Souvenirs de mer

20 juillet 2007

Escales en Nouvelle Zélande 7/8 - Détroit de Cook et Wellington

Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, comme ce tour de Nouvelle Zélande... Mais il n’est pas fini cette semaine !
- Il nous fallait encore arriver Wellington, Napier et Tauranga.

La courte traversée de Christchurch à Wellington fut mémorable entre toutes...

Ce texte a été achevé ce 29 juillet à 00h00 et corrigé à 12h30 le 1er Août 2007. Oui, ça a traîné, ça c’est sûr...

- Escales en Nouvelle Zélande 1 & Escales en Nouvelle Zélande 2
- Escales en Nouvelle Zélande 3 & Escales en Nouvelle Zélande 4
- Escales en Nouvelle Zélande 5 & Escales en Nouvelle Zélande 6
- Escales en Nouvelle Zélande 7 (vous y êtes)
- Escales en Nouvelle Zélande 8


Par une étrange coïncidence, le Serveur du présent site vient de subir un "black-out"...

La traversée de Christchurch à Wellington fut épique

Le détroit de Cook tel que je l’ai vu (merci à Wikipedia)

L’Electricien, les deux jeunes matelots légers et moi nous nous sommes tous regardés tour à tour dans les yeux, probablement en pensant chacun simultanément la même chose se résumant par :
- "Putain !! Ca craint" A l’extrêmité de l’aileron de passerelle donc loin des autres, nous pouvions encore dire discrètement ce qui nous passait par la tête.

Le vent commença naturellement à pousser le navire dérivant en travers de la houle, tandis que l’éclairage d’urgence par batteries de secours (donc naturellement un peu léger) semblait faiblir*. Mais il fut soudain remplacé par le vrai "courant de secours".

Mille millions de mille sabords ! Disjoncteurs maudites boîtes à cafards... d’après http://lalicorne.canalblog.com/

Ouf ! Le mode automatique du Groupe de Secours fonctionnait, il réussit donc à se mettre seul en route et rétablir une alimentation sur les "barres prioritaires".
- Il fallait au moins ça, pour commencer à entreprendre de ranimer le Pierre LD mis KO debout* ce soir-là.

L’ambiance dans la passerelle menaçait naturellement de devenir un peu électrique. Heureusement le rétablissement automatique d’un minimum de fonctions sut remettre un peu d’ordre et détendre un peu l’atmosphère de "cette passerelle" mise soudain sous pression, où tous couraient partout en tous sens pour "aquitter" une par une les alarmes et ainsi faire taire chaque joueur de cette folle fanfare.

Très important !! Le GE de secours. Le Croze "aimait" bien nous "faire des black-out"

Le "Fusible" exprima d’abord sa satisfaction personnelle. En effet c’était lui qui avait réussi la semaine précédente à rendre sa pleine capacité de démarrage automatique à notre Groupe de Secours resté deux mois souffrant. En effet disposer d’un éclairage correct dans les compartiments machines n’est pas un luxe pour pouvoir TOUT remettre en route "en bas" sans trop d’ennuis et surtout, le plus vite possible ! Détroit oblige...

Le Pierre LD connaissait naturellement quelques "petits soucis" (comme tous les navires du monde) mais à son bord, on était à l’opposé du triste état de navigation du Rokia Delmas :
- *l’air du temps nr 21 et 23 & 136 et 155

Ce genre d’incident était toujours ressenti d’abord comme une humilliation avant d’être un risque réel. Ce risque était en général peu probable avec nous. Mais ce soir-là existait un cumul de mauvais hasards un peu inquiétant.

Le Pierre LD de 1980, c’est arrivé à son bord.

Le hasard avait voulu que l’incident survienne à l’heure du changement de quart. En d’autres termes le lieutenant de veille du "minuit à quatre" et son timonier venaient d’arriver. Naturellement ceci ajouta un peu de confusion sur le moment car cela faisait plus de monde que nécessaire. Ce type était d’autre part peu digne de confiance, heureusement le Cdt et le second étaient en passerelle. Le 2nd Lieutenant est vite monté voir, reveillé par le silence.
- Prudents, nous sommes d’abord restés un peu à l’écart bien entendu.

Je me suis cependant précipité pour remettre en marche "mes radars" dans les règles de l’art, pour être sûr que tout se passe bien. Dans ces cas-là en effet dans l’urgence, les officiers pont n’étaient pas toujours très scrupuleux avec la procédure de mise sous tension des radars.

Le Maître Electricien me fit un clin d’oeil juste avant de prendre le chemin qui allait fatalement s’imposer, "en bas". Il était sûr d’être appelé tôt ou tard.
- Le pauvre Pierre LD privé de toute propulsion commençait à rouler bord sur bord, l’affaire n’allait donc pas être drôle pour les mécaniciens. Ceci me fit naturellement penser à un détail d’importance.

