Souvenirs de mer

24 mars 2007

Le Prince Noir des "Hommes-Torpilles"

LE PRINCE VALERIO BORGHESE ET SES HOMMES-TORPILLES ITALIENS DETRUISIRENT LES CUIRASSES ANGLAIS AU MOUILLAGE A ALEXANDRIE...

(corrigé le 11 janvier 2008, cette photo de Borghèse fut posée le 16 Août 2008)

Contre la Légion Etrangère ou le Bataillon San Marco par exemples, on ne négocie pas, on capitule ! Si c’est encore possible il vaut mieux prendre la fuite.
- Contre le personnage suivant, il fallait avoir lu le rôle d’abandon dès les premières minutes de votre embarquement...

Le Cdt Valerio Borghèse, le Prince Noir.

Valerio Borghèse dit le "Prince Noir" fut d’abord un grand marin Italien, mais surtout un sous-marinier anticonformiste terriblement sulfureux. Aucun auteur n’oserait imaginer un tel personnage de roman, qui pourtant a existé. Il a "sévi" aussi...

Les mémoires de guerre de Valerio Borghèse

Son aura de héros de la guerre lui fit attribuer le surnom romantique à souhait de "prince noir". Lorsqu’en 1954 il publia ses mémoires de guerre, ce livre eut un succès retentissant dans toute l’Europe et fut traduit en plusieurs langues.
- Le prince Valerio Borghèse était au moins aussi intéressant que dangereux, ce qui n’était pas peu dire... Il fut aussi de loin le plus "azimuthé", pour ne pas dire peut-être le Sous-Marinier le plus déjanté de tous les temps.

Le prince noir des "hommes-torpilles", Valerio Borghese, l’inoubliable sous-marinier.

Né à Rome en 1906, Valério Borghèse était un marin d’origine noble et princière, d’où son surnom. Il est entré en 1923 à l’Ecole Navale de Livourne à 17 ans où il choisit la spécialité de scaphandrier et servit dans l’arme sous-marine. Il obtint son premier commandement d’un sous-marin dès 1933 et s’intéressa très tôt au concept de nageur de combat.
- Il prit part très discrètement à la guerre civile Espagnole et à la campagne en Abyssinie par quelques missions de liaison avec des réseaux d’espionnage ou le dépôt de commandos par son sous-marin.

Le Vittor Pisani, sous-marin des coups tordus du prince Borghèse

Cette période est naturellement fort mal connue. Les archives confidentielles de la Marine Italienne sont certainement des plus passionnantes.
- Il est plus que probable que la guerre d’Espagne fut aussi un "terrain d’essais" pour certains "sports sous-marins" très spéciaux. Mais ce fut beaucoup plus discret et moins sanglant que l’ensemble des opérations de la terrible guerre d’Espagne.

Au début de la guerre il fut commandant du sous-marin "Vettor Pisani" puis du "Sciré". Ce dernier était stratégique car très spécialement équipé pour transporter l’arme secrète Italienne, les "torpilles humaines" à la mise au point desquelles il avait participé.

Modèle du "maiale" de la Flottiglia X-MAS

Baptisée SLC (acronyme pour "torpilles lentes" ou "Siluro a Lenta Corsa"), cette nouvelle arme sera connue ensuite sous le surnom des "maiali" (les cochons) à cause de leur faible manœuvrabilité. Ces engins portaient deux plongeurs qui se déplaçaient ainsi sous la surface "à cheval" sur un fuselage de torpille silencieuse spécialement conçu pour ce "sport" :
- Deux nageurs de combat étaient assis à califourchon sur ce "tube" à propulsion électrique muni de deux sièges, d’un poste de pilotage et d’un cône explosif détachable de 300 kg placé à l’avant.
- Pour "ceux d’en face", ce nouveau concept de combat était totalement inattendu.

