Souvenirs de mer

5 mai 2007

A la recherche de Dominique F. à Abidjan en 1983 : 5/7

Finalement durant ma vie de marin, je ne me suis pas souvent senti aussi actif en escale qu’à cette occasion. J’ai en effet rencontré en six jours, de nombreux personnages locaux tous et toutes plus pittoresques les un(e)s que les autres en quadrillant presque toute la ville dans tous les sens...
- Ce n’est plus possible aux marins d’aujourd’hui à ma connaissance.

(corrigé le 22 juin 2006 et réparé le 27 Février 2009)
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 4 Suite :

Opération Recherche de mon amie Dominique
- Par tous les moyens, même avec Franco !

I/ Chauffeur de taxi comme dans "Taxi"

Tout automobiliste est un piéton qui s’ignore, mais peut être aussi un passager de taxi. En voyant le film "Taxi" des années plus tard, j’ai pensé à certains chauffeurs d’Abidjan et à leurs habitudes acrobatiques. Je me souviens surtout de l’un d’eux, avec qui j’ai eu l’une des plus belles frousses routières de ma vie. C’est bien sûr arrivé lors de ma recherche du Graal à travers Abidjan.
- Puisque le Da Vinci Code nous explique qu’il s’agit rien de moins que du Féminin Sacré...

Rouler à Abidjan, un sport d’élite parfois. Est-ce vraiment plus casse-gueule qu’en France ?

N’importe quel marin de ma génération confirmera que dans toutes les villes portuaires du monde, les chauffeurs de taxi sont souvent des personnages hauts en couleur, au moins autant à Abidjan qu’à Marseille. Il faut également reconnaître que ces chauffeurs Ivoiriens ont des réflexes sûrs, qui compensent le côté fantaisiste de leur style de conduite.

Ainsi, ne disposant pas de la voiture du bord le quatrième jour, j’ai naturellement fait le tour de la ville en taxi, étant seul ce soir-là. Il nous arrivait souvent à Abidjan d’assister à de spectaculaires "cartons", sans pour autant que cela me rappelle que l’accident n’arrive pas qu’aux autres. J’ai la prétention d’affirmer qu’avec moi au volant, il n’arrive jamais rien. Cependant c’est une vérité qui n’a de sens que dans le passé :
- Demain qui sait ?

A Abidjan, un peu de patience suffit pour assister à une cascade sur les voies rapides

J’étais de surcroît à "la place du mort" et le tableau de bord de cette voiture était totalement éteint et inerte. Mais mon chauffeur s’en moquait au moins autant que du Pape. J’estimais cependant notre vitesse à au moins 110 Km/h sur la voie rapide menant de Cocody au Plateau. Sur cette 2x2 voies, j’étais un peu plus rassuré car nous risquions moins une collision frontale dans l’obscurité. C’était un tort.
- Soudain après un étrange bruit sec, la voiture a commencé à tanguer et à rouler bord sur bord comme un train qui déraille. Notre chauffeur lança un mémorable "Merde !", puis insulta même le Diable. Il supplia ensuite à ma grande surprise, le Général De Gaulle d’intervenir en sa faveur, tout en dessinant des sinusoïdes sur la chaussée et essayant par tous les moyens de freiner notre engin de mort...

Mais il n’est pas vraiment nécessaire de traîner en ville... (pas de mal ici, affirma le témoins)

Il finit pourtant par s’immobiliser après au moins quatre "tête à queue" sans être touché par qui que se fut. Mais je me demande encore comment. Ouf !!

Il y avait pourtant du monde autour de nous qui roulait au moins aussi vite. J’ai deux souvenirs précis de l’événement :
- Un type en moto était en train de nous dépasser lorsque c’est arrivé. Il s’en est tiré à bon compte en accélérant subitement, comme si sa BMW était sur une catapulte du porte-avions qui porte le nom du Grand Charles déjà cité, ce que le Clémenceau ne fera plus. Comme quoi, la puissance n’est pas de trop dans ces cas-là.
- Ce que j’ai vu devant nous à la lumière de l’unique phare lors de l’étrange bruit sec :
- La roue avant droite, son cardan et quelques autres pièces nous devancèrent rapidement en conservant une trajectoire conforme à notre direction, alors que notre véhicule s’en écarta en tournant sur lui-même et frappant pour commencer deux fois la barrière de sécurité.

