Souvenirs de mer

6 avril 2007

Bamboche avec la Baronne à Fort de France 2/2

On ne le répétera jamais assez, les sorties des marins "à terre" pourraient être le sujet central d’un vaste site Internet.
- Les sorties avec les passagères aussi.

Une rue du centre de Puerto Limon, j’y reviendrai avec un article "spécial bananes"

Lors de cette escale à Fort de France je n’ai pas pu visiter "la Jeanne" et l’occasion ne s’est représentée que beaucoup plus tard. C’est cependant le moment d’évoquer une passagère du Pointe Sans Souci, très haute en couleur. Celle-ci se trouvait avec moi dans la seconde voiture du convoi d’enfer dont il était question dans la première partie. Cette aventure l’amusa énormément. Elle m’a même dit ensuite que ce n’est pas en Allemagne qu’on peut assister à de pareilles farces. Connaissant depuis lors un peu l’Allemagne, je n’en suis pas aussi sûr.

Vue générale de la bonne ville de Puerto Limon de Costa Rica

Voyager en cargo au lieu de prendre l’avion comme des "millions de blaireaux", (je l’ai entendu dire à l’époque) c’est devenu très "tendance". C’est dire qu’en 1983 la baronne était très en avance sur son temps, au moins autant qu’elle l’était à la fin des années 1930.
- Pour se rendre aux Amériques, par exemple à Puerto Limon de Costa Rica, l’Européen d’aujourd’hui a le choix de prendre l’avion ou le bateau. A notre époque la première idée qui vient spontanément à l’esprit pour organiser un voyage, c’est la voie des airs ! Personne ne pensait spontanément en 1983 à prendre le bateau pour se déplacer d’un continent vers un autre...

Le CMA-CGM Christophe Colomb

Pour éviter la détestable Aéro-Hystérie Collective des années 2000 et le stress du volcan Islandais, celles et ceux qui ont le Temps préfèrent de plus en plus souvent prendre le bateau. Ils ont raison !
- Les voyages en cargo attirent toujours (le 4 Février 2010)
- 8 jour à bord d’un "PC" sur l’Atlantique
- Livraison du CMA-CGM Christophe Colomb
- Les plus grand navires à (12) passagers du Monde

Dans toutes les bonnes librairies vous trouverez donc un guide tel que "Voyage en cargo" de Hugo Verolme par exemple. Ce livre ne comporte pas beaucoup de détails techniques et commerciaux, mais il constitue un intéressant portrait des marines marchandes d’aujourd’hui. L’activité des principales compagnies de navigation accueillantes est "brossée" avec juste le soin qu’il faut pour citer l’essentiel à savoir pour le voyageur.

D’autre part pour se rendre au Costa Rica à partir de l’Europe il fallait 11 heures d’avion ou 15 jours de Mer, les deux escales aux Antilles Françaises comprises. Tout le monde n’a pas le privilège d’être réellement libre de son choix car le salarié moyen ne dispose pas d’assez de temps libre pour passer plus de vingt jours de ses congés payés en Mer. Réaliser cet intéressant fantasme suppose de se donner le temps de vivre, ou plus simplement de l’avoir.
- L’écrasante majorité des passagers rencontrés en navigant est donc constituée de retraités ou d’artistes. La fréquentation de certains d’entre eux se révéla d’un haut intérêt culturel. J’ai par exemple rencontré deux grands-anciens des U-Boote, un couple de médecins Parisiens en retraite et grands connaisseurs de l’Amérique du Sud, puis même un lithographes Bruxellois et son épouse peintre. Ce lithographe était l’auteur du graphisme de certains timbres et billets de banque Belges. Mais vous ne verrez plus souvent son oeuvre, car nous avons l’Euro et le Roi Baudouin nous a quitté.

L’original n’est plus de ce monde, mais le Sans Souci existe toujours

En 1983 le Pointe Sans Souci était un grand bananier entièrement peint en blanc construit en 1973 chez Dubigeon à Nantes en même temps que le Pointe Madame et le Pointe La Rose. Ces trois navires étaient à l’origine spécialement conçus pour la ligne des Antilles Françaises mais furent remplacés dans leur rôle principal à la fin des années 70 par les quatre fameux moderne PCRP, les Porte-Conteneurs Réfrigérés Polyvalents, Fort Royal, Fort Fleur d’épée, Fort St-Charles et Fort Dessaix. Ce quatuor plongea Dieppe dans la consternation car ils étaient trop grands pour venir y décharger leurs conteneurs de bananes.
- Les "super-pointes" restèrent cependant sur les routes Transatlantiques bananières dans le cadre d’un affrètement totalement différent pour la Cie Horn Linie. Cette ancienne compagnie de navigation Allemande était devenue filiale de la CGM dans les années 60 mais elle retrouva son indépendante en 1988.

