Souvenirs de mer

23 juillet 2006

Patrick O’BRIAN "Master and Commander"

Bulletin Cinématographique et Bibliographique Spécial
- A propos de Patrick O’Brian :
- L’ancienne marine en bois et les corsaires sont sur le papier, au cinéma comme en DVD ou vidéo VHS. En Mai 2006 on m’a offert un DVD, ce qui me donne aussi l’occasion d’une frappe sévère ici, c’est à dire ce Bulletin Cinématographique autant que Bibliographique :

(le 1er Mai 2006 et réparé le 19 Mai 2009, suite au crash informatique de "Spip" Juin 2008)

Message sur la liste de diffusion "marine marchande" :
- Sent : Saturday December 6th 2003 - 10:28 pm
- Subject : Corsaires au Cinéma avec un grand écrivain maritime, qui mérite notre hommage.

Patrick O’BRIAN à bord de la Surprise (ex-Rose)

Bulletin Cinématographique Spécial

Mon dernier passage me donne à penser que ce film n’est pas encore sorti en France et que cette sortie ne sera pas immédiate.

Cela dit, étant sorti ce mois de Novembre 2003 à Namur en "version.fr", il arrivera en France d’ici peu :
- C’est un évènement car la sortie d’un film maritime n’est pas si fréquente ! Profitons-en car depuis le Crabe Tambour, nous avons eu fort peu de choses intéressantes en matière maritime. Hier soir nous sommes allés voir Master and commander c’était assez étonnant. Je vous invite donc à faire de même prochainement, ne serait-ce que pour faire un petit tour au large.

Force grâce et majesté, le Rose sous Voiles !

L’action de ce film anglo-saxon se déroule en 1805, quand le "Bandit Corse" imposait sa loi sur presque toute l’Europe et que la guerre sur mer faisait rage entre Anglais et Français. Sur ordre spécial, le Capitaine de la frégate anglaise "Surprise" Jack Aubrey dit "Lucky Jack", part faire la chasse au navire corsaire français Achéron, très puissant et très méchant. Cela le mènera lors d’un long périple des Caraïbes jusqu’aux côtes du Brésil puis aux îles Galapagos via le cap Horn.

L’Achéron non seulement ne se laisse pas chasser si facilement, mais en rencontrant la Surprise pour commencer, mettra une mémorable raclée à l’Anglais qui ne réussira à s’enfuir que désemparé et "in extremis". Mais au prix d’énormes et dramatiques difficultés l’Achéron sera finalement vaincu, film anglo-saxon oblige. On s’en doutera un peu... ;-))

Lancement du HMS Rose en Californie le 3 Novembre 1970

Ce scénario est (à l’examen) aux limites du vraisemblable, mais certains aspects du film sont assez originaux et ne manquent pas d’intérêt car on y trouve :
- De belles images spectaculaires, des personnages hauts en couleurs, un zeste de folklore maritime qui sait faire sourire les connaisseurs comme les profanes en la matière, des batailles navales relativement réalistes, spectaculaires et surtout sanglantes, tout cela étant accompagné par des rebondissements nombreux dans le cadre de quelques ruses sournoises etc.
- Même le mal de mer est présent, ce qui n’arrive pas si souvent au cinéma.

La musique est d’autre part tout à fait réussie, ce qui ne gâte rien. Les deux personnages principaux sont en effet amis et musiciens "violoneux"...
- Pour résumer, ce film représente un fort bon moment pour 5 Euro la séance. Peu de gens aiment s’emmerder au cinéma. A bord de la Surprise, j’aime autant vous dire qu’il n’y a aucun risque ! Qu’on se le dise....

Bien navicalement - Thierry BRESSOL - R/O

Une grande actrice, HMS Rose ici sous le nom de HMS Surprise pour le tournage du film

Un de mes bons amis lointains nous a fait parvenir immédiatement après mon message le commentaire suivant :
- De Philippe Gimbret
- Dimanche le 7 décembre 2003 à 19:59
- Corsaires au cinéma

Suite au message de Mr BRESSOL, je me fais un plaisir de vous signaler ici que la sortie de ce film est prévue en France le Mercredi 31 Décembre 2003.
- Il est extrait de la fameuse saga maritime en 20 volumes écrite par l’écrivain Irlandais Patrick O’Brian, qui peut être considéré comme un grand spécialiste des marines et des navires de toute la période napoléonienne.

Patrick O’BRIAN à bord de la Surprise ici avec son épouse dans "la chambre"

Il est malheureusement décédé mais l’éditeur Presses de La Cité s’est engagé à publier en français l’ensemble de son oeuvre. En Octobre 2003 "Les Cent Jours" (avant-dernier et 19ème volume) vient d’être publié. Les 13 premiers sont disponibles en format "poche", les autres pas encore à ma connaissance mais cela viendra sans doute.