Un Satcom Inmarsat A - En 1979 déjà...

Il ne fallait pas non plus que le Service Radio perde la boule :
- Notre terminal Satcom Inmarsat A (un Sperry ESZ-8000, pour les dames et pour nous servir) nécessitait une précaution particulière en cas d’arrêt prolongé en mer, surtout si celle-ci était agitée et c’était bien le cas.

En effet son alimentation n’étant pas connectée sur les fameuses barres prioritaires, il s’était donc arrêté "en vrac" faute d’être équipé de batteries "back-up", car à l’époque ce n’était pas encore obligatoire. On ne disait pas GMDSS en 1985, mais Futur GMDSS...

Un petit tour dans les antennes, sans perdre la boule

Il me fallait donc "monter tringler" la grosse antenne parabolique. Ce n’était pas très urgent car elle était montée très "librement" sur cardans et garderait naturellement sa position du moment (en azimuth et élévation) un certain temps :
- Quatre gros gyroscopes en assurait la stabilité et ils continueraient fatalement à tourner sur leur élan même sans énergie électrique, en me laissant prendre mes aises. J’ai donc décidé benoîtement d’aller chercher ce qu’il fallait pour la mettre sur ses tringles après avoir expliqué au commandant ce que j’allais faire.

A cet instant un hurlement perçant nous paralysa tous :
- "AAhh !!! Un sous-marin !!! (j’ai dû sauter d’un mètre...)

C’était le Lieutenant du "minuit à quatre", il se trouvait à l’extrêmité de l’aileron tribord pour faire un relèvement du phare le plus proche quand il a vu...
- Mais qu’est-ce qui se passe "là-dessous" ?

Merci au site consacré au sous-marin Bézéviers

Le niveau général de stress sauta encore plus haut lorsque la VHF canal 12 gronda avec sévérité, suivie de peu par l’autre VHF réglée sur le canal 16, alors que nous étions presque tous penchés par-dessus bord en train de contempler un spectacle assez inquiétant :
- A moins de trente mètres parallèlement à notre coque, plus aucun doute ! Deux inquiétants mâts verticaux coiffés de "trucs bizarres" venaient de sortir de l’eau. Leur sillage commun décrivait une large courbe comme s’ils voulaient s’éloigner de nous. Non seulement le massif émergea de presque deux mètres un instant, mais une longue masse noire était visible sous les eaux proches du Pierre...
- Mais... Qu’est-ce qu’il fout ici celui-là ?

La scène était extrêmement sinistre car très mal éclairée et nous nous sommes même demandés après coup si... L’usage du projecteur de l’aileron (destiné normalement à éclairer l’échelle de pilote) était une bonne idée :

Le type au périscope en a certainement pris plein la vue, et il a eu de la chance que ce n’était pas le Sea Intrepid, car son projecteur est redoutable !
- "Allumez les projecteurs de pont ! Vite !! Peut-être il nous a pas vu ! Lança le commandant.
- J’ai suivi le second qui exécuta l’ordre, puis ensemble nous avons mis les feux de navigation en position :
- "Navire non maître de sa manoeuvre" Tout s’était déroulé si vite depuis le début, que personne n’y avait encore pensé !
- "Nom de Dieu ! Il était vraiment derrière nous" commenta le second.

Les voyeurs sont parmi nous

Le jeune matelot timonier eut immédiatement le mot qu’il fallait :
- "C’est comme dans un film !!"
- "Tu vas le voir, le film camarade ! S’il nous touche... ajouta l’autre timonier. Au même instant, l’engin mystérieux commença à s’éloigner puis s’enfonça de plus en plus vite. En moins de deux minutes il fut invisible.

Passé sa surprise, le commandant reprit l’initiative :
- "Bon ! Il est parti ! Occupons-nous de nos fesses maintenant. Chef !! Où en est-on en bas ?"

De retour "d’en bas", le chef mécanicien venait d’arriver. Il fallait du temps pour avoir la pression d’air de lancement nécessaire au redémarrage des deux groupes et ensuite, il en faudrait encore pour relancer le Moteur Principal. Mais le servo-moteur était de nouveau disponible et l’Electricien surveillait le Groupe de secours s’étant rendu sur place, au cas où... Cette utile machine se trouvait dans un local situé à tribord en haut du château, juste derrère la cheminée.

Surtout en mer ! En plus, il faut souvent pomper, ça va sans dire...

Murphy veillait probablement à bord pour que sa Loi de l’emmerdement maximum soit correctement mise en application car les deux VHF continuaient à hurler toujours la même chose :
- "Pirr ELL DI !! Pirr ELL DI ! Wellington Control calling. Do you read me ? Channel twelve please ??"