En octobre 1940 le sous-marin Sciré déposa à Gibraltar 3 équipes de 2 hommes sur des « maiali » mais l’opération se termina mal pour cause de pannes mécaniques en série. Deux équipes furent récupérées par des agents en Espagne et le sous-marin dut revenir les chercher, mais la troisième fut capturée par les britanniques peu après l’abandon de leur matériel.
- Bien sûr, ils n’expliquèrent rien aux Anglais ! Cet échec fut à l’origine de quelques mises au point extrêmement soignées avant toute autre tentative.

Photo sous-marine d’époque d’un "maiale"

Le 10 septembre 1941 à partir de son sous-marin resté au large, l’audacieux Borghèse réussit à entrer dans la rade de Gibraltar pour attaquer un pétrolier et deux grands bâtiments de guerre britanniques avec ses fameux "maiali". Il leur infligea de graves et nombreux dégâts en "collant" un nouveau type de mines sous leur coque.
- Le Fiona Shell (2.500 T), le HMS Durham (11.000 T) et le HMS Denby Dole (16.000 T).

Sur le moment les victimes pensèrent à un accident comme c’est arrivé à la première victime du coup tordu raconté dans l’article "U-Boot, la cible". Mais ce fut vite démenti car trois navires endommagés la même nuit en temps de guerre, ça ne saurait être le hasard !

Le Sciré, second sous-marin des coups tordus du Prince Noir

Après trois échecs encore causés par des incidents mécaniques, le 18 décembre 1941 à Alexandrie, il infligea de nouveaux très lourds dégâts à trois autres navires dont un pétrolier chargé. Les cuirassés HMS Queen Elisabeth et Valiant furent mis hors de combat jusqu’à la fin de la guerre et démolis dès 1945...
- Le lieutenant de vaisseau de la Penne menait l’opération en chevauchant le "maiale" de tête. Par chance, les lourds filets anti-torpilles protègeant l’accès au port furent ouverts pour laisser passer trois destroyers britanniques. Bien sûr les Italiens en profitèrent pour s’infiltrer plus vite et plus facilement que prévu. Après avoir placé leur charge au prix de nombreuses difficultés, le lieutenant de la Penne et son coéquipier durent faire surface et se firent capturer à cause d’une stupide panne.
- Interrogés, ils refusèrent bien sûr d’expliquer leur présence, mais De la Penne constata qu’il était enfermé dans un local du HMS Valiant situé au-dessus de l’endroit où la bombe devait exploser. Quinze minutes avant l’explosion, il demanda donc à parler au capitaine Britannique pour l’informer de l’imminence de l’explosion car il était trop tard pour l’empêcher. Cependant il refusa obstinément de donner d’autres informations, quoi qu’il arrivât.

Il fut alors ramené dans sa cellule mais par chance, il ne fut pas tué par l’explosion. C’était ce qui s’appelle se mettre dans une situation très délicate...

HMS Queen Elizabeth, victime de l’équipe du Prince Noir

La deuxième équipe se fit également chopper car l’alarme était alors sonnée partout, mais sa charge placée sous la coque du HMS Queen Elisabeth avait réussi sa mission. Seule le troisième "maiale" réssit à s’enfuir après avoir totalement détruit "son" pétrolier chargé. Les brèches occasionnées par les charges explosives seront fatales pour les cuirassés blessés à mort qui s’enfoncèrent, mais presque imperceptiblement à cause de leur important tirant d’eau... C’est posés sur le fond qu’ils ont fini la guerre.

Les Anglais en maîtres du camouflage surent en profiter et firent alors repeindre une nouvelle ligne de flottaison sur les cuirassés coulés dans le port. L’amirauté Anglaise d’Alexandrie organisa deux grands bals en fin d’année sur le pont pour donner le change. Ils se débrouillèrent en effet pour que le grand public ignore ce désastre.
- Cela eut pour conséquence que les Italiens lancèrent d’autres raids. Ils furent surpris de constater être venus pour "seulement" passer une seconde couche inutile...

