Souvenirs de mer

5 décembre 2008

Piratologie Marine

Petite étude du grand retour de la piraterie maritime.

A propos de la piraterie du 21ème siècle avec :
- Marine Inconnue, Mer et Marine et le portail des sous-marins et...
- Les autres sites de la vaste toile qui évoquent et évoqueront le sujet en nous apportant quelque chose de nouveau, instructif ou informatif et cohérent.

(En ligne le 15 Décembre 2008)

La piraterie maritime a toujours existé, elle a donc pleinement sa place à mon bord depuis le lancement du site :
- PIRATERIE en POLYNESIE en 1891 - 1 & PIRATERIE en POLYNESIE en 1891 - 2
- PIRATERIE. Qui étaient les Rorique ? - 3 & Les vrais pirates de la Bounty
- Henrique Galvao le pirate sans but lucratif.
- Revue de Presse consacrée aux pirates (mise à jour régulière)

Il me semble que le monde médiatique Européen ou Français n’a pas autant évoqué la piraterie en mer depuis fort longtemps.
- Depuis plus d’un siècle maintenant ce phénomène restait principalement maintenu à l’état d’un sujet de film d’aventures. Soudain à la fin 2007, le revoilà ! Cela ne veut pas pourtant pas dire qu’il avait disparu, bien au contraire. Il était tout simplement beaucoup moins souvent exposé à la vue du grand public le moins directement concerné. La piraterie maritime a toujours existé et je suis même prêt à parier sans grand risque de me tromper, que ce sera ainsi probablement jusqu’à ce que l’Humanité arrête d’envoyer des Marins naviguer sur les vastes étendues marines. Arrêter ça ? "No sé" mais ce n’est pas demain, pas plus que les autres formes de la criminalité hélas.

Le transporteur de colis lourd Internavis 2. Bas sur l’eau il était plus facile de...

Ce fut donc dans l’indifférence générale qu’en 1979 "l’Internavis II" fut attaqué sans succès par les pirates de Lagos, bien moins audacieux et surtout moins équipés que ceux de la Somalie d’aujourd’hui. D’autre part ce fut un "non-évènement" car on les a repoussés avec nos lances à incendie et l’aide de quelques "gadgets" dangereux mis en oeuvre grâce à l’un d’entre nous, Indépendantiste Breton de son état. Il avait sans aucun doute une joyeuse fiche de police celui-là... L’Internavis II fut à la fois le navire de mon premier voyage dans la fonction d’officier et celui à bord duquel le jeune homme que j’étais, a connu son premier contact avec la violence du Monde.

L’ex "Internavis II" est aujourd’hui Turc, il a 30 ans déjà ! Un dur...

Cela dit je suis certain qu’on m’a pris pour un mythomane quand j’ai raconté cette aventure en rentrant chez moi pour mes congés quelques semaines plus tard, en dehors du milieu maritime. Pourtant c’est arrivé. Celles ou ceux qui m’ont alors pris pour un farfelu peuvent y repenser aujourd’hui régulièrement en regardant le journal télévisé de 20H00, qui évoque ce sujet en général avec une certaine maladresse. Depuis la seconde partie du 19ème siècle ce phénomène était partout en régression tout simplement, parce que les Etats du "monde civilisé" devenaient très forts.
- Comme par hasard la piraterie maritime s’est maintenue dans toutes les zones maritimes où les Etats voisins étaient fort peu "présents" ou ne le sont pas ou même, ne le sont plus du tout. Ce fut longtemps par exemples, le cas du détroit de Malacca ou de la rade de Lagos au Nigéria.

Les pirates font depuis si longtemps partie du paysage culturel et social maritime, que les termes les plus simples de notre jargon professionnel sont restés profondément marqués par les nécessités des temps anciens :
- Que reconnaît-on à l’intérieur du mot "armateur" ? Il désigne d’abord le patron d’une Compagnie de Navigation, mais autrefois naviguer signifiait aussi au-delà du commerce, savoir se défendre. Ne dit-on pas encore à l’époque d’Internet, du GPS, du GMDSS et des porte-conteneurs géants "armer," ou "désarmer" un navire exactement comme (avec plus de précision linguistique) dans la marine militaire ? On pourrait plus simplement dire "équiper" un navire, mais on parle de son "armement". Pourtant il n’y a souvent qu’une seule arme à bord et elle reste enfermée dans le bureau du commandant. A priori elle doit surtout ne servir à rien.
- Navires en mer sans défense ?

Non, ce n’est pas le Polyphemus, c’est l’Atlantis. C’était surtout "pas de chance" ! Ou "télégraphier, c’est mourir"...

La façon dont les activités marines sont trop souvent abordées par les médias rend les choses peu claires pour quiconque n’a pas été "élevé" dans le monde maritime. En effet tout le monde n’est pas "tombé dedans quand il était petit"... Un pirate est un délinquant criminel qui "exerce" sur mer, dans les airs ou maintenant sur la vaste toile d’Internet. Il ne doit pas être confondu avec un corsaire, qui était (quand cela se faisait encore) un armateur privé détenteur d’une "lettre de course", c’est à dire un document l’autorisant à mener des actions de guerre maritime pour le compte de l’Etat dans un cadre très défini et généralement restrictif.
- Robert Surcouf ne faisait pas n’importe quoi en mer, il faisait la guerre contre les Anglais au Service de la République, même si c’était aussi pour se remplir les poches...

