Souvenirs de mer

21 février 2007

Etre Professionnel, qu’est-ce donc ?

De récentes expériences relationnelles avec quelques administrations censées aider les "administrés" que nous sommes, m’ont inspiré les quelques réflexions suivantes :
- Lors d’un entretien d’embauche en fin 1995, il me fut posé cette question :
- Qu’avez vous retenu de votre longue expérience maritime ?

Corrigé le 11 Novembre 2005 et le 23 Février 2007
- En lien avec : Flextronics et l’ex-Usine Alcatel de Laval

Ma réponse passa aussi bien qu’une lettre à la poste car je fus engagé. D’autre part j’ai pu savoir par la suite que celle qui m’a le "mieux cuisiné" à cette occasion, était de celles qui ne s’en laissaient pas conter... Cette amusante faute ne fut pas faite :
- J’ai failli écrire "compter", car elle savait aussi fort bien le faire.

Arrivée à Antifer

J’ai d’abord découvert en Mer les forces de la Nature, ce qui rend humble quiconque sait observer cela.
- Qui n’a pas vécu le vrai mauvais temps en Mer (ou en Montagne disent les connaisseurs), n’a rien vu de vraiment intéressant dans sa vie...
- D’autre part à bord, j’ai appris en Mer la patience, une qualité très liée avec l’adaptabilité :
- Il est bien connu que les marins peuvent apprendre à se servir de presque n’importe quoi. C’est incroyable la variété d’appareil et de systèmes de tous les genres qui peuvent être installés à bord des navires civils ou militaires (chez ces derniers, c’est maladif d’ailleurs !) ou le seront dans l’avenir.

Par exemple lorsque les marins du commerce ont vu arriver pour la première fois un PC à bord, ça m’est arrivé au début des années 80, j’aime autant vous le dire, compte tenu de ce qui se faisait dans les écoles de la marine marchande, nous fûmes nombreux à ouvrir de grands yeux ronds...
- Mais nous avons tous "fait avec", c’est à dire que nous nous sommes adaptés peu à peu, chacun à son rythme à et sa façon, mais nous l’avons tous fait...

Parmi mes lecteurs ici, un certain nombre d’anciens marins ou ceux qui "pratiquent" actuellement ne vont certainement pas me démentir. Que ceux-ci (ou celles-ci ?) soient civil(e)s ou militaires importe peu car c’est valable pour les deux "genres" d’activité maritime navigante. Nous avons toutes et tous dû constater ceci :

A bord des navire en général, on rencontre un professionnalisme et un sérieux que je n’ai plus souvent rencontré en travaillant "à terre" depuis 1991, ayant arrêté la navigation cette année-là.
- Par contre, on rencontre trop souvent "à terre" un parfait "je-m’en-foutisme", doublé par une tendance générale à appliquer sans hésitation et quelles qu’en soient les conséquences, des procédures parfois idiotes, parfois inefficaces ou même dangereuses pour les personnes concernées.
- Ceci ne veut pas dire loin de là bien sûr, que tout le monde "à terre" travaille n’importe comment...

Quelque part à Java

Une question délicate se pose alors :
- Qu’est donc le professionnalisme ? Je ne saurais avoir la prétention de définir cela avec une jolie précision.

Il me semble que c’est d’abord exercer nos fonctions avec l’envie forte que un résultat efficace, vérifiable et intelligent soit la conséquence de notre action professionnelle.
- C’est aussi appelé le plaisir du travail bien fait.
- C’est donc ne pas se contenter d’appliquer sur demande des procédures inadaptées à la situation, parfois idiotes ou dangereuses.

A la passerelle, au premier plan écran radar "plein jour" (photo SFTP années 70)

C’est aussi savoir par exemple, être certain de comprendre ce qu’on nous demande de faire et savoir le refuser si c’est débile ou dangereux. Tout simplement et normalement c’est aussi savoir demander les précisions nécessaires pour pouvoir le faire bien...
- Il ne s’agit donc pas là de la Seule Compétence professionnelle à proprement parler.

On peut en effet être très compétent, posséder le "savoir faire" et manquer de professionnalisme. C’est donc autre chose qui va beaucoup plus loin et qui est plus beau.