Le Pointe Sans Souci existe toujours, même s’il fut démoli à Alang....

Intégrés dans le service Hambourg, Anvers, Le-Havre, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Puerto-Limon, les "pointes" prenaient un chargement de "divers" et de conteneurs pour le voyage "aller", tandis qu’au retour les deux faux-ponts et les cales redevenaient frigorifiques, pleines de plus de 4000 cartons de 19 Kg de bananes "Del Monte" chargés à Puerto Limon pour Anvers et Hambourg. Ces cartons montaient à bord dans des conditions anciennes surréalistes à l’aide d’un système de noréas à la fois rapide et insolite, c’était comme dans les films. J’y reviendrai tôt ou tard.

Puerto Limon de Costa Rica encartée

La conception de ces trois navires était originale car tous maintenus en position ouverte, les panneaux de chaque faux-pont (vastes volumes frigorifiques) constituaient des glissières de cellules à conteneurs, ce qui transformait par la ruse ce bananier en porte-conteneurs cellulaire. D’autre part des portelones et une rampe arrière en faisait un navire roulier disposant d’un pont garage sous le château arrière. La manutention des voitures particulières par exemple était facile ce qui était sympa sur cette ligne.
- Ces trois navires étaient assez beaux pour qu’il soit réalisé au moins une maquette, ce qui n’arrive pas à tous les navires de commerce.

Le piano du Pointe Sans Souci ici retrouvé

Le pont "passagers" disposait d’un agréable petit salon équipé d’un piano, chose rare à bord d’un navire de charge. Le Pointe Sans Souci avait en effet hérité de ce piano du cargo classique Mississipi après la vente de ce dernier. Les aménagements de ce navire bien que sobres, n’étaient pas seulement agréables et confortables, ils recevaient souvent des personnages sympathiques et hauts en couleur. Le "bon temps" des Messageries Maritimes était déjà terminé mais j’ai eu le privilège d’en connaître quelques "beaux restes", il me faut l’avouer.

Situer Fort de France et les environs

La Baronne Von H. sort en boîte avec nous :
- Il n’était donc pas très surprenant que la plupart de nos passagers soient Allemands, puisque l’agence Maritime de Horn Linie de Hambourg était celle qui faisait la meilleure promotion à destination des passagers. D’autre part les mieux initiés aux charmes des voyages en cargo se débrouillaient toujours pour "passer" à bord d’un des trois Français.
- En effet les rumeurs disaient que la qualité de l’accueil et de la nourriture des "Pointes" était sans rivalité comparable sur l’Atlantique Nord et c’était très probablement vrai. Pourtant j’en suis témoins, le bord faisait peu d’efforts pour soigner l’accueil. Qu’aurait été notre réputation si nous avions réellement mis le paquet !!?

Le PC bananier polyvalent Hornstar, ex Pointe Sans Souci (un "Super Pointe")

En embarquant au Havre j’ignorais que le Sans Souci prenait des passagers et n’y ai pas pensé jusqu’à l’escale de Hambourg. Je fus donc fort surpris un soir à l’heure de l’apéritif de rencontrer au salon du piano deux dames Allemandes d’un certain âge et un vieux monsieur Anglais. Ils semblaient s’être installés à bord, les présentations furent donc rapides. Content de connaître d’autres têtes à bord que des marins, j’ai eu l’idée de leur offrir l’apéritif avec la cave-carré sans penser à mal, ce qui ne fut pas bien ressenti par tous autres les officiers. Mais "c’est passé", même si Je suis parfois trop spontané. J’ai regretté mais assumé pleinement ce petit abus, ayant seulement voulu bien accueillir nos passagers.

En général beaucoup d’entre nous voyaient la présence à bord des passagers comme une gêne, mais un certain opportunisme pouvait à l’occasion se manifester :
- "Si encore on nous envoyait des jeunes filles..." Cela dit personne ne pensait un instant que la présence de six jeunes femmes à bord pouvait se transformer en un problème délicat de relations entre nous, déjà naturellement pas toujours faciles.

