Souvenirs de mer

4 juillet 2005

L’Ingénieur Rudolf Diesel

Je ne pouvais que m’intéresser au grand Ingénieur Rudolf Diesel car j’ai vite senti que c’était très intéressant, car c’est un vrai roman. Là aussi la réalité dépasse toute fiction, parfois de fort loin.
- Comme pour l’invention du radar, les surprises ne manquent pas.
- MV Selandia et Rudolf Diesel (Arte le 26 Octobre 2013 à 20h45)
- Le U-Boot disparu U-455 (Arte le 26 Oct. 2013 en fin de soirée) Ce n’est pas si souvent que la TV "nous fait du Maritime" !

(complété le 14 Juin 2007, corrigé le 6 Mai, le 16 Août 2010 et le 25 Octobre 2013). Il me manque toujours une photo du sous-marin des essais secrets Français à Toulon. Mais ça viendra, même si je ne suis pas encore sûr de mon coups.
- Recherches en cours ! A suivre donc...

Rudolf Diesel, Génial Ingénieur, Parisien, Allemand, Européen et Pacifiste.
(son décès est un roman policier d’exception ! Mais il fut sans doute victime de son obstination humaniste à refuser de laisser faire n’importe quoi avec ses idées technologiques)

QUI ETAIT RUDOLF DIESEL ?

Scoop ! La journaliste Séverine était aussi une amie proche de Diesel, ce qui prouve qu’elle fréquentait aussi la bourgeoisie ! Malheureusement, elle n’a pas pu expliquer sa disparition malgré ses enquêtes.

Portrait de Séverine la journaliste en 1900

Les grands innovateurs n’ont pas tous vu leur nom devenir un mot commun, surtout de leur vivant. Lui si ! Au moins autant que Pasteur. Mais on trouve malheureusement, finalement fort peu de chose à propos de Rudolf Diesel sur Internet, même en Allemand. Ceci est extrêmement bizarre.
- Ceci prouve aussi que sa disparition sentait le souffre et que ça dure peut-être jusqu’à aujourd’hui :
- Les moteurs de recherche racontent sur lui tous un peu la même chose, avec des omissions qui semblent parfois être des partis pris un peu étranges. Heureusement, il n’y a pas que la "bibliothèque des bibliothèques" car Internet n’est pas toujours complet, loin s’en faut.


SOURCES : Le Dictionnaire, la "vaste toile", les Confidences d’une bibliothécaire Belge qui se trouve être de la famille de Georges Carels, un très proche collaborateur de Diesel. J’ai aussi lu un article très ancien de la revue Historia qui a sa propre thèse. Je la conteste mais un certain nombres de "données" précises et vérifiables concernant Rudolf Diesel y sont réunis, ce qui permet quelques utiles confirmations.
- Voici pour commencer, un résumé de ce qui se trouve de plus précis sur la Vaste toile d’Internet :

"Mystérieuse disparition de Rudolf Diesel, Ingénieur Allemand disparu en mer à bord du paquebot "Dresden" de la ligne maritime de Anvers à Harwich en 1913."
- "Rudolf Diesel fut l’inventeur du moteur à combustion interne qui porte son nom" :
- Born : 18-Mar-1858
- Birthplace : Paris, France
- Died : 30-Sep-1913
- Location of death : English Channel
- Cause of death : Suicide
- Gender : Male
- Ethnicity : White
- Sexual orientation : Straight
- Occupation : Inventor & Enginer
- Level of fame : Somewhat
- Executive summary : Inventor of the Diesel Engine "Inspired by Carnot’s writings to create a more efficient engine."

"Some believe that Diesel was murdered, possibly by German agents, but given his finances at the time and his erratic behavior in the months before the end of his life, suicide is the most likely possibility..." ou bien :
- "On a souvent pensé que Diesel fut assassiné, probablement par des agents secrets Allemands. Mais sa situation financière et son comportement parfois bizarre durant les mois précédant sa disparition, laissent aussi croire qu’il s’est probablement suicidé."
- Note Thierry Bressol : "Tiens tiens !... Comme c’est bizarre."

