Souvenirs de mer

19 avril 2006

A la recherche de Dominique F. à Abidjan en 1983 : 2/7

Grand écrivain et scénariste Américain décédé à la fin 2008, Michael Crichton a aussi su "commettre" un livre qui raconte entre autres choses, ses études de médecine. Là, ce n’était ni du roman ni du cinéma !
- Dans "Voyages" aux éditions Pocket, il me semble que le récit de son long stage en psychiatrie vaut réellement le détour. Mais avant de le lire, vous trouverez à mon bord ci-dessous, une petite introduction Normande.
- Site de Michael Crichton

(mis à jour le 25 Novembre 2010)
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 1 Suite :
- Pourquoi jouer au détective à Abidjan ? Pour chercher une amie...

C’est psychologique...

Entrée de l’Hôpital Psychiatrique Navarre près d’Evreux

Dans "Voyages", Michael Crichton ne se contente pas de raconter des épisodes dramatiques ou cocasses de sa vie de médecin. Il y avoue sa consternation et sa profonde lassitude devant le problème suivant :
- Dans un hôpital "hors psychiatrie", les patients rentrent les pieds devant et doivent en général et normalement, en sortir debout et guéris, ou tout au moins convalescents et en meilleur état que le jour de leur arrivée. Il existe au moins une obligation de moyen(s) et un engagement de résultat, autant que faire se peut.

Tel n’est pas le cas en psychiatrie. On peut certes aussi en tant que patient s’y faire hospitaliser en entrant les pieds devant ceinturé sur une civière et en ambulance ou bien avec la police et dans un "drôle" d’état, ou même tout simplement s’y présenter très librement comme à l’Hôtel avec sa voiture et sa valise, après avoir négocié son séjour de très diverses façons. Ce dernier cas me rappelle au moins deux personnes.

Un "secteur" de l’HP Navarre

Pour avoir ainsi visité tout l’Hôpital Psychiatrique Navarre avec la complicité de Dominique, même si c’était absolument interdit, je peux affirmer que les moyens existent et qu’ils sont même très importants.
- Mais sont-ils suffisants ? Ce vaste débat dépasse l’espace d’expression qu’est mon site et je n’ai pas de compétence pour bien en juger. Il faut rester nuancé dans le domaine infiniment complexe de l’esprit humain. J’ai cependant assez le sens de l’observation pour... Constater. Cela dit, peut-être ces moyens existants ne sont-ils pas toujours bien choisis ni bien utilisés...
- Résumer ce qui tracassait le jeune Dr Crichton durant son stage en psychiatrie, c’est constater ouvertement et sans détour que les problèmes mentaux ne se soignent pas vraiment ou fort rarement. On a donc "des chances" très élevées d’en sortir comme on est entré, dans le meilleurs des cas... Car en général, ce n’est pas très "brillant" à la sortie.

Bâtiment de l’Administration des patients de l’HP Navarre

Ces établissements sont traditionnellement vastes et situés loin du centre des villes. Ils sont presque cachés et on n’en parle qu’avec gêne et crainte car c’est un puissant Tabou de nos sociétés modernes et occidentales.
- Actuellement tout au plus peut-on calmer les patients qui "ont perdu toute patience", en anesthésiant leurs douleurs mentales avec des médicaments puissants et très dangereux en cas de mauvais dosage ou de choix inapproprié. Or, il se trouve que ces choix sont extrêmement difficiles et trop souvent faits dans l’urgence.

En 1982 Dominique constatait dans l’exercice de ses fonctions d’infirmière psychiatrique, que la plus grande partie des patients voyaient trop souvent leur cas rester stationnaire ou s’aggraver durant le séjour dans l’un des nombreux pavillons ou secteurs de son établissement, surtout si cette situation s’éternisait. Elle me précisa aussi que ceux-ci n’en sont en général pas très conscients quand cela leur arrive. Dans le cas où il en prennent conscience, ils pensent alors comme beaucoup de gens très rationnels :
- "Ici on ne soigne pas, on garde...

Ce qu’imagine parfois le grand public, qui a l’imprudence ou la naïveté de ne pas se sentir concerné...

