Souvenirs de mer

9 juillet 2006

La journée extraordinaire de Tembol en Yougoslavie en 1994 : 4/7

- "La guerre est une activité au cours de laquelle des gens qui ne se connaissent pas s’entretuent, en étant aux ordres de leurs chefs qui se connaissent souvent fort bien et s’entretuent très rarement."

"La Guerre ne t’intéresse pas, mais elle s’intéresse parfois à toi..." (suite)
- Elle s’intéresse aussi à l’ancien marin qui sait se mouiller même à terre.

(article "réparé" le 11 Août 2008 à 17h30)
- Autrefois ils avaient vue sur la mer & Tembol en Krajina 5 (une journée d’enfer) à suivre...

La journée extraordinaire en Krajina et en 1994, le matin de la peur :
- Toute ressemblance avec des événements, des lieux, des situations ou des personnes ayant existé ou existant, n’est qu’une pure, totale et fortuite coïncidence.

C’était en effet en train de devenir la journée de la peur. Mais il n’était que midi et demie et les soldats étaient très énervés pour quelques fortes raisons que Tembol allait découvrir en arrivant à Osiric. Que réservait l’après-midi à l’équipe de Tembol ?

Situons la Krajina

Une seconde conversation aux accents visiblement dramatiques avec les soldats acheva d’intriguer et d’inquiéter le Marseillais, qui recommença à se stresser pour ne rien comprendre à ce qui se disait autour de lui. Il ne pouvait plus éviter de remarquer le visage blême de ses camarades. Que pouvait-il arriver de plus dangereux que leur capture ce matin ?
- Il ne croyait pas vraiment qu’il serait possible d’être libéré une seconde fois le même jour, mais il n’était pas non plus statistiquement envisageable de se faire chopper une seconde fois, surtout avec les effectifs présents !
- Mais enfin, pourquoi les avait-on relâchés ?

L’équipe de Tembol n’avait en arrivant qu’une seule idée en tête, se restaurer confortablement, c’est-à-dire bien manger et bien boire. Boire ? Il y avait là un bon motif ! Pour oublier, car ce qu’ils ont vu sur place risquait surtout de leur couper l’appétit.

Les environs de Knin en guerre

En marchant vers le centre d’Osiric, Zarko commença à expliquer les mystères de leur capture à Tembol. Ils avaient en effet eu la chance de tomber sur des militaires bien encadrés. D’autre part ceux-ci n’étaient pas n’importe qui, ce qui aurait été fort dangereux. Tout simplement, ces soldats étaient avant tout (même leur chef, ce qui était important) des anciens civils, c’est aussi dire que tous étaient des "anciens" cheminots des JZ, de la compagnie d’électricité ou même des Telecom.
- C’était aussi le cas des quatre membres de l’escorte de Tembol ainsi que d’un des techniciens radios qui étaient avec eux.

Il se retrouvèrent donc naturellement entre gens qui se connaissaient fort bien et de longue date, pour avoir travaillé souvent ensemble avant "la crise".

Le blason de la Croatie dans la République Fédérale Socialiste de Yougoslavie

"La guerre est une activité au cours de laquelle des gens qui ne se connaissent pas s’entretuent, en étant aux ordres de leurs chefs qui se connaissent souvent fort bien et ne s’entretuent que rarement."
- Le simple fait de se connaître peut donc changer la donne :

C’est ainsi que leur capture eut pour première conséquence une longue conversation qui avait pour objet de demander des nouvelles des uns et des autres, fatalement perdus de vue depuis plusieurs années.

Tous savaient parfaitement que dans le cadre de la paix d’un futur proche ou lointain qui viendrait quoi qu’il arrive tôt ou tard, ils seraient fatalement obligés d’interconnecter un jour ou l’autre tous leurs organismes dans l’Indépendance ou non, que tout cela soit privatisé ou non.

C’est donc peu dire, qu’il n’était pas du tout question de coller une balle dans la nuque des confrères, sauf à vouloir tout détruire définitivement et aggraver ainsi une situation déjà désastreuse.

Un film d’Emir Kusturica, qui m’a rappelé quelque chose

Une fois passée la peur de "ceux d’en face" devenus captifs, les redécouvrir de la sorte incita ces Croates à une salutaire et sage réflexion qui n’a pas toujours l’occasion de s’exercer en temps de guerre.
- Pour simplifier, le simple fait de bien se connaître sut amortir un choc qui pouvait devenir naturellement brutal...
- Et moi alors ? Demanda Tembol.
- Ton cas était moins simple, mais "les confrères de mes confrères sont des confrères", m’a dit le lieutenant... Donc à ton sujet il a précisé :
- Que ce français aille se faire foutre par le Diable !
- Mais nous sommes maintenant prévenus, ils casseront tout ce que l’on construira ou essaieront de le faire, ceci jusqu’à la paix !
- Enfin une chose qui est claire, la vie est rarement simple...

Le général Ante Gotovina organisa une mémorable chasse aux Serbes en 1995

En attendant la paix, la population d’Osiric était semble-t-il, "de trop" sur cette planète et pas vraiment considérée comme indispensable à un pacifique futur encore hypothétique. Ils eurent la malchance de "recevoir" des miliciens étrangers venus d’un peu partout en Europe et qui avaient une consigne simple et unique de leur hiérarchie :
- "Faites fuire ou disparaître les Serbes, par tous les moyens..."

