Souvenirs de mer

14 mars 2009

Le Sindh au mouillage sur le Grand Lac Amer 2

A bord de ces 14 navires exotiques condamnés à ne plus bouger durant "un certain temps" pour avoir eu le tort de passer le Canal le plus mauvais jour, il fallait aussi trouver un moyen de se distraire ensemble :
- Etre à l’ancre sur le Grand lac Amer n’obligeait personne à ne faire que travailler, manger, boire, passer des films, regarder la TV Egyptienne, lire et dormir.

(revu le 7 Avril 2009 à 18h00)
- Le Sindh au mouillage sur le lac Amer - 1ère partie voici la suite :

Michel Caracatzanis, Officier Mécanicien de Première Classe et officier à bord du Sindh en 1967, continue à nous raconter comment "ça se passait".

CHAPITRE II : Au mouillage sur le Grand Lac Amer - Où il est question de régates

Le "petit" lac Timsah aujourd’hui. Les navires ne font qu’y passer tandis que le grand lac Amer est le lieu normal de "stationnement" des navires en transit, quand les convois "montants" et "descendants" s’y croisent...

Les régates entre baleinières sur le grand lac Amer ont effectivement existé, il a même été créé un Yacht-Club. La baleinière du Sindh fut entièrement transformée avec l’aide du charpentier, de l’ouvrier mécanicien et du bosco, ainsi que du Second mécanicien, moi-même en l’occurrence. Pardon à ceux que j’aurais oubliés.
- Le bordé fut rehaussé et son mât repris au rabot pour l’alléger. Des voiles furent taillées dans des prélarts et cousues par le bosco et l’avant fut couvert pour éviter les entrées d’eau. Les mécaniciens ont monté une quille en tôle épaisse avec un saumon de bronze. Le plus dur après de nombreux essais, fut de positionner l’un par rapport à l’autre le mât et la quille, ce qui nous a demandé beaucoup de tâtonnements et quelques chavirages.

Jusqu’à la fin des années soixante, les cargos avaient de beaux canots en bois, avec bordé à clin. Cela ne se fait plus...

Cette baleinière est une "vraie", c’en est une du Charles W. Morgan à Mystic Seaport.

Nous avons aussi installé un bout-dehors et taillé des focs. Toutes les manœuvres avaient été gréées avec le matériel de la colonne Allaire, drisses et poulies, c’était ce que nous avions de plus petit.
- J’ai aussi des souvenirs de régate ou nous avions un problème de skipper. Le plus dur finalement, ce fut aussi de composer un équipage. Beaucoup de volontaires, mais les British ayant dès le début pris cela très au sérieux, il a fallu choisir. Je me suis même fâché un moment pour faire admettre à certains qu’en régate, il n’y a qu’un seul skipper et que ce n’était pas le
Soviet Suprême. Quel que soit l’ordre donné il doit être exécuté sans discussion. Certain ego ont donc été froissés. C’était le charpentier le skipper. Il y avait le Second Capitaine, le Chef mécanicien qui abandonna ensuite, puis quand le chef à été rapatrié le problème ne s’est plus posé.

Le baleinier Charles W. Morgan, conservé à Mystic. Il n’a pas dû souvent fréquenter le Canal de Suez celui-là...

Lors d’une régate nous avons dessalé, pour sûr en virant face au vent c’était des plus risqués. Nous avions beaucoup de dérive et nous avons manqué un virement de bord qui devait se faire sous l’étrave d’un des navires. On s’est payé l’étrave et pour ne pas perdre de temps, nous avons viré de bord face au vent, manquant ainsi de perdre et noyer le Sd Capitaine qui coincé sous les voiles perdait pied et ne faisait plus surface... Il a fallu plonger pour le ramener. Nous avions du mal à régler la position du mât, surtout quand nous avons ajouté dans les hauts une barre de flèche et une trinquette. Que de chavirages pour mettre tout cela au point...
- D’ailleurs j’ai débarqué avant qu’elle ne soit bien réglée. Paraît-il, une fois qu’elle fut mise au point notre baleinière aurait remportée toutes les régates. Il y avait deux catégories, les baleinières légères et les canots de sauvetage, naturellement modifiés eux aussi.

Le M/V Scottish Star, dont le Snd Mécanicien fut vite surnommé "Want a beer"...

Tout cela était pris extrêmement sérieux. Il y avait même une conférence avant le départ et un plan de la course était donné en fonction aussi de la direction du vent. Plusieurs commissaires de course étaient postés aux bouées de passage obligatoire et toute faute entrainait des pénalités. Je n’ai malheureusement aucune photos de ces régates, puisque l’on nous avait interdit d’embarquer avec un appareil, ce que certains ont pourtant risqué par la suite.

Le Canal ne date pas d’hier, ni de Lesseps, et l’Egypte sait donner du Temps au Temps...

Avis aux navigateurs des mers et de la vaste toile Internet, de bien vouloir nous faire connaître leurs souvenirs, car si ceux qui ont des photos les mettent en ligne. Il existe un site web ou je me suis inscrit pour les anciens du GREAT BITTER LAKES ASSOCIATION, mais je ne l’ai découvert qu’hier et je n’ai pas eu le temps de trainer dessus.

