Souvenirs de mer

29 janvier 2006

Escales en Nouvelle Zélande 1/8 - Auckland

La tentation est grande pour moi de l’affirmer, c’est probablement le plus beau pays du monde. Et si discussion ou polémique il doit y avoir, deux choses restent incontestables :
- La Nouvelle Zélande fut un des pays que j’ai le mieux visités par chance à l’époque, et ce fut le plus beau de ceux-ci.
- D’autre part l’accueil fut si inoubliable, que je me demande avec le recul du temps, si mes souvenirs sont exacts et ne sont pas seulement un fantasme fou.

Auckland, Bluff (près de Invercargill), Timaru (Dunedin), Christchurch, Wellington (et Nelson), Napier et Tauranga.

Corrigé le 10 Mai 2007
- Escales en Nouvelle Zélande 1 (vous y êtes !)
- Escales en Nouvelle Zélande 2 & Escales en Nouvelle Zélande 3
- Escales en Nouvelle Zélande 4 & Escales en Nouvelle Zélande 5
- Escales en Nouvelle Zélande 6 & Escales en Nouvelle Zélande 7
- Escales en Nouvelle Zélande 8


Complété le 15 février 2006 :

La Nouvelle Zélande est aussi le pays le plus lointain du monde pour nous car il se trouve aux antipodes de notre Europe Occidentale. Sur place j’ai cru comprendre que tout le monde en est fier.

Situer le plus lointain pays du monde

Avant de raconter ici l’intéressant voyage que j’ai pu faire là-bas avec le Pierre LD en 1985, je ne sais pas résister à la tentation de laisser la parole à d’autres navigateurs épicuriens comme moi. J’ai eu l’immense privilège de faire sept escales, du Nord au Sud des deux grandes Iles, autrefois appelées Ile Fumante et Ile de Jade, principalement sur leur côte Est et d’y rester à chaque occasion entre 4 et 11 jours. C’est incroyable.

Image symbolique de la Nouvelle Zélande : le Kiwi, oiseau préhistorique qui ne vole pas... Ne pas confondre avec le fruit qui fait la rivalité avec la France...

Citation à propos de la Gastronomie du monde :

- Pour avoir ici parfois évoqué le vin ou l’alcool à bord par exemples...
- Le vin à bord
- Stock de whisky
- Bamboche à Lomé

"...En reprenant un sujet léger (quoique) continuons notre tour du monde gastronomique ! Il existe un autre pays qui mérite le label excellent au point de vue viande, c’est la Nouvelle-Zélande.
- J’y ai fait escale, en 1983 avec l’aviso-escorteur "Commandant Rivière". L’accueil y fut certainement moins sympathique que dans les pays d’Amérique du sud. C’était la grande époque des anti-nucléaires de l’Océan Pacifique :
- Manifestations sur le quai, "brûlage" de pavillon français sous les regards des télévisions locales, agressions dans les bars, et comme on nous forçait à sortir en tenue !
- Ces c... de néo-zélandais voulaient croire et nous faire dire que nous avions des missiles atomiques à bord, les fameux MM38... On aura tout lu autant que tout vu."

Le Cdt Rivière fréquenta souvent le Pacifique, ici à Papeete en 1976

"Mais la viande était bonne. Nous étions basés à Djibouti, et nous étions en transit vers Tahiti pour remplacer un autre aviso. Et Tahiti était approvisionné de viandes australiennes et néo-zélandaises... Excellent.
- Enfin, ce fut un tour du monde de 17 mois sans voir l’épouse, ni les enfants. Mais nous étions plus jeunes, que de souvenirs..."

- "Note : le vin de ce pays-là n’est pas mauvais non plus..."

- Amitiés - André LE MENS
- Sunday, June 27, 2004 5:46 PM

Le Cdt Rivière à Ua-Pou (Marquises) en 1976

Commentaire Thierry Bressol :

Le vraquier Pierre LD fut beaucoup mieux accueilli, et de fort loin ! Cela dit il existait une certaine méfiance des autorités locales, (qui peut être comprise dans le contexte de l’affaire Greenpeace etc.) qui était fort éloignée de l’attitude des dames et des jeunes filles, j’y reviendrai plus loin.

Le Charles LD, sister-ship du Pierre. Sur les trois photos, voir les grands portiques.

