Souvenirs de mer

13 mai 2007

A la recherche de Dominique F. à Abidjan en 1983 : 7/7

Dominique retrouvée.

(corrigé le 21 Avril 2006 et réparé le 28 Février 2009)
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 6 Suite :

Revenant "sur Terre" et en 1983, je me suis dit qu’il ne restait plus qu’une seule chose à faire, revenir le lendemain car cette fois, elle serait là ! Le but ultime était proche et j’étais maintenant absolument sûr de ne pas la louper. Si le patron de l’établissement le disait...

Abidjan, centre du quartier du Plateau en 1957

IV/ A la Recherche de Dominique (suite et fin)
- C’est donc stressé que je suis allé le soir suivant au restaurant "Le Périgord Noir" (à Abidjan cette appellation s’imposait) en me posant la question qui tue :
- La retrouver, était-ce vraiment une bonne idée ? Il était un peu tard pour s’interroger. S’il est arrivé à qui que ce soit de mon lectorat à bord du présent site de "se faire plaquer" de cette façon, l’autre s’étant enfui(e) soudain loin au-delà des mers sans en aviser personne, je ne suis pas certain que beaucoup aient ainsi ratissé une ville comme Abidjan... Il faut en avoir envie ou au moins "y croire".

D’autre part il fallait encore pouvoir y aller, tellement c’est loin de la Normandie. Surtout, il "fallait" aussi réussir sans grand moyen à retrouver une femme dans une aussi vaste ville en disposant de bien vagues informations. J’ai réalisé avoir fait fort, au bout d’une réflexion approfondie qui m’aurait peut-être rendu dangereux au volant de la voiture du bord.
- C’est donc l’esprit plein de la satisfaction d’une réussite exceptionnelle, que je suis arrivé à Cocody avec notre commandant, le chef et le second mécanicien, qui étaient tous les trois à la recherche d’une nouvelle bonne adresse, mais aussi pleins de curiosité pour le but de mes recherches. Je fus en effet, tout à fait incapable de me débarrasser d’eux, malgré quelques ruses sournoises...

Une autre plage Ivoirienne non loin dAbidjan

En effet il était ouvertement et généralement pensé à bord que la retrouver ne serait pas possible. Par suite, après mon fier communiqué de victoire, il n’était pas pensable d’éviter de les "trainer" derrière moi. D’autre part j’avais commis l’erreur de dire où elle était.
- C’est tous avertis du risque que le premier contact se passe plus ou moins bien, que nous avons traversé la belle terrasse ombragée en passant entre les tables. Deux serveuses blanches y travaillaient, tandis qu’une troisième disparaissait dans la cuisine. Nous entendant entrer elle se retourna :
- "C’est elle..." Je n’ai pas su m’empêcher de le dire. Puis j’ai ajouté :
- "T’es toujours vivante Do ?" Elle s’immobilisa, stupéfaite.
- "Je croyais que.... Que c’était un autre qui me cherchait, un emm... blanc d’Abidjan !..."

Humour Ivoirien à l’affiche, preuve que l’Ivoirité existait avant Laurent GBAGBO et que c’était moins triste que lui...

- "Mais...Qu’est-ce que tu fais là ?" Il était évident qu’elle avait eu sa soeur au téléphone depuis peu, mais que celle-ci ne lui avait pas dit que j’étais là.
- "Tu vois !! Je navigue ! Et je te cherchais, moi aussi... Les marins vont partout, je te l’ai déjà dit..."

Mes compagnons souriaient bêtement en se regardant les uns les autres. Comment ça allait se passer ? Pour commencer, je fus soulagé car elle ne semblait pas furieuse de me voir ainsi surgir comme un sous-marin qui fait surface. Nous avons alors prononcé en même temps quelque chose comme :
- "Faudrait qu’on parle un peu, tous les deux..."

Elle m’a alors fait signe de la suivre un peu à l’écart, puis on s’est donné rendez-vous vers une heure du matin dans l’un des cafés où j’avais mené mes recherches. Alors, elle nous a placés sur une table dont une autre qu’elle avait la charge. Pendant ce court dialogue j’ai eu juste le temps d’entrevoir le chef de cuisine qui nous observait. Il me fit un clin d’oeil en levant le pouce de la main droite vers le haut comme pour me dire :
- "Comme ça !"

On ne saurait évoquer la COA sans une photo de plage Ivoirienne

Lorsque je me suis installé à table je fus accueilli pas un triple :
- "Alors....?" Comme je marchais sur des oeufs, je me suis seulement autorisé à répondre :
- "Je ne suis pas rejeté à la mer... Ouf !" Et d’expliquer que j’aurai un petit rendez-vous pour un peu plus tard...