HMS Valiant, autre victime de l’équipe du Prince Noir

Dès 1942 grâce à ses succès, Borghèse fut nommé commandant de la fameuse unité d’élite de la Marine Italienne
"Flottiglia Decima MAS", dont les techniques d’opération de commando allaient marquer des générations de stratèges militaires. D’autres coups un peu moins moins spectaculaires furent aussi de beaux succès. Borghèse fut vite surnommé "le Prince Noir" à la suite de ses nombreuses opérations spectaculaires et très réussies.

Emblème de la Flottiglia X-MAS

Un cuirassé à quai n’était jamais vraiment protégé des surprises. Le Jean Bart neuf et inachevé en a su quelque chose à Casablanca comme le Richelieu à Dakar. Ils furent en effet attaqués par l’aviation des alliées mais ceux-ci ne surent pas leur envoyer des plongeurs de combat. D’autre part à bord des cuirassés français des précautions entièrement nouvelles et adaptées avaient été prises, car on les attendait...

La Royale, entre la tradition et la modernité : ici le Jean Bart, années 40 et 50

Les conséquences de ces dynamitages furent majeures. Le HMS Barham, dernier cuirassé britannique de la Méditerranée et le porte-avions Ark-Royal avaient déjà été torpillés par les U-Boote de l’amiral Dönitz, les convois Germano-Italiens purent ainsi traverser en toute quiétude la Méditerranée.
- La voie était donc libre pour la grande offensive de Rommel jusqu’à El-Alamein grâce à six hommes montés sur leur trois drôles de torpilles. Ils ont fait basculer pour un temps le cours de l’histoire. Jusqu’en août 1943, les "Maiali" et les "nageurs Gamma" coulèrent une vingtaine de cargos et de pétroliers, établissant même une base secrète de départ dans l’épave d’un cargo italien échoué dans les eaux Espagnoles près de Gibraltar...

En effet de juillet 1942 à septembre 1943 le cargo italien Olterra échoué près de Algéciras (Espagne) servit de base secrète de départ aux nageurs de combat. Une ouverture pratiquée sous le niveau de la flottaison permettait aux "maiali" d’effectuer discrètement leurs sorties et leurs retours. De nombreux navires furent coulés lors de ces sorties.
- Les britanniques ne furent informés de cette supercherie qu’en septembre 1943, trois semaines après l’armistice... Damned !

Mussolini, l’homme qui mena son pays en enfer (et ne fut pas le seul)

Lors de l’armistice du 8 Septembre 1943 peu après la chute de Mussolini, il fut "viré" par le Roi en accord avec le "Grand Conseil Fasciste" et ms en prison. Puis la "Flottiglia X MAS" fut dissoute. Mais Borghèse et la plupart de ses hommes restèrent fidèles au fascisme en refusant la défaite.
- Fasciste dur et convaincu, il n’accepta pas la chute et rallia au plus tôt Salò au Nord de l’Italie, où venait d’être proclamée la RSI (république sociale Italienne) fondée par Mussolini avec le souien des Allemands. Il venait d’être délivré de sa prison par le commando de Skorzeny...

Sous son impulsion la "Decima MAS" fut reconstituée à partir de Salò, autant que faire se pouvait. Elle compta plus de 1800 hommes et fut jusqu’à la fin un élément clé de la continuation de la lutte contre les armées alliées. "Givré", il continua ainsi le combat le plus longtemps possible aux côtés des nazis.

Achile Starace, Benito Mussolini et son amie Clara Petacci (meeting à Milan en Février 1945)

À la fin de la guerre Borghèse fut capturé par des partisans et sauvé in extremis d’une exécution sommaire par James Angleton, un agent secret Britannique qui se trouvait là en mission spéciale, justement pour essayer de le retrouver. Vêtu d’un uniforme américain pour ne pas risquer de le perdre, il fut conduit à Rome pour y être interrogé.
- Le prince noir fut ensuite jugé et condamné à 12 ans de prison en 1945 par un tribunal de la nouvelle République Italienne. Mais il fut libéré par un jugement de la Cour Suprême Italienne en 1949 dans le cadre du début de la guerre froide et de l’ambiance "anticommuniste" de l’époque, au début de la guerre froide.