L’autre méthode de soin que voulait être la psychanalyse n’est pas pratiquée en milieu hospitalier. Pire, elle est devenue contestée haut et fort ces dernières années, probablement pour avoir été trop souvent mal mise en oeuvre. C’est un autre vaste sujet loin d’Abidjan. Bien que...

On croit aujourd’hui beaucoup plus au médicaments qu’à toutes les autres formes de soin. L’HP Navarre en 1982 fonctionnait donc d’abord avec toutes les sortes de somnifères, calmants et neuroleptiques imaginables. La prise de ceux-ci par les patients rythmait les journées plusieurs fois par jour, comme le son de la cloche rythmait la vie des navires.
- Il semble que cela soit encore aujourd’hui en 2006 le cas général des hôpitaux psychiatriques. Pour autant que je le sache et suppose, cela va durer encore longtemps...

Avant que le fonctionnement de notre esprit soit compris et réparable, il nous reste encore des tours d’hélice... L’enfer sera froid sans doute !
- Dominique n’approuvait pas du tout les méthodes qu’elles était chargée de mettre en oeuvre. Elle désapprouvait même totalement le fonctionnement de son Hôpital Psychiatrique et le mode de vie imposé aux patients, d’où un malaise personnel persistant.

Abidjan, la perle de la Côte Occidentale d’Afrique disait-on au temps des colonies...

Où commence la folie à bord comme à terre ?
- Sans rentrer ici dans le détail, elle détestait ce qui suit :
- La prise ritualisé des traitements, un peu comme si c’était miraculeux ou religieux.
- La Quasi-totalité des patients vivent "assommés" en permanence par leurs médicaments et passent la journée à dormir debout, assis dans une chaise ou couchés à même le sol parfois sur une carpette. Cette dernière pratique avait le don d’exaspérer infirmiers et médecins. Mais leur combat contre celle-ci est finalement toujours perdu d’avance, à l’usure...
- L’Oisiveté des patients est la règle générale et cela relève aussi de mentalités entretenues plus ou moins consciemment par le personnel, qui est ainsi plus tranquille, surtout lorsque leur effectif est trop "court", ce qui est en train de devenir la règle en France...
- C’est en effet considéré par l’administration comme plus simple et moins cher, car l’effectif est toujours insuffisant pour travailler au cas par cas, ce qui devient impossible.
- La tolérance d’habitudes dangereuses socialement, maintient certains patients dans une inadaptation totale à la vie normale à l’extérieur. Par exemple sont peu punis le vol entre patients ou les tentatives de racket envers les malades les plus vulnérables par des toxicomanes complètement déstructurés mentalement par ce qu’ils consommaient à l’extérieur ou pire, par le manque...

Que peut-il se passer dans la tête de quelqu’un ? Ceci ? Ou cela ?

En effet il est peu connu que certains patients toxicomanes ont une incroyable poubelle à la place du cerveau. Il faut les visiter, observer et discuter avec eux pour le croire et l’admettre, car cela ne s’invente pas.
- Autre Sujet complexe, la fameuse méthadone est encore pire que ce qu’elle est censée soigner. Les journaux ne vous le disent pas souvent ! La liste de ses effets secondaires est longue comme le Danube et accessible à tous aujourd’hui via Google. Mais cela fait surtout réfléchir une élite réduite du corps médical "psy", ceux qui souhaitent vraiment améliorer les choses au moins là où c’est possible. La méthadone fut pourtant généralement présentée comme un progrès par la presse. Il n’y a pas qu’à propos du secteur maritime et de l’agriculture qu’’on nous raconte des c...
- La lutte contre l’alcoolisme en "milieu psy" est particulièrement fantaisiste, ce que je considère comme très grave compte tenu du fait que l’Alcool est un excellent "fournisseur de patients" pour les Hôpitaux Psychiatriques....
- Le fait-on exprès ?
- Ne pas vendre de bière dans les distributeurs automatiques est une chose qui ce conçoit fort bien en milieu hospitalier. Mais cela est un peu ridicule si "à côté" de cela on laisse des patients boire sans limite du Coca Light en quantité dantesque à longueur de journée, et si ceux-ci ont surtout accès à du café décaféiné...
- En effet si vous cherchez à savoir (avec Google par exemple) comment on fait pour décaféiner le café, vous ne boirez plus jamais cela ! Autant boire un peu de vrai café, du Coca Cola classique ou de la bière, mais avec modération... Le Coca Light se passera ici de tout commentaire, pour les mêmes raisons que le "déca"...
- Je reste étonné qu’on ose vendre cela, à commencer par en milieu hospitalier. Heureusement il y a aussi du jus de fruit, pour les patients prudents avec la santé de leur corps, car ils existent aussi.

