Souvenirs de mer

28 août 2008

Le Sabordage de la Flotte de Méditerranée

C’est arrivé à Toulon le 27 Novembre 1942 tôt le matin.
- Il y a quelques mois j’ai été amené à sortir mes archives et écrire TOUT ce que je sais à propos de ce triste épisode ? à bord du Site-blog de Gilles Devers, avocat et historien Amateur mais très averti !
- L’héroïsme des sous-mariniers de 1942 (le 14 Déc. 2012)

(le 28 Août 2008, amplifié les 2 Septembre 2010, les 27 Novembre et 15 Décembre 2012)

A lire avant ou après moi mais AVEC, quelques autres bonnes pages consacrées au sujet :
- Toulon et les Sièges de Toulon
- Le 1er siège de Toulon en 1707 & Le 2nd siège de Toulon en 1793

- Le 27 Novembre 1942 raconté par Wikipedia
- Le 27 Novembre 1942 raconté par "Mer et Marine" (en 2010)
- L’Evasion du sous-marin Casabianca (les 27 Novembre 1942 et 2012)
- "Le vrai déshonneur eut été de livrer intacte la flotte à l’ennemi" (Amiral Rogel le 27 Nov. 2012)
- Il y a 70 ans la flotte française sabordée à Toulon (le 28 Nov. 2012)

C’est arrivé il y a soixante ans, mais cet évènement reste à mon sens tout à fait d’actualité. En effet l’Etat Français a de longue date su entretenir une étonnante tradition consistant à mettre régulièrement ses forces armées dans des situations tout à fait invraisemblables, dont il est absolument impossible de se sortir "à bon compte". Ceci se traduit en particulier actuellement par le fait d’envoyer les gars en Afghanistan dans des conditions techniques visiblement discutables...

La Royale, entre la tradition et la modernité : ici le Jean Bart, années 40 et 50

Le gouvernement de Vichy inaugura en son temps cette tradition par ce qui peut être qualifié de désastre mémorable, le sabordage de la Flotte de Méditerranée à Toulon. Le Richelieu et le Jean Bart l’ont échappé belle !
- Le premier fit "le bon choix" après avoir fait le coup de feu contre les alliés à Dakar, tandis que son jeune frère dont la construction fut interrompue sur sa fin en Juin 1940, fut heureusement sauvé de la saisie et "conservé" à Casablanca relativement en sécurité après son incroyable évasion du chantier de St-Nazaire à l’arrivée des Allemands.
- Deux de mes correspondants nous ont fait cadeau de quelques excellentes photos d’époque. Le moment est donc venu pour évoquer à mon bord le Sabordage de la Flotte de Méditerranée à Toulon le 27 Novembre 1942.
- Vous découvrirez donc ici l’intéressant point de vue de la revue mensuelle "Signal", qui consacra quelques bonnes pages au Sabordage de la Flotte de Méditerranée à Toulon le 27 Novembre 1942 dans son numéro de Février 1943.
- Avertissement : Les plus jeunes d’entre nous ne peuvent connaître la revue "Signal" qu’en fréquentant les bons bouquinistes. Sa parution fut interrompue. Son éditeur ne se plaindra donc probablement pas si ses photos sont ici publiées sans son autorisation :

Couverture de Signal en Fév. 1943. Collection JY Brouard, photo Signal. Que garde ce soldat ? Le Strasbourg ne s’échappera pas une seconde fois. Il n’y a plus que de la tôle à saisir...

"Signal" fut diffusée dans toute l’Europe Occupée et même au-delà (en Suisse par exemple) entre 1939 et 1945 par "l’organisme de communication" des armées Allemandes. Cette revue était éditée dans les langues des pays malheureusement concernés. C’est dire que son "point de vue" sur les opérations militaires de l’époque, il est aujourd’hui rarement diffusé.

Sur la philosophie du maître de cette maison d’édition, tout a déjà été écrit avant moi. Cela dit le mensuel Signal était composé avec un certain soin et adoptait une présentation qu’il faut bien qualifier de moderne. Pour tout dire, il mêlait avec talent la propagande pure et simple (tout fut déjà dit là-dessus) et des reportages complets accompagnés par de belles photos souvent en couleur, dont les commentaires étaient en général très sobres.

A propos de cet évènement qui attrista certainement beaucoup les nazis par sa conclusion, "Signal" n’a fait aucun commentaire et se contenta sobrement de montrer son impressionnant et pathétique résultat, je les cite "en italique" :
- "Documents photographiques sur les évènements qui se sont déroulés dans le port de guerre de Toulon le 27 novembre 1942."

Char SS arrivé trop tard "sur site", le Colbert prend l’eau...

