Souvenirs de mer

5 février 2006

Escales en Nouvelle Zélande 2/8 - Auckland

Il me faut commencer à évoquer la population de ce sympathique pays, naturellement. Après avoir "situé" les événements j’avouerai tout ici. Il y a en effet de quoi dire à propos de tout ce qui pouvait arriver plus ou moins souvent durant ces escales un peu folles il faut aussi le reconnaître.

Auckland, Bluff (près de Invercargill), Timaru (Dunedin), Christchurch, Wellington (et Nelson), Napier et Tauranga.

Corrigé le 10 Mai 2007
- Escales en Nouvelle Zélande 1 & Escales en Nouvelle Zélande 2 (vous y êtes)
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- Escales en Nouvelle Zélande 5 & Escales en Nouvelle Zélande 6
- Escales en Nouvelle Zélande 7 & Escales en Nouvelle Zélande 8


Jardin public à Auckland (NZ - Ile du Nord)

Dimanche le 5 Février 2006

Un certain nombre de comportements locaux tout à fait étonnants furent constatés dès la première escale à Auckland. Mais ce n’était que le début car en effet lors de chaque escale, il se passait quelque chose...

Situer le plus lointain pays du monde

1/ Auckland :
- Au-delà du fait d’avoir été notre première escale, ce fut aussi la plus calme car sans grands excès, tout au moins de ma part. Sans doute nous fûmes relativement sages faute d’avoir été au préalable dinitiés aux charmes de la Nouvelle Zélande.

Auckland vue du port

La manoeuvre d’arrivée eut lieu tôt le matin, je fus naturellement mobilisé jusqu’à midi par les papiers d’escale et le devoir d’accueil des autorités portuaires dans mon bureau, pour les formalités d’usage. Cette matinée fut bien remplie car il me fallait aussi recevoir avec le jeune cuisinier, quelques shipchandlers pour commander des vivres frais. Il nous restait peu de choses à manger à bord.
- D’autre part l’après-midi fut entièrement consacrée à la préparation soignée de la grande commande "d’appro." prévue à Bluff, où nous aurions tout le temps nécessaire et un énorme choix, s’il fallait en croire les superbes brochures de mes interlocuteurs. C’était d’ailleurs le cas, qui s’en plaindra ?
- Après les mésaventures ("La mauvaise ambiance à bord") survenues au début de cet embarquement, c’était une affaire qui me tenait à coeur et prise avec un certain sérieux, j’aime autant le redire.

Cette journée de travail s’acheva en redevenant officier radio-électronicien, c.à.d. en expédiant via Satcom le radiotélex de commande à notre fournisseur d’Auckland, avec (naturellement) quelques autres messages techniques et commerciaux pour Gearbulk et LDC.

Auckland (NZ - Ile du Nord)

Après le repas du soir je suis sorti faire un tour à terre, plan de ville en poche, un petit cadeau du shipchandler choisi le matin pour "acheter du frais". (à propos, là-bas je conseille aussi les coquilles St-Jacques locales)
- Un des premiers charmes de ce pays est le simple fait qu’en général le navire se trouve à quai à moins de 40 minutes à pieds du centre ville. Le taxi c’est bien, mais rien ne vaut "les chaussures" pour commencer à s’imprégner de l’atmosphère d’un lieu.

En se baladant en milieu urbain Néozélandais, le caractère "plus anglais que les anglais" est une des premières choses à observer, à commencer par leur façon de s’habiller. Il y existe même une sorte de caricature de la Grande Bretagne. Le statut politique de la Nouvelle Zélande est très particulier :
- C’est une monarchie dont Chef de l’Etat est rien de moins que... La Reine d’Angleterre. Pourtant, ils sont indépendants. La Reine est ici représentée par un Gouverneur dont le titre surtout honorifique, est d’importance. C’est d’ailleurs aussi le cas du Canada et de l’Australie, même si on y manifeste parfois des tentations de république. Mais sur place avec pragmatisme, il se dit que "du moment que cela fonctionne"... En Nouvelle Zélande j’ai aussi cru sentir un certain dédain pour la lointaine mère patrie.