Nous avons toutes et tous été un jour au moins incompétent à un moment ou un autre, en étant surpris par la nécessité inattendue de posséder un savoir-faire sans en "avoir été équipé avant".
- Qui oserait prétendre tout savoir ?
- Lorsqu’on ne sait pas, être "pro" c’est savoir utiliser le savoir de l’autre et savoir qui "sait" ensuite, c’est aussi leur demander "comment on fait", ou le dire quand on est soi-même le seul à "Savoir". D’autre part c’est aussi savoir renvoyer l’ascenseur...


Voici quelques histoires de maintenance des Radars de navigation. Ceci dit que tout le monde se rassure, en général la maintenance de l’électronique à bord se faisait plus classiquement, pour ne pas dire banalement.

Voici ce que peut montrer un radar moderne

Encore trop peu expérimenté en 1980, j’ai eu à subir un stupide problème d’Indicateur de Radar en panne à bord du Saint Luc. Visiblement, c’était un problème stupide sur un sous-ensemble de haute tension qui empêchait l’image de s’afficher. Je ne comprenais pas bien cette mauvaise farce, mais j’étais certain de tourner autour du "gag" sans le voir.
- Régulièrement le "Maître de l’Expédition Maritime" se tenait derrière mon dos pour finir par poser sauvagement la question qui tue :
- "Alors ? Ca va marcher ?" Je n’en étais pas certain...

Lassé de tourner en rond, j’ai eu l’idée de consulter notre Maître Electricien qui fut fort surpris par ma démarche :
- "Vos radars moi, vous savez... Je n’y connais rien ! Moi, c’est les grues et les treuils Monsieur le Radio..."
- "Justement ! C’est votre truc la "grosse électricité", venez donc voir ça un peu s’il vous plait."

(autre démarche radar en panne à bord de l’Esso Normandie)
- Notre "Fusible" est donc venu par curiosité. Il m’a écouté lui expliquer l’anomalie constatée, et il a observé "ma bête malade" à sa façon. Puis en fronçant les sourcils et en souriant, soudain il a saisi son Métrix savoyard (à l’époque ils ne venaient pas de Chine) pour observer ça et là, où "il fallait".
- En vingt minutes "c’était torché" !
- Tout le bord était content à commencer par la passerelle.
- J’avais réussi, l’Electricien avait réparé le radar, ce qu’il ne pouvait certainement pas faire seul normalement. Mais surtout :
- Nous avions échangé nos savoirs pour la plus grande satisfaction mutuelle. Bien sûr, je fus un peu vexé de n’avoir pu trouver seul le "coupable", mais je fus aussi fort soulagé de pouvoir me dire que j’avais su éviter "d’être niqué" par inexpérience avec ce piège à c...

Les radars que j’ai "fréquentés" nous en disaient moins. Ici le Pas de Calais "Northbound"

Des années plus tard en 1990, une terrible panne du calculateur anti-collision du radar 10 cm du câblier Raymond Croze a réussi à nous humilier durant cinq ou six semaines. Deux gars de chez Decca sont même venus d’Angleterre après deux échecs de la CRM. Ils se moquèrent ouvertement et joyeusement de la CRM, de mon prédécesseur et de moi-même.
- C’est donc avec un sourire sardonique que je les ai raccompagnés à la coupée, alors qu’ils renonçaient en emportant des cartes échangées pour la Nième fois...
- Cela dit, ils n’utilisèrent pas de "recette" venue du Brésil

La darse des câbliers (et le Descartes) vue du centre ville de La Seyne

Encore plus atroce fut la façon dont j’ai remis en marche cette unité anti-collision à ma grande surprise. J’ai prétendu ensuite n’avoir rien compris au "pourquoi" de la chose. Mais surtout j’ai juré n’avoir rien fait. Comme un miracle à Lourdes, ce fut sans explication. Après tout, le sourire interrogateur et satisfait (mais ironique) du commandant faisait plaisir à voir.
- S’il avait "su", il nous aurait sans doute tous pris pour de vraies bures. Cela dit, à observer son expression pensive, il était évident qu’il était sûr que la panne était une c... de ce genre. Avec son expérience de la navigation si peu compétent en cette matière très précise qu’il était, l’idée principale était à sa portée. On ne trompe pas un vieux loup de mer...

Le Cap Sicié et les "deux frères" quand on les voit, on n’est plus loin de la darse des câbliers !