Robert Surcouf, Corsaire ou Marin devenu business-man et bon bourgeois de St-Malo...

Au vingtième siècle les corsaires ont tous disparu, mais pas les pirates. Cela dit durant les deux guerres mondiales le terme est revenu sur le devant de la scène pour un temps parce qu’une partie de la guerre sur mer pourtant menée très officiellement par la Marine Allemande, se déroula avec des navires marchands qui il faut l’avouer, avaient reçu quelques équipements en plus, qui n’avaient rien de civil...

Le côté farce existait c’est sûr, mais ce n’était pas vraiment pour rire... Ici le vrai visage de l’Atlantis.

Ce fut une guerre "non conformiste", au moins autant que celles des corsaires d’autrefois.
- Luckner et le Seeadler, le dernier corsaire à voiles (la guerre insolite sur mer en 1914/1918)
- Rogge, un des corsaires des années 1940 (une encore plus dangereuse récidive)

L’Atlantis, le château et la passerelle, observez les sabords

Ceci doit nous inciter à nous souvenir de ces hauts faits maritimes originaux et spectaculaires aujourd’hui trop méconnus de la guerre maritime au 20ème siècle. On les a appelés "corsaires" à cause de leur méthodologie, mais ces derniers n’étaient pas sous statut privé comme autrefois. Ils étaient des marins militaires.

Le comte Von Luckner, petit fils du Maréchal de France Nicholas Von Luckner, guillotiné sous la Révolution pour avoir exigé son argent...

Le commandant Rogge raconta plus tard qu’il se fit souvent traiter de pirate par les équipages qu’il recueillait à son bord, après avoir "visité" et coulé leur navire. Ceux-ci étaient pourtant bien obligés de constater qu’ils faisaient les frais de rien de plus qu’une mission de guerre. En 1945 quand le temps de rendre des comptes fut venu en Allemagne, on n’a rien trouvé "de tordu" dans les affaires du commandant Rogge, qui participa par la suite à la reconstruction de la Marine Militaire de son pays en terminant sa carrière dans les années 1960 avec le titre d’Amiral et en faisant l’admiration de tous.

Le commandant de l’Atlantis, le capitaine de frégate Bernhard Rogge, plus tard amiral et l’un des fondateurs de la Bundesmarine.

Pendant la seconde guerre mondiale la piraterie maritime recula considérablement car les Océans étaient alors presque entièrement ratissés dans tous les sens par des navires et des avions de guerres qui avaient pour le moins "la gâchette facile"...
- Aujourd’hui au début du 21ème siècle, il n’y a plus de corsaire mais les pirates sont de retour. Le phénomène se faisait discret depuis les années quarante. Il est vrai que la période dite des "trente glorieuses" n’encourageait pas la mise en valeur de ce genre d’activité maritime. Au contraire, le monde maritime participa à sa façon et joyeusement à la révolution technologique de la fin des années soixante.

PC de la CMA-CGM sur le Canal de Panama, à la Tranchée de la Culebra.

1968 ne fut pas seulement la "révolution inachevée" ça et là, bien au contraire car au point de vue scientifique et technologique, "ça" a beaucoup avancé et pas qu’un peu... C’est en effet durant ces quelques années que sont nés les microprocesseurs, les premiers porte-conteneurs, les premiers supertankers, l’automatisation de la salle des machines permettant la suppression du "quart en bas" en dehors des heures de travail d’entretien, en réduisant les fonctions de "conduite des moteurs" et l’effectif des mécaniciens à bord pour ne citer que cela, sans oublier la généralisation de la radiotéléphonie dite "BLU" et l’apparition du radiotélex "TOR" etc...

Le supertanker Sirius Star, à ce jour la plus belle prise de tous les temps...

Les pirates sont donc de retour. Naturellement ils nous fabriqueront avec le temps de très intéressants éléments d’un nouveau folklore maritime, qui va fatalement se renouveler considérablement. Ce folklore sera cependant beaucoup moins romantique que les pirates des Caraïbes au 18ème siècle. Si ces derniers sont devenus romantiques, on ne pense pas toujours que c’est aussi parce que leurs nombreuses exactions sont en général oubliées du grand public. Le côté "personnages hauts en couleur" est en effet toujours beaucoup plus apprécié que la réalité criminelle.
- D’autre part l’insolite et l’inquiétant fascinent toujours.

Le brick-goëlette Mary-Celeste en 1872

C’est ainsi que dernièrement en lieu et place "du culturel", Thalassa a évoqué le 28 novembre quelques affaires maritimes retentissantes, dont le MC Ruby et un cas célèbre resté mal expliqué, la Mary Celeste. On en parle encore depuis 1872, c’est dire que c’est intéressant !
- Le mystère de la Mary Celeste par "Mystères du monde"
- La Mary Celeste par Wikipedia en Anglais qui fait un excellent tour de cette énigme.

Ce qui m’a fasciné dans l’histoire de la Mary Celeste, fut le fait qu’au lieu de "démêler" l’affaire comme le faisait Sherlock Holmes, son père Conan Doyle écrivit un roman inspiré de l’affaire dans lequel il ajouta de nombreux détails aussi insolites que totalement imaginaires. Conan Doyle "organisa" ainsi une incroyable confusion dont aujourd’hui personne n’a encore réussi à se sortir vraiment.