La défaite de Mai-Juin 1940 laissa la Marine Nationale presque intacte et invaincue de fait, tandis que les deux autres supports de la Défense étaient brisés. La Marine est donc devenue le point fort du nouveau régime. Alors une double question très délicate se posa rapidement aux principaux belligérants :
- "Que va-t-il arriver avec la grande, la jolie et très moderne flotte des Français ?"
- "Ou... Comment s’en assurer le contrôle ou si possible, s’en emparer ?"

Je crois que faute d’avoir adopté une ligne claire et surtout avouable, le régime de Vichy s’est lui-même tiré une balle dans le pieds. Il a d’autre part ainsi détruit les dernières armes de la République.

Citation : "Les prestations de serment se généralisèrent à partir de l’été 1941, des serments de fidélité non pas à la France, ni même à l’Etat Français, mais à la personne du Maréchal Pétain, Chef de l’Etat Français."
- Ces prestations de serment individuelles constituent une preuve de plus de l’autorité défaillante du régime de Vichy. Il lui fut en effet peu à peu "nécessaire" de mouiller personnellement quiconque exerçait une fonction importante, pour avoir des chances d’obtenir d’eux une conduite conforme aux ordres. Le plus "bel" exemple de ce désordre fut ce qui arriva à Toulon en fin Novembre 1942 à Toulon.

Signal présente sa vision de l’évènement

"Le bâtiment-amiral. L’amiral commandant la flotte était à bord du "Strasbourg". C’est de là que partit l’ordre de couler la flotte Française qui se trouvait à Toulon."

Depuis le début de Novembre 1942 l’ambiance était de plus en plus "électrique" à la base navale, surtout à bord de la flotte de Méditerranée alors immobilisée dans la rade. C’est principalement arrivé entre autres causes, par la nécessité absolue d’économiser le carburant, dans un contexte qui allait vite devenir catastrophique pour le régime de Vichy et sa crédibilité :
- En début Novembre les Anglo-Américains venaient de débarquer au Maroc et en Algérie, où ils prirent pieds très solidement en deux semaines. Ceci arriva malgré la dure opposition des armées Françaises aux ordres de Vichy jusqu’à ce que SOUDAIN les autorités locales se "retournent" en passant toutes aux côtés des alliés. La présence de l’amiral Darlan qui venait voir son fils malade à Alger, fut pour lui l’occasion idéale de retourner sa veste en "basculant" du bon côté.

Le premier gouvernement de Vichy. Tiens ! Voilà un marin... L’amiral Darlan.

Pour "Vichy" c’était le bouquet... Avec deux conséquences graves :
- Panique et incertitude ! L’Afrique du Nord perdue, sa capacité d’influence était irrémédiablement brisée.
- L’Invasion Immédiate de la zone dite libre par l’armée Allemande en réaction, ceci étant avec l’autorisation "arrachée" au gouvernement de Vichy, comme d’habitude.

Comme c’était improvisé, les Allemands eurent très peur de devoir traverser ainsi la France non occupée. Ils furent donc très surpris de ne pas rencontrer d’autres résistances que des "coups individuels" qui furent assez vite "traités". Au Sud de Lyon, un type essaya seul de les arrêter. C’était très beau de sa part mais il n’aurait pas dû. Il a perdu son temps et surtout, sa vie.

Photo "Signal" et Nico Courtine

"Le cuirassé "Strasbourg" par le fond. Après l’abandon des officiers et de l’équipage, le navire fut sabordé et repose maintenant sur le fond. Le "Strasbourg" jaugeait 26.500 tonnes et avait été lancé le 12 décembre 1936."

Les Allemands s’étonnèrent de rencontrer si peu de résistance. Froussards ? Non ! Disciplinés ! "On" leur avait "tout simplement" ordonné de ne pas s’y opposer, surtout à ceux qui disposaient des moyens pour résister, il y en avait. Les restes de l’Aviation et de l’armée de Terre furent donc de se fait et sur ordre, "démobilisés" ville par ville.
- Le "cas" de la Marine se révéla cependant beaucoup plus difficile, comme en 1940. Autant cette dernière carte de Vichy était forte, autant la marine ne pouvait rien à l’intérieur des terres et... Inversement.

"Bruits de coursives" à bord des dizaines de navires de guerre "stationnés" dans la rade de Toulon :
- Les gars à bord avaient en très grande majorité une forte envie de quitter la rade et... Aller à Alger pour rejoindre les Alliés !

Le duo le plus infernal de la politique française et de la stratégie militaire...

Pire encore ! Se sentant de plus en plus piégés dans cette rade par l’indécision de Vichy, tout le monde avait une frousse bleue que les Anglais recommencent le coup de Mers-El-Kébir en juillet 1940, et de risquer ainsi en prendre ainsi plein la gueule une seconde fois sans pouvoir se défendre et pour rien. Ceci risquait d’arriver de surcroît à l’une des plus puissantes et modernes de toutes les flottes du monde, à cause d’une hiérarchie qui n’assumait pas ce qu’elle voulait ou ne le savait pas.