Patrick O’BRIAN à bord de la Surprise avec le capitaine Bailey

Pour ceux que cela intéresserait, voici la liste des titres déjà parus :
- 1 "Maitre à bord" - Février 1996 (120,00 FRF)
- 2 "Capitaine de Vaisseau" - Aout 1996
- 3 "La Surprise" - Janvier 1997
- 4 "Expédition à l’Ile Maurice" - Avril 1997
- 5 "L’ Ile de la Désolation" - Septembre 1997
- 6 "Fortune de Guerre" - Janvier 1998
- 7 "La Citadelle de la Baltique" - Mai 1998
- 8 "Mission en Mer Ionienne" - Octobre 1998
- 9 "Le port de la trahison" - Janvier 1999 (18,29 Euro)
- 10 "De l’ autre coté du monde" - Mai 1999
- 11 "Le revers de la médaille"- Janvier 2000
- 12 "La Lettre de Marque" - Mars 2000
- 13 "Le rendez-vous Malais" - Octobre 2000
- 14 "Les tribulations de la Muscade"
- 15 "L’Exilée" - Octobre 2001
- 16 "Une mer couleur de vin" - Mars 2002
- 17 "Le Commodore" - Septembre 2002
- 18 "Le blocus de la Sibérie" - Mars 2003 (18,90 Euro)
. (surnom donné au blocus de Brest par les britanniques)
- 19 "Les Cent Jours" - Octobre 2003
- 20 "Pavillon amiral" - Avril 2004

Patrick O’BRIAN à bord de la Surprise avec le capitaine Bailey

Il existait aussi un livret gratuit spécial :
- "Les navires du Capitaine Aubrey" (Décembre 1998)
- Note Thierry Bressol : On ne le trouve plus que sur Internet...

Bonne réception et Meilleures Salutations - Philippe GIMBRET
- Note Thierry Bressol : Merci à Mr Philippe Gimbret !

Même à quai il est beau, mais un peu "farceur", sa vraie nationalité : les USA !

Ce bulletin bibliographique et cinématographique spécial ne serait pas complet sans l’intervention ci-après :
- Jean-Jacques Salein le spécialiste des corsaires.
- Mardi le 27 janvier 2004 à 17:27
- RE :"Master and Commander"

Voici ci-joint mes commentaires du film Master & commander. Ces commentaires ont été envoyés à mon fils qui est un cinéphile averti. Venant de lire les tiens sur la présente liste de diffusion "mar-mar", c’est pour cela que je les communique. J’ai en effet changé complètement ma base de données corsaire qui a maintenant 4 approches :
- Les Corsaires
- Les navires corsaires
- Les prises et...
- Les armateurs à la course.

On y accède soit par mon site, soit par la base de données des corsaires.

Cordialement - Jean-Jacques SALEIN - ex R/O

L’ex HMS ROSE devenue SURPRSE

Notes de Jean-Jacques Salein à propos du film Master & commander :
- Je suis allé voir "Master & Commander" et suis resté calme car dans l’ensemble, je pense que la vie à bord d’un bateau de cette époque est globalement bien respectée, à quelques exceptions près :
- La discipline à bord des navires Anglais était beaucoup plus sévère ! Ce fut le cas à telle enseigne que certains prisonniers Anglais en France préférait rester chez nous plutôt que de retourner sur les navires de leur pays...
- On n’a pas besoin d’enlever les roues des canons pour les faire tirer plus haut ! Il y avait pour le faire des cales sous l’affût permettant de l’orienter de bas en haut, voyez vous mêmes mon site à ce sujet...

Patrick O’BRIAN à bord de la Surprise, en "démo" avec le capitaine Bailey

La ruse de "déguiser" le navire en baleinier est plus souvent une ruse de corsaire Français que d’Anglais ! Par ailleurs, l’Achéron ayant déjà aperçu et combattu une fois le bateau Anglais, il est inconcevable qu’il ne l’ait pas reconnu ou pour le moins douté de son apparence de baleinier...
- Le film nous dit-on au début commence en 1805, on y parle beaucoup de l’Amiral Nelson comme quelqu’un de bien vivant alors qu’il est mort à Trafalgar le 21 octobre 1805 !
- Note Thierry Bressol : Effectivement j’ai trouvé ça étrange sur le moment, m’étant même demandé quand il est mort, n’étant plus sûr de rien...

Tourner ce genre de film signifie faire vraiment beaucoup d’effort(s)...

Lorsque le docteur aux Iles Galápagos repère le corsaire français par hasard, il porte à sa poupe un immense pavillon français ! Les navires à la mer n’ont pas pour pratique de porter en permanence leur pavillon, encore moins les corsaires qui à l’occasion d’ailleurs, en mettaient un autre pour surprendre l’ennemi...
- Par contre, je suis sorti de mes gonds lorsque j’ai entendu la petite phrase décrivant le corsaire français comme un navire qui, avec un "vague papier" avait le droit de s’attaquer pour de l’argent aux navires ennemis !! Je reconnais bien là, la morgue et l’arrogance anglaise :
- "Nous, nous nous battons pour l’honneur. Les Français c’est pour l’argent..."
- Ce à quoi Surcouf avait répondu :
- "On se bat pour ce qui nous manque le plus" !