En effet le lendemain du départ des anglais, (nous étions à quai dans darse des câbliers de La Seyne sur Mer) j’étais tôt le matin à la passerelle avec un matelot qui passait l’aspirateur tout en bavardant avec moi. L’engin était resté toute la nuit "à poils" et je remettais tout en place en ronchonnant... Ca commençait à "chier des bulles à bord".
- Lors de nos nombreux essais dans toutes les positions imaginables du Kama Sutra Radar, cet engin avait fonctionné (ou tenté de le faire) avec certains sous-ensembles de l’indicateur posés sur le sol de la passerelle en cahoutchouc, tous reliés entre eux par de très larges nappes de fils plats de toutes les couleurs (ou bus), un peu comme dans un PC.
- Chaque connecteur de ce câblage fou était en plastique gris avec un "détrompeur" conçu pour être sûr qu’on le branche dans le bon sens, enfin presque tous sauf un ! Bizarre bizarre...
- Soudain, le matelot fit une remarque utile :
- "La couleur des fils ne correspond pas "ici", Monsieur le Radio. Comment cela se fait ?"
- "Effectivement M’sieur Rouzic..." Tiens donc. Puis je n’ai pas résisté à la tentation de...

Atterrissage à Malte, un radar moderne garde les fonctions anciennes, cercles fixes concentriques (nous sommes le centre du monde maritime)

C’était étrange :
- Depuis le début de "l’histoire" jusqu’à la veille au soir à 23h00, ce crétin de calculateur refusait toujours et obstinément (quel con et contestataire !) de débuter sa procédure d’initialisation au démarrage et encore plus d’afficher ce qu’il fallait dans cette situation normale, avec ses séquences de chiffres "LED" à "Sept Segments".
- Ce n’était pas sorcier, l’afficheur devait normalement en "démarrant", toujours nous montrer "pas à pas", chaque étape de la mise en marche de chacun de ses sous-ensembles. C’est ce qui normalement doit nous faciliter le diagnostique en cas de panne. Sans cela, comment comprendre son problème ?
- C’est ainsi, qu’il fit pour moi ce matin-là et pour la première fois depuis deux mois, tout ce qu’il devait normalement nous montrer... Ouf !

L’US Navy n’est pas seule à être invitée régulièrement dans la rade de Toulon. Le Blas de Lezo (Espagne)

Un navire de la Royale traversait la rade de Toulon, c’était intéressant. Je l’ai donc "ploté" pour lire immédiatement son cap et sa vitesse. Le résultat de ma manipulation fut vite lisible sur les afficheurs, c’était immédiat et parfaitement vraisemblable.
- Pourquoi douter ? Il était devenu inutile d’aller chercher plus loin.
Plein de flegme haineux, j’ai stoppé ce bazar puis j’ai tout remonté immédiatement. Après avoir fait un second essai, puis deux autres avec un navire Américain (l’USS Cavelier de La Salle) qui pénètrait dans la rade, ce fut d’abord pour bien me convaincre, puis pour jouer avec mon radar ensuite.

Quand je fus totalement convaincu, j’ai interpellé le matelot :
- "Merci beaucoup Monsieur Rouzic de votre conseil ! Motus n’est-ce pas ?! Vous prenez donc un pot chez moi ce soir. Il faut fêter ça n’est-ce pas ?"

La plage du Jonquet, près du cap Sicié

Cela devrait aller sans le dire entre marins. Mais ça l’est moins d’être précisé pour les profanes en matière de radar :
- Cet incident s’était déclaré le lendemain d’une de ces géniales "mises à jour logicielles" effectuées par un type venu de chez Decca à la demande du service technique à Brest... Ce cornichon avait fait si vite son job, qu’il avait tout bêtement mal remonté l’ensemble calculateur. Autant pour nous, on ne l’a pas vu plus que lui.
- A ce jour en 2007, il y a prescription pour tous ces crimes...