A son bord l’amiral Jean de Laborde craignait à la fois une attaque Anglaise de plus en plus vraisemblable, mais aussi une mutinerie généralisée qui n’avait rien d’improbable. Sa première réaction lorsque le piège commença à se dessiner fut :
- "Que tous les commandants viennent à mon bord prêter devant moi, Serment au Maréchal !"

Plus d’un commandant a dû manger sa casquette ou tout simplement choisir de renoncer à son poste. Certains se sont même fait porter malades pour retarder le plus longtemps possible cette formalité...
- Nous connaissons aujourd’hui "la fin du film" mais eux, ils se demandaient ce qui pouvait arriver.

Qu’a-t-on fait de nos impôts ?

"Dans le port des torpilleurs et des destroyers. Près d’un grand destroyer resté intacte, se trouvent deux plus petits dont les vagues recouvrent le pont."

Laborde aurait dû décider quelque chose et surtout, le faire vite ! Tout le monde le savait, il ne voulait surtout pas "passer aux Allemands", mais absolument encore moins du côté des Anglais. Il se disait "anglophage"... Pourtant le choix "milieu" n’existait pas ! On a su la suite....

Il a donc soudain fallu TOUT casser dans l’urgence entre 5 et 10 heures du matin le 27 Novembre pendant que les chars des SS perdaient bêtement leur chemin dans l’immense base navale.
- Heureusement, les amiraux de la marine Allemande avaient refusé de participer à ce manquement de la parole donnée à Darlan au moment de l’armistice. Mais Darlan resté lucide autant que carriériste, n’y croyait pas du tout. La preuve, dès qu’il eut la certitude de qui était "le mauvais cheval", il passa aux Alliés...

Darlan l’amiral astucieux qui retourna sa veste et fut assassiné dans des conditions bizarres...

D’autre part "au cas où", preuve aussi que l’amiral de Laborde n’était sûr de rien, le sabordage était techniquement préparé de longue date !
- Je peux vous assurer que cela fut aussi un véritable exploit technique jamais réalisé, ni avant cela et encore moins depuis, heureusement ! Sans cette préparation particulièrement méthodique, la flotte serait tombée intacte aux mains des nazis. Avec tout ce que cela signifiait...
- Aucune Flotte militaire dans l’Histoire n’a jamais détruit elle-même autant de son matériel moderne en aussi peu de temps et sous le nez de l’ennemi.

Laborde avait promis au monde entier que Jamais les Allemands n’auraient la belle flotte de guerre convoitée par tous les belligérants, quoi qu’il arrive. Les Anglais n’en étaient pas sûrs, ils avaient tort !

Signal commenta très sobrement le désastre... En citant les exceptions, le Panther et le Tigre.

"Dans un autre coin du port des torpilleurs et des destroyers. C’est le même spectacle. Près d’un grand destroyer non endommagé et resté à flot, repose sur le fond, un plus petit qui donne fortement de la bande. La caméra se déplace de nouveau. Les deux grands destroyers "Tigre" et "Panthère" sont à leur poste d’amarrage habituel. Ils jaugent tous les deux 2.126 Tonnes."

De Juillet 1940 à Novembre 1942, la France de "Vichy" avait encore de bonnes dents et des grandes griffes. C’est pourquoi Charles De Gaulle pensait qu’il ne fallait surtout "ne s’écraser". Ainsi dès Juillet 1940 tout le monde convoitait et surtout redoutait la belle flotte des Français. Il y avait aussi l’Afrique du Nord. Tels étaient les seuls vrais atouts du régime de Vichy, compte tenu du fait que les 2/3 du "terrain" étaient occupés et pillés. Par son incompétence et par son laisser-faire, mais surtout à cause de son manque total de cohésion interne, ils ont tout perdu par leur faute.

Lorsque les Alliés ont soudain "saisi" toute l’Afrique du Nord, les autorités locales "vichystes" d’Alger ont retourné leur veste. Alors il ne restait plus que la Flotte. Darlan avait tout compris mais il ne sut pas convaincre ses collègues. Il en est mort peu après, assassiné dans des conditions pour le moins bizarres.
- Le piège commençait à se refermer autour de la flotte de l’amiral de Laborde. Nous connaissons aujourd’hui "la fin du film", pas eux !

Sans ligne directrice forte et crédible "venue d’en haut", l’amiral de Laborde était livré à lui-même en ayant absolument TOUT contre lui. C’est aussi arrivé à cause d’une nécessité technique cruelle et terrible. Dans les accords de l’armistice de juin 1940 existait une petite "clause de détail" :
- Il serait interdit à la France d’accumuler de très grosses réserves de fuel et gaz-oil à Toulon !