Auckland : le quartier des Universités

Cette première soirée, sachant que j’aurai beaucoup de temps, j’ai pris le parti de marcher un peu au hasard dans plusieurs directions pour aller prendre un pot ça et là, un peu au hasard dans trois tavernes brasseries près du port, dans le quartier universitaire puis au centre-ville pour finir. Je buvais souvent ainsi une bière locale, (ou deux) tout en écoutant les conversations de comptoir de café autour de moi, autant que faire se peut. En effet les accents anglais demandent toujours un effort d’attention et d’adaptation soutenu. C’est très intéressant mais pas toujours si facile. Mais on s’y fait en quelques jours.
- Il peut aussi arriver que l’on soit "branché" par quelqu’un, ou mieux par "quelqu’une", en traînant ainsi le soir dans un café. Cependant, adoptant généralement le premier soir une attitude plus ou moins "fermée" tel ne fut pas le cas. Je souhaite en effet d’abord "écouter le pays" et observer. J’avais décidé de le faire bien, connaissant le "shipping-schedule" du Pierre LD. Cela n’arrive pas si souvent avec la navigation moderne, nous aurions tout notre temps.

D’autre part, je n’imaginais pas du tout en rentrant à bord relativement tôt peu après minuit, que j’aurai matière à découvertes dès le premier soir et à bord de surcroît. C’est ainsi qu’en ouvrant la porte du château située près de la plate-forme de l’échelle de coupée, je fus surpris d’entendre une ambiance musicale très "boîte de nuit" au bout de la coursive, au carré de l’équipage sembait-il...

- "Tiens donc ! Que passa ?..." Il existait un contraste saisissant entre deux ambiances à bord, espacées d’à peine quelque dizaines de mètres :
- Celle du pont principal, le long duquel l’un des deux énormes portiques ne cessait d’aller et venir sur ses rails du milieu vers l’avant. Son trawley soulevait de grandes palettes de tôles d’aluminium (en rouleaux) pour les poser sur le quai à un rythme soutenu sous la lumière crue des projecteurs du bord et "de terre", dans un fracas de ferraille épouvantable.
- Celle du salon de l’équipage où ceu qui ne travaillaient pas (ça arrive, à bord des navires) prenaient une détente fort méritée, compte tenu de l’ambiance du bord jusqu’à ce jour.

Surprise ! Au moins dix femmes de tous âges se trouvaient là en train de bavarder verre en main avec les gars avec les gars du bord dont deux officiers, ce qui m’a encore plus surpris. J’étais "normalement" (si j’ose dire) le seul officier à ne pas déclencher des regards hostiles en y pénétrant... Celles qui ne bavardaient pas étaient sur "la piste" en train de danser un rock endiablé au milieu du carré. Tout le monde pratiquait le franglais ou l’anglais (même le français !) joyeusement sous les spots de couleurs.
- "Ca alors... Qui sont ces femmes ?" ai-je pensé. Leur présence ici était pour moi au moins, totalement inattendue.
- J’ai posé la question à l’une de celles qui étaient encore seules, peut-être parce qu’elle était la moins jeune du groupe ou bien la plus timide.
- "Nous sommes des amies qui veulent faire la fête avec vous ce soir..." expliqua-t-elle.
- "Ah bon ! Soit ! Pourquoi pas ?..." fut ma première pensée. D’autre part, j’ai eu un petit succès car je fus tôt repéré comme étant un personnage important du bord, des gars de l’équipage m’ayant sollicité pour "sortir" quelques bouteilles... Ceci fut, sans que les officiers présents (ennemis du moment) bronchent de quelques façons que ce fût. Il n’y eut pas même un froncement de surcils. L’ambiance à bord changeait sans aucun doute.