Cette fois plus de doute ! Les noms francophones sont souvent imprononçables correctement par des anglophones, par exemple le "th" de mon prénom Thierry ne leur est pas plus accessible que le "th" anglais à certains Français. Ce n’était pas la première fois que le Pierre LD avait du mal à vite piger qu’on l’appelait.
- "Vlà aut’chose... C’est pas le moment de nous emmerder." Commenta le Tonton lorsque je lui ai fait signe.

Si justement ! (et hélas) Ai-je pensé. Effectivement nos évolutions bizarres ayant été remarquées de loin, il fallait s’expliquer. Le second était d’origine Ecossaise, il prit donc l’affaire en main puis lança un bel avertissement sur le canal 16, comme quoi nous dérivions et conseillait de prendre un large tour. Avec nos feux de "navire non maître de sa manoeuvre" la situation était plus claire. A chacun dans la zone de passer son chemin et s’écarter !
- Nous fûmes cependant frustrés de devoir éteindre les projecteurs de pont, le Groupe de Secours ne pouvaient pas "tout faire" à la fois ! La priorité allait naturellement aux auxiliaires nécessaires à la remise en route des Groupes et du MP.

Un black-out total survenu au mauvais moment peut jeter un navire "dans les décors"

Le Pierre roulait maintenant bord sur bord. Constatant qu’on n’avait pas besoin de moi, je suis allé au local radio pour y remettre de l’ordre et me souvenir que le nécessaire pour tringler l’antenne se trouvait tout bonnement déjà dans la boule en plastique blanc. J’ai donc pris ma meilleure lampe de poche, une veste et une VHF portative au cas où...
- La boule de l’antenne Inmarsat se trouvait en tête d’un petit mât haut de 3 mètres situé sur la passerelle supérieure, (les Belges disent "Monkey Bridge") son accès était donc facile sauf pour les personnes "un peu fortes". Il faut en effet pouvoir passer DANS la trappe !

Non, il n’a pas embarqué un champigon hallucinogène. Le Fleur de Lampaul aussi, a un Satcom. C’est pop !

Saisir manuellement cette parabole de 1,20 m de diamètre et la positionner correctement pour la bloquer, ce fut probablement l’un des exercices les plus étranges de toute mon expérience professionnelle radio-électrique :
- En grimpant les échelons du mâtereau j’ai d’abord pensé à mettre "off" tous les petits commutateurs pour que le système ne force (surtout !) pas lors de la remise sous tension à partir "d’en bas" (au local radio). Pour commencer, j’ai eu du mal à ouvrir la trappe ! Le système de stabilisation est fixé derrière ma parabole et son gros cul se trouve parfois au-dessus du trou de la boule, en fonction du cap du navire. Comme il était à la dérive, il m’a suffit d’attendre un peu. Ouf !

Note technique : Le pire des cas possible peut être réalisé lorsque le navire est à quai et que... Alors, il est impossible de solliciter de la passerelle un petit changement de cap pour entrer ! Ceci m’est arrivé à bord du Saint Roch.
- Il ne reste alors plus qu’une solution, les contorsions pour atteindre le petit commutateur de l’alimentation, ainsi mettre "off" la SAU et la bousculer alors sans aucun scrupule pour passer !

Inmarsat aujourd’hui, on ne rentre plus dans la boule, on ouvre ! Faut-il un ouvre-boîtes ?

En effet la parabole "SAU" (Stabilized Antenna Unit) ne tolère absolument pas d’être manipulée à la main alors que ses deux fonctions Elevation & aZimuth sont "on" !

La vie n’est jamais simple... Il y a "du monde" dans la fameuse boule :
- Les alimentations pour la "Stabilization Power Board Unit", le "Up/down Converter", la "IF Unit" et pour le "PA" (ampli de puissance radio de l’émetteur). D’autre part il y a aussi la lumière, tout simplement ! Naturellement j’ai tout trouvé éteint sauf les quatre gyros qui continuaient à tourner comme prévu.

Pour être certain de ne rien oublier j’ai consulté la documentation avec ma lampe et préparé mes tringles, ce qui commençait à devenir délicat à cause du roulis. J’ai alors pensé un bref instant aux mécaniciens "en bas".

Inmarsat est simple à installer à bord en 2006, et la "configuration client" est une carte SIM comme en GSM !

Lorsque tous mes sous-ensembles furent "off" conformément à la procédure décrite, je me suis mis debout face à la parabole pour la saisir des deux mains en position "neuf heures et quart". Cette mauvaise fille ne se laissa pas faire !
- En effet, le rôle des quatre gyroscopes est alors devenu très concret ! Ils tournaient beaucoup moins vite heureusement car je me suis montré extrêmement timide pour commencer. Il fallut faire preuve d’une autorité d’électronicien musclé pour lui faire baisser le "nez" jusqu’à l’élévation "zéro", mettre la première tringle, puis l’orienter dans la bonne direction et poser la seconde tringle.
- Satisfait, j’ai tout rangé, quitté la boule, refermé la trappe et suis passé à la passerelle pour prendre des nouvelles.