Malheur aux vaincus, quelle que soit la présente victime :

C’est peu clair, photo présentée ainsi : Membre de la X-MAS pendu par les partisans en 1945, plus probablement ennemi pendu pour avoir pris les armes contre la Decima...

J’ai été incité à modifier le commentaire de cette triste photo par un de mes correspondants. Il n’était pas le premier d’ailleurs à souligner son côté "ambigu". Lisez la pancarte et observez quelques détails difficiles à interpréter avec certitude. Il a certainement raison, le malheureux pendu n’est probablement pas un gars de la "Decima", mais une de ses victimes.

Le prince Borghèse consacra ensuite sa vie entière durant toute l’après-guerre à défendre l’héritage fasciste sur la scène politique Italienne. En effet il ne renia pas une seule seconde ses opinions de jeunesse.
- Au contraire, il s’impliqua personnellement dans plusieurs mouvements politiques anti-communistes ou d’extrême-droite et participa à la fondation du MSI puis à celle du Fronte Nazionale. Il participa et initia même quelques complots "avortés" durant les années soixante et septante, visant à établir un régime vraiment "fasciste rénové" sur le modèle purement mussolinien, je le cite.
- Entre autres mauvaises farces, le prince Borghèse était "dans le coup" lors de la tentative de coup d’Etat du 8 décembre 1970. Trop connu des "spécialistes", les enquêtes sur ces coups hautement sulfureux menaient donc vite et souvent au Prince Noir, qui commençait à l’époque à passer pour Fantômas...
- En effet chaque coup tordu mal expliqué lui était régulièrement attribué.

Là c’est sûr, on n’est pas chez les Bisounours... C’est la Decima MAS

L’opération du 8 décembre fut la plus "sérieuse" et son échec l’obligea à quitter d’urgence l’Italie pour aller se réfugier en Espagne. Il décéda d’un cancer en exil à Cadix en 1974.
- Ce que vous venez de lire recouvre l’ensemble de ce qui est accessible relativement facilement à propos de ce personnage hors du commun, que nous sommes en train d’oublier. C’est un peu triste car l’intéressé mérite d’aller plus loin. Il n’est pas très facile en effet de trouver des photos du personnage, ce qui le rend encore plus fascinant.

D’autre part Attention ! Certains sites Internet qui évoquent le personnage, ont été sabotés ou minés devrais-je dire, par des gens qui ne supportent pas* que l’extrême-droite s’exprime. En effet malgré le temps qui passe, il sert encore de porte-drapeau pour "la cause"...
- Note "perso"* : Je ne suis pas certain que le fascisme des années trente soit un si grave danger pour le monde d’aujourd’hui. Nous avons un nouveau genre idéologique dangereux, c’est l’ultra-libéralisme. Certains intellectuels Parisiens et brillants, ont sans doute oublié qui a perdu la seconde guerre mondiale...

Ce qui l’a rendu célèbre à l’époque est illustré par un film documentaire :
- "Les hommes-torpilles du prince Borghèse", réalisateur Daniel Tomasi, est consacré aux exploits des nageurs de combat Italiens sous la direction du Prince Borghèse, chef de la fameuse "Flottiglia Decima MAS".

Il y a longtemps que je ne l’avais pas vue celle-ci !

J’ai eu l’idée d’écrire tout ça durant l’Eté 2006 à la suite d’une émission de radio de la RTBF écoutée dans la nuit. On y évoquait certaines anciennes émissions de télévision en Belgique et en France.
- Pour n’évoquer que celle-ci car d’autres le méritent, qui a oublié les "Dossiers de l’écran" ?

Parmi mes souvenirs les plus anciens se trouvent quelques grands moments de télévision. Charles De Gaulle reste bien vivant dans ma mémoire en tant que Président télégénique, mais il n’est pas la seule "figure" de la seconde guerre mondiale que j’ai ainsi vu vivant et en "direct live", Valerio Borghèse fait aussi partie du groupe.