L’armée était arrivée un peu avant l’équipe de Tembol, mais après le passage des miliciens il était déjà trop tard. Il n’y avait plus de population. Pour ces miliciens le "qui est qui ici, et qui fait quoi" n’avait pas d’importance :
- "On" avait le tort d’être là. Un point, c’est tout.

Cette bande avait en effet "exécuté" tout le monde, sauf quelques personnes et les enfants qui avaient eu la présence d’esprit et surtout du temps pour s’enfuire. Ceux-ci s’étaient en général cachés dans les environs immédiats, parfois sur place pour les plus imprudents.

Un coup d’oeil sur l’Armée de l’Air de la RFY (Yougoslavie)

Les carabiniers arrivèrent certes en retard, mais l’effectif était nombreux et ils avaient "du matériel" et de solides arguments :
- Trois hélicoptères de combats ratissaient la zone à l’arrivée de l’équipe de mesure radio et l’ennemi n’avait eu que le temps de filer peu avant leur arrivée.
- Tous ? Non. Une rumeur commençait en effet à circuler selon laquelle quatre miliciens pillards et retardataires étaient tombés en panne avec leur "4x4" à quelques kilomètres. Ils s’étaient fait chopper de ce seul fait par l’armée fédérale... Zarko expliqua ceci à Tembol et il ajouta avec un sourire sardonique :
- Ceux-là, Nom de Dieu, ça va être leur fête...
- C’est sûr. Ils vont pas s’en sortir comme nous ce matin...

Ce piaf là est moins dangereux que les goélands et les vautours
(au service des lobbies, qui nous ruinent depuis plus de 40 ans)

En traversant le bourg, Tembol contempla écoeuré les corps calcinés trouvés partout dans les rues. Cette fois, on ne lui montrait plus un album de photos. Il avait "droit" à l’odeur en plus.
- Rapidement il sut que sur les quatre "retardataires", deux avaient été abattus sur place en tentant de fuire, tandis que les deux autres s’étaient en effet fait prendre.

Tembol est un drôle d’oiseau...

Tembol en ne pensait absolument pas risquer "d’avoir affaire" avec l’un des auteurs de "cette chose", ou de cet événement, de quelque manière que ce soit...
- Il pensa aussi que la bienveillance envers eux était fort peu probable, car il se souvenait de sa vie de marin Français. Il avait parfois entendu parler de la guerre d’Algérie à bord de façon très documentée si j’ose dire. Ce fut une période tragique durant laquelle les protagonistes "jouèrent" longtemps à :
- "Qui sera le plus bête et surtout le plus méchant"...

En même temps, ils jouèrent aussi à qui serait le plus malin, en oubliant qu’être malin, c’était peut-être :
- Arrêter "les frais" au plus tôt !

Il lui était d’autre part impossible d’oublier deux vieux navigateurs en exil dont l’un était "pieds-noirs français de souche" et ancien de l’OAS, tandis que l’autre fut longtemps un activiste très dur du FNL. Ni l’un ni l’autre n’avait renié ses convictions du moment.
- Si par hasard ces deux-là s’étaient rencontrés "pendant", Tembol n’en aurait connu qu’un seul... Pourtant ils se fréquentaient régulièrement et s’entendaient fort bien, pas seulement parce que c’était des années plus tard. Il existe une autre explication simple et logique à cela :
- "Pour l’Algérie on aurait fait n’importe quoi, ça nous rapproche..."
- "Ils ont effectivement fait n’importe quoi pensait Tembol, et ça n’arrive pas qu’en Algérie."

Pavillon Algérien

D’autre part, tous les deux ont perdu l’Algérie.
- "Quelle connerie la guerre Barbara"...

Bien "navicalement" - Thierry BRESSOL - OR 1
- Tembol en Krajina 5 (une journée d’enfer) à suivre...

Merci aux sites :
- Le Courrier francophone des Balkans
- Le Courrier francophone des Balkans (1)
- Le Courrier francophone des Balkans (2)
- Le Courrier francophone des Balkans
- Le Courrier francophone des Balkans
- Le Courrier francophone des Balkans (Kosovo)

- World guns
- Quentin Tarantino
- Emir Kusturica
- Les Tontons flingueurs 1
- Les Tontons flingueurs 2
- Audiard et les Tontons flingueurs

- Carte et ambassade de Croatie
- Site web de Knin aujourd’hui
- Vues de Knin
- Flotte du Montenegro

Emir Kusturica, musicien et cinéaste Yougoslave

Où l’on constate aussi sur place que naturellement, on étudie cette situation maritime... Très particulière.
- Autrefois avec vue sur la mer
- Info maritime
- Courrier des Balkans

- Tembol en Krajina 1 (le contexte)
- Tembol en Krajina 2 (surréalisme)
- Tembol en Krajina 3 (la journée de la peur)
- Tembol en Krajina 4 (le matin de la peur) c’est ici !
- Tembol en Krajina 5 (l’après-midi de la peur)
- Tembol en Krajina 6 (ramasser les morceaux)
- Tembol en Krajina 7 (la soirée de la peur)

JZ : Jugoslovanske Zeleznice (Chemins de Fer Fédéraux Yougoslaves)

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/