Sherlock Holmes et le Dr Watson s’en seraient-ils mêlés ?

En effet le Juge qui fut en charge de cette affaire à Gibraltar, soupçonna avec obstination un acte de piraterie avec assassinat collectif, mais sans jamais réussir à le prouver. Les deux commandants se connaissaient peut-être en effet, mais cela ne fut jamais prouvé. Le capitaine Morehouse avait tout intérêt à le cacher jusqu’à la fin des temps même en étant innocent, avec le juge qu’il "avait au cul"...

Le capitaine David R. Morehouse

Malgré les soupçons de ce juge Maritime et Anglais, si le Capitaine David Morehouse et son équipage du Dei Gratia avaient fait quelque chose de vraiment tordu dans l’affaire, tôt ou tard l’un deux se serait fatalement et inévitablement "mis à table"...
- Avec le recul du temps, les progrès de nos connaissances en chimie et ce que nous savons des équipages en 1872, à l’époque on était peu au fait des "petits défauts" de la cargaison dangereuse de la Mary Celeste, il existe une explication simple et probable du drame. Je ne crois pas à la "magouille" tordue qui aurait mal tourné mais à un stupide accident de mer.

Le capitaine Ben Briggs de la Mary-Celeste

Il y a en effet de fortes chances (si j’ose dire) qu’une petite explosion sans combustion due à la chaleur et aux vapeurs d’alcool (car il fut constaté que quelques tonneaux fuyaient) ait fait sauter un panneau de cale à la suite d’une étincelle. Cet incident en apparence très dangereux leur aurait alors fait très peur et incita cet équipage à évacuer et trop vite son navire. Ce fut une idée malheureuse entre toutes car ils se sont probablement tués en canot par la suite...

Oliver Deveau 1er officer à bord du Dei Gratia, il mena à Gibraltar la Mary Celeste trouvée, pour y être accusé de piraterie...

Il arrive en effet trop souvent en cas d’accident de mer, que quitter le navire soit beaucoup plus dangereux que rester à bord. Toutes les autres hypothèses me font rire joyeusement, à commencer par le concours de natation (?) et les incontournables extra-terrestres. Mais pourquoi donc feraient-ils ça ?

Le Sirius Star. "Les navires bas sur l’eau sont plus menacés que les très grands" qu’ils disaient...

Maintenant la révolution est revenue, mais elle n’est toujours pas politique. Elle est aujourd’hui économique, sociale et environnementale. La vérité incontournable qui dérange est celle-ci :
- Tout va mal dans un certain nombre de pays du Monde, à commencer par certains pays côtiers. Tout cela a aujourd’hui des conséquences multiples et terribles dont une bonne partie étaient pourtant fort prévisibles. La question qui se pose à présent aux "observateurs" est triple mais simple :
- Quelle est la réelle capacité des pirates à "gérer" leurs plus importantes prises ? Nous savons qu’ils sont en général de vrais marins, qui "ont professionnellement muté" mais là, je crois qu’ils vont un peu loin...
- Quelle est la liberté d’action à leur bord, des gars du Sirius Star, pour ne citer que celui-ci ?
- Quelle est la marge de manoeuvre des marines militaires présentes, compte tenu du risque environnemental et d’un contexte juridique pour le moins flou ?

La frégate Indienne Tabar

C’est arrivé aussi parce que tout le monde a laissé la Somalie sombrer, depuis 1992. Maintenant il faut agir collectivement en mer, ce qui reste possible mais très difficile. Ceci dit il faut aussi le faire "à terre", c’est à dire en Somalie, c’est bien là le problème...
- La Piraterie est-elle un mal incurable ? (Point de vue Russe du 19 Nov.)
- Les marines ont les mains liées (Point de vue BBC du 19 Nov.)
- Mission impossible ? (Point de vue Français du 19 Nov.)
- Confusion juridique exploitée par les pirates (Point de vue Américain du 20 Nov.)
- Le centre du Problème est à terre (Point de vue Russe du 20 Nov.)

- Le Sirius Star toujours retenu en Somalie (le 20 Nov.)
- Rançon parachutée, le Sirius Star fut libéré et de pirates se sont noyés (le 12 Jan.)

Tout le monde sait bien qu’il faudra "y aller" mais, qui a envie d’être le premier ? C’est la question qui tue...

Ben oui, ça rigole pas avec nous...

C’est au début des années 1990, que l’Etat Somalien est rentré "pour de bon" dans la déliquescence totale. Si cela lui est arrivé c’est d’une part parce qu’il n’était pas très efficace, mais aussi parce que "on" l’a beaucoup "aidé" à sombrer. Les Somaliens n’ont pas beaucoup d’autres ressources naturelles que leur position "géostratégique" remarquablement bien placée pour attirer la convoitise des voisins et des grandes puissances financières ou Etatiques.

La première erreur président Siyad Barré fut sans doute de s’être trop longtemps acoquiné avec l’allié encombrant entre tous qu’était l’Union Soviétique. Ceux-là s’installèrent localement sans jamais aider réellement au développement, dans l’unique but de disposer d’aéroports militaires bien situés et d’une grande base navale à Berbera, sans doute pour narguer les Français de Djibouti...