Le Grand Charles

Enfin immobilisé, étourdi en descendant de cette épave, j’ai remercié le Grand Charles sans être absolument certain de la réalité de son intervention. Indemne ! Mon chauffeur de taxi lui, se lamentait. Il me semble que son véhicule connaissait au moins quelques problèmes d’entretien et qu’il y veillait fort mal. Un autre taxi s’arrêta immédiatement pour me proposer de continuer la course pendant qu’on poussait la voiture blessée... Je ne me fis pas prier longtemps.

Celui-là roulait encore plus vite, mais sa Peugeot semblait nettement plus saine.
- Restons "zen" pensais-je, alors que j’avais envie de l’assommer pour prendre sa voiture et la conduire moi-même jusqu’au restaurant Libanais choisi sur mon guide, où je supposais retrouver Dominique ...

Etre bloqué par ces pauvres petites bêtes lors d’un voyage en voiture est certainement une expérience passionnante sans radio...

II/ Rencontre surréaliste de comptoir de café

Toujours pas de Dominique "inside". Comme d’habitude j’ai donc interrogé le personnel une fois de plus sans résultat. Puis m’étant installé au comptoir du bar, je fus soudain abordé par un vieux monsieur visiblement espagnol.
- Il voulait m’offrir un pot et me fit répéter toutes mes questions. Il l’avait déjà vue effectivement dans deux établissements libanais successifs. Enfin !
- La photo que je lui ai montrée lui permit alors d’affirmer qu’il n’y avait absolument aucun doute, c’était elle. Ma question fut immédiate :
- A quel endroit ? Et... est-elle ce soir alors ?

Carte simplifiée de la Côte d’Ivoire

Mais ! Il voulait surtout et absolument me parler du siège de l’Alcazar de Tolède, un épisode de l’histoire Européenne que nous connaissons mal aujourd’hui...
- Ayant déjà un peu trop bu, il ne se souvenait pas (encore) où il l’avait vue, donc où elle était. Fait insolite, mon interlocuteur se nommait Franco comme le Généralissime dit-il, mais sans faire partie de sa famille précisa-t-il aussi et immédiatement...

Le "généralissime" Francisco Franco

Il m’expliqua aussi qu’il était Galicien comme l’autre Franco. "Mon Franco" n’était plus tout jeune mais se portait visiblement fort bien et savait tenir son cap dans le gros temps. En d’autres termes, il avait une "bonne descente"... Mais il n’était pas question de le laisser m’échapper sans qu’il parlât. J’ai donc pensé "encore un coup pour étarquer" et payé le coup à mon tour pour lui faire tout dire, autant que faire se pouvait...
- Nous avons sympathisé car cet homme était finalement très intéressant. Il m’a fallu récidiver plusieurs fois, puis accepter qu’il m’invite à dîner ce soir-là pour obtenir avec patience toutes les informations possibles. Etant curieux de tout, à commencer par ce qui est historique, je l’ai donc écouté évoquer la guerre d’Espagne de façon passionnante, ce qui était tout à fait inattendu dans ce cadre. Etant "aux premières loges" à l’époque, il était bien placé pour en parler. Là aussi, quiconque n’y était pas n’a rien manqué.

Entendre le témoignage direct d’un événement aussi mal connu des Français que le siège de l’Alcazar de Tolède en 1936, n’arrive pas tous les soirs...
- D’autre part, le son de cloche habituel en France est normalement celui des "Républicains Espagnols gentils", fort loin de celui de la "rébellion franquiste très méchante", c’est bien connu. Il est évident que la réalité des faits est toujours plus nuancée... En effet ayant fait partie des assiégés, il me raconta donc un certain nombre d’anecdotes poignantes car ce fut une expérience terrible. Il assista en personne à la fameuse négociation, un épisode qui fut magnifié ensuite pour être souvent utilisé par la propagande naturellement comme un bel exemple d’héroïsme.

Le général Franco vu à l’époque

Note "perso" Thierry Bressol :
- Je l’écoutais avec la plus grande attention...