Discuter longuement en observant le coucher du Soleil

La bonne humeur était revenue car deux Groupes Electrogènes tournaient et leur couplage demeurait enfin stable. Mais il fallait encore attendre une vingtaine de minutes pour que tout soit prêt à relancer le Moteur principal. (Air de lancement, pompes et autres auxilliaires). En haut dans "ma boule" je ne me rendais compte de rien.
- Un défaut de répartition de la charge de la consommation électrique du bord entre les GE était responsable de la bonne farce de la soirée. Le Pierre LD disposait de trois "GE" et comme d’habitude en mer ce jour-là, deux tournaient tandis que le troisème "attendait" en "stand-by".
- Si la charge de consommation du bord repose trop sur l’un des deux GE "au travail", il va naturellement forcer et relentir de ce fait. Il risque alors de s’arrêter à cause de l’alarme "overload" (surcharge), d’autre part le tableau électrique de contrôle risque de disjoncter l’alimentation d’une partie du bord.
- De son côté le second Groupe risque alors de partir en survitesse si sa régulation ne fonctionne pas comme elle devrait... En bref, il risque lui aussi de stopper par sécurité, avec toutes les alarmes que cela suppose.

Les "petits" groupes électrogènes dits de servitude

A priori le troisième Groupe doit normalement alors être capable de démarrer seul en mode automatique et se coupler vite (automatiquement aussi) avec celui qui continue à tourner. Il y a la Théorie, mais il y a aussi la pratique concrète :
- Notre système fonctionnait alors plus ou moins bien, car nous attendions des pièces de rechange.

L’un des deux Groupes s’est donc arrêté pour protester, mécontent de devoir travailler plus que l’autre. Le second GE (pas d’accord) décida de stopper à son tour pour marquer sa désapprobation. Le troisième voulait se montrer bon prince car il démarra. Mais en constatant les sottises des deux autres... Faire seul le boulot des deux autres, il n’en était pas du tout question !!

Le tableau électrique manquant un peu d’autorité, il ne sut pas obliger ce trio infernal à reprendre le travail.
- En bref, la venue de quelques bipèdes mamifères omnivores et inscrits maritimes s’imposait pour botter le cul de ce bazar.

C’est ainsi qu’après une heure et trente minutes à la dérive dans le détroit de Cook, nous sommes arrivés avec trois heures de retard au rendez-vous du pilote de Wellington, en ayant totalement oublié "notre" sous-marin. Il n’était pas prévu d’en reparler autrement qu’entre nous.


6/ Wellington - Capitale politique de la Nouvelle Zélande et Détroit de Cook :
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Wellington_(Nouvelle-Z%C3%A9lande)

Siège du Gouvernement à Wellington (NZ)

Nous avons dû apprendre avant même d’embarquer le Pilote, que hélas l’escale à Nelson serait annulée. C’est non loin de là mais sur l’Ile du Sud, (ou "de Jade") en Baie de Tasman. Effectivement cette traversée devenue épique en arrivant au détroit de Cook, s’acheva par quelques échanges téléphoniques frénétiques par VHF avec :
- Une Compagnie de remorquage qui tenait absolument à venir nous chercher, (tout ce qui est intéressant se sait vite) Cook Strait Traffic Control Center (je crois me souvenir qu’il se présentait ainsi), notre agence et enfin Wellington Port Control, qui voulait s’assurer de notre réelle arrivée avant le lendemain à midi pour une question de gestion de ses quais. Pourtant je leur avais fait un petit télégramme.

Un interlocuteur sembla cependant conserver un flegme tout à fait imperturbable, le Pilotage de Wellington :
- Ces braves gens écoutant tout en permanence avec leurs nombreuses VHF, ils savaient parfaitement à quoi s’en tenir. D’autre part nous avions aussi officialisé notre retard avec eux, par un beau télégramme expédié en Morse. C’était un peu plus vite fait que remettre le Satcom en marche.
- Qui ose dire que le code Morse n’est pas aussi efficace ?

Vue de Lambton Quay à Wellington (NZ)

La manoeuvre fut terminée entre trois et quatre heures du matin et lorsque le filet de coupée fut parfaitement "ficelé", les autorités sont montées à bord comme d’habitude, mais à un petit détail près :
- Il y avait un personnage en plus, un intervenant tout à fait inhabituel.

La douane, l’immigration, l’officier de port et notre agent avec le COURRIER postal (très important !) exécutèrent chacun benoîtement leur traditionnelle mission, mais devant un jeune officier de la Marine Royale en uniforme, silencieux, patient et placide.