Cette petite suggestion fut proposée "au hasard" par un amiral Allemand amoureux du détail qui tue, un petit malin sans doute ! Ceci fut obtenu dans la panique malgré les multiples protestations énergiques de qui vous savez. Il a pourtant fallu "signer" car lorsqu’on a commencé à céder....
- Darlan et ses collègues réussirent cependant à "tricher", mais pas assez ! Ils n’eurent ni assez de temps ni assez de détermination peut-être.

Le Strasbourg détruit, collection JY Brouard, photo Signal.

Ainsi, il fallait simultanément garder la flotte parée à appareiller immédiatement ET économiser absolument le carburant. Ceci était IMPOSSIBLE car garder les navires prêts à partir en moins d’une heure, c’était trop consommer et risquer la panne sèche en mer ensuite...
- Bien sûr, du côté Anglais cela se savait ! On y comptait donc les points et surtout les jours, prêt à frapper au cas où... Le "premier sinistre" Churchill l’a d’ailleurs écrit par la suite :
- "C’est avec beaucoup de regrets, et pas beaucoup de scrupules que..."

Le régime de Vichy et ses amiraux, avec la seule force qui restait, ont alors atteint un très haut sommet de surréalisme qui reste aujourd’hui absolument inégalé mais oublié. La résultante des forces internes sans cohésion de Vichy était ceci :
- Soyons très autoritaires pour tout reconstruire ! Et... Tant pis pour les juifs. (no comment)
- Débarrassons nous des Allemands dès que ce sera possible plus tard ! Quand ? Comment ? Seuls ?
- Et Vengeons nous de ces traîtres Anglo-Américains et bolcheviques par tous les moyens !
- D’autre part "Vichy" voulait aussi entreprendre une "croisade définitive" contre le communisme sur le Front de l’Est.

Participer à la seconde guerre mondiale en se positionnant sauvagement contre les deux camps, même contre les Japonais, contre vents et marées, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j’appelle cela une position "pas très facile à tenir"... Ceci étant sans même être capable de rester maître chez soi !
- Un seul gouvernement dans l’Histoire a essayé cela. Il a surtout essayé.

Surtout en mer ! En plus, il faut souvent pomper, ça va sans dire...

Rions un peu maintenant entre amateurs de surréalisme, voici quelques détails aujourd’hui connus du déroulement de cet incroyable évènement :
- En 2008 avec le recul du temps, on peut même en rire car il y a aussi eu beaucoup d’insolite dans cette affaire. Vous savez maintenant qu’avec les "amiraux de Vichy", on n’avait pas affaire à une bande d’abrutis, mais à des types dépassés par des évènements en général imprévisibles. Ils furent aussi souvent paralysés par l’action toujours intempestive des uns ou des autres. Certains se sont aussi montrés incroyablement cornichons. Par exemple :
- L’amiral Marquis, Préfet Maritime de Toulon était le Maître tout puissant de la Région, c’est à dire une zone s’étendant sur plus de 15 km autour de Toulon. Tel fut le dernier "coin de France" restée NON occupée par les Allemands en fin Novembre 1942. En effet lors de l’invasion de la "zone libre", ils s’étaient formellement engagés à ne jamais approcher de la base navale ni de la rade. Sur place ce fut appelé le "marquisat".
- La Kriegsmarine avait promis de ne pas toucher à la Flotte Sacrée, mais les SS se sont assis sur cette promesse.

Le sous-marin Archimède, typique des années 40, même type que l’Argo

"Collabo" notoire dès qu’il fut maître "chez lui", l’amiral Marquis le Préfet Maritime organisa avec le plus grand soin, la plus belle chasse locale aux résistants et aux autres contestataires de toute l’Occupation ! Certes le "marquisat" ne dura pas longtemps, mais certains vieux Toulonnais s’en souviennent fort bien, à commencer par celles et ceux qui avaient quelques "mauvaises fréquentations" dans la Résistance. Celui qui m’a raconté ça me précisa même :
- "Ce fut plus sûr pour nous dès que les Allemands furent en ville, quand tous les gars du marquisat étaient désarmés ou arrêtés". Le temps que la Gestapo arrive et s’installe sur place pour commencer à "travailler", l’arrivée des Allemands en effet leur donna "un peu de calme". Pour des Résistants, préférer la présence des soldats Allemands, c’était tout de même un peu fort de café...
- D’autre part Mr le Marquis était devenu paranoïaque, car il voyait des terroristes pro-anglais partout. Il n’avait pas tout à fait tort car son entourage le plus proche renseignait les Anglais, à commencer par la Sûreté Navale aux ordres de l’amiral Bléhaut...
- C’était cela aussi, le régime de Vichy. On ne pouvait avoir confiance en personne !

