Souvenirs de mer

6 mai 2007

LA RADIO et l’ELECTRONIQUE de BORD AUJOURD’HUI et DEMAIN

Depuis le début de ma carrière au beau millieu des années 70 j’ai observé le phénomène suivant :

Il y a de plus en plus d’ELECTRONIQUE et de plus en plus d’INFORMATIQUE A BORD DES NAVIRES.

C CHRONIQUE :

Cela ne date pas d’hier car depuis quarante ans déjà c’est commencé. En 1968 il ne s’est pas passé qu’un simlulacre de révolution sociale aux conséquences restées ambigues à ce jour.
- La Révolution qui a réellement eu lieu fut technique et maritime.

Un émetteur d’ondes courtes, ici celui de l’Esso Deutschland. L’Esso Normandie lui, avait un Nera MS19

L’électronique de bord fut limitée durant des décénies à l’équipement Radio, "terrain de travail" naturel et d’origine de l’Officier Radio. Elle déborda ensuite peu à peu pour entrer à la passerelle avec le Goniomètre, le Radar (on a vite pris de surcroît l’habitude d’en avoir deux), le sondeur, le compas "gyro" et le gyropilote. Il n’y aurait dès lors, plus d’homme à la barre en permanence.
- Ces derniers équipements constituèrent longtemps l’origine du monde de l’électronique à bord, longtemps confinée à l’équipement Radio.

Station radio du cargo français Zeebruge (1970), tout a changé depuis, mais les vrais problèmes sont toujours là, encore plus gros...

Bien après son "évasion" hors du local radio, c’est en sortant de la passerelle que l’électronique commença l’invasion du navire. Avant la fin des années soixante l’électronique est descendue discrètement dans les compartiments de la Machine, tandis que la passerelle s’équipait de nouveaux "gadgets", par exemples l’enregistreur-imprimeur d’ordres et la détection incendie dont les tentacules recouvrent naturellement le bord partout où c’est possible et utile.

Symbole de l’Ecole "Hydro" de Nantes, l’Ecole Nationale de la Marine Marchande

Sans trop rentrer dans le détail, l’électronique de bord sert en général premièrement à "faire toujours plus, plus vite" et si possible avec moins de monde.
- A partir de 1967 l’évolution technologique des navires de commerce s’est emballée. Le traditionnel et fameux "télégraphe" transmetteur d’ordres ou "chadburn" s’effaça peu à peu devant la télécommande directe du moteur principal de propulsion à partir de la passerelle et l’automatisation du navire s’est imposée par la salle des machines à partir de la mise en service des premiers bateaux à bord desquels il n’était plus nécessaire de faire le quart en "3 fois 8" à la Machine.
- Théoriquement en dehors des "heures ouvrables", il n’y a plus besoin de monde "en bas".

"un peu plus bas", le PC-Machine

Un nouveau compartiment de la Machine est né à cette époque, le "PC-Machines" !


Pour illustrer le slogan "Notre avenir vient de notre passé", le paquebot Normandie était très en avance sur son temps. Il fut l’un des premiers (probablement LE premier) navires à être équipés de la télécommande intégrale de la Machine à partir de la passerelle. Ses quatre lignes d’arbre étaient en effet directement "conduites" par l’officer de quart. Aujourd’hui, le Cdt peut faire cela même à l’extrêmité de l’aileron de passerelle de son navire et c’est devenu banal.
- D’autre part le Normandie disposait d’un des premiers modèles de Radar (évoqués par l’article "Radar et Télévision") et d’un étonnant (aujourd’hui) système de détection incendie entièrement automatique et révolutionnaire qui me fut décrit par l’un de ses anciens officiers mécaniciens.

Le paquebot Normandie

Ceci est évoqué dans l’article à venir de la série consacrée à Abidjan 6.

Entretenir et se servir de ce système auquel il ne manquait qu’une carte microprocesseur et un logiciel écrit en Turbopascal ou en C+, cela nécessitait un stage chez son concepteur Nantais oublié de longue date.
- Ce besoin de stages techniques pour les officiers était nouveau pour les marins du commerce de 1935.

Hélas, même si ce système était "farci d’astuces" et extrêmement fiable. Mais encore fallait-il savoir s’en servir et peut-être même, savoir qu’il existait... Il semble que ce n’était pas du tout le cas de l’équipe de grands cornichons navals qui a saisi le paquebot à New-York en 1942. Vaste sujet que le stupide incendie du Normandie.
- Il était également équipé de quelques nouveautés en matière de radio telles que le bélinographe, grand ancêtre du Fax. Il recevait ainsi plusieurs fois par jour la presse Internationale et de nombreuses photos et pouvait même en envoyer.