Citation (dimanche 27 juin 2004 22:23)

"... La Nouvelle Zélande est une destination que je regretterai pour toujours d’avoir loupée. Vous n’avez pas eu de chance de le faire dans un mauvais contexte.
- "Mon" chimiquier y est allé une seule fois et c’est mon remplaçant qui commandait, shit !!!
- Ceux qui ont fait cette rotation m’ont parlé avec des sanglots dans la voix, non pas de la qualité de la viande, mais des relations avec les terriens (et surtout terriennes) aux escales. D’après ces témoins les gens s’ennuyaient tellement là bas, qu’ils adoraient venir à bord pour une petite soirée et que pour les invitées il était hors de question de repartir sans avoir été honorées par un ou des marins. Le paradis quoi !
- Après cela les steaks on s’en fout un peu... Un autre bon coin pour les super steaks, c’est le Texas. Le T-bone n’est pas la façon de couper la viande que je préfère, mais en un pouce d’épaisseur, bien saisi au barbecue, ce n’est pas dégueulasse...
- Une des première fois où je suis allé prendre un verre un soir dans un bar/strip-tease des environs de Houston, j’ai mis une minute à comprendre. Je venais de commander une bière au bar quand une charmante hôtesse est venu me demander :
- "How do you want it, rare, medium, well done ?"
Explication : le steak était systématiquement offert à chaque client, et quel steak ! Environ une livre de viande.

A propos de vins aussi, je ne connais pas ceux de Nouvelle Zélande. J’ai eu l’occasion d’en goûter produits au Texas et je n’en aurais pas acheté. Par contre cela nous ramène au Chili où se font d’excellents produits. C’était une source d’approvisionnement privilégiée. On y trouve aussi des vins excellents à des prix raisonnables. Que des bons souvenirs ! Ceci me remet en mémoire un endroit plus inattendu où j’ai dégusté et acheté un vin honorable c’est au Canada, pas très loin des chutes du Niagara.
- Il y a en effet là, entre les lacs Erie et Ontario une petite région au climat adouci par le volume important des lacs, où on cultive des vergers de pêchers, d’abricotiers et de la vigne.

- Pardon pour ce bavardage un peu décousu.
- Salutations à tous. Cdt H.Cozanet..."

- Fin des citations le Cdt Cozanet est encore plus bavard que moi, et plus qualifié en matière d’Internet.
- http://www.marine-marchande.net/Captcoz/index.html

La carte du plus beau pays du monde

La Nouvelle Zélande, ce n’est pas vraiment la porte à côté ! Lire les latitude Nord et Sud et les longitudes pour s’en convaincre. Les profs de Navigation de l’Ecole de Nationale de la Marine Marchande de Nantes étaient de vrais sauvages lors de la rédaction des épreuves de navigation pour l’examen de fin d’année :

C’est étrange, cela "se passait" régulièrement autour de 179° de longtitude Est ou bien par 178° longitude Ouest... Il va sans dire que le navire virtuel concerné et "intéressé", mettait toujours le cap vers "l’autre côté". Ainsi ils étaient certains qu’au moins dix des pingouins candidats glisseraient sur les belles peaux de bananes temporelles ainsi composées, pour ne pas dire cuisinées. Ca "marchait" en général. Moins méchants lors des épreuves orales, ils n’osaient cependant pas provoquer ainsi les "pilots" en les rencontrant "entre quatre yeux". De toute façon, "l’épuration" était alors réalisée...

Un petit tour dans les antennes, sans perdre la boule

Pour joindre facilement en urgence si besoin était la vieille Europe, le Satcom était une solution de facilité. Les ondes courtes sont capricieuses pour être utilisées sur ces distances, même si les opérateurs des stations radiomaritimes étaient toujours extrêmement patients lorsque je me déclarais en Mer de Tasmanie par exemple...

Cela dit j’étais fort patient aussi. Je tenais généralement compte de l’excellente documentation de la revue "AMVER" des US Coast-gards qui publiait dans ses pages des tables de prédiction de propagation des ondes courtes par bandes de fréquences en fonction des zones et des heures GMT.
- Généralement c’était efficace, même si la précision de la chose pouvait être relativisée comme c’est souvent le cas pour la météo.

D’autre part lors de cet embarquement je suis pour la première fois allé aussi loin et j’ai cru comprendre une règle fort simple des ondes courtes :
- Au lever ou lors du coucher du Soleil, lorsqu’Il se trouve encore très bas sur l’Horizon, il est "classique" de disposer d’un cadeau de Dieu fort appréciable :

On entend alors toujours correctement l’Europe en Extrême Orient durant au moins 15 minutes et Saint-Lys "ne me loupait" jamais lorsque j’appelais sur les 8 ou sur 12 MHz durant ces instants privilégiés... Ca marchait mieux sur "les 12" à l’époque.
- Matin ou soir, j’attendais le Moment sur l’aileron de passerelle en observant notre Astre Sacré puis je disparaisssais soudain pour "passer à l’action"...
- Si quelqu’un "voulait l’Europe" je posais donc toujours la question : "
- "Est-ce urgent ?" ou bien "Est-ce pour la Compagnie ?"