Seuls les SS ont su expliquer à l’amiral Marquis qu’il avait tort d’être un "collabo". En arrivant en colonne de chars à 5 heures du matin le 27 Novembre devant Toulon pour s’emparer des navires sans avoir la Marine Allemande avec eux, les SS commencèrent naturellement leur mission par le début :
- Le pauvre Marquis fut tiré de son lit manu-militari et mis immédiatement "aux fers" par les SS. Il n’avait pas cru les Gendarmes de la région, qui l’avaient pourtant déjà réveillé en lui téléphonant frénétiquement :
- "Amiral ! Nom de Dieu ! Les SS arrivent ! Ils sont avec leurs tanks !! Faites donc quelque chose !"
- Pro-teutonique ou pas.... Le Préfet Maritime, c’est pieds nus et en pyjama qu’il fut embarqué par les SS.

A quoi Philippe Pétain pensait-il vraiment ?

Pendant qu’ils saucissonnaient Mr le Marquis pour l’emmener en tôle, un de ses officiers réussit à téléphoner à Laborde sur le Strasbourg, qui ne se fit alors plus aucune illusion. Certains gendarmes avaient en effet déjà réussi à téléphoner à la base...
- Dès qu’il fut certain des faits, fou de colère l’Amiral de Laborde fit lancer immédiatement "l’ordre final" par radio. En quelques minutes, le plus beau feu d’artifice que Toulon a connu commençait. A partir de 5 heure du matin "ça a sauté de partout" durant 4 jours et quelques énormes blocs d’acier tombèrent jusqu’en pleine ville en faisant parfois des victimes.

L’amiral de Laborde était embarqué à bord de l’énorme cuirassé Strasbourg (portant le nom d’une ville qui n’était plus officiellement Française), dont on largua les amarres pour l’écarter du quai et qu’il coule mieux, après avoir absolument et méthodiquement tout détruit à son bord, en commençant par les éléments "high-tech", calculateurs de tirs, radio, radar etc...
- Couler un navire aussi grand à quai et par petit fond, c’est très difficile ! Ce n’est pas prévu par le constructeur.

On ne cassa sa station radio principale qu’au dernier moment, "en conclusion". En effet c’est de là que fut émis le message radio fatidique en Morse, diffusé en boucle durant plusieurs heures en langage clair à partir d’une bande de papier perforée préparée à l’avance. Ce fut certainement le plus terrible message jamais émis par les spécialistes radios de la Marine. D’autre part il aurait été enregistré sur les ondes. Ce serait bien intéressant si... Je suis "preneur".

Quatuor infernal : Abrial qui remplaça Auphan le bien intentionné protecteur de la "mar-mar" à Marquis le Grand Cornichon Naval, en passant par Laborde "l’anglophage" et tête de bois. Lacroix lui, il avait tout pigé mais trop tard.

Lorsque "tout commença", l’amiral s’est enfermé à bord dans sa chambre et à son bureau, seuls locaux du bord restés intacts. Il parait qu’il resta assis prostré, la tête entre les mains durant au moins 12 heures. Personne, pas même le général SS, n’osa venir le voir. Celui-ci fut sanctionné pour n’avoir pas su éviter le sabordage. Ce fut le Front Russe immédiat bien sûr...

L’amiral refusa ensuite de quitter le bord sauf sur ordre du Maréchal, lequel n’arriva qu’au bout de 4 jours. Laborde exigea même que "l’intéressé" lui téléphonât en personne. L’amiral était armé et il menaçait quiconque tentait d’entrer pour lui parler. Le seul qui put l’aborder sans danger fut un Allemand qui venait avec un téléphone et son câble sous le bras :
- Je me demande ce qu’ils se sont dit, mais je crains fort que le maréchal n’ait entendu prononcer des paroles pénibles, avant de réussir à faire débarquer son amiral...

Les SS menacèrent jusqu’à ce qu’on leur montre l’eau qui rentrait dans la coque par les hublots du Strasbourg, tous entièrement ouverts ou cassés à coup de masse. Pendant ce temps, les autres chars SS tournaient dans tous les sens dans l’immense base sans en trouver même la sortie. Ceux à qui ils demandaient leur chemin leurs disaient en souriant n’importe quoi. Aussi incroyable que ce oit, ils n’avaient aucune carte de la base. Tous les magasins et ateliers furent ensuite pillés.

On ne présente plus le whisky Jameson, avec modération...

Il m’a aussi été dit que rien ne saurait décrire le désordre incroyable qui régna pendant des jours dans cette base, que j’ai connue si bien tenue. Il y a eu aussi quelques dizaines de victimes accidentelles (oubliées aussi) tuées par les pièces de métal projetées par les explosions, qui tombaient régulièrement un peu partout...
- "Y penser toujours, en parler jamais..." Voilà ce qui me fut raconté par un témoins qui écoeuré, en est tombé malade plus d’un mois par la suite. Quarante ans plus tard, il disait ne jamais s’en être remis. Pris par l’émotion en racontant ça, il en avait les larmes aux yeux et je crois que c’est lui qui a bu la moitié de ma bouteille de whisky... C’est sûr, né en 1958 je n’ai rien manqué ! Ce qui s’est passé est tellement idiot.