Lassé, Siyad Barré changea de camp en "passant" à l’alliance avec l’Ouest, qui ne se comporta pas mieux avec la Somalie !
- Dans le cadre de la guerre froide, rien ne fut épargné à la Somalie de Siyad Barré, dont le régime politique et l’Etat "n’avaient pas le coffre" pour résister à toutes les pressions venues de l’Ethiopie, l’ennemi "traditionnel" de la Somalie, ou des deux blocs.

L’ancien président Somalien Siyad Barré

La mauvaise gestion, les présences militaires parasitaires Soviétique d’abord et Américaine ensuite, la climatologie pour le moins "difficile", les problèmes tribaux récurrents, les agressions régulières du puissant voisin l’Ethiopie sous la dictature terrible du colonel Mengistu Haïlé Mariam, etc. Tout cela a sans doute suffit pour avoir à l’usure le régime fragile de Siyad Barré.
- Tout était donc et pour ainsi dire, "installé" pour dégrader la situation quoi que fasse l’autoritaire Siyad Barré.

La guerre désastreuse (en Afrique la guerre est régulièrement plus désastreuse que partout ailleurs) avec l’Ethiopie prépara la dissolution de l’Etat Somalien jusqu’à ce que Siyad Barré se soit enfui. Dès le "début de la fin" l’aide étrangère fut toujours insuffisante et totalement inadaptée. Le pays s’est donc enfoncé à partir de 1992 dans l’anarchie totale, puis des systèmes de pillage ont peu a peu remplacé l’économie normale théoriquement "socialiste". D’autre part celle-ci n’avait jamais pu fonctionner au bénéfice de l’ensemble de la population.
- A partir de 1992 les paysans ne furent donc plus du tout en situation pour travailler autrement que "comme c’était possible", c’est-à-dire, quand on n’avait pas semé des mines sur le terrain par exemple, pour n’évoquer "que" ça.

Boutre en cours de contrôle au large de la Somalie, en général on ne trouve rien...

Les marins pêcheurs continuèrent à pêcher dans des conditions de plus en plus difficiles et de plus en plus dangereuses. Comme la Somalie n’avait plus aucun système de garde-côtes et que les Soviétiques avaient tout abandonné en emportant ce qu’ils pouvaient, de les plus requins de la pêche industrielle sous pavillons de complaisance ont vite su prendre des "habitudes" au large d’abord puis de plus en plus près des côtes, car pourquoi se gêner là où n’existe plus aucune autorité crédible, solide et stable ?
- Les petits marins pêcheurs Somaliens furent vite débordés et la ressource naturelle locale de la pêche côtière a été littéralement saccagée depuis plus de 15 ans que ça dure... Mais il y a eu pire encore, des grosses barges venues de "on ne sait pas où" (c’est à dire parfois d’Europe aussi) ont déversé ça et là des "tas de trucs pas clairs", vous m’avez compris...

Plage à Eyl, on n’y va pas en vacances...

Tout le pays est aujourd’hui passé aux mains de groupes armés locaux plus ou moins représentatifs ou légitimes, et la zone côtière est presque entièrement abandonnée au pillage ou au saccage par rejets de déchets "divers et variés" souvent extrêmement dangereux. Sur ce dernier sujet les témoignages locaux sont de plus en plus nombreux et précis. Une seule chose est absolument certaine, il faudra un jour, tôt ou tard "y mettre les mains", c’est à dire... Payer le nettoyage !

Tout cela n’a rien de secret et dure depuis 1992. Quiconque lit comme moi régulièrement les rubriques internationales de la presse sérieuse peut le savoir ! D’autre part absolument rien de concret n’a réellement été fait pour aider la Somalie à éviter son naufrage national, au-delà de quelques opérations de bidonnage, dont le plus spectaculaire exemple fut Bernard Kouchner et son sac de riz. Nous savons qu’il est le Grand Maître du genre, entre tous les spécialistes du pipeau humanitaire.
- Ce fut bien pire quand les Etats-Unis se sont ridiculisés en essuyant quelques coups durs militaires... Il nous faut cependant reconnaître que les longues traditions guerrières locales ont su expliquer à l’Oncle Sam, que les problèmes locaux n’étaient peut-être pas saisis "par le bon bout"...

Maintenant sur place se sont constitués de solides groupes armés qui font naturellement tout ce qu’ils veulent, pour le meilleur ou pour le pire.
- Comment alors s’étonner que cela arrive aussi avec les marins Somaliens ? Comment aussi s’étonner qu’avec le temps qui
passe, ceux-ci progressent dans leurs activités de plus en plus louches, quand sur place il n’y a plus que ça à faire et que quitter le pays pour ceux qui le peuvent encore, est le seul espoir d’une vie normale ? Qu’y faire maintenant ?...

Boutre Somalien suspect rencontré dans le Golfe d’Aden. Qu’est-ce être suspect ?

Les bons marins tombés dans la misère qui furent peu à peu entrainés au brigandage ne pouvaient pas éviter de devenir aussi de "vrais pros" à la longue dans ces circonstances. Qui va s’en étonner ? D’autre part il commence aussi à être connu que des étrangers sont venus en Somalie "proposer leurs services" avec leur matériel et un savoir-faire qui commence à être connu. Il semble bien que le seuil à ne pas laisser franchir par ce genre de phénomènes sociaux, l’ait été en 2006 ou 2007 :
- A présent en 2008 tout cela ne peut qu’amplifier, surtout avec l’accroissement fatalement énorme des "gains", de l’expérience acquise et des moyens modernes qui ont été naturellement achetés ! Pas de frontière et pas de contrôle, donc les "marchands de tout et n’importe quoi" peuvent s’épanouir joyeusement en Somalie. Pourquoi se gêneraient-ils ?