Un Satcom Inmarsat A - En 1979 déjà...

Pour le radiotéléphone privé de chacun d’entre nous, c’était aussi une question d’argent. En effet, la "minute Inmarsat A" de l’époque avec la France en passant par le sattellite du Pacifique coûtait environ 105 FRF, (c’est à dire environ 16 Euro/mn)... C’est à comparer avec les 6 à 10 FRF par minute de téléphone via les ondes courtes. En d’autres termes :
- L’émetteur Nera MS19 ? Ou bien le "terminal Inmarsat" Sperry ESZ-8000 ? Telle était la question, c.à.d. financière autant que technique...

En appelant certains endroits tels que le "Foyer du Mont Joly" au Havre où résidait mon amie de l’époque en semaine, j’évitais le Stacom car en décrochant, la personne me disait toujours :
- "Ne quittez pas s’il vous plait, je vais la chercher..." Et je racrochais immédiatement pour rappeler ensuite et me faire sonner les cloches !
- "En mer de Tasma-quoi vous êtes..." ? demandait la concièrge systématiquement.

Il n’était pas réellement question de lancer 40 Euro (ou plus) en l’air (c’est le cas de le dire) pour l’attendre ! Avec Berne Radio ou Saint-Lys, n’était compté que le temps de la conversation, seulement la conversation ! Et d’un strict point de vue téléphonie, ce n’était pas de la très longue distance.

Sur la porte du local radio du Saint-Luc de la SNO, une affiche proclamait en suèdois et en français (ajouté par mes soins) :
- "A partir de cette limite, la notion de distance n’a plus de sens..."

L’Ile du Sud (non loin du détroit de Cook, séparant les 2 grandes îles)

Nouvelle Zélande - lundi 18 février 2002 19:08

Voici pour commencer un petit souvenir évoquant par la même occasion les marines communistes dans les années 70 et 80 :

Le Pierre LD de 1980, c’est arrivé à son bord.

Etant en charge (lors de cet embarquement) du commissariat à bord du Pierre LD, j’ai eu quelques souvenirs pénibles dans le cadre de ces attributions. (en lien "Mauvaise ambiance à bord")
- Mais il y en eut aussi d’excellents dans le cadre de cette lourde charge de Chief Steward.. Ce fut souvent le cas de mes excellentes relations avec quelques shipchandlers, en particulier à Kobé, en Australie et surtout en Nouvelle Zélande.

A Wellington et à Bluff (près d’Invercarghil) j’ai été de la sorte plusieurs fois emmené en ville et même invité chez l’un d’eux, pour ne pas écrire "enlevé". Il m’arriva ainsi d’accompagner celui-ci à bord d’un grand chalutier usine soviétique, qui était un de ses clients préférés. Ce fut une soirée "à embuscade" mémorable car il "y avait de l’ambiance" j’aime autant le dire, j’y reviendrai les prochaines semaines.

Emblême de la Marine Soviétique

On ne rigole pas tous les jours à bord des navires, pas plus chez les soviétiques que chez nous ! Mais quand j’ai expliqué à ces gars que les chalutiers soviétiques étaient tous soupçonnés en Occident d’être des nids d’espions pleins d’équipements de science-fiction, ils en ont hurlé de rire jusqu’à minuit au moins, en buvant et nous faisant boire alternativement de nombreux petits verres de vodka et du café.

Effectivement j’ai pu visiter entièrement deux gros chalutiers soviétiquyes et deux cargos de la COA, et je me serais sans hésitation porté garant absolu de leur virginité probable en la matière. Mais pour les petits trafics, c’était tout autre chose... Pour information simplifiée, tout était absolument normal à leur bord, ou tout au moins le semblait.
- Entre autres détails à souligner ici, leur station radio était fort bien équipée avec par exemple un émetteur d’Ondes Courtes en double ce qui étaitt tout naturellement la moindre des choses, compte tenu du temps d’éloignement de leurs bases disaient-ils.