Une rue de Fort de France

Notre passager Anglais était un cadre commercial en retraite de la maison de disques Decca, tandis que les deux dames étaient des veuves allaient ensemble au Costa Rica pour rendre visite à leur famille en exil lointain. La plus jeune des deux adoptait une tenue classique de "dame d’un certain âge" tandis que l’autre, Baronne de son état, adoptait au contraire délibérément et en permanence un style vestimentaire de jeune fille qui nous amusait beaucoup. D’autre part à plus de 60 ans, elle paraissait sans âge et savait parfaitement en abuser.
- Seuls ses cheveux gris clair et un examen minutieux de ses mains nous rappelaient que l’époque où elle était une jeune fille s’éloignait. Parlant parfaitement le Français avec un fort accent, elle était très sociable et acceptait absolument toutes les invitations. La Baronne utilisait aussi toutes les occasions pour converser avec nous et je ne compte plus les soirées qu’elle passa avec les gars de quart et moi à refaire le monde sur l’aileron de passerelle.

Aileron tribord de passerelle, c’est la côte Marocaine...

A Fort de France comme à Pointe à Pitre, elle n’hésitait pas à sortir en boîte de nuit en minijupe ultracourte de surcroît, avec les plus jeunes d’entre nous. Sa taille fine, son visage équilibré, ses cheveux gris longs jusqu’à la ceinture plaisaient à tout le monde. N’importe où même sur une plage, bien des jeunes filles l’observaient avec envie, probablement sans trop penser à imaginer son âge. La Baronne faisait bien sûr quelques efforts pour l’entretien de son corps, mais surtout elle s’astreignait en permanence à une activité intellectuelle. Elle me révéla que son secret consistait en fait tout simplement à imiter les jeunes ! Et tant pis pour le ridicule, quoiqu’il arrive !
- "Autrefois, disait-elle, j’étais brune avec des yeux verts !" Et je lui répondais :
- "Mais vous avez toujours les yeux verts !" C’était bêtement vrai, mais lui dire la remplissait d’aise.

Plage près de Puerto Limon "Playa Bonita"

Durant la traversée, lorsque le retraité Anglais se trouvait avec nous au salon hors de la présence des Allemandes, il cassait allègrement du bois sur elles en les soupçonnant d’avoir été Nazies durant leur jeunesse. Il en avait très probablement vu de toutes les couleurs durant la guerre, car visiblement un certain nombre de choses lui étaient restées sur l’estomac :
- Très marqué par ces événements il tenait fréquemment des raisonnements pour le moins excessifs, tels l’opinion forte selon laquelle il fallait absolument exterminer tous les Allemands en 1945, comme cela avait été tenté avec les Juifs. C’était à son sens, "le plus sûr moyen pour que l’Europe soit définitivement tranquille"... Je cite. Il disait d’autre part aussi que les tenues de la Baronne n’étaient plus de son âge... Ses relations avec les passagères étaient donc caractérisées par une très stricte et austère courtoisie de façade.

Fort de France, capitale de la Martinique centre ville

Il m’arriva aussi d’être la cible de quelques moqueries de la part de collègues officiers dès qu’il fut remarqué, c’est naturellement inévitable à bord d’un navire, que je m’étais plus ou moins acoquiné avec la Baronne. Certains à bord pensaient la même chose que l’Anglais, à savoir qu’elles avaient peut-être été nazies, en particulier la baronne. Pourquoi elle plus que l’autre ? No sé...
- "Te rends-tu compte, me disait le Troisième Mécano, que tu t’acoquines avec une femme qui s’est peut-être fait ramoner par des officiers SS ?"
- "Qui se faisait quoi...??" (ça ne m’était pas venu à l’idée)
- "Tu vois très bien ce que je veux dire..."
- "Il faut être sérieux ! Tout le monde n’était pas nazi en Allemagne. D’ailleurs, elle n’a pas le genre..."
- "Tu les as connus les vrais nazis ? Ceux d’époque ? Comment sais-tu qui l’était ou non ?" La question qui tue ! C’est irréfutable, je n’ai pas connu les nazis "à l’action".

Ce genre de conversation était sans fin et sans grand intérêt, il n’y a plus de nazi. Mais qu’en pensait-elle ?