Le chalutier Chinois Tian Yu, ou "la croisière s’amuse"...

Depuis bientôt vingt ans que "cela s’installe" maintenant, les plus jeunes Somaliens ont presque tous été élevés dans ce contexte, avec tout ce que cela signifie en matière "d’effets secondaires" pas toujours charmants. Rien de tout cela ne pouvait constituer une surprise, sauf pour les autistes.
- D’autre part les moyens intellectuels des jeunes Somaliens même (et surtout ?) en étant ainsi "très mal élevés", ne sont pas inférieurs à ceux des Européens. Pas cultivé ne signifie pas, con comme un balai ou une valise... En d’autres termes les jeunes Somaliens ont parfaitement compris qu’on les a abandonnés et qu’avec le reste du monde, il ne leur reste plus que deux types de relation en 2008 :
- Se servir et "se mettre au vert" avec le magot.
- Ou prendre des coups pour qui se fait chopper !
- Il est évident que plus le temps passe, plus le problème va devenir "difficile"... Sil existait un Etat en "état de marche" en Somalie, on n’en serait pas là et les marins pêcheurs ne pêcheraient pas des bateaux, mais du poisson tout simplement !

Chalutier Thai coulé par le Tabar à la fin Novembre de 2008

Tout à fait concrètement, ceci se mesure par le fait que les navires de passage au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden il y a un an, étaient en sécurité en restant à plus de 300 nm de la côte. Maintenant un énorme supertanker peut se faire chopper à 800 nm ! Que faire ?
- La CMA-CGM passera-t-elle par le Cap ? ou Comment éviter le Golfe d’Aden ?. Bonnes questions n’est-ce pas ?

Pour le cas du Sirius Star, j’ai eu cette semaine la confirmation d’un véritable gag qui serait très marrant, s’il n’y avait pas à son bord des marins qui avaient surtout le tort de passer par là, et qui ne sont pas sortis de l’auberge (pour autant que je le sache) d’ici peu...
- Quand j’ai voulu avoir plus d’information sur le sujet, j’ai fouillé la vaste toile avec notre ami Google tout simplement.

A ce propos l’usage du terme "Sirius Star" dans la recherche est insuffisant ! Il faut ajouter par exemple "tanker" car Google pense d’abord "étoile", si on lui dit "Sirius". Et si en plus on écrit aussi "Star"... C’est très intéressant aussi, mais le sujet n’est pas le même.

En tombant sur un site Arabe intéressant écrit en un étrange mauvais anglais, j’ai cru lire ce qui suit et me semble tout à fait vraisemblable. Résumons :
- La capture du Sirius Star fut annoncée par les médias "hors Europe" relativement tôt Samedi le 22 Novembre en soirée, surtout le lendemain dimanche. Ce fut d’abord présenté en France comme une rumeur rapidement démentie, qui est réapparue comme une information confirmée le mardi matin suivant, le 25. N’est-ce pas un petit peu bizarre ?

Ce tanker serait arrivé en rade de Eyl pour y "poser la pioche" le 25 au matin. Depuis l’affaire du Ponant la "problématique de sûreté" des pirates n’est plus tout à fait la même... Mais ils semblent s’y adapter autant que faire se peut. Pour preuve :
- Quand le Sirius Star a-t-il été capturé ? Samedi le 22, le 24 ou le 25 Novembre ?
- Samedi soir peu après sa capture, l’équipage du Sirius Star fut probablement prié de faire savoir à ses interlocuteurs qu’il s’agissait d’une fausse alerte, pour être sûr de ne pas être attaqués par les "tuyaux gris" avant d’arriver sur rade, tout simplement. Pour éviter un "mauvais coup à la française", quoi de plus simple ?

Tout le monde sait que les Français ont empêché deux fois les pirates de rejoindre leur côte car là, c’est toujours trop tard ! En effet tenter de "faire quelque chose" chez eux est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible.
- En d’autres termes, je crois que les pirates ont bien "niqué les tuyaux gris". Maintenant, il ne reste plus à l’armateur Vela qu’à négocier en position de faiblesse donc à terme céder, c’est à dire payer...

D’autre part à propos des propriétaires du Sirius Star ce qui "me scie" encore, c’est aussi un fait incontournable. "On" nous dit encore et toujours que c’est un bateau Saoudien, sans trop insister sur le fait qu’il est immatriculé à Monrovia, c’est dire qu’il est censé être Libérien, même s’il ne l’est pas plus que le Pape... En d’autres termes l’administration qui s’en occupe réellement est à Reston (en Virginie USA), c’est en effet une entreprise privée Américaine qui gère le registre Libérien. C’est dire que le port d’attache qui devrait être peint sur le cul des navires Libériens devrait être Reston et non Monrovia, si on voulait vraiment être clair dans tout ce qui se fait. C’est tout de même un détail qui a aussi son importance.
- Pour l’anecdote parmi mes nombreux collègues "consultants Telecom" de nationalités "exotiques" diverses et variées avec qui j’ai eu l’honneur de travailler, se trouvait aussi un jeune Ingénieur Somalien qui nous a parfois parlé du vaste et triste boxon qui s’est établi dans son pays d’origine depuis les années 1990.