On ne présente plus le Normandie 1935/1942...

L’AUTOMATISATION s’est imposée à la Machine depuis le début des années 70 pour avoir moins de monde à bord, c.à.d. moins de fiches de paie, tout simplement ! Le concept rêvé et avoué à l’époque était simple à définir :
- Les armateurs voulaient des bateaux conçus comme une voiture, dont on ne soulève pas souvent son capot pour regarder le moteur.
- Ceci dit en 2007 on n’est pas encore arrivé à ce stade, n’importe quel marin le confirmera...

Il était donc inévitable que la tendance à l’automatisation s’occupe également des transmissions. Les longues démarches internationales qui ont abouti à la mise en place du nouveau système de sécurité radio en mer en 1997, n’avaient pas d’autres objectifs que de supprimer des postes de travail à bord des navires et d’offrir un énorme débouché captif aux "grands" de l’industrie électronique.
- Tout argument technique sur la question est rarement écouté car précisément, là n’est pas la véritable question intéressante pour les décideurs. La vraie question c’était (et c’est toujours) d’avoir moins de monde à payer à bord, quitte d’ailleurs à perdre de l’argent avec une maintenance hors de prix. D’autre part à notre époque quiconque s’exprime pour défendre sa profession se voit inévitablement et immédiatement taxé de "corporatisme".
- Mais ceux qui le disent sont souvent au service d’importants intérêts privés plus qu’au service des marins ou du peuple...

J’aimerais cependant qu’on m’explique un jour, en quoi défendre son job est une chose condamnable... Il semble que droit de gagner sa vie en travaillant soit remis en cause en Europe depuis un certain temps. C’est ce qui s’appelle un peu perdre la boule.

Un petit tour dans les antennes, sans perdre la boule

Depuis la suppression de l’obligation de la présence d’un Officier radio-électronicien à bord des navires de commerce, de très nombreuses informations incomplètes ou fausses ont été véhiculées par la presse, par l’industrie électronique et par les entreprises maritimes souvent car, qui va avouer facilement s’être fait avoir ?

En effet Si on n’écoute qu’eux, tout va très bien ! Cependant la réalité est plus "nuancée" et les faits sont naturellement têtus, il faut aussi prendre en compte certains d’entre eux. "Une vérité qui dérange", là aussi.
- Ce qui se passe à bord n’est trop peu souvent raconté, c’est pourquoi j’en parle parfois :

- Le supertanker Barcelona et ses problème de Radio
- Radar en panne à bord de l’Esso Normandie 4
- Panne de radar au Brésil
- Saint Lys Radio en fin d’année

- Informations sur les difficultés du GMDSS
- Station radio de navire utilisée à quai

- Le Secret des Radiocommunications
- Formation Radiomaritime à l’Hydro de Nantes
- Chats opérateurs
- Le système de TOR suèdois "Maritex"
- Ondes Insolites, la "mitraillette" des Ondes Courtes

De nombreux témoignages prouvent que les Officiers radio-électroniciens s’occupaient de tout cela et bien d’autres choses encore. D’autre part ce n’était pas toujours facile.

La console des récepteurs de l’Esso Deutschland, à droite de l’émetteur comme à bord de l’Esso Normandie dont la disposition était un peu similaire

Ainsi, même s’il y a de plus en plus d’électronique à bord, il a semblé "utile" à nos brillantes élites de supprimer l’obligation de la présence d’un électronicien ! Comme pour tout ce qui est radio, pourtant le phénomène est évident et même inquiétant pour la Machine car il y a toujours moins d’officiers mécaniciens à bord.
- Souvent ils ne sont plus que deux pour les petits navires, quand le Chef Mécanicien ne se retrouve pas tout seul...

Cependant il a été créé en France depuis peu un nouveau Brevet d’Officier Electronicien et Systèmes qui peut ou pourra répondre si les armateurs jouent le jeu, à un certain nombre de "sujets à soucis" très délicats à bord. On ne peut que s’en féliciter car il n’arrive pas si souvent que la France soit en avance dans ce domaine !

Mais il reste important de faire passser le message pour faire agir vers un retour généralisé du spécialiste en électronique à bord, même si ceux qui "militèrent" pour obtenir l’élimination de l’Officier Radio doivent manger leur chapeau. Car c’est un peu ce qui leur arrivera tôt ou tard.