La Poste Centrale de Fort de France (on n’y parlait pas l’anglais, "ça fait désordre")

Faute de pouvoir balayer cette hypothèse de façon irréfutable, j’ai fini par aborder ce sujet très délicat avec elle un soir à Fort de France, alors que la confiance s’était établie entre nous.
- En souriant elle m’expliqua que tout le monde pouvait être soupçonné. Sa compagne de voyage par contre "en était" et de bonne foi, étant très jeune à l’époque. Celle-ci reniait absolument cette tragique erreur collective en souhaitant surtout l’oublier. Sa vraie satisfaction du moment fut de n’être ni tuée ni blessée dans les bombardements alliés. Pour sa part Renate von H. ne fut jamais nazie mais c’était sans grand mérite car "c’était de famille". Chez ses parents, on détestait le régime. De surcroît son premier mari fut tué par la guerre en quittant précipitamment la France occupée avec les autres en Août 1944.
- "Je suis désolé." M’excusais-je. Elle en voulait à l’époque au régime pour l’épreuve des séparations et les circonstances de son veuvage achevèrent de briser le prestige du nazisme, déjà ruiné par le bombardement des villes Allemandes laissées sans défense efficace. On peut entendre cela sur Arte aujourd’hui chaque mercredi soir...

La bibliothèque de Fort de France, nommée Victor Schoelcher bien sûr.

Il était difficile d’échapper à l’emprise du "parti" disait-elle, car celui-ci maniait alternativement la carotte et le bâton en permanence avec une habileté diabolique. Aucune méthode d’intimidation violente ou de séduction n’était négligée par les nazis. Les récompenses étaient toujours généreusement distribuées aux serviteurs dévoués ou occasionnels du parti et les apparentes réussites du régime, en particulier celle d’avoir arrêté le chômage, avaient séduit ou simplement bluffé presque tout le monde.
- "Le nazisme était moderne, car il savait déployer tout le tape à l’oeil nécessaire à la mise en application de ses théories" disait-elle. La frime est toujours en 2007 l’un des moteurs du monde moderne.

Elle se souvenait aussi que son père comparait souvent le parti nazi à une meute de "mal baisées" et de "mauvais baiseurs". C’était selon lui le repère de tous les médiocres du pays qui avaient réussi à se grouper sous la direction d’un "dangereux agitateur professionnel trop bon buveur de bière". Pourtant Hitler était végétarien et buvait très peu d’alcool, un ou deux verres par jour d’un excellent vin blanc pétillant Autrichien très léger dont j’ai oublié le nom. Après ne pas souvent s’en être privé, le producteur de ce vin ne cite plus du tout son client le plus célèbre... Le père de la baronne répétait souvent :
- "Cela se terminera très mal vous verrez !" Il ne croyait pas si bien dire, il décéda dans un bombardement Américain et nous savons comment la guerre s’est terminée pour les nazis.

En face Fort de France (centre ville)

Un soir à Fort de France, avant de rejoindre les autres nous avions rendez-vous en ville où je l’avais invitée à dîner dans un restaurant du front de Mer. Nous avons passé la soirée entière à discuter à table d’abord, puis plus tard dans un bar où nous attendions les autres. Nous sommes étions côtes à côtes accoudés au comptoir du bar et comme tout autre Allemand le fait, elle demanda un verre de vin rouge à la stupéfaction de la barmaid. Alors qu’elle était aux toilettes, un type seul au bout du comptoir m’interpella :
- "Dis moi donc camarade, ta copine au juste, elle a quel âge ??"
- "Oh, elle doit avoir soixante ou soixante cinq ans peut-être. Et puis ça vous regarde ?" Répondis-je. C’est alors que j’ai compris qu’il pensait probablement que je me faisais payer...
- "C’est sûr, c’est dans les vieux pots qu’on fait la bonne soupe" commenta-t-il.

Bien navicalement - Thierry Bressol - OR 1
- Escale Fort de France 1/2 près de "la Jeanne".
- Piano à bord

J’évoquerai ici plus tard, le chemin de fer de Puerto Limon à San José. Il est d’un tout autre genre que la rame TGV dite "V150" du record du monde de vitesse sur rails... Mais lui, il apportait au Pointe Sans Souci, des milliers de cartons de 19 kg de bananes.
- A suivre...

Merci aux sites :
- Puerto Limon de Costa Rica
- Costa Rica
- Visitez aussi le Site des Messageries-Maritimes
- Site d’un CLC

- Plan du site & Marine Inconnue

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HUMOUR de bord
- Bamboche à Lomé et stupide méprise
- A Fort de France 1/2 avec "la Jeanne"
- A Fort de France 2/2 avec la baronne (vous y êtes)

- Le Baptême du passage de La Ligne 1/2
- Le certificat de Baptême du Cdt 2/2

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Cartographie marine et mythologique par Pierre Escaillas

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/