A suivre...
- Le Sindh au mouillage sur le lac Amer - 3ème partie
- Le Câblier Raymond Croze comme le Sindh ?

Bien navicalement - Michel Caracatzanis
- Officier Mécanicien de Première Classe et officier à bord du Sindh en 1967.
- Site "Aéro-Israelien"
- Mirages d’Israël

Pour la mise en page, merci à Michel Caracatzanis, Pierre Escaillas, Jo Kerdraon, Roland Grard et bien sûr, au Site des Messageries Maritimes et à son Web-captain Philippe Ramona, que je salue naturellement au passage.

La Licorne fut le symbole des Messageries Maritimes

Ayant lu l’excellent récit d’un officier mécanicien Anglais du Port Invercargill, qui racontait naturellement la même chose à sa façon, je dois aussi préciser que l’usage de la station radio et de tout son équipement était strictement interdit par les autorités locales. C’est donc dire aussi que la présence à bord d’un "homme de l’art" ne s’imposa pas longtemps.

Bien navicalement - Thierry Bressol - OR1
- Et pour quiconque s’intéresse au canotage :
- Canots et engins de sauvetage etc...
- Visite annuelle de sécurité à Dieppe et canotage
- Le Sea Intrepid (2/2) au mouillage en baie de Vigo et la plage naturiste (passionnant canotage)

Le Canal de Suez il y a un certain temps...
(par les "Carnets de la Licorne")

Il y a vingt cinq siècles, les Pharaon NECHAO II inaugurait le Canal de Suez. Le Canal de Suez encore plus ancien est en effet évoqué dans les fabuleux Carnets de la Licorne, à bord desquels il fut prouvé par Jean Ceccarelli et sa théorie thermodynamique, que l’Enfer est exothermique. C’est dans "Océan Indien, mer Rouge et Marania", un récit d’une cocasserie tout à fait libératoire...
- D’autre part Pierre Escaillas a aussi évoqué le Sindh car le Marania venait de passer le Canal moins de 36 heures avant lui, "chaud aux fesses" !

- Site officiel du Canal de Suez pour les clients.
- Le Canal de Suez avec Wikipedia
- Le Canal de Suez aujourd’hui géographie.

- Le Canal de Suez à bord du CMA-CGM Nabucco avec et par Françoise Massard.
- A Suez le trafic et les revenus du Canal s’effondrent (le 24 Mars 2009) (crise et piraterie...)
- Canal de Suez forte augmentation des recettes en 2007
- Le Canal de Suez gèle ses taxes de passage (2008)
- La CMA-CGM passera-t-elle par le Cap ? (Point de vue de Cie du 19 Nov.)
- Certaines lignes de Maersk vont contourner l’Afrique (le 21 Nov.)

- GREAT BITTER LAKES ASSOCIATION le Yacht-club du lac Amer par Wikipedia.
- GREAT BITTER LAKES ASSOCIATION est aussi un objet de collection philatélique.

- Inauguration du Canal avec "Herodote".
- Le canal Antique avec "Universalis".
- Il y a vingt cinq siècles, les Pharaon NECHAO II inaugurait le Canal de Suez

- Le Canal de Panama en "direct live" avec 4 webcams permettant de voir Qui "passe" 24 heures sur 24 et même les grands travaux actuellement en cours.

PC de la CMA-CGM sur le Canal de Panama, à la Tranchée de la Culebra.

Historique du Sindh :
- Lancé le 4 Février 1956 à La Ciotat le Sindh fut le quatrième d’une série de 10 cargos appelés "série F" ou "8300 tonnes de port en lourd". D’abord affecté à la ligne commerciale vers les Philippines et le Japon puis sur toute l’Asie du Sud-Est, le Sindh doit sa célébrité à sa mésaventure, lorsque le 5 juin 1967 il fut bloqué dans les lacs Amers par la guerre des 6 jours.
- Un équipage réduit fut cependant maintenu à bord jusqu’en août 1970, date à laquelle la Compagnie décida de l’abandonner à son assurance. Il fut alors vendu et passa sous pavillon Norvégien avec l’étrange nom "Essayons", pour reprendre du service après sa "libération" en 1975 en devenant le Saoudien Badr avant de disparaître des listes en 1983.

Symbole de l’accueil du site

Par Michel Caracatzanis- OM1
- Le Sindh au Gd Lac Amer - 1 & Le Sindh au Gd Lac Amer - 2
- Le Sindh au Gd Lac Amer - 3 & Le Sindh au Gd Lac Amer - 4
- Le Sindh au mouillage sur le Grand Lac Amer - 5ème partie
- Le Sindh au mouillage sur le Grand Lac Amer - 6ème partie
- Comment le Sindh fut piégé récit du Commandant J.L. Choquet.
- Le piège refermé sur le Sindh fin du récit du Cdt J.L. Choquet.
- Le Câblier Raymond Croze comme le Sindh au Canal de Suez ?

- Ibn Djubaïr, voyageur maritime de 1185
- Quand Ibn Djubaïr a fait naufrage
- Extraits de "Voyage" d’Ibn Djubaïr

- Listes des articles & Contenu de Marine Inconnue
- Les prochaines "frappes" de Marine
Inconnue

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


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