Les fameux débats hebdomadaires en "direct live" après le traditionnel film des Dossiers de l’écran avaient quelques particularités d’exception qu’il serait difficile de retrouver dans la télévison d’aujourd’hui. Armand Jammot, Alain Jérôme et Joseph Pasteur réussirent un tour de force surréaliste :
- Ils ont Invité régulièrement les "ennemis d’hier" sur le plateau pour discuter du sujet évoqué par le film et leur ont fait raconter ENSEMBLE leur Histoire.

La "Flottiglia X-MAS" avait aussi des petits lance-surprises...

Il était absolument inouï d’apprendre la seconde guerre mondiale avec par exemple, les anciens chefs de l’Armée Rouge et leurs homologues Allemands en personnes et les voir ainsi dialoguer dans le calme et sans grand-enjeu pour la première fois depuis "leurs historiques rencontres".
- Sur le moment on ne s’en est pas rendu compte, Alain Jérôme l’a dit lui-même après. Durant la bataille de Stalingrad, les chefs ennemis n’imaginaient certainement pas devoir se rencontrer beaucoup plus tard à la télévision, française de surcroît.

Ainsi nous avons vu l’Amiral en retraite Dönitz plus à l’aise qu’à Nüremberg, s’expliquer avec les Anglais, les aviateurs des deux bords de la bataille d’Angleterre, un ancien Kamikazé Japonais habitant Paris (et oui !), les anciens des U-Boote, Skorzeny et quelques autres protagonistes plus ou moins célèbres qui ne viennent plus aujourd’hui à la télévision.
- On les inviterait bien volontier, mais ils nous ont quittés.

C’est incroyable tout ce que nous avons pu apprendre ou découvrir d’insolite avec cette émission de TV, bien au-delà du secteur maritime.

Sous-marin Italo-Bordelais Barbarigo

Les Etats-Unis ne furent pas frappés sur leur sol durant la seconde guerre mondiale. C’est pourquoi le prince Borghèse pensait qu’il fallait faire quelque chose "pour y remèdier".
- Il prépara donc une opération diabolique contre New York avec la collaboration de l’Amiral Dönitz. Mais l’armistice du 8 Septembre 1943 a interrompu ce projet car ils ne disposaient plus des sous-marins, des compétences et des équipements nécessaires.

Le sous-marin Provana, Italien, Bordelais et visiteur non autorisé de New-York

Il était prévu d’utiliser dix sous-marins et lancer plus de 30 "maiali" pour s’introduire dans le port New-York et d’y détruire tout ce qui flotterait et même les quais, en un superbe feu d’artifice multiple et simultané.
- En effet il fut plusieurs fois été constaté avec satisfaction que les ports de la côte Est des Etats-Unis n’étaient pas bien protégés...

Quelques U-Boote et des sous-marins Italiens de la base de Bordeaux (notes en PS*) prirent de nombreuses photos en remontant l’Hudson jusqu’au-delà des ponts de Brooklyn et de Manhattan. Ils eurent même le culot d’organiser un jeu-concours photographique avec les Allemands...
- Il arriva aussi à un U-Boot de faire la conversation avec l’équipage d’un garde-côte qui les avait vus, à bord duquel personne ne pensa une seule seconde avoir affaire à des Allemands !

Le pont de Brooklyn

Il fut reconnu par la suite que New-York avait eu de la chance, beaucoup de chance, compte tenu de ce que préparait le Prince Noir. Il ne manqua que deux mois pour que le projet soit exécuté.
- La préparation soignée de ce mauvais coup explique l’absence totale de frappe préalable à l’intérieur des ports, car il s’agissait d’entretenir le sentiment de sécurité pour que la réalisation finale soit parfaite...
- On imagine aujourd’hui l’effet psychologique dévastateur qu’une pareille opération aurait pu avoir.

La fameuse machine à coder-décoder Enigma

Les dossiers de l’écran ont su traiter sans langue de bois des sujets "du moment" pourtant difficiles, tels que l’espionnage Est-Ouest en pleine guerre froide et de faire débattre ouvertement des gens de la CIA et de l’Ambassade Soviétique à Paris. A cette occasion je me souviens d’un invité Russe je crois... Il a sans doute trop bu ce qui était sur la table basse et commença à avoir un comportement désordonné et pour le moins "entreprenant" avec une invitée. Ce fut très amusant.
- Même le conflit Israëlo-Palestinien fut abordé directement, mais en les faisant discuter par prudence dans deux plateaux TV séparés et probablement sans alcool pour éviter le pire... Car "c’est arrivé".