Le chiffon de papier dont fait allusion Aubrey est une "lettre de marque" qui définissait le navire auquel elle était attribué. Elle était délimité dans le temps, délivrée rarement pour plus de six mois. Les conditions étaient telles qu’on ne devait pas attaquer un navire ennemi sans avoir au préalable au premier coup de canon hissé son vrai pavillon. Par ailleurs les Anglais aussi avaient des navires corsaires, d’autres nations comme les très récents États-Unis en avaient aussi.

Tourner ce genre de film signifie aussi faire des efforts...

Autrement le film est convenable. Il n’y a pas de "quart d’heure américain", les fameuses scènes d’amour pour faire recette auprès de la gens féminine américaine, tout cela est très réaliste.

- Cordialement - JJ Salein
- Jean-Jacques Salein le spécialiste des corsaires.
- Base de données des corsaires
- Blog littéraire de Jean-Jacques Salein

Tourner ce genre de film signifie aussi faire des efforts...

- Mercredi le 28 janvier 2004 12:48
- RE : Master and Commander

La fameuse réplique de Surcouf a su marquer nos cousins anglais très durement, assez pour qu’on en parle encore !
- Ils ont eu si peur du bandit corse, qu’on trouve encore des bustes de Napoléon chez les gens sur la cheminée. Seul l’amiral Dönitz avec ses U-Boote a su autant inquiéter l’Angleterre. Je me souviens m’être fait ce genre de remarques techniques proches sur le film. Pour les canons je n’y avais pas pensé. Il fallait le savoir, même si la pratique montrée dans le film me rendait un peu sceptique. Il restait pour moi probable qu’on avait prévu à l’époque ce qu’on pourrait devoir faire avec les canons.

Au-delà des inexactitudes techniques du film, chronologiques à propos de Nelson par exemple ou politiques, ce film est assez bien fait. Le scénario est tiré de plusieurs livres de cette fameuse série de O’Brian, ce qui nous donne une histoire originale, bien qu’un peu "capilotracté" nous aurait dit Pierre Desproges.

Le côté "Anti-France" ne pouvait pas être manqué ! Pour ne rien dire des méthodes de recrutement de la Navy (la fameuse "presse" ou "press-gang") qu’on aurait aimé voir plus honnêtement rappelées !
- Prendre un pot dans un pub pour se réveiller embarqué et en mer 3 jours après, je n’appelle pas cela "fair play" ! Qui pouvait bien vouloir faire volontairement le coup de feu contre les Français dans ces conditions ainsi imposées ? Qui voudrait embarquer volontairement dans les conditions anglaises de cette époque ?

D’autre part la ruse du navire "déguisé" en baleinier m’a fait penser aux fameuses "farces" du dernier "corsaire" à la voile, Félix Von Lückner de la guerre de 1914/1918 et celles du commandant Rogge de l’Atlantis.

Le capitaine Aubrey et le Docteur Maturin font de l’exercice, un exercice d’acteurs aussi...

Il est sûr également qu’un marin reconnaît toujours un navire qu’il a déjà rencontré ou combattu, même transformé. Cette partie du scénario était donc une erreur grossière.

Par contre les deux personnages principaux faisant régulièrement de la musique, fut une sacrée trouvaille de Patrick O’Brian, que le film a fort bien su utiliser. On ne voit pas si souvent une telle réussite au Cinéma, pas depuis le Crabe Tambour ! Russel Crow et Paul Betany, pour n’évoquer ici que les têtes d’affiches, nous ont tricoté là un très beau numéro d’acteurs...

Bien navicalement - Thierry BRESSOL - R/O

La Rose s’est travestie jusqu’aux détails très importants

Merci aux sites :
- HMS ROSE Site du 3 mâts Californien Rose
- Le Rose en poster
- Galerie de photos du HMS Rose
- Galerie par Philippe Plisson

- Jean-Jacques Salein le spécialiste des corsaires.
- Base de données des corsaires
- Blog littéraire de Jean-Jacques Salein

- Musée Maritime à San Diego
- HMS Surprise
- HMS Surprise
- Master & commander

Le Captain Bailey de l’HMS Rose

- Luckner et le Seeadler, dernier corsaire à voiles
- Sous 10 pavillons, le grand farceur maritime
- Avis TV "Arte" : les croiseurs Emden & Dresden
- Les cargos sous-marins du Kaiser par Pierre Escaillas
- Le chef mécanicien du Crabe Tambour
- Le Crabe tambour du Sibelius

- Plan du Site & Plan de "Marine Inconnue"

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/