Sommet du Rinjani 3726 m


- De 1991 à 1993 chez Alcatel Radio à Colombes, je recevais dans notre service de formation des stagiaires "de tous les horizons". C’était parfois tout à fait inattendu car j’ai même travaillé avec la Police, les Gendarmes et les CRS....
- La plus grande partie des stages se déroulaient naturellement en français, puisque nous étions entre français en général. D’autre part sur les six formateurs, nous n’étions que deux réellement capables de dispenser notre savoir en anglais. Cela n’était heureusement pas souvent nécessaire, mais je crois m’en être assez bien tiré sauf une fois :
- Durant cette semaine surréaliste, quand personne dans "mon public" ne comprenait correctement l’anglais et encore moins le français ! C’est arrivé alors que je craignais surtout le risque d’insuffisance de mon anglais. Comme quoi les français ne sont pas seuls à se montrer insuffisants en langues étrangères.
- Mais il nous est aussi arrivé un cas encore plus "tordu" :
- Le stage pour les Techniciens Radios des Gendarmes Indonésiens :

Je n’ai jamais su quel est le "cornichon alcatelien" qui a fait ce coup... Comme dans le cas précédent, "on", on nous avait assuré que tout le monde parlerait l’anglais et que chaque gendarme avait reçu une formation accélérée en français.
- C’est "tombé sur moi" et j’ai soupçonné mes grands anciens de s’être tenus avec prudence (et expérience) à l’écart de la chose. L’un d’eux me l’a d’ailleurs avoué plus ou moins clairement par la suite.

Indonésie insolite, taureau albinos Ile Sulawesi

Le lundi à midi ils étaient tous là, mais pas un seul ne parlait l’anglais et leur fameuse formation accélérée de français en une semaine, "ne m’a pas réellement convaincu", pas plus que mes Gendarmes Indonésiens ne l’étaient...
- C’était bien ennuyeux tout cela, car Thierry Bressol ne pratique aucune des langues de là-bas, utilisées par ces braves gens qui trouvaient visiblement la situation tout à fait amusante, savoureuse même. Pour cela au moins, on se comprenait fort bien.
- Un lieu commun courant nous dit que les entreprises privées sont plus dynamiques, plus inventives et que l’on gaspille toujours plus dans le secteur public. Je n’en ai jamais été certain, surtout depuis mon "époque Alcatel", chez eux j’ai assisté à de fabuleux gaspillages qui m’ont fait me poser une question restée sans réponse en 2005 :
- Alcatel existe-t-elle vraiment pour gagner de l’argent ? On peut se le demander pour bien d’autres grands groupes qui semblent faire, absolument n’importe quoi et demeurer en perpétuelle difficulté... La vie n’est jamais simple.
- Ma hiérarchie fut naturellement, entièrement et immédiatement consultée. Ils se sont tous mis la tête dans le sable, pendant que je retournais vers ma cage aux fauves en me demandant si j’étais si intelligent que ça, d’avoir arrêté de naviguer pour venir travailler chez les fous et se payer ainsi la tête des clients.
- D’autre part le "Sujet était chaud"... J’ai vite senti la panique, car le contrat Indonésien étaient considéré comme extrêmement important en très haut lieu. Si une fausse note survenait, malheur au(x) responsable(s) ! Il faudrait une victime expiatoire...

Quelque part à Sumatra

Un stage technique impossible ou devenant bidon, ça fait un peu désordre. J’ai d’abord essayé de les occuper un peu avec notre matériel en les faisant s’en servir "et jouer avec".
- J’avais cependant un "bon complice" parmi eux. Celui-ci était capable de s’exprimer plus ou moins bien en français, juste assez pour faire le touriste à Paris et pour "parler électricité". Tout simplement cet excellent Gendarme Indonésien était en effet l’ancien marin du groupe, il m’est en effet arrivé quatre fois d’en rencontrer, généralement d’anciens militaires.
- Perle rare et exceptionnelle, il fut en effet Maître Electricien à bord du paquebot de croisière Mermoz. Avec lui une fois de plus, j’ai eu la confirmation que le Mermoz au moins autant que le Car-Ferry Chartres, laissa toujours des bons souvenirs à tous ses serviteurs.

Lui, on ne le présente plus...

Je ne me souviens pas lequel des deux en a eu l’idée car c’est arrivé lentement et par étapes. Faisant le café pour mes ouailles, tout en "travaillant de la cafetière", j’ai fini par prendre mon téléphone et le bottin de Paris pour appeler l’ambassade d’Indonésie pour leur demander si par hasard, un interprète pouvait se libérer pour nous...
J’ai pensé à ça par improvisation et par profonde curiosité. Je suis tombé sur des vrais "pro" :
- Il me fut dit lors de cette conversation de dix minutes qu’on me rappellerait. A la teneur de ce dialogue, j’ai immédiatement été certain que c’était vrai.