Les spécialistes de Bletchley Park au travail

Aujourd’hui en 2007 la quasi-totalité des secrets de la seconde guerre mondiale sont connus. Mais ce n’était pas encore le cas au début des années septante car certains sujets étaient encore trop "chauds". Aux "Dossiers de l’écran" pour la première fois, fut révélé le fait que les communications allemandes utilisant la fameuse machine Enigma ont été déchiffrées par les Anglais à Bletchley Park durant deux très longues périodes de la guerre.
- Nous savons aujourd’hui que les travaux d’Alan Turing entre autres, ont des conséquences incalculables, jusqu’à aujourd’hui.

Colossus, ordinateur avant l’époque

Comme Skorzeny, le Prince Noir fut l’objet d’incidents divers pour tenter de l’empêcher d’apparaître à la TV, ou tout simplement pour rappeller au bon peuple le caractère sulfureux de leurs actions d’éclat. Cela s’imposait aussi parfois. Maintenant en 2007 tout a été dit sur le sujet.
- A mon sens l’important à propos du Prince Borghèse, fut qu’il nous explique dans le détail devant ses adversaires britanniques qui en avaient encore mal aux fesses, tout ce qu’il leur avait fait. Ce fut un instant de télévision assez savoureux pour s’en souvenir. Je suppose que pour lui, la guerre n’était pas vraiment terminée...

Voici un SLC "miaile", trouvé sur un site où je ne m’y attendais pas !

Nous pouvons aussi nous demander ce qu’avait dans la tête un type de cette trempe et l’exact pourquoi de ses engagements sulfureux. Né riche par sa famille, il avait tout à y perdre, à commencer par sa vie. Je crois une seule chose, il était un fasciste des années trente, fort loin du fascisme mou mais redoutable d’aujourd’hui.
- Il ne s’y engagea pas par carriérisme ni par cupidité, comme ce fut le cas de nombreux carrièristes criminels de la seconde guerre mondiale, ou de ceux d’aujourd’hui. Il semblait en toute bonne foi parfaitement convaincu que c’était "la bonne voie".
- Compte tenu de ce que nous savons aujourd’hui et du désastre que cela fut, c’est tout à fait incompréhensible.

Bletchley Park n’a "l’air de rien" comme ça, mais il s’y passait de drôles de choses...

D’autre part il n’y a pas eu que la guerre. Même les derniers survivants, passagers et membres de l’équipages du Titanic sont venus aux Dossiers de l’écran ! Ils furent même accompagnés par le commandant en titre du paquebot France, qui nous expliqua doctement qu’on ne risquait aucun accident de ce genre à son bord.
- Il nous aurait bien étonnés s’il avait dit le contraire ! Mais il ne risquait sûrement pas une action du Prince Noir...

La télévision des années 2000 est fort loin des Dossiers de l’écran. Aujourd’hui la TV installe 5 poulettes, 5 poulets, 12 caméras dans un appartement fermé qui se transforme ainsi en un étrange aquarium. On y met de la pub et des millions de blaireaux sont satisfaits. Il a nous même été dit que c’est culturel.
- C’est pour en arriver là, que nos grands-parents ont vaincu les copains du Prince Borghèse.

Bien navicalement - Thierry BRESSOL / Officier Radio-électronicien de 1ère classe

Les anciens se réunissent régulièrement, bien sûr...

Bibliographie :
- "Borghèse, le prince noir" de Pierre Demaret : "Deux cuirassés coulés par un homme seul".
- Historama nr 334 Septembre 1979.
- Et bien sûr, les mémoires de guerre de "l’intéressé", qui aurait eu encore plus tort, de nous priver des détails de ses aventures folles.