Un des nouveaux secteurs de l’HP Navarre

L’un des plus beaux sujets d’exaspération de Dominique (et de stupeur pour moi) était le mode d’alimentation des malades. Il est bien connu que dans les hôpitaux on mange mal, surtout pour ce qui concerne la façon dont sont servis les repas.
- On y est fort loin de cultiver le plaisir de manger ou l’art de bien le faire. Gastronomie ? Pas ici ! Plus grave est la tendance à surcharger les assiettes au self, en particulier pour tout ce qui est "patate" d’une façon ou d’une autre.
- On laisse trop souvent faire les patients qui ont tendance à "se goinfrer" sans limites. Ceci n’est pas très équilibré.
- Cela est cumulé avec un manque systématique d’exercice physique, car les patients marchent fort peu de surcroît et une très mauvaise façon de dormir. Au contraire on les "drogue" au somnifère comme en prison.
- Je fus obligé de rejoindre son point de vue, en pensant que tout "cela fait désordre" pour un milieu qui est censé vous soigner.... Je reste encore extrêmement surpris qu’aucune action ne soit menée pour former les patient à par exemple, l’art de bien dormir et de se décontracter, avec par exemple, des méthodes de yoga qui ont fait leurs preuves depuis des milliers d’années. Ce serait bien la moindre des choses. Je dors par l’un de ces moyens et n’ai jamais eu besoin de somnifère, même dans les moments les plus difficiles ou dangereux.
- Eduquer les enfants et former les patients très souffrants à retrouver le contrôle d’eux-mêmes me semblent une nécessité évidente mais fort peu prise en compte par le corps médical. Manque d’imagination, ou excès de conformisme ?

L’accueil à l’HP Navarre

Tout ce qui précède fut amplement détaillé lors de nombreuses conversations avec Dominique. Son caractère aussi "entier" que le mien faisait qu’elle supportait de plus en plus mal le contact quotidien avec la souffrance mentale et même la souffrance "tout court", comme semble-t-il un climat de travail pas toujours très rigolo.
- Il s’est ainsi peu à peu construit autour d’elle un contexte extrêmement difficile, dont je n’ai eu à l’époque qu’une conscience trop diffuse. J’ai minimisé mes déductions jusqu’à ce qu’il soit trop tard...
- Un mauvais climat de travail peut aussi exister à bord des navires par exemple. Un embarquement a un début et une fin heureusement, car au voyage suivant l’ambiance n’est jamais la même.
- Au contraire, "à terre" il faut s’adapter à ce qui est sur place ou bien modifier les choses si possible. Si c’est impossible, il vaut mieux partir et aller faire autre choses ailleurs...
- Quiconque "reste" ainsi en l’état, connaît donc un climat mental malsain, surtout si tout ce qui est déplaisant ou stressant se stabilise. C’est aussi dire que les entreprises qui organisent des séances de massage sur les lieux de travail, se moquent au moins un peu du peuple, de leur personnel salariés et sous-traitants et peut-être aussi de leurs clients...
- Cela explique l’incroyable consommation de neuroleptiques par les populations de l’Europe de l’Ouest, comme les somnifères et autres calmants, tous plus puissants les uns que les autres. Sans cela il faudrait sans doute "changer les choses" vraiment. Un quart de la population connaît maintenant des troubles mentaux et un commissaire de police Nantais a dit un jour en "direct live" à la TV :
- "Il y a de plus en plus de gens qui pètent les plombs, car de nombreux problèmes ne sont jamais résolus ni même traités..." Il avait sans doute raison...

C’est fabuleux, tout ce qu’il est possible de trouver en matière de photo sur la diabolique vaste toile d’Internet (www ou 666 ?) :

Voici le chemin de la chambre d’isolement.