Citations avec cette fois dans le rôle des méchants, les Républicains ! Car ça ne s’invente pas, c’est arrivé :
- Au début de la guerre civile, l’Alcazar de Tolède était la principale école des officiers de l’armée de terre Espagnole. Son commandant, le colonel Moscardo s’y enferma avec quelques 2000 civils et militaires qui furent assiégés jusqu’au 27 septembre sous les bombardements et les mines des troupes et milices républicaines.
- A leur libération par les troupes franquistes, il ne resta qu’un champ de ruines détruit dans sa quasi-totalité, qui fut reconstruit postérieurement. C’est aujourd’hui un musée et le siège des bureaux de l’Armée."

L’Alcazar de Tolède aujourd’hui

"Depuis le 18 juillet 1936, on se battait dans Tolède. Dès que la nouvelle de l’insurrection menée par les généraux Mola et Franco y fut parvenue, les forces gouvernementales du Frente Popoular prirent les armes. Mais de leur côté les Nationalistes entendaient résister. A Guadalajara et Tolède, le soulèvement fut momentanément triomphant. Mais à Tolède la supériorité numérique des troupes régulières du général Riquelme obligea vite un groupe de rebelles sous les ordres du colonel d’infanterie José Moscardo, gouverneur militaire et directeur de l’Académie Militaire à se replier dans l’Alcazar, le siège de l’école des cadets...
- Il s’y enferma le 22 juillet en emmenant avec lui ses troupes, des notables particulièrement menacés et les familles des gardes civils. Mais Moscardo eut la douleur de ne pouvoir leur adjoindre sa propre épouse, Doña Maria, réfugiée chez un ami à la campagne et ses fils, Luis et Carmelo....

Le premier soin de Moscardo fut la mise en état de défense de l’Alcazar. Il avait par chance emmagasiné 1 300 000 cartouches, 1200 fusils, 38 mitrailleuses et fusils-mitrailleurs, un mortier, du blé et des conserves comme ravitaillement provisoire. Au prix d’un sévère rationnement, la famine sera évitée comme la pénurie d’eau, celle-ci étant prélevée dans les citernes. Mais les assiégés devront se contenter pour la boisson, la lessive et la toilette, d’un litre par personne et par jour...
- Le colonel repoussa toutes les tentatives faites par le gouvernement pour obtenir sa capitulation et se barricada à l’intérieur de l’Alcazar avec environ 1300 hommes armés, 600 femmes et enfants, pour la plupart parents des défenseurs, 200 notables, 3 soeurs de la Charité, infirmières et leur supérieure, mère Josepha, 2 médecins de l’armée et 1 chirurgien major.
- Enfin il prit aussi le gouverneur civil Manuel Gonzalez Lopez avec toute sa famille et une centaine de personnes appartenant aux milieux politiques d’extrême gauche comme otages. (ambiance...) Ainsi 2000 personnes furent vite encerclées par plus de 8000 assiégeants puissamment armés...

La tombe de Franco. Le guide nous disait : "Avec l’épaisseur de cette superbe pièce en marbre, nous sommes certains qu’il ne reviendra pas..."

Le 23 juillet à Madrid le ministre de l’Education, celui de la Guerre et le général Riquelme tour à tour, téléphonèrent rageusement au colonel Moscardo pour tenter de le convaincre de se rendre. Un avocat républicain de Tolède, Candido Cabello le chef des milices, appela par téléphone Moscardo pour lui dire que s’il ne remettait pas l’Alcazar dans les dix minutes, il ferait fusiller son fils de 24 ans, Luis Moscardo, fait prisonnier le matin même :
- "Il va lui-même vous parler", ajouta Cabello.
- "Qu’est-ce qui se passe, mon petit ?" demande le colonel.
- "Rien, répondit le fils. Ils disent qu’ils vont me fusiller si l’Alcazar ne se rend pas."
- "Si c’est vrai, réplique Moscardo, recommande ton âme à Dieu, crie Vive l’Espagne et meurs comme un héros. Au revoir, mon enfant..."
- "Au revoir père, je t’embrasse fort..." répondit Luis,

Cabello reprit le téléphone et le colonel lui déclara que point n’était besoin d’un délai de grâce. Il ajouta en reposant le récepteur :
- "L’Alcazar ne se rendra Jamais !"