Il n’y eut aucun problème avec la douane car les déclarations individuelles d’effets personnels étaient cette fois parfaitement conformes aux habitudes locales, finalement peu sévères. Il arrive en effet trop souvent dans certains pays que cela tourne aux palabres sans fin et oblige les intéressés à venir justifier leur déclaration parfois peu claire, même s’ils viennent de se coucher après une nuit blanche au travail...

En charge de cette corvée délicate que sont les papiers d’escales, je redoutais toujours des ennuis. Mais il faut reconnaître qu’en Nouvelle Zélande, les "hommes de l’art" n’étaient pas trop pénibles à cette époque, même avec un navire "un petit peu suspect" parce que Français. Cela dit depuis notre première escale (à Auckland) le navire ne s’était pas fait remarquer par quoi que ce soit pouvant mettre en colère les autorités locales. Je pense même avec le recul du temps, que nous étions "bien vus" et que ce message passait régulièrement de port en port avant notre arrivée.

Le "cable-car" de Wellington

Lorsque tous les visiteurs habituels eurent quitté un par un le salon et le bord, il ne resta que le militaire qui attendait visiblement son tour. Le Commandant, le second capitaine et moi-même nous nous sommes regardés tour à tour dans les yeux en pensant simultanément :
- "Qui c’est celui-là, qu’est-ce qu’il veut ce gars ? Et c’est la Marine, ça c’est bizarre..."

Il se présenta, lieutenant de vaisseau Daniel Wallace-Pierce (si je me souviens bien) de la Marine Royale de Sa Majesté. Il avait quelques petites questions à nous poser dont celle-ci :
- Avions-nous aperçu un sous-marin dans les eaux du détroit ?
- Ah ! On ne pensait plus à ça ! Tiens donc... Il y eut un moment d’hésitation.
- "Vous avez perdu quelque chose ?" demanda notre commandant. L’autre éclata de rire.
- "Non ! Ce n’est pas l’un des nôtres. Il a essayé de passer le détroit sans se montrer, mais vous l’avez peut-être vu. Comment était-il et que s’est-il passé ?" C’était une bonne question.

Environs de Wellington, Oriental Bay

Notre second capitaine était (si besoin était) "notre" expert à bord du Pierre LD pour toute question militaire et navale, il aurait d’ailleurs dû faire l’Ecole Navale à Brest au lieu de l’Ecole Hydro du Havre, tellement cela l’intéressait. Je ne sais d’ailleurs pas exactement quel hasard de la vie l’en a empêché. Ceci dit je crois me souvenir qu’il était officier de réserve, une "double-nature" qui n’est pas totalement inintéressante.
- C’est étrange, après le départ de l’intéressé en nous concertant tous les trois, nous avons avoué avoir eu envie de déclarer n’avoir rien vu du tout mais tacitement, nous avons pensé plus prudent de tout dire, c’est-à-dire bien peu de choses ! Ce fut ainsi malgré l’ambiance tendue entre nous.
- Aujourd’hui en 2007 je vous jure n’avoir absolument rien vu de plus que ce qui est raconté dans le présent article.

- Nous avons pensé que recevoir cette visite imprévue signifiait une certaine importance accordée localement à cette présence mystérieuse. Il était donc probable que ce submersible ait été vu (ou tout simplement détecté) par d’autres que nous. Le second félicita d’abord notre visiteur pour l’excellente surveillance du détroit de Cook, ce qui sut remplir d’aise le lieutenant de vaisseau, puis nous lui avons raconté avec précision le peu que nous avions vu en précisant que nos ennuis techniques avaient mobilisé toute notre attention, une vérité tristement banale.

Il est Chinois, mais si on ne vous le dit pas...

Nous nous sommes déclarés totalement "non-connaisseurs" en matière de sous-marins. Cela dit notre suiveur était resté juste assez longtemps sous notre nez pour que j’aperçoive quelques détails, qui laissèrent à penser que l’engin n’était pas de conception française. La Royale n’ayant (de longue date) plus aucun "bateau noir" d’origine étrangère, le second et moi nous en avons déduit qu’on n’utilisait probablement pas souvent la langue de Voltaire à bord de "notre" sous-marin. Que dire de plus ? D’autre part que ferait un "bateau noir" de Toulon, Lorient ou Brest dans le détroit de Cook ?

NZ Détroit de Cook Marlborough Sounds

Nous avons su ricaner ensemble à cette supposition, car en 1985 ce n’était pas le moment que l’un d’eux se fasse chopper en voyeur dans le jardin des "All-blacks" ! Tout le monde se souvenait encore de ce "type whisky" soviétique échoué et coincé dans les cailloux, non loin d’une belle base sous-marine Suèdoise diaboliquement bien placée et dont la visite est encore en 2007 strictement réservée au "club des invités de la direction"...
- Sans rire les représentants de la flotte Soviétique déclarèrent qu’il passait là par hasard. Quel sens de l’humour !