Mogadiscio la capitale, était une jolie ville...

Ce qu’il nous en disait en 2001 me laisse donc depuis longtemps penser et surtout maintenant, qu’on n’est pas sorti de l’auberge ! Il était originaire de la "bonne bourgeoisie" de Mogadiscio la Capitale de la Somalie. Sa question était aussi :
- Qu’a-t-on fait de Mogadiscio ? Son pays était à la fois entouré et "truffé" d’ennemis de tous les genres, à commencer par la corruption dont il disait (ça commence d’ailleurs à se savoir) qu’elle était aussi entretenue par de nombreux "partenaires" occidentaux.

Parmi toutes les catastrophes qui sont tombées sur cette ville, en 1989 un cargo Chinois sous pavillon de Panama s’est échoué devant les jetées à l’entrée du port, en éventrant de nombreux conteneurs avec des produits chimiques très dangereux et inflammables au contact de l’eau... Vous imaginez ça en Afrique de l’Est ? Alors que si c’était arrivé dans n’importe quelle ville du Nord de l’Europe... Et bien je crois qu’on en parlerait encore...
- Il leur a fallu faire venir les pompiers spécialistes du Havre et leurs collègues marins-pompiers de Marseille pour tenter de remettre un peu d’ordre dans cette ville partiellement dévastée. Il nous a un soir raconté cet Enfer. On ne saura jamais combien de gens empoisonnés ont perdu la vie le jour même, encore moins combien il y a eu de victimes dans les mois qui ont suivi l’évènement.
- A l’occasion ils se sont aperçus que les officiers ponts qui "plantèrent" leur navire, à commencer par le Cdt, non seulement n’avaient que des faux brevets mais ils étaient d’incroyables incapables...

Une rue de Mogadiscio en Janvier 1993, croyez-vous que ça s’est amélioré ?

Nous avons aujourd’hui presque totalement oublié ce désastre, à cause de tout ce qui s’est passé ensuite. Par contre les pompiers Européens qui durent "s’en mêler" ne risquent pas d’oublier cet accident, qui n’a pas peu contribué à accélérer la démolition du fragile Etat Somalien... Cela est arrivé au moment précis où il avait besoin d’un réel coup de main qui ne fut jamais donné.
- La Piraterie est-elle un mal incurable ? Autant ce "point de vue Russe" daté du 19 Novembre me semble extrêmement sévère, autant force est de constater que ce cynisme dénoncé existe. Cela dit maintenant, il va falloir payer ! En effet la situation ne fait que s’aggraver car nous sommes à présent dans la spirale infernale et en train de tourner dans cercle vicieux que nous avons laissé "se monter" peu à peu. La mésaventure du Sirius Star était donc prévisible, comme le fait que "cela dure"...

Au large de la Somalie et d’Aden, un cargo escorté. Le problème demeure car compte tenu du traffic, il est impossible de les escorter tous, même avec l’US-Navy...

Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de hautes études Stratégiques Navales à l’Ecole Supérieure de Guerre pour se douter qu’avec le temps les pirates Somaliens ne peuvent pas faire autrement qu’acquérir un savoir-faire solide, de plus en plus de moyens financiers et techniques, un toujours plus large rayon d’action et "tutti quanti"... Fatalement (et naturellement) les prises seraient de plus en plus importantes. Ne manquent plus à "la collection" que le méthanier géant et le grand paquebot de croisière portant son plein complet d’otages riches et dodus. Alors, le tableau sera tout à fait complet ! Qui n’a pas remarqué les dernières tentatives visant des paquebots ?
- Attaque loupée contre le Paquebot Astor (le 8 Décembre)
- Encore une attaque très loin du Golfe d’Aden (le 9 Déc.)

Pour commencer, l’Egypte commence à faire douloureusement les frais de la situation à cause de la baisse de fréquentation du Canal de Suez. En effet les Armateurs constatent qu’ils n’ont pas de moyen pour agir sur la racine du problème donc, ils "bricolent" en fonction "du possible", naturellement :
- Eviter le Golfe d’Aden ? (Point de vue d’une autre Cie du 19 Nov.)
- Certaines lignes de Maersk vont contourner l’Afrique (le 21 Nov.)
- Les vraquiers "LDA" vont contourner l’Afrique (le 10 Déc.) Prudence est mère de sûreté !
- Le City of Hamburg livré (Airbus) (le 10 Déc.) "L’air de rien" il rejoindra l’Europe en passant par le Cap, c’est plus prudent. Parce que les Marins prennent souvent l’avion et que les Airbus prennent le bateau avant de prendre l’air...

Pirates à bord !

- V Ships commercialise des systèmes de surveillance IR (le 13 Déc.) Pourquoi pas ? C’est original. Cela dit en matière de piraterie, il faut aussi reconnaître que V. Ships en connaît un rayon...

