon bord de deux clochards ivres et (surtout) frigorifiés, fut finalement accepté par l’officier de garde que j’étais, à bon gré mal gré car il n’y avait RIEN sur les quais de ce bassin pour s’abriter et la température les aurait probablement tués je suppose.

Comment ces deux cornichons ont-ils fait pour se retrouver là, en pleine nuit de Noël sur ces quais déserts et démunis totalement, "loin de tout" au risque d’en mourir de froid ? Quelle inconscience ! Car j’en connais quelques uns, qui en respectant trop strictement les consignes et règlements...
- Cela dit, c’était Noël et presque tout est permis cette nuit-là. J’ai hésité de fait entre deux opinions, pour finalement les adopter ensemble :
- Penser "Quels emmerdeurs !" En plus ils a fallu les "materner", dans l’état où on les a trouvés au pieds de la coupée aussi appelée "gang-way" ici en Belgique.
- Et d’être bêtement content d’avoir fait une bonne action.
- Rien ne me fut reproché et les voir se "décongeler" peu à peu de la sorte grâce à nous, cela faisait plaisir à voir ! Quelle nuit ! Pourtant, le lendemain au matin tout allait bien sauf moi qui faisait la gueule...
- Le second mécanicien m’expliqua :
- "Tu sais, c’est plus con que méchant tout ce qui t’est arrivé...."
- J’aime mieux ça ! Mais je faisais la gueule quand-même.

L’original n’est plus de ce monde, mais le Sans Souci existe toujours

Ceci dit, Noël à bord, en général, ça se passe mieux et sous le signe d’un Menu excellent. Le dessert "Mar-Mar type", l’omelette norvégienne, restera dans ma mémoire, en particulier avec les excellentes équipes de cuisine de la Cie de Navigation Denis Frères et de la Sté Navale de l’Ouest.
Merci encore à Mr Magnon, Intendant Général du bureau de la "Denis" à Dunkerque. Il faut rendre hommage à ce genre de professionnalisme devenu rare aujourd’hui. Aux navires Câbliers de France Telecom aussi, la "DTRE", on savait bien se nourrir à bord. Des anciens des Cuisines de la Cie de Navigation Denis Frères et SNO y ont d’ailleurs navigué, la preuve en est...

A bord des navires câbliers, on mangeait presque aussi bien qu’à la Cie de Navigation Denis Frères.
(La fin d’année à bord chez France Telecom, avant la "mécanique Orange" !)

Pour ne pas évoquer les autres plats typiques de la Cie Denis Frères, tel que les plats avec du rouget par exemple. La convivialité qui régnait à bord durant cette période, je ne l’ai pas aussi souvent rencontré depuis "à terre", fort loin de là.

Bien "navicalement" Thierry BRESSOL - R/O
- Saint-Lys Radio en fin d’année Avec la DTRE aussi on mangeait bien !

Le Navre Câblier Vercors "saisie" à Sydney dans les années 1990


- Cadeau de fin d’années aux Chinois à Dunkerque
- Repas et Vins à bord
- Pride of Baltimore. Qui a dit qu’on mange mal aux USA ?
- Plan du Site "Souvenirs" & Marine Inconnue
Bon vent, bonne Mer à quiconque navigue !

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