Le nouveau pavillon de l’Indonésie

S’entendre dire en 2005 le trop fameux "on vous rappellera" évoque une toute autre impression, vous m’avez compris. Mais l’ambassade d’Indonésie en 1992 était une "boutique" de gens à l’esprit "pro", je l’ai vite pensé après en les remerciant car ce sont des choses qui se sentent au téléphone.
- J’ai vite parlé de cela à Dominique, ma secrétaire préférée et Assistante de Direction de Mr C. notre "super-big-boss" et Gross-Arbeit Fürher" du service "Formation et Maintenance". Il faudra certainement payer, pensais-je. Est-ce que "ça" marcherait ? Lui ai-je demandé. Vingt minutes plus tard, on me rappellait effectivement. Dix minutes après, nous étions quatre en ligne pour palabrer :
- Mon Gendarme, Melle Miracle l’interprète au bout du fil, ma secrétaire préférée et moi-même.
- Le lendemain mardi dès 08h30, une superbe métis Franco-Néerlando-Indonésienne est arrivée à notre secours à la satisfaction générale de mes ouailles qui étaient tous de bons vivants. Preuve de son sérieux, elle avait des livres techniques plein son attaché-case.
- Ce stage ne se déroula donc pas exactement comme je l’avais prévu d’un strict point de vue du contenu et du découpage dans le temps, ayant perdu d’office deux demies-journées.
- Mais qu’importe ! Tout ce qui fut fait, "ça tenait la route".
- Notre charmante traductrice était déjà devenue avec le temps une experte en mécanique, en électricité et en ascenseur. Cette semaine exceptionnelle l’a initiée aux principes d’une "carte logique" Alcatel, de la programmation des Eprom, de l’affichage à sept segments, des diverses mesures radios et de l’usage de banc-test Marconi... Elle et cet ancien du Mermoz constituèrent un excellent tandem pour me seconder.
- Tout le monde était content le vendredi soir, qui allait s’en plaindre ? Pourtant mal parti, le stage fut un succès. Les feuilles d’évaluation remplies par les stagiaires en fin de stage furent les meilleures sur deux ans et nous avons même reçu un peu plus plus tard de vives félicitations de la hiérarchie technique de nos Gendarmes à Djakarta. Ce n’est pas un truc qui arrive souvent !
- A Colombes certains avaient eu chaud au cul. En effet, un certain nombre de contrats étaient prévus pour plus tard entre l’Indonésie et le groupe Alcatel, bien au-delà de la petite filiale ATR, c’est à dire notre "Alcatel Radiotéléphone" à Colombes et Laval. Tout n’était pas encore "finalisé" et en cas d’insatisfaction. On ne sait jamais...

Ce qui me scie encore avec le recul du temps reste l’absence totale de vérification en amont de la faisabilité des promesses tenues au client, telles étaient pourtant les conditions de ce stage. Il suffisait pourtant de nous téléphoner, pour faire du "parfait" et du "cousu main" !
- Ces problèmes de langues sont pourtant faciles à prévoir. Il n’est pas toujours possible d’improviser ainsi à la dernière minute. Bien que... Ceci dit nous l’avons presque toujours fait.

Timonier à l’action (photo SFTP années 70)

Lorsque un jeune matelot-léger timonier répète la consigne venue du pilote en précisant ensuite :
- "La barre est 10 à droite et il contenue à venir à gauche..."
- Et bien, on n’est pas vraiment à la sécurité sociale ni à l’ANPE, et encore moins dans une administration dite "sociale", dont les vraies règles (non écrites) sont souvent imprévisibles et inavouables.
- Personne n’explique jamais quoi que ce soit lorsqu’il se produit un "dysfonctionnement", tandis que les marins se voient toujours demander des comptes lorsque le navire n’arrive pas à sa destination !

D’ailleurs c’est aussi le cas à bord entre nous si le boulot n’est pas conclu par son résultat normal, ce qui peut arriver à tout le monde.
- Il m’est arrivé, en particulier en observant le personnel d’organismes tels que l’ANPE, pour ne citer que celui-ci (exemple parfait), de me demander ce qui pourrait se passer, si un jour on leur demandait de venir travailler en portant leur slip sur la tête...
- Je suis certain que ce serait alors (enfin !) un plaisir de venir sur place. On y découvrirait le vrai visage de certaines institutions avant d’avoir à s’en servir...
- Voici donc une grande réforme du système de l’emploi à proposer aux "services" de l’ANPE par exemple, si à partir du 1er Juillet prochain, ils seront soumis à une obligation de moyens et de résultats avec leurs "clients".
- C’est aussi dire qu’il me semble que lorsqu’un seul chômeur n’est pas reclassé au bout de 6 mois, les personnes en charge de son dossier à l’ANPE ou au FOREM, devraient aller voir comment il est... Ce fameux "marché de l’emploi" dont ils aiment tant nous parler. On en rêve, mais même Sony ne l’a pas fait.