Un Soviétique de la classe "Whiskey" (un modèle ancien)

Le lieutenant de vaisseau Pierce nous quitta donc après une bonne bière avec nous. Il nous confirma aussi qu’en effet ce sous-marin avait été détecté avec plusieurs moyens différents, dont un écho radar "fugitif" près de nous... (Verdamnt et mille sabords !)

Il sembla relativement satisfait de l’entretien mais certainement un peu déçu de n’avoir rien eu d’intéressant à noter, pas même un beau numéro peint en blanc sur le massif par exemple. C’est effectivement toujours possible, mais nous n’avions rien vu de tel. Cela dit, un tel numéro peut aussi être fantaisiste...

Ce débat se termina tous les trois à cinq heures du matin avec quelques bières au salon. Il est assez connu que le fond de n’importe quel détroit est naturellement "garni" d’installations accoustiques plus ou moins sophistiquées dont la fonction première est la détection des sous-marins. Bien sûr, pour contourner ce problème plusieurs méthodes peuvent être utilisées.

NZ Détroit de Cook

Il existe une astuce consistant à se cacher dans le sillage d’un "gros cul du commerce" (le Pierre LD par exemple) choisi spécialement pour son bruit de machines intense. Il suffit alors (théoriquement) de le suivre pour passer le détroit sans être entendu...

Le Pierre LD étant soudain devenu silencieux à cause de son black-out, nous avons naturellement imaginé en riant de bon coeur la surprise de l’officier et du personnel de quart à bord du sous-marin.
- Je suppose un certain embarras sur le moment. Si l’installation de surveillance des Néo-Zélandais était perfectionnée, (je n’en doute pas) ils ont dû avoir l’impression de se retrouver nus à midi au centre de la Grand-Place de Bruxelles ! En temps de guerre, il vaut mieux éviter ça.
- Beaucoup moins drôle fut notre impression en déduisant cela, car il a peut-être failli nous percuter faute de bien nous situer par rapport à eux. Ceci expliquerait la sortie de périscope imprudente trop près de nous. Tout cela est arrivé très vite en plus. Quelle galère...
- "Ils auraient pu se faire mal les gars..." fut la conclusion du "Tonton". Je le crois aussi. D’autre part n’importe quel marin civil pouvait se douter que cette ruse des sous-mariniers n’est certainement pas facile à mettre en application. Ce n’est pas comme au cinéma. Nous sommes ce soir-là devenus certains qu’en plus, c’est dangereux !

Le Cdt du mystérieux sous-marin avait misé sur le mauvais cheval, ça c’est sûr...

Environs de Wellington, Waïkanae

Le lendemain soir c’était déjà oublié ! De Wellington comme ailleurs en Nouvelle Zélande, on peut dire que le site et la ville sont magnifiques. Dans un beau pub décoré à l’ancienne et situé non loin de notre quai, se trouvait affichée une superbe photo très agrandie d’un ancien habitué illustre et inattendu du port de Wellington, dédicacée de la main même de quelques uns de ses serviteurs de l’époque :

Le Néo-Zélandais Pamir sur le dock à Wellington en 1942

On a en effet de longue date oublié que sa seule qualité de Finlandais le fit saisir en 1942 !
- http://pamir.chez-alice.fr/Voiliers/Classe_A/Pamir/Harbors/Wellinwf.htm

Wellington est une ville moderne, sans aucun doute parce qu’elle a un passé très riche.

Wellington, capitale et port, détroit de Cook

Escaler à Wellington fut pour nous un peu comme revenir à Auckland (1/8) car c’est l’une des trois grandes villes de Nouvelle Zélande avec Christchurch. Comme Auckland (2/8) c’est une ville de forte activité commerciale, financière, universitaire et administrative. Certes Wellington est moins connue en Europe que Auckland, mais c’est la Capitale politique.
- La Nouvelle Zélande n’est pas très peuplée mais il y a "du monde" à Wellington, plus de 400 000 habitants. Son portrait par Wikipedia nous dit naturellement qu’ils étaient 423 765 (!) en 2001. Tout ce qui est important en matière d’institutions économiques est principalemnt réparti entre Auckland et Wellington.
- C’est aussi de là que rayonne le Cinéma et le Théâtre Néo-Zélandais vers le monde et pas seulement cela. On sait fort peu en France par exemple, que Graeme Allwright est originaire de Wellington, où d’autre part la musique Classique a aussi ses "centres de profit", par exemples l’Orchestre Symphonique de Nouvelle-Zélande et le Royal New Zealand Ballet.
- "Son centre-ville dense est le foyer d’une scène artistique, d’une culture des cafés et d’une vie nocturne que pourrait lui envier bon nombre de villes du monde d’une taille similaire" nous raconte doctement Wikipedia, en précisant également la grave origine historique d’une expression douloureuse :
- "Le mot de Cambronne" prononcé en 1815 à Waterloo, lorsqu’il fut compris comment cela devait se terminer pour l’Empereur. En effet Wellington fut ainsi nommée en l’honneur d’Arthur Wellesley, Duc de Wellington* et chef militaire victorieux à la bataille de Waterloo." Les Français préfèrent naturellement le nom en langue Maori "Whanganui-a-Tara", qui désigne le port et sa rade.