Route des environs d’Auckland (NZ)

Officiellement ce n’étit pas possible. En effet, douane oblige, la "cave du bord" était toujours "sous scellés" durant les escales. Cela dit, j’avais prévu (le sixième sens sans doute) ce genre de demande exceptionelle normalement interdite :
- J’ose avouer aujourd’hui avoir eu l’habitude de planquer régulièrement quelques bouteilles la veille au soir des arrivées à quai, une quantité qui se révéla d’ailleurs insuffisante ce soir-là. Il y a prescription, que les douaniers qui me lisent veuillent bien me pardonner, il y en avait fort peu.

La première conclusion de cette soirée fut simple, il semble bien que les vieilles rumeurs à propos de la Nouvelle Zélande, racontées (exagérées parfois) par nos "anciens" de la Compagnie des Messageries Maritimes, des Chargeurs Réunis et de quelques autres reposaient sur un large fond de vérité. En effet on ne s’ennuyait pas, en Nouvelle Zélande.

Lorsque cette petite fête improvisée mais organisée avec soin s’acheva, certaines ne se sont pas dirigées vers la grosse porte de bois donnant sur la coupée mais vers "l’étage du dessus".

Il faut reconnaître qu’en vivant dans cet univers de tôles qu’est un navire depuis plus de deux mois (pour n’évoquer que moi) nous étions pour elles des hommes faciles à manipuler. Plus surprenant, je suis certain que pas une ne demanda plus qu’à boire, à manger et "l’hospitalité du navire".

Ca aussi, c’est intéressant, ici "chose vue" à Mount Maunganui

La nuit fut fatigante comme une journée de travail, car il me fut impossible d’échapper à la brune au yeux verts que j’avais interrogée : Ma résistance fut réelle à cause "d’attaches" en France, mais se révéla rapidement de pure principe, par une conviction affaiblie par les mois de bord dans des conditions mentales difficiles. Qui résisterait longtemps ? J’en ai vu deux qui "ont tenu"... Jusqu’à Napier pour prendre alors des habitudes proches de l’abus...

Mon interlocutrice voulait voir la passerelle, le poste radio et une cabine, la mienne par exemple (au hasard sans doute) disait-elle. Je n’étais pas médecin mais savais déjà jouer au docteur, et elle n’aurait pas su me faire croire qu’elle n’avait jamais visité un navire vraquier puis vu de très près les pingouins bipèdes qui travaillent à son bord.

L’escale d’Auckland s’acheva donc par quelques visites ça et là en ville et dans les environs jusqu’à Hamilton, ponctuées par d’excellents repas dans les restaurants locaux en étant finalement fort bien accompagné. Elle était préparatrice en pharmacie et aimait se faire inviter pour parler de sa ville durant les sorties. Bon public en général, que pouvais-je demander de plus ? Que demande le peuple ?

Les environs d’Auckland (NZ)

Notre ambiance s’améliora considérablement dès le lendemain de notre arrivée malgré les si nombreux et potentiellement dangereux "problèmes de personnes" existant à notre bord depuis le départ de la côte Est des USA.

L’embarquement des vivres frais même avec l’aide spontanée de l’équipage-pont le lendemain, se déroula dans une atmosphère "bon enfant" qui nous a tous surpris et m’étonne encore, avec le recul du temps pourtant. C’est dire le pays magique rencontré et ce n’était que le début.

C’est donc dans d’excellentes dispositions en matière de "vie à bord" que nous avons repris la mer le quatrième jour après quelques adieux émouvants, pour rejoindre Bluff situé à l’extrême Sud du pays, "au bout de l’Ile de Jade" près du détroit de Foveaux. L’Ile du Sud est très différente, en apparence.

Rendez-vous à Bluff et Invercargill ! A suivre...