Bien "navicalement" Thierry BRESSOL OR1
- Qui je suis
- Flextronics, l’ex-usine Alcatel de Laval
- (Consulting Maritime) Claude Chrétien au Havre en 1979 et à KIEV en 1992 (hommage à un "vrai pro")

Exemples de travail d’équipe :
- Boca Radio"
- Antilocust London"

PS : Quelques semaines plus tard, je lisais toujours "l’hebdo Le Marin", un article attira mon attention car il évoquait la piraterie dans les eaux Indonésiennes, en particulier les fréquentes attaques contre les petits navires au détroit de Malacca.
- La Gendarmerie Maritime Indonésienne a souvent été soupçonnée, sur témoignages de survivants réchappés par chance, d’avoir "pratiqué" elle-même certaines des attaques les plus sanglantes... Il se trouve que dans "mon" groupe de 11 gendarmes, se trouvaient trois représentants de la Gendarmerie Maritime...

Après avoir "pratiqué" un ancien navire pirate, le "Sea Intrepid", je me suis donc demandé si par hasard nous n’avions pas reçu à Colombes d’authentiques...
- Le pavillon à tête de mort qui fut hissé un soir à bord du navire-école Indonésien Dewaruci de passage à Rouen avec les autres grands voiliers, était-il seulement une décoration pour amuser la foule ? On ne veut pas le savoir...

Le Dewaruci, navire-école Indonésien
L’équipage du Dewaruci, les plus beaux de Rouen...
Une figure de proue peut être accompagnée par une autre en pieds de mât...

Merci aussi au site "marine-marchande.com"

Symbole de l’accueil du site

Merci de m’informer de tout ce qui n’est pas "d’équerre" à mon bord.
- Plan général du Site & Plan de "Marine Inconnue"
- Et Bon vent, bonne Mer à quiconque navigue !

Le 21 février 2007 : Etre professionnel, qu’est-ce donc ?

Mon cher Bressol je suis tout à fait d’accord avec vous et je peux vous dire que ce qu’il manquait dans toutes les compagnies maritimes des années 70 et 80 c’était un Officier radio en poste à terre au service technique comme il y avait des Officiers mécaniciens. Je l’avais proposé mais on m’a dit " vous étes trop jeune vous ne connaissez rien à l’organisation d’une compagnie maritime " j’avais 28 ans. Cela aurait permis d’assurer une cohérence et une augmentation de la qualité de la prestation des Officiers radios embarqués qui n’avaient à l’époque aucun interlocuteur compétent sauf ceux de la CRM ou autres DECCA qui par définition et à juste titre défendaient leur société et non la compagnie maritime.
O.M (qui n’a rien dit pendant 20 ans malgrés toutes les bétises entendues jusqu’à ce que Bressol rétablisse la vérité il était temps)

Etre professionnel, qu’est-ce donc ? 21 février 2007

Je voudrais rajouter pour etre bien clair que à cette époque j’avais 28 ans et j’étais OR1 et revenant d’un cours longue durée dans un institut aéronautique pour passer mon brevet de Pilote Professionel IFR j’avais constaté en réembarquant que l’on pouvait adapter l’organisation de la maintenance des équipements éléctroniques et radio embarqués sur les avions et l’appliquer sur les navires. Je l’ai proposé plusieurs fois directement au capitaine d’armement puis par l’intermédiaire d’un commandant avec lequel je naviguais et qui d’ailleurs est devenu capitaine d’armement plus tard. La réponse fut non on ne veut pas en entendre parler, vous etes trop jeunne, et vous ne connaissez rien à l’organisation d’une compagnie maritime.
Alors quand je vois et je lis et entends certains qui donnent des leçons aux autres et qui naviguaient à cette époque je les rappelle à un peu plus de mémoire et d’intégrité.
OM


A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/