Le procès des gars du MC Ruby à Rouen en 1995 restera dans la mémoire de quiconque y a assisté. Le directeur de la branche "ships-crew management" du groupe V-Ships fut naturellement invité en témoins à "la barre", en tant que patron des "intéressés". Il dut alors expliquer comment il donne du travail aux "gens de l’Est", assurant ainsi leur bien être...
- "Pour résumer, vous êtes une institution de bienfaisance..." Précisa le président de la Cour d’Assise avec ironie. Rires jaunes dans la salle...

Le grand public sait trop peu ce qui arrive parfois avec ce genre d’entreprise, lorsque des clandestins sont trouvés à bord à l’arrivée dans un port de la plupart des pays d’Europe. Le navire doit payer une très forte amende en dizaine de milliers de dollars et l’équipage doit après cela "se la partager" en cas de "manque de vigilance". Les faits prouvent que presque tout le monde se fout de l’existence de ces pratiques aux conséquences parfois "incalculables". C’est ainsi que des mois de bord peuvent se terminer avec deux semaines de salaire restant...
- D’autre part je n’ai pas remarqué que les décideurs politiques responsables de l’augmentation de ces amendes inadmissibles aient été sur le banc des accusés avec les marins Ukrainiens. Nous avons vu leur patron comparaître en témoins, mais sa place était aussi "au trapèze" avec les autres.

Nos sociétés souffrent bien d’une inversion des valeurs. Il est en effet considéré collectivement comme tout à fait "normal" qu’une chaine d’hôtels "externalise" le ménage dans les chambres ou que les boîtes de navigation fassent de même avec les équipages et la maintenance de leurs navires, ceci étant sans aucune considération pour les "effets secondaires" de ces pratiques lamentables.
- Au 18ème siècle, les pirates étaient pourchassés et généralement pendus "haut et court" en cas de capture, sanction dure mais dans l’air du temps à l’époque. En 1992 quand l’évènement du MC Ruby est arrivé, des gérants de sociétés de "ships management" furent invités à un colloque à l’Ecole de la Marine Marchande du Havre. Un syndicat a cependant contesté cela, (la CGT des Marins) en sauvant ainsi l’honneur. Je me suis alors dit :
- "Ya tout de même un malaise. Les entreprises peuvent faire n’importe quoi"... Cela dit depuis Octobre 2008 les limites de ce délire socio-économique semblent (enfin ?) atteintes.

L’Ecole "Hydro" du Havre est à St-Adresse, de la dictée de Mérimée...

Ceci dit ça va même "un peu loin" car une confusion juridique incroyable et paralysante s’est installée, évoquée plusieurs fois par la presse "pro" qui se montre fort embarrassée, on le serait pour moins que ça. Il arrive même qu’un haut niveau de cocasserie soit atteint quand par exemple, la Marine Danoise va :
- Au secours des pirates ! (après en avoir déjà libéré quelques uns)
- Avis aux pirates ! Les Danois et Allemands seraient moins combatifs (le 17 Nov.) N’est-ce pas insolite ?

Le 8 décembre la CMA-CGM annonça l’instauration d’un bonus de risque pour les équipages mais la mauvaise foi semblait être "de service" au point même de provoquer des dénonciations en série par "les bords", dont j’ai même reçu l’écho par l’un de mes correspondants et lecteur régulier du présent site.
- La CGT tire une bordée sur la direction de CMA-CGM (le 13 Déc.)

Comme toujours lorsqu’il se passe quelque chose d’important dont le caractère est spectaculaire, les médias "non professionnels" du sujet "donnent" plus dans le folklore et dans l’imprécision que dans les exposés clairs et précis de l’évènement. D’autre part certaines personnes importantes lors des interviews consacrées à ce sujet par la radio ou à la TV, tiennent surtout des propos pleins de banalités prévisibles tout en adoptant une attitude assez étrange.

Port Somalien de Eyl

Bien sûr, le "traitement" des pirates est "techniquement" très difficile et le deviendra de plus en plus. En l’état, même l’US-Navy ne peut pas être partout à la fois et en permanence. Compte tenu de la soudaineté générale des attaques, c’est pourtant précisément ce qu’il faut être capable de faire pour enrayer les symptômes du phénomène, surtout si personne ne s’occupe de ses causes profondes à terre.
- Entendre les lamentations des amiraux (et non des moindres car j’ai aussi pu lire un constat d’impuissance venu même de l’Amiral Michael Mullen, il est rien de moins que le "CEMA" de l’Oncle Sam), ceci a quelque chose de pathétique.

L’amiral Valin ("Alindien" en 2008) visite les cousins Russes à bord du Neustrashimy.

Il faudra cependant faire vite car les surcoût engendrés sont de plus en plus nombreux et importants :
- Risques d’influence de la piraterie sur les prix à la consommation

Pourtant les moyens techniques pour littéralement ratisser la vaste zone du danger existent. Durant la seconde guerre mondiale sur sa fin, les sous-marins Allemands ne savaient plus où se mettre, où qu’ils se trouvent ! A priori en 2008, c’est d’abord une question de volonté politique manquante qui pose problème. On peut se poser la double question :
- Reprendre pieds en Somalie même, personne n’est "très chaud". Pourtant sur le long terme pour les aider à mettre de l’ordre chez eux et surtout les rassurer, il faudra venir mais pas "seulement" avec des armes. Cela reste une nécessité incontournable.
- Consacrer d’énormes moyens aéronavals pour chasser les "va-nu-pieds" soulève une réticence évidente, ça c’est sûr ! Le rapport coût / efficacité semble difficile à évaluer, ou tout simplement à avouer.