L’amiral se montra totalement "asocial" en quittant le bord pour finalement et tout simplement, rentrer chez lui non loin de là, à Tamaris. Il fut impossible de lui parler ou même seulement de l’approcher, mais il fut soupçonné d’avoir trop bu durant son isolement, même s’il fut impossible d’en être sûr.
- Je crois que personne ne peut se sortir indemme nerveusement d’une pareille expérience. Qui va se pardonner d’avoir dû donner un ordre pareil ? Tombé dépressif (on le serait pour moins que ça) Jean de Laborde ne s’est rétabli que pour être finalement arrêté en Août 1944. Là, ce fut la grande "soufflante" dit-on dans la marine :
- "Qu’a-t-on fait de nos impôts et de nos 20 ans de travail pour construire la Flotte ?"
- A Toulon en 1958, au fond de la rade on ramassait encore les tôles du cuirassé Strasbourg et des autres...

Un des brillants résultats de la guerre : une cale sèche de Toulon en février 1945. La Royale et son homologue allemande unie dans la grosse catastrophe

Au suivant ! Un autre amiral "de Vichy" est devenu à la fois pro-nazi frénétique et profondément dépressif à la suite d’une insolation. Cet accident était survenu lors de son voyage à Djibouti assiégée par les Anglais. Surréalisme encore, car là-bas les "vichystes" ont rien de moins que failli mourir de faim !
- L’amiral Charles Platon fut ministre des colonies dans les premiers gouvernements de Vichy, un ministre des colonies qui en avait régulièrement une de moins tous les deux mois... Dépressif ? Ce n’était pas simple. Mais il fut effectivement mis en arrêt-maladie pour "comportement incohérent", puis il a dû "quitter ses fonctions".
- Il consacra alors sa liberté d’action retrouvée à négocier dans toutes les directions pour mener un grand projet tout à fait étonnant :
- Il voulait créer en parfaite collaboration (c’était le cas de le dire) avec le Reichführer SS Heinrich Himmler (le chef des SS) au sein de la Marine Nationale bien sûr, une Légion de SS-Marins Français, vous avez parfaitement bien lu...

Heinrich Himmler, chef des SS ("Reichführer SS")

Non seulement ce fut impossible à réaliser en Allemagne, mais lorsqu’il en a parlé avec un amiral Allemand, la première chose que celui-ci aurait fait, fut d’appeler un médecin pour le faire raccompagner et téléphoner immédiatement à Vichy...
- Le "bon Heinrich" lui-même l’aurait éconduit avec cependant beaucoup de regret, non sans lui raconter longuement tous les odieux refus de la Marine Allemande... Là, je ne suis pas sûr de ce que je sais. Certains ont vraiment pété les plombs à cette époque.

Dans la Marine Nationale son projet fut "très fraichement" accueilli malgré (ou à cause de) l’enthousiasme de la revue collabo "Je suis partout"... En 2008 il faudrait re-publier "Je suis partout", car c’est absolument incroyable. Je me demande encore comment il fut possible d’écrire des trucs pareils. On en trouve encore sur les quais de la Seine à Paris, je vous recommande en effet la lecture complète d’au moins un numéro.
- Vous aurez même la surprise d’y retrouver des noms très connus aujourd’hui, qui n’ont pas souvent depuis cité dans leur CV, la revue du début de leur carrière...

Je suis certain qu’au moins un Médecin de la Marine fut consulté pour étudier le cas de ce pauvre Platon, qui fut capturé chez lui en Dordogne en Août 1944 par des "résistants de la dernière heure", et fusillé après quelques mauvais traitements.
- Son cas est depuis réputé plus "médical" que politique, mais il reste un sujet tabou. Pour ma part, je crois qu’il avait littéralement pété les plombs. Ce qui lui est finalement arrivé, n’est pas très juridique....

Pétain et Darlan en visite à Toulon

Aux suivants ! Pendant l’occupation une rumeur étonnante et tenace laissait entendre que le régime de Vichy et son vieux maréchal faisaient du double jeu, en agissant en réalité dans l’ombre et à l’intérieur, pour les alliés et contre Hitler. Compte tenu des faits de plus en plus visibles, ceux qui crurent à cette fable géniale étaient naturellement de moins en moins nombreux avec le temps.
- Encore plus étonnant, au-delà du caractère hautement surréaliste de cette rumeur, cela se croyait aussi en Allemagne ! Ceci alimentait donc la méfiance et la peur de l’Oncle Adolf envers le vieux maréchal, pourtant pas si rusé que ça. On ne peut rien contre des rumeurs de ce genre, elles cassent tout. On sait encore en faire en 2008.