Ainsi pour certains patients souvent arrivés "les pieds devant" et ceinturé sur une civière, un petit séjour en "cabine d’observation" ou isolement peut être nécessaire pour commencer le séjour. Il faut bien en effet d’abord ramener le calme et ne pas courir de risque, ni en faire courir à qui que ce soit dans l’enceinte de l’établissement.
- Il peut arriver que la "saisie" d’un patient devienne nécessaire, ou bien que cela soit le résultat d’un choix réfléchi plus ou moins justifié par l’équipe médicale ou du médecin chef du secteur, qui décide en dernier lieu de cette mesure radicale.

La chambre d’isolement, quelque part en Europe dans un "HP"...

C’est en général le résultat de violence(s) ou d’insulte(s) et menace(s) envers d’autres patients ou de membre(s) du personnel soignant ou non. De fait tout comportement "inapproprié" de "l’intéressé", (que cela n’intéressera alors et ensuite plus du tout) est généralement suivi de sa capture par la force, avec demande de renfort aux secteurs voisins si nécessaire, puis de sa conduite en cabine d’isolement.
- Là, "l’intéressé" devra être déshabillé, puis subir immédiatement (content ou non) une injection de nature mystérieuse (pour lui) s’il se montre violent ou tout simplement résistant. Dominique certifiait que rester enfermé en cellule d’isolement comme décrit ci-dessous durant trois jours et trois nuits est un excellent calmant pour quiconque :
- Ceci consiste à rester en silence total et en solitude absolue sans rien porter d’autre qu’un slip, dans le meilleur des cas, n’avoir pour meuble qu’un lit étroit et inconfortable, une couverture et quelqu’un qui amène à manger et à boire trois fois par jour en ouvrant en coup de vent une porte à hublot rond. Ce dernier détail risque de rappeler la marine aux éventuels patients anciens marins (mais pas vraiment les sous-marins).

Enfermé pour mauvaise conduite. Cette photo est "faussée" car l’intéressé est toujours en slip seulement ou nu... C’est en 1982 ou en 2006 ?

Les "excités du bocal" peuvent y hurler ou même chanter (cela se fait) des heures durant, frapper sur la porte, le lit ou sur le trône des toilettes, tant que cela leur plaira sans aucun risque pour personne, rien de plus que se casser la voix ou s’abîmer les poings... Le fauve aura ensuite les mains soignées et bandées, lors de sa sortie décidée par le médecin-chef qui passera le visiter une fois par jour.

Cela dit, après cet isolement le "naturel" (si la violence est l’état mental naturel du personnage) revient en général peu à peu à la surface en quelques jours. Il est donc nécessaire de pratiquer plus ou moins régulièrement la "mise au cabanon" de certains patients trop turbulents.
- Il y a ainsi des "spécialistes" dans tout HP qui se respecte.
- En d’autres termes, c’est "calmant", mais pas réellement "soignant". Cela n’empêche pas certains habitués de la chose, d’avoir le droit de sortir plus ou moins régulièrement seul et en liberté pour le week-end par exemple. C’est selon le bon vouloir (ou le goût du risque ?) du médecin-chef.

Les dangereux sont très peu nombreux, mais ceux qui "en sont", ils le sont ! Il s’agit en général des toxicomanes, ce qui n’exclut absolument pas certaines personnes qui n’ont aucun problème de "toxicomanie" par exemple.
- Chacun est naturellement un cas particulier, en Hôpital Psychiatrique.

Dominique était aussi en mesure de me confirmer ce qui se pense tout bas à propos de ces établissements et de l’étrange univers parallèle qu’ils constituent. Ce qui suit se sait d’une façon voilée et imprécise, mais qui peut vraiment "savoir", pour certains patients ?
- Tous ne vont pas déclarer :
- "Non ! Je n’ai pas harcelé mon épouse avec le téléphone, même si je l’ai seulement appelée 94 fois en 24 heures..."
Ceci peut vous être dit en précisant avoir "visité" 7 hôpitaux psychiatriques en France et 3 en Belgique, et de décrire avec précision tout ce qu’il s’y passe, et de conclure :
- "C’est ridicule ! Ai-je vraiment l’air d’avoir des problèmes psychologiques ?"
- "Pas vraiment..." ai-je osé répondre, en tant que "médecin consultant" imposteur.