Environs de Wellington, Waïkanae Beach

Circuler à pieds dans cette ville est très agréable malgré ses rues extrêmement raides qui grimpent le long des collines environnantes garnies de petites ou grandes maisons en bois bien sympathiques. Le relief du site de Wellington ne risque absolument pas de rappeller le "Plat Pays" de Jacques Brel. Quelques plaques commémoratives rappellent ça et là en ville aux visiteurs et aux habitants d’aujourd’hui, que toute la zone est sismiquement parfois très agitée.
- Wellington a en effet dû subir de graves dommages au cours d’une série de très violents séismes de magnitude estimée à 8 et plus à partir de 1848. Le profil général de la ville fut ainsi plusieurs fois modifié. Pour cette raison par exemple, la rue nommée Lambton Quay (photo) se trouve maintenant plus de 200 m du port. Copie d’un journal de l’époque, il s’est en effet produit quelques mouvements verticaux de 2 à 3 m et parfois plus sur de vastes étendues, provoquant même le soulèvement du fond d’une partie du port. (Nous n’avons rien manqué je crois...)
- J’ai cru comprendre que tout le front de mer d’aujourd’hui n’est plus du tout où il se trouvait en 1850. La région présente une activité sismique élevée comparable au Japon. Wikipedia nous dit que "les habitants en particuliers ceux qui se trouvent dans les hautes tours, ressentent couramment plusieurs secousses par an."

Ici c’est moins dangereux que près d’une piscine...

J’ai moi-même senti ce genre de secousses un soir. Nous sortions très tôt le matin d’un club avec quelques pécheresses rencontrées à notre bord, de la même façon que c’était arrivé à Auckland. Sur le moment cette sensation (de branle par les pieds ?) m’a beaucoup inquiété, car j’avoue m’être demandé si l’Irish Coffee trois fois, ce n’était pas un peu trop même pour elle, quand elle m’expliqua immédiatement que c’était normal et que cela arrive souvent à Wellington. Qu’arrivait-il souvent ?
- De boire trop de whisky, ou de sentir des secousses sismiques ? Effectivement si cela vous arrive à Ostende, à Anvers ou au Havre, il faut arrêter immédiatement le Jameson !

On ne présente plus le whisky Jameson, avec modération...

Il est expliqué dans une brochure de l’office du tourisme que pendant des annnées après le séisme le plus dur survenu en 1855, la majorité des bâtiments construits à Wellington furent entièrement faits en bois. Ainsi les immeubles du gouvernement et du parlement comprennent les plus anciennes constructions de l’Hémisphère Sud.
- La Nouvelle zélande est probablement l’un des seuls pays du Monde dont le gouvernement se loge en bois. Que l’on se rassure ! Wikipedia consulté hier, nous dit que tout cela fut remis à neuf durant les années 1990. D’autre part les autorités locales veillent particulièrement à l’appplication stricte d’une réglementation de la construction et de l’immobilier, devenue de plus en plus stricte au cours du temps par sage précaution. Tout le monde sait sur place que le second nom de la Grande Ile du Nord est "Ile Fumante", nombreux volcans actifs obligent...

NZ : Volcan Tongariro

Durant cette soirée quand la terre a tremblé et que j’ai senti cela pour la première fois de ma vie, je fus surpris de découvrir quelle était la profession réelle de Sally, la (peut-être) mauvaise fille qui m’accompagnait. Nous étions dans un restaurant "entre quatre zyeux" et notre conversation dura longtemps en abordant de nombreux sujets très variés. Elle était très intéressante, avait dix ans de plus que moi et s’intéressait au moins autant à l’Histoire. D’autre part elle avait un type physique "anglais" mais un peu différent, car il y avait "du Maori" chez l’un de ses grands-parents. Les Maori et les Européens se sont en général fort peu mélangés mais nous sommes "génétiquement compatibles" !

J’avoue encore aujourd’hui me poser des questions. Etait-ce vraiment possible ? Sur le moment, j’ai un instant observé le front de mer et la surface de l’eau, comme s’il fallait s’attendre à revoir les deux mâts périscopiques aperçus durant la dernière traversée :
- Elle me demanda soudain s’il était exact que nous avions aperçu un sous-marin dans le détroit. Je l’avais oublié celui-là, mais il nous suivait encore ! Comment l’avait-elle su ? Je fus d’autant plus troublé que j’ai su qu’elle n’était pas prof de danse mais dans la police du port un plus tard dans la nuit, en jetant discrètement un rapide coup d’oeil sur ses papiers. Que Dieu me pardonne cette curiosité.