Le plus cocasse à mon sens, reste que certains y croient encore, ça c’est tout de même fort ! Je vous assure connaître quelqu’un qui y croit encore dur comme fer, plus de 65 ans après. Qui dit mieux ?

On ne saurait donc évoquer le sabordage de la flotte à Toulon sans les énormes fautes commises par certains amiraux "embarqués" par Vichy au centre-ville cette fois, à l’Etat-Major de la seule marine du monde qui a réussi par sa géniale politique, à faire en sorte de perdre tous les navires !

Le comte Jean de Laborde, amiral de la Flotte de Méditerranée osa finalement désobéir et ce fut tout à son honneur, mais il était trop tard. eci dit en le faisant, comme De Gaulle il a désobéi !
- Il fut en effet établi par la suite, que tout fut tenté par le gouvernement à Vichy pour empêcher Laborde de tout casser et ainsi laisser les Allemands s’emparer de toute la flotte. Ils essayèrent trop tard heureusement d’arrêter ça après l’envoi de la confirmation de l’ordre de saborder par l’amiral Abrial.
- Après la guerre, tous tirèrent à eux la couverture jusqu’à la déchirer, donc il reste fatalement difficile de savoir qui fit quoi exactement...

L’homme au centre est-il l’arbitre ? Pourtant, le petit caporal avait peur du vieux maréchal...

Inutile de vous dire que durant les procès à partir de 1945, ce fut "la soufflante" ! (dit-on dans la marine) Les avocats de certains amiraux eurent là une mission très difficile, avec ces cas particulièrement durs à défendre. Maître Vergès en aurait rêvé, mais il se serait noyé avec un gars comme Marquis.
- Ce fut une "distribution des prix" inégalable, mais je crois que les amiraux ont au moins un peu payé pour d’autres :
- Le sabordage à Toulon fut aussi à mon sens le très brillant résultat d’une incompétence générale des "politiques" cumulée avec leur indécision totale. C’est bien la partie civile de ce régime qui a emmené ses militaires en enfer. Non ?

Nous assistons à cela une fois de plus aujourd’hui, c’est face à la mondialisation. De Gaulle disait :
- "Il ne faut jamais négocier en étant en position de faiblesse". C’est ce que nous a appris le régime de Vichy. Il négociait toujours sous la pression et finissait toujours bien sûr par céder tôt ou tard, même avec les ruses diaboliques de Darlan et de l’amiral Auphan, en charge de la marine marchande. Otto Abetz avait dit à Hitler, qui déjà n’aimait pas serrer les mains :
- "Avec Darlan cet amiral Français "mein Führer" attention ! Comptez vos doigts après lui avoir serré la main !" Et l’autre avait une frousse bleue du vieux maréchal...

Insolite cérémonie sous l’occupation : le général Stupnagel et l’Ambassadeur Abetz restituent le corps de l’Aiglon à la France. L’amiral Darlan est de service

"En face" au-delà de la marine Allemande, on ne tenait pas souvent la parole donnée. L’amiral de Laborde en faisant saborder la flotte, a tenu la sienne, même s’il aurait pu faire mieux en désobéissant beaucoup plus tôt. Il avait promis que jamais les Allemands n’auraient les navires, ce fut tenu.

Le Surcouf des années 30 (terrifiant)

A notre époque nous savons tout "en temps réel" ou presque tout ! Je remarque cependant quelques étranges ressemblances et n’aime pas la sensation qu’elles me donnent.
- Beaucoup mieux informés qu’à l’époque, nous sommes aujourd’hui inexcusables car nous n’avons pas un ennemi militarisé omniprésent qui pille ouvertement le pays ! Il s’agit "seulement" d’une énorme pression à la fois extérieure et intérieure appelée "Mondialisation", dont une vision aéronautique est montrée ci-dessous :

Le "toujours plus vite et toujours moins cher" n’est pas qu’une vue de l’esprit

Notre ennemi du moment n’est plus le même. D’autre part "le grand Charlot" n’est plus là et "l’ennemi" est aujourd’hui installé aussi à Londres. Le renoncement général aux activités industrielles c’est à dire à terme, de l’Etat de Droit au Travail, aux services publics, à l’éducation, à la santé et au logement pour tous est redoutable à terme.

Bien navicalement - Thierry BRESSOL - OR 1
- Merci à Nico Courtine et Jean-Yves Brouard, qui ont su faire parler Signal à coups de scanner.

Rendons hommage aux sous-mariniers dont certains ont su s’échapper, à commencer par le Casabianca qui reste le plus connu des rares évadés. C’est incroyablement intéressant, à commencer par son vécu du 27 Novembre 1942. Ce fut ce qui s’appelle un réveil en fanfare... Donc il faut lire le livre du Cdt Lherminier du sous-marin Casabianca :
- Si possible à consommer avec les instructions nautiques et un jeu de cartes des côtes de Provence et de Corse ! Pour bien comprendre ces tours de force racontés avec talent, c’est mieux !