Un infirmier-psy donne à manger au fauve en "chambre d’isolement". Cette photo est "faussée" car l’intéressé est toujours en slip ou nu... C’est en France et en 1982 ou ailleurs en 2006 ?

En général d’ailleurs, il faut le savoir que le "problème psychologique existe ! D’autre part les patients réellement dangereux non seulement sont très peu nombreux, mais ils ne le sont que moins de 1% de leur temps. Seule une attention permanente par le dialogue peut vous "annoncer" un comportement dangereux. En fait, c’est le monde extérieur "normal" qui est très dangereux pour ceux-ci ! Seul un effectif nombreux permettrait leur bien être et la Sécurité, tout simplement par le dialogue.
- Qui va, au delà de l’émotion du moment, va oser en vouloir à quelqu’un qui vous a attaqué à coup de hache, parce qu’il a pensé dans sa tête, être cerné par une grande pieuvre agressive ?
- Aucun médicament ne peut soigner et éviter cela mais... Un simple dialogue amical et très régulier avec l’intéressé constitue une protection simple et absolue contre la "dérive" dans sa tête, car elle est naturellement progressive. On s’en aperçoit toujours, alors on peut "assommer" au "médicament" si nécessaire, c’est à dire si la conversation ne suffit pas...
Ce qui est dangereux et sournois, c’est laisser la personne dans son coin...

Il faut aussi savoir qu’un certain nombre de patients, ceux-ci doivent alors se monter très-très patients, sont "retenus" en HP pour des raisons parfois fort éloignées d’une action thérapeutique nécessaire ou des problèmes psychiatriques, existants ou non, de "l’intéressé(e)"... Autre sujet tabou.
- Cela peut arriver à partir de problèmes d’argent en famille (un classique du genre) jusqu’aux histoires plus ou moins politiques, lorsqu’il "faut faire taire" quelqu’un par exemple et à tort ou à raison.
- On disait cela de l’URSS, mais cela ne fut jamais réservé au bloc de l’Est. Cela dit l’Union Soviétique a aujourd’hui disparu, alors que les puissances de l’argent sont éternelles...
- Une affaire a fait grand bruit durant les années 80 dans le milieu maritime :

Le terminal pétrolier de Bantry Bay ne fut jamais reconstruit...

En 1989 le Capitaine au Long Cours Robert Prigent fut capturé par la ruse puis interné durant deux ou trois semaines à l’HP Bégard en Bretagne, à la suite d’un véritable complot mené par son ex-employeur, l’Armement Total et l’administration avec la complicité du Maire de sa commune et d’un médecin que j’ai tendance à considérer comme au moins "indélicat"...
- Robert Prigent comme tout le monde, ne croyait pas une seconde qu’il était possible qu’on le prenne pour un fou. Ca n’arrive qu’aux autres et on lit cela dans les journaux. Les limites de cette notion sont cependant juste assez floues, pour que quiconque rentre en HP, (à commencer par vous !) soit vu comme tout à fait déséquilibré... Et si l’intéressé proteste énergiquement et "s’agite", la cellule d’isolement est là pour soigner ce cas difficile !

L’explosion du Beltegeuse le 8 Janvier 1979 fit 56 morts dont des épouses et des enfants et du personnel Irlandais.

La révolte de Robert Prigent trouve son origine dans la catastrophe du pétrolier Bételgeuse, qui explosa en détruisant le terminal pétrolier de Bantry Bay en Irlande, en Janvier 1979.
- Son interminable conflit avec Total ne fut jamais traité de façon éthique depuis 1981, lorsque cette lamentable histoire a commencé. Celui qui osa poser des "questions pénibles" car trop précises à son employeur (la compagnie des supertankers de Total), publiquement de surcroît, lors d’une séance du Comité d’Entreprise, son affaire ne fut jamais jugée sur le fond...