Bien "navicalement" Thierry BRESSOL R/O
- Escales en Nouvelle Zélande 3

Le Pierre LD de 1980, c’est arrivé à son bord.

- L’ambiance à bord & Le blues à bord
- Pourquoi suis-je en Belgique ? C’est aussi arrivé à bord du Pierre LD et je dois ajouter ici, qu’avant de rencontrer cette visiteuse à Newcasttle et qu’elle ne me parle, j’ai un instant pensé qu’elle était Australienne et allait se comporter comme cela arrive en Nouvelle Zélande... Pas du tout !

Merci aux sites :

- http://www.cityofauckland.co.nz/
- http://www.cityofinvercargill.co.nz/
- http://www.cityoftimaru.co.nz/
- http://www.cityofchristchurch.co.nz/
- http://www.cityofwellington.co.nz/
- http://www.cityofnapier.co.nz/
- http://www.cityoftauranga.co.nz/
- http://www.mountmaunganui.co.nz/
- http://www.cityofnelson.co.nz/

- http://www.tourdumonde.be/nouvellezelande/
- http://www.photoway.com/fr/dest/NZEL96_index.html
- http://www.bigfoto.com/ pacific/new-zealand/
- http://www.ginini.com/nz/maps/
- http://www.webtrotters.com/voyage/nouvelle_zelande/index.php
- http://www.marine-marchande.net/

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Le 10 février 2006 : Escales en Nouvelle Zélande 2/5

Thierry je viens de relire votre superbe reportage sur cette escale en Nouvelle Zélande
Merci pour le Clin d’œil " si un douanier " J’ai fait deux voyages sur l’Australie dont une escale prolongée pour raison technique d’un mois à Brisbane avec passage en radoub .Celà avait l’air moins intéressant que la N Z
Quoique en rentrant tard une nuit on trouva aussi une " Bordée de fille "à bord elles n’avaient pas peur de leur vertu ! ce qui se voyait rarement dans les autres pays mis à part bien sûr Tahiti

En Australie une fois les bars fermés on pouvait trouver dans une annexe de la bière à emporter et surtout acheter des friuts de mer pour continuer l’escale

Le service de santé était très strict et l’immigration très dure avec les membres d’équipage de couleur très nombreux aux Messageries Maritimes

Bonne continuation
jo Kerdraon

Le 12 août 2006, BOUGARD Michel : Escales en Nouvelle Zélande 2/7 - Auckland

Bonjour Thierry,

Chose peu pratiquée en Europe, le bureau du « General Office » d’Auckland restait ouvert 24h/24h pour des télécommunications publiques.

Une petite porte à gauche du bâtiment donnait accès au 1er étage du bureau téléphonique afin de permettre aux habitants de téléphoner toute la nuit donc de jour en Europe.
Il est vrai que le prix des communications était plus élevé de Nouvelle-Zélande que d’Australie.

Sur la route entre le port et le centre ville il y avait aussi quelques restaurants spécialisés dans des mets de mouton et des boutiques d’articles en peau de mouton, par exemple des très chaudes babouches en laine.

Lors de ma dernière escale en 1996 avec le « M/V Antwerpen », j’étais de sortie avec le chef mécanicien du navire.

Nous sommes allez manger dans le très bon restaurant de la jetée du port des ferries illustré dans la photo de l’article.

C’est la seule fois de ma carrière que j’ai risqué de rater le départ du navire car l’escale fût plus courte que prévue.
Heureusement que notre agent avait du flair car il est arrivé au dessert afin de nous mettre dans un taxi pour un retour précipité à bord.
Et un commandant heureux d’éviter le coût d’un mouillage en attendant notre arrivée à bord !

De tous les pubs du centre de la ville, c’est celui du port de plaisance, une ancienne « brasserie » qui était le plus apprécié car c’était le lieu pour draguer les filles.

Un autre lieu de sortie apprécié avec des prix raisonnables était le marché couvert.

Amitiés,
Michel
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