Puis nous avons peu à peu changé de sujet, le repas se déroula donc comme un autre n’importe où ailleurs, seulement parfois troublé par quelques regards en coin, d’elle vers nous, et de nous vers elle. Nous nous sommes mutuellement fait un petit signe au moment de payer l’addition puis nous avons quitté normalement l’établissement pour aller se balader en ville. Ensuite, nous avons pris un pot à l’Hôtel Ivoire.

Bien sûr je me suis fait "abandonner" dans le bar du rendez-vous prévu. J’ai donc commencé à attendre en observant la voiture du bord s’éloigner vers de nouvelles aventures Abidjanaise. Je sentais mes trois compères partis pour une longue soirée tandis que la mienne se poursuivait dans l’attente et la torpeur tropicale :
- Allait-elle venir ? Rien ne saurait être évident avec quelqu’une qui "déserta" son job et son pays la Normandie de cette façon. Il me faudrait alors me satisfaire de ma première victoire.

Beaucoup de grands ports ont leur cimetière, Abidjan et sa lagune aussi

Soudain vers une heure et demie, elle s’est installée près de moi :
- "Comment tu m’as retrouvée ?"
- "C’est une longue aventure, tu devrais demander à ta soeur... Ce n’était pas si difficile et mes bateaux passent toujours à Abidjan ! Tu penses ! En sachant que tu étais là, j’ai ratissé toute la ville avec mes amis Italiens, tout simplement." J’ai préféré ne pas lui dire que si mes navires avaient fréquenté le Nicaragua et non la COA, je serais probablement venu par UTA...

Elle posa soudain la question la plus délicate :
- "Que veux-tu ?"
- "Toi ! Qu’est-ce qui t’a pris de disparaître comme ça ?..." Et d’expliquer que sa disparition avait soulevé l’inquiétude jusque dans la police, que tout le monde se demandait, à commencer par ses parents, où elle était, imaginait le pire et que la Gendarmerie commençait à s’intéresser sérieusement à moi, et que d’autre part je n’avais pas trouvé ça drôle :

Surtout quand j’ai réalisé que la police était moins capable que moi de la retrouver mais fort capable de m’arrêter, et qu’il n’était pas du tout impossible que plus personne ne m’écoute sauf un avocat. J’ai conclu par un vibrant :
- "C’est pas drôle tout ça Dominique !" (en 2009 ça m’amuse pourtant)
- "Je suis vraiment désolée Thierry..." On le serait sans doute à moins !

Le Thérèse Delmas

Finalement, nous avons passé une nuit folle chez elle, je suis retourné à bord, elle est venue le lendemain déjeuner avec nous (victoire !) et le navire a appareillé. Ainsi, mon navire et moi avons quitté Abidjan pour la Nième fois pour poursuivre benoîtement notre route...
- Dominique ? Nous nous étions promis de garder le contact, mais....
Ni l’un ni l’autre n’a tenu la mutuelle promesse. On aurait dû faire de la politique...

Bien Navicalement - Thierry R. BRESSOL OR 1
- Le catastrophique incendie du Pacha Club à Abidjan
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 1 De la Normandie
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 2 en passant par l’HP
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 3 vers la Côte d’Ivoire !
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 4 Chercher la femme
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 5 par tous les moyens, même avec Franco !
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 6 (Incendie du Normandie)
- A la recherche de Dominique F. à Abidjan 7 Et la retrouver.

La COA aujourd’hui, c’est en "PC" ou en "RORO". C’est beaucoup moins intéressant...

Merci aussi aux sites "www" géographiques et "pro" de la vaste toile :
- Ville d’Evreux
- Evreux par Wikipedia
- Le Havre hier et aujourd’hui dans tous ses états
- A propos du Havre et du Normandie
- Vues du Havre

Merci aux sites du "pays-psy" :
- Hôpital Psychiatrique Navarre
- Carnets de route
- Cellule d’Isolement en psychiatrie (site "psy" Belge est d’un haut intérêt instructif)

ABIDJAN et la "COA", la Côte Occidentale d’Afrique en général

- Abidjan Humour (excellent !!)
- Abidjan insolite
- Cocody
- Côte d’Ivoire Culture
- Abidjan
- Félix Houphouet-Boigny
- Les toubabs de CI
- Gorilles de chez Pierre

L’Internavis 2 ici lors de son premier voyage, "en Seine" pour livrer une grue plus grosse que lui au Havre

- Internavis 2 et la folie
- Chantiers navals : Comme sur des roulettes !
- Les deux "SD14" de la Cie Denis Frères
- Le Chaudron de l’enfer à Matadi
- Le Davos, navire Suisse
- Le Baptême de La Ligne 1/2
- Le certificat de Baptême du Cdt 2/2

Symbole de l’Ecole "Hydro" de Nantes, l’Ecole Nationale de la Marine Marchande


- Gare aux gorilles ! Farce à Abidjan
- Bamboche à Lomé et stupide méprise
- Navire américain rencontré sur la COA
- Maersk Line ou la COA aujourdhui

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/