Mille millions de mille sabords !
(tous laissés ouverts dans le gros temps !)

On semble ne vouloir faire ni l’un ni l’autre. Là, on va vers des tas de petits soucis en plus à l’avenir. Ce n’est pas moi qui le dit c’est Anne-Sophie Avé, Déléguée Générale des Armateurs de France :
- "... pour faire diminuer les attaques il faut travailler à la fois (sur) le levier militaire, mais aussi (sur) le pilier diplomatique pour résoudre le centre du problème à terre dont la piraterie n’est que le bouton de fièvre..." disait-elle à l’AFP en Novembre dernier. Elle s’est visiblement fort bien intéressée à ce que pensent les Somaliens, ils ne sont pas du tout contents du sort qui leur a été fait... Qui va s’en étonner ?

Un de mes correspondants, embarqué à bord d’un vraquier, se trouvait au début du mois entre le Mozambique et Madagascar. Ils furent suivis durant une première nuit par ce qu’il faut bien appeler "des types louches", (et tous feus éteints) qui cependant n’approchèrent pas trop près trop longtemps puis finirent pas s’éloigner. (qui va s’en plaindre ?) Bien sûr, ce fut seulement un "non-évènement" et quelques messages "à qui de droit" mais...

Passer par le Cap sera-t-il suffisant à l’avenir pour conserver la sécurité ? Quand on observe les problèmes en Afrique noire, on peut se poser cette question. C’est extraordinaire comme dans tous les domaines, on a laissé pourrir un nombre tout à fait incalculable de situations. Ceci finira fatalement par coûter toujours plus cher à tout le monde.

Bien navicalement - Thierry Bressol - OR1
- Henrique Galvao le Grand Pirate du 20ème siècle et ses motivations très différentes.
- Accès "Marine Inconnue" aux bonnes pages Internet consacrées aux pirates (mise à jour régulière)

Le Pavillon National doit aujourd’hui se faire tout petit...

Actuellement, aucune "connexion" de la piraterie avec le ou les terrorismes n’a encore été trouvée. Il n’est cependant pas impossible que dans un avenir incertain, des pirates soient manipulés d’une façon ou d’une autre dans des buts pas très prévisibles. Là aussi, "affaire à suivre"...
- PS:Il peut aussi arriver aux marins être accusés de piraterie de façon tout à fait déplacée car la piraterie maritime ou non, est extrêmement diversifiée et que la confusion mentale est fort répandue aujourd’hui. D’autre part on attribue trop facilement aux marins des mauvaises actions dont les origines immédiates ou profondes se trouvent à terre et beaucoup plus rarement à bord des navires :
- La Criminalisation rampante des Gens de Mer et de leurs Capitaines par les Cdts Baumler et Hamzaoui, qui nous expliquent comment on traite trop souvent et de plus en plus les marins du commerce comme des pirates. Tandis qu’il existe des pirates "de terre". En effet le Figaro pose parfois de bonnes questions. En effet si la navigation à voile n’est pas "du vent", on ne peut pas en dire autant de la récidive en cours, après l’incroyable record mondial du nombre de rond-points inutiles et mal placés que détient la France...

Mille millions de mille sabords !
(tous laissés ouverts dans le gros temps !)

La piraterie la plus parfaitement légale et se disant "non violente" existe aussi :
- "F.O.C." ! Pavillon(s) de complaisance Qu’est-ce donc ?
- "F.O.C.", Flag of Convenience, pavillon de complaisance (une piraterie "soft", c.à.d. moderne et légale)
- "RIF", Registre International Français (exemple de piraterie "soft", c.à.d. moderne et légale)

Abidjan, centre du quartier du Plateau

Le Procès d’Abidjan car le Probo Koala est la parfaite illustration d’une autre forme de piraterie beaucoup plus dangereuse. En effet force est de le constater, la piraterie "soft" légale comme la piraterie classique et directement violente, peuvent être "soignées" beaucoup plus facilement que les horreurs commises autour d’Abidjan par l’équipage de fripouilles du Probo-Koala, ses "patrons" et leurs au moins aussi odieux clients.

Le vraquier Probo Koala n’a l’air de rien comme ça mais...

Les deux "affaires" du Probo-Koala et du MC Ruby ont en effet durablement déshonoré la profession de Marin de Commerce et nous n’avons toujours pas constaté de justes les sévères sanctions subies par les vrais responsables "hauts-placés" dans les "bureaux de la Cie" à Londres et Paris pour l’un et à Monaco pour l’autre...

Bien navicalement - Thierry Bressol - OR1
- Corsaire de Sète ou "Cette" et d’Adge à venir 2009
- Triangle des Bermudes à venir 2009
- Occultisme étudié à bord à venir 2009
- Le Mystère des Bouddhas en pierre de l’ALIAKMON RUNNER
- Les pirates de la Ligne Dieppe-Newhaven (avec humour)
- Le retour du Villandry à Dieppe
- La SNCM et le mauvais genre & Mille sabords ! La SNCM...
- L’Ex-France nous quitte (car il fut aussi détourné)

D’autre part C. chronique !!
- Les prochaines "frappes" de Marine
Inconnue

- Listes des articles & Contenu de Marine Inconnue

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/