Il faut peut-être avoir des problèmes psychologiques pour oser remettre publiquement en cause les méthodes de travail de Total et sa façon d’entretenir ses supertankers ! En tous cas, ce fut fort mal ressenti. Robert Prigent fut l’un des premiers marins du pétrole à dénoncer entre autres choses, les pollutions volontaires, qui furent pour la première fois dénoncées telles qu’elles sont vues à bord.
- Le "second fond" du problème est que Robert Prigent fut viré mais n’accepta jamais son licenciement. Seul ou presque, il multiplia à l’infini (ça dure encore en 2006) les procédures en justice pour tenter d’obtenir justice, ce qui fut impossible car la Justice mal à l’aise, sait toujours faire durer les choses...
- Même les syndicats ne l’ont pas soutenu, bien que presque tous les navigants pris individuellement, étaient à même de dire :
- "Il a raison sur le fond, et parfaitement raison techniquement..."

Le Betelgeuse le lendemain de ce que nous savons, en Janvier 1979.

Cela dit, contester de la sorte son patron est peut-être vraiment de la folie. C’est un comportement héroïque au moins à mon sens, compte tenu de ce qui est arrivé. En 2006 "on" n’a pas réussi à le faire taire, même en laissant pourrir le problème. De fait, on ne l’a pas eu à l’usure...
- Mais ! Sans son Comité de Soutien de plus de 350 personnes dont certaines "avaient le bras long", le Capitaine Prigent aurait sans doute disparu non pas dans le Triangle des Bermudes, mais dans l’Univers Parallèle d’un Hôpital Psychiatrique, haut lieu du silence Total. Total ? C’est là vraiment le cas de le dire...

J’ai moi-même averti le Médecin-Chef en personne lors d’un mémorable appel téléphonique, que son Hôpital risquait fort de passer au journal TV si Prigent ne sortait pas immédiatement. Le Docteur s’est alors moqué de moi...
- Il a sans doute beaucoup moins rigolé après qu’une équipe de TV fût venue à l’HP pour y être invitée à faire demi-tour sur un ton sec, et qu’il ait vu tout cela au Journal TV de 20h00 d’Antenne 2 après celui de "FR3 Bretagne" un dimanche soir, peu après une interview détonante d’Anne Prigent son épouse à leur domicile, dans leur très jolie maison Bretonne.

Le surlendemain l’HP capitula et Prigent s’en sortait à bon compte finalement. Et il quitta son hôpital en fanfare devant la TV de surcroît ! L’image de marque de Total a quelque peu souffert de l’affaire, ça c’est sûr.
- AZF Toulouse, nitrate d’ammonium et M/S Grandcamp. Il faut croire que Total en conserve l’habitude...

Mémorial du Bételgeuse en Bretagne, à partir de l’eplosion, Robert Prigent posa des questions "pénibles" à Total...

Depuis l’internement de Prigent, il se trouve régulièrement des gens pour venir le consulter à propos d’internement abusif... Une vrai question reste à poser :
- Combien y a-t-il de "Prigent" en France et partout au monde dans les hôpitaux psychiatrique ? Nul ne le sait ou pourrait le savoir, car lorsqu’un interné écrit à la Ligue des Droits de l’Homme, celle-ci ne répond même pas au courrier...
- Pour rester poli, "No comment" à propos de ces donneurs de leçons...

D’autre part, très rares sont les patients qui sont vraiment capables d’écrire pour expliquer leur cas. D’autre part "s’il le faut", je suppose qu’il est possible de faire en sorte que... Les moyens "médicaux ne manquent pas pour empêcher quelqu’un d’écrire. Mais on nous le dit, nous vivons en "état de droit".

Cela dit, il vaut peut-être mieux aller à l’HP qu’en prison ! Il arrive aussi que certains délinquants profondément dépressifs "se tirent de la prison" par cet étrange itinéraire et "se soignent" ainsi, ce qui finalement arrange parfois tout le monde. Presque personne n’a envie de retourner en prison en étant à l’HP, (car c’est aussi arrivé) mais on n’a pas plus envie de rester trop longtemps "à l’ombre" du corps médical, même si les vastes jardins de l’Hôpital Psychiatriques sont très agréables au printemps par exemple. Une infirmière-psy ne saurait faire fantasmer un homme sain d’esprit, dans le cadre de son travail...