Merci aux sites :
- Point de vue de Toulon
- Inventaire du Sabordage par "Netmarine"
- Evasion du sous-marin Iris
- Robert Lagane (on les attendait à la sortie)
- Mers El kebir
- Maréchal Pétain "site supporter" (quoi qu’on en pense, intéressant !)
- Régime de Vichy par Wikipedia
- Maréchal Pétain & Wikipedia
- "Info-collaboration"
- L’Amiral qui n’avait plus de flotte (le 20 Août 2009)

- L’Amiral Darlan par Wikipedia
- Une "vérité" possible sur son assassinat
- "L’exécution" de Darlan
- Darlan l’emmerdeur
- Rétrospective INA sur Darlan

- L’amiral Esteva vrai "collabo".
- L’amiral Esteva biographie
- Témoignage à propos d’Esteva
- Esteva en "Vidéo INA"

Tout était organisé pour que le vieux Maréchal rassure tout le monde...

Le Maréchal avait ceci de fascinant :
- Il faisait peur à Hitler, qui en fait avait fort peu à craindre de lui. Mais qui savait sur le moment ? D’où ma question sous sa photo.
- Il rassurait celles et ceux qui auraient bien dû en avoir peur.
- Mais il conserve aujourd’hui un solide "club de supporters" !

"TUYAUX GRIS", SOUS-MARINS et/ou GUERRES Mondiales
- Le Prince Noir des hommes-torpilles
- L’espion du sous-marin Argo

- L’épouvantable escale du Carlier à Dakar 1/3
- L’épouvantable escale du Carlier à Dakar 2/3
- Le Carlier après son épouvantable escale 3/3

- Pourquoi est-ce arrivé à Vichy ?

- Les méthodes du Grand-Amiral
- U-BOOT, la cible
- U-BOOT ou l’Anti-Marine Marchande
- Capitulation en mer le 4 mai 1945
- Les U-Boote avant et après le 4 mai 1945

Portrait d’un U-Boot type IX-B (Mike Rock)


- Le Gyro s’envoie en l’air à bord d’un U-Boot
- Le mal de mer, l’ennemi
- Les U-Boote et le « Metox »
- U-Boote, « La vache qui rit » et les tags
- Les bases sous-marines
- Le U-Boot et la marée blanche
- Guy de Rothschild en mer

- Luckner et le Seeadler, dernier corsaire à voiles
- Sous 10 pavillons, un grand farceur maritime
- Avis TV "Arte" : les croiseurs Emden & Dresden
- Les cargos sous-marins du Kaiser par Pierre Escaillas

- Le berger Allemand et les scouts marins
- "Loire" : Ne les oublions pas
- "Royale" et Marine Marchande
- Le Ponant Libéré (Nouveau)

- Rainbow Warrior... "Hill falépâ kon..." !!
- Echelon ou Greenpeace ?
- La guerre des Câbles sous-marins A propos ! J’ai été sympathiquement piraté :
- L’USS J. Carter et Agoravox pour illustrer mes explications.
- Intox ? Napoléon, la Marine et l’avance technologique...

- La "mitraillette" des Ondes Courtes
- Les voyeurs

- Le sauvetage de l’U-47
- L’U-47 à la chasse aux canards

- Visite de courtoisie à bord d’un sous-marin Portugais
- Chasse au sous-marin sur la Loire
- Patrick O’BRIAN - "Master and Commander"

- Le monde des "bateaux noirs" (les sous-marins par Gilles Corlobé)
- Secret Défense : C’est pas moi ! Mais c’est très intéressant, pour ne pas dire parfois excellentissime...
- Témoignages insolites venus de "l’ombre"
- Mer et Marine ou... Océans et Marines. En plus ils sont brefs !

Symbole de l’accueil du site

- Plan général du Site - Plan de "Marine Inconnue" & Bon vent et bonne mer !

Réponse à commentaires reçus par e-mail :
- Il doit effectivement être souligné que les gars étaient "attendus à la sortie" par un ennemi diabolique. Si le Diable existe, il en rit encore en 2008 :
- L’aviation Allemande bombarda la sortie de la rade, "naturellement" pour prévenir toute tentative d’évasion.
- Unis pour une fois par un seul et même but, plus d’une douzaine de U-Boote et sous-marins Anglais les attendaient aussi, chaque bord ayant son propre "point de vue". Il fut très délicat pour les sous-marins évadés, de réussir à convaincre les Anglais qu’ils souhaitaient les rejoindre à Alger. Laborde se sentait donc fort justement pris entre deux feux. Rejoindre l’Espagne était effectivement une attitude prudente.
- Un petit commentaire personnel s’impose aussi, réussir à s’échapper dans ces conditions fut un Exploit maritime tout à fait extraordinaire et inégalé depuis. Chapeau !

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/