Tolède

Moscardo resta longtemps le symbole de l’héroïsme. L’effectifs des attaquants Républicans fluctuait entre 2000 et 8000. Parmi eux au début il y avait beaucoup de "touristes" de la guerre, qui sortaient de Madrid en compagnie, qui de sa femme, qui de sa petite amie, pour passer l’après-midi à la chasse à la bécassine.
- Quant aux otages qui au début, avaient été capturés aux côtés des défenseurs, on devait ne plus jamais entendre parler d’eux. Tout laisse penser que la totalité de ces cinquante personnes connurent le même sort que Luis Moscardo de l’autre côté des lignes.

Tandis que l’Alcazar continuait de résister, la caserne de Loyola à Saint-Sébastien, se rendit aux Basques le 27 juillet. A Albacete les gardes civils furent écrasés le 25 et le 31 juillet la caserne des officiers de Valence fut prise d’assaut par les sous-officiers et simples soldats en rébellion contre leurs supérieurs. Ceux qui parmi ces derniers ne furent pas tués au moment de l’attaque, furent "jugés" et beaucoup furent exécutés. Les seuls nids de résistance qui restaient donc aux rebelles nationalistes à l’intérieur du territoire républicain étaient Oviedo, la caserne de Simancas à Gijon, l’Alcazar de Tolède et un ou deux îlots en Andalousie qui finirent par capituler et être totalement exterminés.

Dans la citadelle presque détruite où tout risquait à tout instant de s’effondrer, d’intrépides dactylographes composaient quotidiennement le journal des assiégés : "El Alcazar". On a en effet conservé quelques exemplaires de cette précieuse collection, simples feuillets frappés à la machine, ils contenaient tout ce qui pouvait intéresser ou distraire les lecteurs tels que des reproductions des communiqués transmis par la radio, liste de morts et de blessés, nouvelles de l’activité intérieure, jusqu’au côté plaisant de leur existence journalière, car c’est aussi arrivé...
- Finalement le 21/8 un désastre républicain à Calzada de Oropesa permit aux colonnes du colonel Yague et du général Varela de marcher sur Tolède. Elles se trouvaient le 27 Août à moins de 30 kilomètres à Talavera...

Le retentissement international de la résistance de l’Alcazar incita le jeune général Franco nommé depuis peu "généralissime" par la junte, à reporter l’offensive contre Madrid pour délivrer en priorité les assiégés, ceci au risque de lui coûter la capitale.
- Franco soutenait sur le moment qu’en secourant Moscardo, il y avait plus à gagner d’un point de vue spirituel, autrement dit pour la propagande...
- Cette décision a semble-t-il sauvé la capitale mais prolongé la guerre. La jonction des troupes Nationalistes contre Madrid fut réalisée le 8 septembre à Arenas de San Pedro, dans les monts Gredos et eut pour premier effet d’isoler par l’Ouest une grande partie du territoire Républicain. Il devait s’ensuivre une "pacification" de la région par les méthodes impitoyables et habituelles...

Le "généralissime" Franco en tenue de pingouin

Note "perso" Thierry Bressol :
- Je commençais à me croire assiégé dans l’Alcazar en 1936 avec eux en l’écoutant...


Propositions de cessez-le-feu le 9 septembre

Le lendemain de la jonction, les défenseurs de l’Alcazar de Tolède entendirent annoncer par un porte-voix depuis un poste de la milice campé dans une maison située de l’autre côté de la rue, que le commandant Vicente Rojo avait à leur transmettre une proposition du gouvernement :