Abidjan, une vue d’ensemble s’impose

Que l’on se rassure ! "Souvenirs de Mer" n’est pas devenu un site de contestation de la psychiatrie contemporaine. Mais comme pour le secteur maritime, il faut bien que certaines choses soient connues au-delà du petit monde parfois parfois trop discret qui vit en interne tout cela.
- En mer à bord du Saint François, j’ai eu tout mon temps pour réfléchir et me demander comment la retrouver durant cette escale, car les marins ne sont pas des touristes totalement libres de leurs mouvements. Il me faudrait faire vite et bien à Abidjan, tel était le défi. J’ai donc dû méditer le sujet tous les soirs longuement sur un aileron de la passerelle. Serait-ce même possible ?
- Un second obstacle se dressait devant moi, toujours plus haut. En effet si sa soeur et les voisins voulurent bien me confirmer la présence de Dominique à Abidjan, celle-ci se montra furieuse d’avoir été presque retrouvée et se fâcha. Mais...
- A Abidjan elle voulait passer pour morte et disparue. Elle refusait donc de dire à qui que ce soit, où elle travaillait même à sa soeur ! Personne ne savait où elle venait de trouver à se loger. Disparaître n’est pas si facile.

Dans son cas il fallait peut-être partir en Patagonie et faire rédiger là-bas par un médecin marron un superbe certificat de décès à remettre au Consulat de France le plus proche par exemple...
- En d’autres termes, j’allais devoir ratisser toute la ville pour une recherche à l’issue parfaitement hypothétique. D’autre part à quoi cela servirait-il ? Là était le second défi du voyage.

Donc, Rendez-vous d’ici peu à bord du Saint François en route pour une escale surréaliste à Abidjan, sur la lagune, à quai et en ville...
- A suivre, la recherche de Dominique F. à Abidjan 3 (en Côte d’Ivoire enfin)

Bien Navicalement - Thierry R. BRESSOL OR 1
- Le catastrophique incendie du Pacha Club à Abidjan
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 1 De la Normandie
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 2 en passant par l’HP
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 3 vers la Côte d’Ivoire !
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 4 Chercher la femme
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 5 par tous les moyens, même avec Franco !
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 6 (Incendie du Normandie)
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 7 Et la retrouver.

Merci aussi aux sites "www" géographiques et "pro" de la vaste toile :
- Ville d’Evreux
- Evreux par Wikipedia
- Le Havre hier et aujourd’hui dans tous ses états
- A propos du Havre et du Normandie
- Vues du Havre

Merci aux sites du "pays-psy" :
- Hôpital Psychiatrique Navarre
- http://www.auteurs-vivants.com/page...
- Cellule d’Isolement en psychiatrie (site "psy" Belge est d’un haut intérêt instructif)

Notes Michael Crichton :
- Pirates Latitudes que je viens de lire, nous fait redécouvrir Crichton, un des plus grands écrivains actuels. J’ignorais qu’il était capable de faire aussi "du maritime" ! Le Figaro avait annoncé les "Dernières frappes" de Crichton.
- Lire "Voyages" ou "(Travels)", il y raconte ses études de médecine, sa brève carrière de médecin, ses débuts et sa vie d’écrivain. C’est à la fois étrange, passionnant et tout à fait savoureux !
- Prisonnier du Temps (en livre, au cinéma ou en DVD)
- Site de Michael Crichton

Michael Crichton, grand Ecrivain et ancien Médecin.

ABIDJAN et la "COA", la Côte Occidentale d’Afrique en général

- Abidjan Humour (excellent !!)
- Abidjan insolite
- Cocody
- Côte d’Ivoire Culture
- Abidjan
- Félix Houphouet-Boigny
- Les toubabs de CI
- Gorilles de chez Pierre

L’Internavis 2 ici lors de son premier voyage, "en Seine" pour livrer une grue plus grosse que lui au Havre

- Internavis 2 et la folie
- Chantiers navals : Comme sur des roulettes !
- Les deux "SD14" de la Cie Denis Frères
- Le Chaudron de l’enfer à Matadi
- Le Davos, navire Suisse
- Le Baptême de La Ligne 1/2
- Le certificat de Baptême du Cdt 2/2

- Gare aux gorilles ! Farce à Abidjan
- Bamboche à Lomé et stupide méprise
- Navire américain rencontré sur la COA
- Maersk Line ou la COA aujourdhui

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/