Un Satcom Inmarsat A - En 1979 déjà...

La politique actuelle menée de longue date supposait que les actions principales de maintenance des équipements du navire se situent de plus en plus à terre. Le problème, c’est que le contexte mondial de la concurrence généralisée a pour première conséquence une tendance à "en faire toujours moins". Les arrêts techniques sont de plus en plus difficiles à organiser et "il faut" qu’ils durent toujours moins longtemps.

Une seule chose peut compenser ce grave phénomène, (plus ou moins bien) le fait que le matériel électronique est de plus en plus fiable et que d’une façon générale, il est aujourd’hui mieux installé à bord que ça ne l’était durant la période durant laquelle je naviguais.
D’autre part ce matériel est aujourd’hui heureusement plus souvent entièrement renouvelé à bord de chaque navire, même les plus anciens.
- En effet je constate souvent en venant à bord d’un navire que j’ai "en mon temps pratiqué", que je ne retrouve plus "mon" matériel car il y a "du neuf" à sa place.

Lorsque je me rends en Angleterre, je ne manque jamais de visiter la passerelle pour discuter avec les marins de quart, observer les nouveaux équipements et prendre l’air du grand large. On y est généralement bien reçu et il y a toujours quelque chose à apprendre.

Atterrissage à Malte, un radar moderne garde les fonctions anciennes, cercles fixes concentriques (nous sommes le centre du monde maritime)

Ceci constitue l’une de mes rares sources de "retour d’information" à propos de tout ce qui se passe réellement à bord à propos de maintenance électronique. Entre autres informations, je sais aussi qu’il existe encore "quelques soucis" avec l’électronique. Pourtant le discours officiel est :
- "tout va bien" ou "nous n’avons pas de problème".

Cela dit si personne n’écrit jamais rien d’officel qui puisse amener à croire que la situation est différente, dès qu’il est demandé des détails précis les gens s’échappent presque en courant, détournent la conversasion ou même disent :
- "Vous savez, moi je n’y connais rien. Ce n’est pas moi qui en a la charge et..." Alors si on demande :
- "Mais alors, qui s en occupe ?" Réponse :
- "Ben... On a des contrats de maintenance mais je ne peux pas en dire plus car je ne sais pas trop..."

Autre question :
- "Mais alors, qui s’en occupe à bord ?"
- "Excusez-moi, je n’ai pas vraiment le temps de vous en dire plus, je ne sais pas bien, salut ! A la prochaine fois..."

Tout cela semble bien étrange au spécialiste radio-électronicien que je fus...

Cela dit hors de France le son de cloche est généralement très différent et surtout il sonne plus fort. Il est en effet fréquent d’entendre des choses pénibles telles que :
- "Rien ne marche normalement, cela coûte très cher, tout est en triple mais il arrive que l’on ait le triple de pannes et les fausses alertes involontaires de détresses sont de plus en plus fréquentes". Damned...


Le GMDSS (Système Mondial de Détresse et de Sécurité Radio en Mer)

Voici un témoignage très direct et pris sur le vif, un courriel daté du jeudi 4 octobre 2001 à 20h12 :
- "J’ai arrêté de naviguer il y a un an, mais les derniers navires que j’ai commandé étaient "équipés GMDSS". Il n’y avait plus d’officier radio, une station sophistiquée était utilisée plus ou moins bien par les lieutenants, tous certifiés compétents. En deux mots comme en cent, c’était le merdier le plus total... Je ne suis sûr que d’une chose, c’est que la sécurité a fait un bon en arrière avec ce système." Hervé Cozanet, Cdt de tankers en retraite.

D’autre part et c’est là un tout autre sujet, une description jointe par le Cdt Cozanet de l’invasion et des abus de la paperasserie à bord ne manquait pas de sel ! Cet autre débat me fait penser que les R/O étaient chargés d’une partie non négligeable des travaux administratifs du bord. Comme pour l’électronique et l’informatique à bord, ceux-ci sont de plus en plus nombreux. Mais tout le monde doit maintenant se partager ce que le R/O du bord faisait... Commentaire d’un commandant de porte-conteneurs Anglais :
- "C’est parfois l’horreur, l’horreur électronique..." Je me dis parfois n’avoir rien manqué en débarquant en 1991.