Jean-Pierre Gillet (Éd. Lela Presse) Aventures sous-marines Italiennes méconnues (1940/43)

Note : Les 32 sous-marins Italiens en France (1940/1943) de Jean-Pierre Gillet.
- L’engagement des sous-marins de la marine italienne dans la bataille de l’Atlantique est un fait mal connu, tant l’histoire des U-Boote de la Kriegsmarine s’est imposée sur le devant de la scène.

S’il est un domaine où les Italiens furent à la hauteur, c’est bien dans l’arme sous-marine :
- Les "sommergibili" furent actifs en passant plus de 6 000 jours à la mer en trois ans.
- Avec des moyens limités la BETASOM (Bordeaux) remporta des succès notables envoyant par la fond 101 navires pour un tonnage de 592 850 tonnes. par exemples :
- Le "Tazzoli" coula 18 navires à lui tout seul et le "Da Vinci" 16. Les sous-marins Italiens de la base de Bordeaux furent surtout médiatiquement surpassés par les cousins Allemands qui surent ne pas se faire oublier, à cause de leur nombre sans doute.

Blason du pavillon de la Marine Italienne, représentant les quatre républiques maritimes traditionnelles (Venise, Gênes, Pise et Amalfi). Le lion de saint Marc porte un glaive.

Pour conclure, voici une intéressante curiosité technique :
- "Commando Raggruppamento Subacqui ed Incurisori"
- Base : Varignano, près de La Spezia (Genova)
- Site internet : Italie Marine

Héritiers de la prestigieuse Decima Flottiglia MAS du prince Valerio Borghèse, véritables initiateurs des unités de nageurs de combat modernes, passés maîtres dans la technique de sabotage sous-marin durant la Seconde Guerre Mondiale, les nageurs de combat italiens demeurent très discrets quant à leurs procédures d’attaque et leurs équipements.
- Forte de plus de 200 hommes stationnés sur la base navale de Varignano, près de La Spezia, l’unité d’élite de la marine italienne, dénommée par le sigle COMSUBIN, est commandé par un amiral, qui relève lui-même directement du chef d’état-major de la Marine Italienne.

Pour autant que je le sache, pour l’instant et pourvu que ça dure, toujours rien n’est prévu par l’amirauté Italienne contre le port New-York...

La "Flottiglia X-MAS" a une héritière

Merci aux sites :
- Marina Militare
- La Decima Mas
- Informations sous-marines et Italiennes chez Gilles Corlobé
http://www.incursori.it
- Commando Hubert Un site de connaisseurs en la matière !
- Valério Borghèse
- http://www.sullacrestadellonda.it/m...
- Dossiers "noirs"
- http://www.solidariteetprogres.org/...
- http://www.ptb.be/scripts/article.p...
- http://solidariteetprogres.online.f...
- Dossiers de l’Ecran
- Italie en 1939 - 1945
- le Brésil en guerre (sujet mal connu)
- Modelisme naval

Bien navicalement - Thierry BRESSOL OR1
- Merci de m’informer de tout ce qui n’est pas "d’équerre" ici à mon bord.
- Le PC Portable Marin (à propos de durs à cuire)
- Réflexions Informatiques (à propos d’informatique ancienne)

Autres articles consacrés au sujet :

"TUYAUX GRIS", SOUS-MARINS et/ou GUERRES Mondiales :

Portrait d’un U-Boot type IX-B (Mike Rock)

- Le Prince Noir des hommes-torpilles
- L’espion du sous-marin Argo
- Le sabordage de la Flotte de Méditerranée à Toulon le 27 Novembre 1942

- L’épouvantable escale du Carlier à Dakar 1/3
- L’épouvantable escale du Carlier à Dakar 2/3
- Le Carlier après son épouvantable escale 3/3

- Pourquoi est-ce arrivé à Vichy ?