Cela dit il est toujours possible d’utiliser la station ra,dio d’un navire pour tout autre chose, que ce qui doit s’y passer normalement... A bord des navires français par exemple, certains d’entre nous faisaient des photos dans des lieux où ce n’était pas autorisé, parfois en prenant quelques risques.
- Cela se faisait pour le compte de nos "services" et l’officier radio que j’étais, fut d’ailleurs sollicité plusieurs fois pour écouter certaines fréquences à certaines heures, là où nos "grandes oreilles" avaient de la peine à se déployer... On ne saurait être partout et à l’impossible nul n’est tenu, pas même les grandes oreilles de l’Etat.

"A l’Est" ils auraient donc eu tort de se gêner. Mais cela n’arrivait probablement pas aussi souvent, cici dit compte tenu de ce que nous avons su depuis et qui est moins complaisement diffusé auprès du public, au-delà de la presse professionnelle.

D’autre part, la France avait chez eux la réputation de surveiller de très près les navires de l’Est en escale sur les quais et partout en ville, jusqu’à devenir hautement "encombrant"... Qu’allaient donc imaginer les autorités françaises ? Tel fut le commentaire soviétique en relatif accord avec une certaine propagande citant souvent presque tous les pays occidentaux comme dictatoriaux...

Vue de l’Ile du Nord (près de Abel Tasman)

Cela dit, hors de toutes les considérations plus ou moins politiciennes, vous lirez ci-après mon itinéraire là-bas en 1985.
- Et comme disent parfois les "pieds-noirs" :
- "C’est bon comme là-bas dis... Même le mouton !"

Image symbolique de la Nouvelle Zélande : le mouton à tête noire, plus de 70 millions !

Venant du Japon (Kobé), nous avons commencé notre tour de NZ par 5 jours à Auckland au Nord de l’Ile du Nord, grande capitale économique et ville la plus internationalement connue du pays. S’y trouvent aussi le principal aéroport international et les grandes Universités.

Auckland, capitale économique. La capitale politique est Wellington

Je devrais commencer maintenant à évoquer la population de ce sympathique pays, c’est dire que j’y reviendrai au prochain message, tout naturellement. J’ai d’abord eu à "situer" les événements, donc j’avouerai tout d’ici peu. Il y a en effet de quoi dire, à propos de ce qui sa passait souvent durant ces escales un peu folles il faut aussi le reconnaître.
- Un certain nombre de comportements locaux étonnants furent constatés dès la première escale, à Auckland. Mais ce n’était que le début. Lors de chaque escale il se passait quelque chose.

Tout cela sera donc conté ici escale par escale, point par point, pour ne pas écrire, femme par femme.

Carte routière approximative du plus beau pays du monde

Bien "navicalement" Thierry BRESSOL R/O
- Escales en Nouvelle Zélande 2

Le Charles LD, sister-ship du Pierre. Sur les trois photos, voir les grands portiques.

- L’ambiance à bord & Le blues à bord
- Pourquoi suis-je en Belgique ? C’est aussi arrivé à bord du Pierre LD et je dois ajouter ici, qu’avant de rencontrer cette visiteuse à Newcasttle et qu’elle ne me parle, j’ai un instant pensé qu’elle était Australienne et allait se comporter comme cela arrive en Nouvelle Zélande... Pas du tout !

Merci aux sites :

- http://www.cityofauckland.co.nz/
- http://www.cityofinvercargill.co.nz/
- http://www.cityoftimaru.co.nz/
- http://www.cityofchristchurch.co.nz/
- http://www.cityofwellington.co.nz/
- http://www.cityofnapier.co.nz/
- http://www.cityoftauranga.co.nz/
- http://www.mountmaunganui.co.nz/
- http://www.cityofnelson.co.nz/

- http://www.tourdumonde.be/nouvellezelande/
- http://www.photoway.com/fr/dest/NZEL96_index.html
- http://www.bigfoto.com/ pacific/new-zealand/
- http://www.ginini.com/nz/maps/
- http://www.webtrotters.com/voyage/nouvelle_zelande/index.php
- http://www.marine-marchande.net/

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Le 14 décembre 2007, sam321 : Escales en Nouvelle Zélande 1/8 - Auckland

bonjour,

je voudrais vous demander si le kiwi est l’animal qui représente la Nouvelle Zélande.

merci

Escales en Nouvelle Zélande 1/8 - Auckland 14 décembre 2007, par Thierry Bressol

Absolument ! C’est l’un des symboles nationaux, le fruit homonyme aussi d’ailleurs car la France et la Nouvelle Zélande en sont les deux premiers producteurs mondiaux.

Notre ami Google en dit beaucoup sur le sujet, surtout si on précise Wikipedia dans la demande... Bien amicalement


http://marine-inconnue.blog.20minut...

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/