Station Radio GMDSS du câblier Léon Thévenin

On n’insiste jamais sur le fait dissimulé que la structure du GMDSS est étroitement dépendante d’infrastructures à terre qui coûtent fort cher à la maintenance. Tout cela ne saurait aujourd’hui être caché à cause d’Internet, média qui ne connaît ni frontière ni limite, pour le meilleur et pour le pire parfois aussi.
- Tout le monde le sait, de nombreux pays dits "en voie de développement" ont eu beaucoup de mal à les installer et au moins autant pour en assumer une maintenance sérieuse. Cela, je l’avais dit dès 1987 et on le constate maintenant. D’autre part je m’en doutais un peu aussi, ils ont eu plus que "du mal" à les payer, quand il le fut !

On ne fait pas beaucoup de pub là-dessus, mais je crois que plus d’un fournisseur en a attrapé mal aux fesses...

Aileron de passerelle du supertanker Algarve. "Au loin" : le mât radar et la boule blanche protégeant l’antenne du Satcom (émission directive du Satcom, 25 Watts)

Les usagers du GMDSS (Système Mondial de Détresse et de Sécurité Radio en Mer)

En général et en matière de radio, les plaisanciers ne veulent pas entendre parler de satellites car c’est trop cher pour l’énorme majorité d’entre eux. Qui ne pouvait pas prévoir ceci ? Il faut lire la presse spécialisée de temps en temps. Ils utilisent de plus en plus souvent par exemple le système "Sailmail" dont le coût n’excède pas 200 Euro/an alors qu’un abonnement Inmarsat leur coûterait environ 10 fois plus. De surcroît pour recevoir la météo et les "Avurnav", il leur faut utiliser un récepteur qui leur coûte également de plus en plus cher, ce qui entretient un fort mécontentement.

Récepteur Navtex AE-900, modèle pour passerelle

Le récepteur Navtex était à l’origine un appareil simple. Pourquoi sophistiquer toujours plus tous ces systèmes ? Le code Morse n’est plus un outils moderne depuis longtemps c’est connu, mais moderne ne signifie pas efficace et la meilleure sûreté de fonctionnement nécessite toujours une grande part de simplicité. Le code Morse n’a jamais eu besoin de se moderniser pour être un moyen de communication fiable et efficace durant des dizaines d’années. Ce fut et c’est toujours sa qualité naturelle permanente. Ce que le Morse ne pouvait pas faire, d’autres systèmes le font aujourd’hui sans pour autant savoir faire ce dont il était capable. Il existe rien de moins qu’une complémentarité entre les anciennes et les nouvelles techniques. Qui n’a jamais remarqué que les avions les plus modernes, continuent à rouler sur des pneumatiques comme il y a 60 ans ?
- D’autre part pour leurs appels de longue distance, la traditionelle "BLU" avec les sations d’Ondes Courtes reste populaire auprès des plaisanciers grands et modestes. Je crois qu’elle le sera encore longtemps.

Quart de nuit en passerelle, il faut être au moins deux !

Au commerce, l’officier de quart en passerelle n’a pas que la radio en charge loin de là ! S’il garde trop longtemps "le nez sur sa console GMDSS" et ses messages, sur le récepteur Navtex ou sur les cartes de météo reçues, en plus de certaines tâches administratives de papiers d’escale de plus en plus lourdes, la qualité de sa veille s’en ressent naturellement.
- Qui oserait dire le contraire ? D’autre part pour faire plaisir aux entreprises on a également supprimé l’obligation du matelot timonier de veille en passerelle avec l’officier. Ceci améliore certainement la sécurité en mer...

Par contre lorsque l’accident de mer survient, si un "laxisme de la veille" est par malheur "mis en évidence" par l’enquête, on repprochera à coup sûr à l’officier de quart de n’avoir pas su assez bien jouer "l’homme-orchestre"...
- Nous sommes de plus en plus nombreux à attirer l’attention sur ces risques stupides et difficiles à évaluer.
- "La criminalisation rampante des Gens de Mer et de leurs capitaines" par les Cdts Baumler et Hamzaoui

L’Amiral Friedrich Ruge, ici dans les années 60

L’Amiral Friedrich Ruge fut l’un des fondateurs de la Bundesmarine dans les années cinquante. Ce grand spécialiste du déminage en mer était Officier Radio à l’origine de sa longue carrière, (lire ses mémoires, "Sous quatre pavillons") il ne disait pas autre chose en rappelant au plus simple bon sens, qui est aussi le vrai sens marin. Pour la petite histoire, il fut même le seul amiral Allemand qui était certain que le grand débarquement redouté aurait lieu en "basse" Normandie. Il ne sut heureusement pas convaincre son entourage d’officier généraux qui attendait cela dans le Pas de Calais.
- Il disait même que le coin devrait se nommer "Pas de débarquement à Calais".