- Les méthodes du Grand-Amiral
- U-BOOT, la cible
- U-BOOT ou l’Anti-Marine Marchande
- Capitulation en mer le 4 mai 1945
- Les U-Boote avant et après le 4 mai 1945

- Le Gyro s’envoie en l’air à bord d’un U-Boot
- Le mal de mer, l’ennemi
- Les U-Boote et le « Metox »
- U-Boote, « La vache qui rit » et les tags
- Les bases sous-marines
- Le U-Boot et la marée blanche
- Guy de Rothschild en mer

- Luckner et le Seeadler, dernier corsaire à voiles
- Sous 10 pavillons, un grand farceur maritime
- Avis TV "Arte" : les croiseurs Emden & Dresden
- Les cargos sous-marins du Kaiser par Pierre Escaillas

- Le berger Allemand et les scouts marins
- "Loire" : Ne les oublions pas
- "Royale" et Marine Marchande
- Le Ponant Libéré

- Pakistan Espérons que toutes ces suppositions ne constitueront jamais des souvenirs de mer...
- Pakistan, Problemistan ou Dangeroustan ? (le 20 Octobre)

- Rainbow Warrior... "Hill falépâ kon..." !!
- Echelon ou Greenpeace ?
- La guerre des Câbles sous-marins A propos ! J’ai été sympathiquement piraté :
- L’USS J. Carter et Agoravox pour illustrer mes explications.
- Intox ? Napoléon, la Marine et l’avance technologique...

- La "mitraillette" des Ondes Courtes
- Les voyeurs

- Le sauvetage de l’U-47
- L’U-47 à la chasse aux canards

- Visite de courtoisie à bord d’un sous-marin Portugais
- Chasse au sous-marin sur la Loire
- Patrick O’BRIAN - "Master and Commander"

- Le monde des "bateaux noirs" (les sous-marins par Gilles Corlobé)
- Secret Défense : C’est pas moi ! Mais c’est très intéressant, pour ne pas dire parfois excellentissime...
- Site dédié aux Marins de 1939 a 1945
- Témoignages insolites venus de "l’ombre"
- Mer et Marine ou... Océans et Marines. En plus ils sont brefs !

Cartographie marine et mythologique par Pierre Escaillas

Bon vent, bonne Mer à quiconque navigue...

Réponse aux intéressants commentaires reçus "on" et "off" line :
- J’ai finalement décidé de modifier le commentaire de la terrible photo du pendu... D’autre part cet article à succès entre tous à mon bord depuis le lancement le 4 juillet 2005, connaît ces derniers jours (janvier 2008) une impressionnante fréquentation, c.à.d. plus de 300 visites par jour et "ça grimpe" !
- C’est un effet secondaire de ma fréquentation de l’excellentissime site-blog Secret Défense !, plus exactement à bord de l’article suivant qui évoque des candidats à la succession de Borghèse...
- Marine et Iran

Le 10 janvier 2008, Louis du Pont : Le Prince Noir des "Hommes-Torpilles"

Rien à dire sur l’ article, sauf merci pour sa qualité et ses renseignements.

Mais il se pourrait que la photo du pendu, si on en juge par la pancarte sur sa poitrine, montre en réalité un exécuté par la Decima : "avait tenté de s’attaquer avec des armes à la Decima".

Ce type de quiproquos (latin) et d’imbroglios (italien) est fréquent s’agissant de telles photos. Mais parfois une indication dans la photo elle-même permet de rectifier, en particulier un texte, comme ici.

Le rôle des historiens est-il aussi et/ou d’abord de respecter la mémoire des morts __ et de ceux qui ont cru devoir les faire mourir, et sont morts eux aussi, même plus tard ?

Le Prince Noir des "Hommes-Torpilles" 10 janvier 2008, par Thierry Bressol

ce que vous dites à propos du malheureux pendu, est bien possible. D’autre part, ce n’est pas la première fois qu’on me le dit. Je commence à en être convaincu. Autant pour moi. Ils n’étaient pas connus pour être très "délicats" d’un bord comme de l’autre, surtout durant cet période de 1945...

Tout commentaire de ce genre est bien utile et bienvenu, pour compléter l’article, comme toute bonne photo de l’intéressé d’ailleurs !
- Merci


A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/