En 1985 j’étais encore très jeune, mais juste assez "expérimenté" (un bien grand mot) pour avoir compris qu’il existe en toute femme, des choses beaucoup plus difficiles à bien connaître que son coquerond arrière.
- Elles peuvent d’autre part, en dire au moins autant des pingouins qui les chassent...

Mata Hari, danseuse et victime de guerre

Cela dit dans son "administration", il était hautement probable que soit au moins une fois évoqué l’incident de notre traversée. Les marins sont souvent des romantiques, et je crois qu’on se fait parfois réellement "du cinéma". Si nous nous sommes retrouvés plus tard à Napier, je ne crois pas sérieusement que l’éventualité d’obtenir quelques informations "utiles" (?) justifiait le voyage autant que revoir ma pomme.
- Il est cependant connu que certain(e)s "membres de la force publique" cachent parfois leur profession, uniquement par crainte de susciter la méfiance.

Où alors, qui donc se faisait "du cinéma" ? Imaginez un peu un rendez-vous secret du Pierre LD avec un mystérieux sous-marin dans les eaux du détroit de Cook. C’est "du Tom Sharpe" Néo-Zélandais ça ! Bien que... L’affaire Greenpeace pouvait les inciter à s’imaginer n’importe quoi, pas forcément à tort ! C’est bien le problème...

Bien "navicalement" - Thierry BRESSOL - OR 1

A suivre...
- Fin du Tour de Nouvelle Zélande 8, escales à Napier et Tauranga.

Note historique : * Aujourd’hui encore en 2007, le Nième Duc de Wellington est naturellement l’exploitant agricole principal des terres situées sur le site de la fameuse bataille et des environs, ceci étant par droit héréditaire féodal. Pour l’anecdote, en 2000 des spéculateurs immobiliers alliés à quelques politiciens de la région, montèrent une campagne de presse à caractère "révolutionnaire" pour contester le "féodalisme rétrograde et archaïque" de la propriété de ces terres. "On" tenta ainsi de mettre fin au statut pour organiser des expropriations. Il s’agissait officiellement d’agrandir le "zoning industriel" pour "créer des emplois"...
- Certes ! Ce statut est comme le code Morse ! C’est un peu "rétro" sur les bords. Mais il s’est révélé socialement très protecteur durant des générations pour les gens qui y travaillent.
- Ceux-ci ne se sont pas du tout laissés mener en bateau. C’est trop loin de la côte d’autre part. Entendre et lire ces gens-là "se la jouer gauchiste" et contester ainsi le droit de propriété (quand il les dérange) m’a beaucoup amusé.

- D’autre part, les terres Belges du Duc de Wellington ont "reçu" au moins une fois un agroglyphe.

Le Charles LD, sister-ship du Pierre. Sur les trois photos, voir les grands portiques.

L’ambiance à bord & Le blues à bord
- Pourquoi suis-je en Belgique ? C’est aussi arrivé à bord du Pierre LD et je dois ajouter ici, qu’avant de rencontrer cette visiteuse à Newcasttle et qu’elle ne me parle, j’ai un instant pensé qu’elle était Australienne et allait se comporter comme cela arrive en Nouvelle Zélande... Pas du tout !

Merci aux sites :

- http://www.cityofauckland.co.nz/
- http://www.cityofinvercargill.co.nz/
- http://www.cityoftimaru.co.nz/
- http://www.cityofchristchurch.co.nz/
- http://www.cityofwellington.co.nz/
- http://www.cityofnapier.co.nz/
- http://www.cityoftauranga.co.nz/
- http://www.mountmaunganui.co.nz/
- http://www.cityofnelson.co.nz/
- http://www.navy.mil.nz/
- http://www.chez.com/jlv16/page6.htm

- http://www.tourdumonde.be/nouvellezelande/
- http://www.photoway.com/fr/dest/NZEL96_index.html
- http://www.bigfoto.com/ pacific/new-zealand/
- http://www.ginini.com/nz/maps/
- http://www.webtrotters.com/voyage/nouvelle_zelande/index.php
- http://www.voiliersnantais.free.fr/
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Inmarsat
- http://echelononline.free.fr/pages/nsa.html

- Nouvelle Zélande Volcanique :
- http://www.republiquelibre.org/cousture/NZ.HTM
- http://history-nz.org/french/frplateau.html
- http://decobed.club.fr/whiteisland.html
- http://decobed.club.fr/camerasvolcans.html
- http://users.skynet.be/etna/NZ/
- http://acatte.club.fr/Nouvelle-Zelande.htm

Et bien sûr...
- Merci encore à Wikipedia, grâce à qui j’ai retrouvé simplement de nombreux souvenirs très personnels mais lointains.

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A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/