Un haut lieu Radiomaritime parmi d’autres

L’Avenir des stations radiomaritimes en Ondes courtes :

- RADIO-ARCHEOLOGIE : à comparer avec le double article de Michel Bougard, bel exemple à méditer :
- Reportage à la station côtière Oostendradio 1/2
- Reportage à la station côtière Oostendradio 2/2

Nous avions prévenu tout le monde des "futurs" ennuis du GMDSS (Système Mondial de Détresse et de Sécurité Radio en Mer) qui fut totalement mis en place en 1997 pour remplacer et supprimer l’usage du code Morse, désigné comme archaïque. Au-delà de la suppression de milliers de jobs à bord et du marché juteux offert aux industriels, je ne sais pas où est la réelle amélioration, car ce qui existait "datait un peu" c’est sûr ! Mais cela fonctionnait fort bien.

c’est pourquoi avoir fermé les stations radiomaritimes les unes après les autres en racontant au grand public via la télévision que c’était un archaïsme, ce n’est pas seulement un mensonge lamentable. C’est aussi le camouflage d’une manoeuvre pour favoriser quelques grandes entreprises sans tenir compte des usagers et une grave erreur sur le plan de la sécurité maritime.

D’autre part, alors que d’autres pays ont su conserver leurs stations et même les ré-ouvrent, la France ne dispose plus localement que de Monaco-Radio comme station d’ondes courtes indépendante des systèmes par satellites ! En cas de crise internationale grave qui mettrait ceux-ci en "défaut", comment fera-t-on ?

Croit-on sérieusement que chaque navire va réellement savoir contacter la Marine Nationale ?

Mon expérience prouve que rien de sérieux, concret et réellement fiable n’a jamais été prévu pour le faire. Si une pareille nécessité se présentait, même si c’est pour l’instant improbable, nous nous sommes promis une magnifique pagaille.

Beaucoup de "notables" Français (et ils ne sont pas seuls en ce cas) n’ont jamais intégré le fait que le Monde actuel est de plus en plus "casse-figure". (lire la presse internationale)
De vieux amis m’ont raconté ce que cela fut, être isolé loin du pays dans une situation de crise (1940) sans aucune visibilité sur les événements et sans autres consignes que la mystérieuse enveloppe scellée, dont le contenu se montrera à coup probable, tout à fait "à côté du problème". Quand en plus on ne sait même plus communiquer avec son conjoint...

Station radio aux normes "GMDSS" du CMA CGM Nabucco

Les mêmes qui nous cuisinent ce genre de situations potentiellement possibles, savent pourtant donner des leçons de "droits de l’homme" au Président Iranien.

Garder le lien avec les siens en mer est un Droit qui compte pour tous les marins. Le GMDSS tel qu’il est aujourd’hui le met à mal. Une seule catégorie de marins acceptent de le suspendre totalement, mais pour un temps seulement, ce sont les sous-mariniers des SNLE. C’est pour une noble cause, pas parce que la "royale" serait une très mauvaise fille avec ses hommes.

Le fait est que les ennuis du GMDSS commencent à être connus et que le sujet va devoir être repensé peu à peu. Les Officiers Radios avaient très tôt prévenu tout le monde. Mais on n’écoute plus depuis longtemps les gens qui défendent leur métier. Il paraît que c’est "corporatiste"... N’écoutons plus ces sottises et parlons !

Scène de vie à bord du supertanker "Esso Europoort"

A l’occasion de la Journée Radiomaritime (ou RADIOMARITIME DAY) du 14 Avril, quelques officiers ont essayé d’attirer le mieux possible l’attention sur ces sujets.
- Je ne crois pas qu’ils soient "trop complexes" pour rester cachés au public. Aujourd’hui presque tout le monde voyage. Jamais dans l’histoire de l’Humanité on a transporté par mer autant de matières premières et de "marchandises finies". Jamais non plus il y a eu autant de passagers "croisiéristes" qu’à notre époque.

Le fait que la Sécurité Radio en Mer est loin d’avoir progressé comme la Technique, devrait donc être mieux connu.

Bien navicalement - Thierry BRESSOL - OR 1

Station radio du 4 mâts Pamir (indicatif DKET) ou la radio des années cinquantes.

- Marconi
- 500 Khz Le centenaire
- Bellini et Tosi à Dieppe en 1906
- Histoire commune du Radar de Navigation et de la TV

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A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


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