Rojo était connu de quelques officiers dans les rangs des défenseurs. Le 10 septembre, il se présenta donc à l’entrée de l’esplanade. Un phalangiste lui banda les yeux et le conduisit devant Moscardo. Son bandeau ôté, il s’assit et l’entretien commença, insolite rencontre de deux hommes tous les deux liés jadis par une commune amitié, mais dont les divergences politiques avaient fait des ennemis, sans pourtant détruire en eux une sympathie réciproque.
- Il proposa d’accorder en contrepartie de la reddition de l’Alcazar, la liberté à toutes les femmes et aux enfants qui se trouvent à l’intérieur. Quant aux défenseurs eux-mêmes, ils ne seraient que jugés en conseil de guerre. Pourtant, Moscardo se montra irréductible :
- "Vous me parlez d’humanité, mais ma douleur de père pourrait déjà me faire douter de vos sentiments" dit-il.
- "Vous m’assurez que ces femmes et ces enfants seront traités par vous avec ménagement et auront la vie sauve."
- "Alors pourquoi vos orateurs, vos journaux et votre radio expriment-ils leur volonté de vengeance jusque sur des innocents ? Je suis responsable de ces enfants, de ces femmes et du destin de l’Alcazar. Rentrez donc à Tolède et portez à vos amis ma réponse, Jamais l’Alcazar ne se rendra !! "
- "Nous n’avons qu’un seul désir, un prêtre pour dire la messe !" Ajouta le colonel...

Après ce court entretien entre vieux compagnons, le commandant Rojo se leva et prit congé d’eux avec un geste simple :
- Il vida son porte-cigarettes sur la table de Moscardo...

Un prêtre républicain accepta de dire la messe dans l’Alcazar puis renouvela à Moscardo les proposition du commandant Rojo.
- "Mon père, je commande ici des soldats qui ont des épouses et des mères. C’est donc à elles seules qu’appartient la décision" dit alors Moscardo. Toutes consultées, la réponse de ces mères fut unanime :
- "Nous n’abandonnerons jamais nos maris et nous garderons nos enfants près de leurs pères. Nous lutterons et nous mourrons avec eux, s’il le faut. Nous n’abandonnerons l’Alcazar qu’après la victoire !"

Le père Vazquez Camarrasa parti, les hostilités reprirent...

Le Maréchal Marocain Mohamed Mézian chef des Maures

Note "perso" Thierry Bressol :
- Je commençais à me croire assiégé dans l’Alcazar en 1936 avec eux en l’écoutant... Combien de verres ?


L’ultime assaut

Du 16 au 26 Septembre 1936, les républicains entreprirent de mettre un point final à la résistance en creusant par l’extérieur sous les murs d’enceinte pour poser des mines sous chacune des deux tours jouxtant la cité.
- On fit évacuer les civils en vue de l’assaut qui devait être lancé sitôt après la déflagration, et l’on invita tous les correspondants de guerre à venir à Tolède pour assister à la chute de l’Alcazar, comme pour une matinée de gala...
- Largo Caballero, chez qui l’Alcazar était devenu une obsession haineuse, rejeta même la proposition que lui firent les chefs communistes José Diaz et Enrique Lister, de dépêcher à Tolède le Cinquième Régiment. Selon toute vraisemblance, il escomptait remporter la victoire sans l’aide des communistes.
- Le 18 septembre à l’aube, près de 2500 hommes et plus de 1500 miliciens en réserve parfaitement équipés passèrent à l’attaque. A 7 heures du matin la grande tour Sud-Ouest de la ville fut soufflée par l’explosion d’une mine, car la dynamite pulvérisa la façade ouest et anéantit les dépendances. Mais l’autre mine placée sous la tour Nord-Est ne fonctionna pas. Cela ne causa pourtant que peu de pertes chez les combattants et épargna la vie des civils.
- A ce moment les assaillants donnèrent l’assaut. Ils pointèrent même le jet d’un énorme lance-flammes vers les ruines fumantes pour achever la destruction tandis qu’ils avançaient en chantant, si certains de leur victoire.
- Soudain l’imprévisible se produisit :
- De l’Alcazar qu’ils croyaient devenu un cimetière, de toutes les issues et de tous les éboulis de pierres, bondit une troupe de spectres déguenillés animés de l’énergie que donne parfois une souffrance trop longtemps endurée. Leur tir nourri faucha les rangs des républicains.

Le combat fut bref mais terrible et l’assaut partout repoussé. L’armée franquiste arrivant alors, réussit à tenir Tolède sous le feu. Craignant d’être encerclés, les républicains commencèrent à abandonner la ville pour aller assurer plus au nord la défense de Madrid...
- Dès lors l’Alcazar, connut une certaine accalmie. A partir du 26 septembre régna un silence étrange simplement troublé par la fusillade aux bords du Tage. Elle diminua graduellement dans l’après-midi du 27 puis cessa à la tombée du jour.

Le lendemain, à l’aube, le général Varela, ganté de blanc, était salué sur l’esplanade par les combattants rangés en carré...
- "Sin novedad en el Alcazar, mi general !"
- "Rien de nouveau à l’Alcazar, mon général !"

La scène est belle et la phrase est stoïque, l’événement est noble. La suite le sera moins car la ville paya ensuite fort cher ce siège, en effet les "Maures" de l’armée nationaliste reçurent l’autorisation de piller Tolède.
- Le 28 septembre les défenseurs de l’Alcazar libérés sortirent des souterrains, les yeux clignotants à la lumière du jour, titubants et prostrés..." Fin de citation.

La Vallée Los Caidos, où se trouve le tombeau de Franco et de milliers de combattants de la guerre d’Espagne. L’installation d’une antenne GSM sur la croix fut étudiée, mais elle fut installée ailleurs pour raisons techniques. Ce fut très intéressant.

Note "perso" Thierry Bressol :
- Je commençais à me croire victorieux à la sortie de l’Alcazar en 1936...


Je crois avoir compris à l’époque le message qu’il voulait me faire passer en racontant ces événements :
- Etre parmi les héros qui accomplissent une prouesse exceptionnelle en période de guerre, cela peut et doit susciter l’admiration pour toujours et ne pas s’oublier, mais il faut aussi savoir ceci :
- Au-delà d’une petite minorité de "dingues", les "intéressé(e)s" ne l’ont en général pas fait exprès !

Ils sont le plus souvent là par hasard et deviennent héroïques à leur corps défendant, surtout poussés par l’élan collectif et la plus pure nécessité, de survivre ou d’agir le "moins mal possible" en s’entraînant les uns les autres...
- Tout cela était très intéressant, j’ai eu l’occasion d’y repenser plus tard en 1994 et en Yougoslavie.

D’autre part tout savoir sur le siège de l’Alcazar de Tolède en 1936 ne me disait pas où travaillait Dominique, mais seulement par elle était passée.... Mais j’ai fini par la retrouver.

Donc Rendez-vous d’ici peu, toujours dans Abidjan bien sûr :
- A la recherche de Dominique 6/7 (en passant par l’incendie du paquebot Normandie)

Bien Navicalement - Thierry R. BRESSOL OR 1
- Le catastrophique incendie du Pacha Club à Abidjan
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 1 De la Normandie
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 2 en passant par l’HP
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 3 vers la Côte d’Ivoire !
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 4 Chercher la femme
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 5 par tous les moyens, même avec Franco !
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 6 (Incendie du Normandie)
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 7 Et la retrouver.

Merci aussi aux sites "www" géographiques et "pro" de la vaste toile :
- Ville d’Evreux
- Evreux par Wikipedia
- Le Havre hier et aujourd’hui dans tous ses états
- A propos du Havre et du Normandie
- Vues du Havre

Merci aux sites du "pays-psy" :
- Hôpital Psychiatrique Navarre
- Carnets de route
- Cellule d’Isolement en psychiatrie (site "psy" Belge est d’un haut intérêt instructif)

ABIDJAN et la "COA", la Côte Occidentale d’Afrique en général

- Abidjan Humour (excellent !!)
- Abidjan insolite
- Cocody
- Côte d’Ivoire Culture
- Abidjan
- Félix Houphouet-Boigny
- Les toubabs de CI
- Gorilles de chez Pierre

L’Internavis 2 ici lors de son premier voyage, "en Seine" pour livrer une grue plus grosse que lui au Havre

- Internavis 2 et la folie
- Chantiers navals : Comme sur des roulettes !
- Les deux "SD14" de la Cie Denis Frères
- Le Chaudron de l’enfer à Matadi
- Le Davos, navire Suisse
- Le Baptême de La Ligne 1/2
- Le certificat de Baptême du Cdt 2/2

- Gare aux gorilles ! Farce à Abidjan
- Bamboche à Lomé et stupide méprise
- Navire américain rencontré sur la COA
- Maersk Line ou la COA aujourdhui

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/