- Father : Theodor Diesel (leather worker - maroquinier à Paris)
- Mother : Elise Diesel
- Sister : Louise (b. 1856)
- Sister : Emma (b. 1859)
- Wife : Martha Flasche (m. 1883)
- Son : Rudolf, Jr. (b. 1883)
- Daughter : Heddy (b. Oct-1885) <= son livre de 1957 : thèse du suicide
- Son : Eugen (b. 3-May-1889)


Qu’aurait-il pensé de ce moteur ?

CMA CGM Berlioz compartiment du "MP"

L’ingénieur Rudolf Diesel est né à Paris le 18 mars 1858, Rodolphe pour l’état civil Parisien. Il fut également un connaisseur distingué des arts et de la littérature de ses deux pays.
- Fils de citoyens Allemands dont le père était maroquinier à Paris, il y a grandi jusqu’à ce que sa famille parte en exil à Londres durant la guerre de 1870 pour éviter d’avoir des "ennuis avec les autorités". Ils revinrent s’installer à Paris en 1872. Je reviendrai là-dessus plus loin, naturellement car c’est tout à fait étonnant. Théodore Diesel aussi était un homme exceptionnel, même s’il était d’abord un modeste artisan Parisien et Allemand.

A sa majorité, Rudolf opta pour la nationalité du jeune Empire Allemand après quelques hésitations. Il avait droit à être Français étant né à Paris, mais il appréciait peu le militarisme revanchard ambiant de l’époque en France. Il n’a pas dû être déçu en découvrant son pays d’origine par la suite, victime de la même sottise collective...
- Le comportement des autorités françaises l’inquiétait plus lorsqu’il était jeune que celui de la Nouvelle Allemagne, d’où son premier choix...

Rudolf Diesel ne voulait pas de guerre et comme son père Théodore, il se déclarait pacifiste convaincu. Il paya fort cher ses opinions.

Torpillage d’un pétrolier - USA côte Est - 1942

Ce contexte politique parisien l’incita donc à partir travailler à Augsbourg, ville natale de son père où il rencontra le professeur Karl von Linde. Entré en 1875 au "Technische Hochschule" il obtint en 1880 son diplôme d’ingénieur en constructions mécaniques.
- Sa première thèse rédigée en français, fut consacrée aux moteurs à combustion interne et publiée en mars 1878. Ce sujet l’intéressa dès le début de sa carrière d’Ingénieur, elle fut donc vite remarquée.

À Munich, il fut l’un des protégés de l’ingénieur frigoriste Karl von Linde puis rejoignit l’entreprise de von Linde à Paris en 1880 après avoir été l’assistant du Professeur. En quelques mois, il fut engagé en Suisse puis dans la filiale Française dont il fut nommé directeur, ce qui lui assura des revenus appréciables.
- En 1883 il épousa Martha Flasche à Munich.

Rudolf Diesel consacra beaucoup de temps à la tâche qu’il s’était imposée pour développer un nouveau type de moteur à combustion interne, proche de l’efficacité théorique du cycle de Carnot. Pendant un temps, il fit même des expériences avec un moteur utilisant l’ammoniaque.
- En 1890 il obtint un nouveau poste pour la société de Linde à Berlin, où il conçut l’idée de son moteur "diesel" :
- Depuis l’école supérieure, il cherchait un moyen d’améliorer le rendement des machines thermiques à vapeur ou à combustion. Il eut l’idée d’augmenter la compression de l’air dans les cylindres afin d’obtenir une inflammation spontanée, toujours à partir de son vif intérêt pour le cycle thermodynamique de Carnot, qui avait envisagé cet allumage spontané.
- Rudolf Diesel obtient en 1892 son premier brevet, portant sur une possible amélioration du processus de fonctionnement du moteur à combustion interne. Un second brevet le compléta l’année suivante. De fait il participa à l’amélioration de l’existant avant de "passer au diesel".

Sa monographie du 28 février 1892 fut publiée en description du principer de son moteur sous le titre :
- "Theorie und Konstruktion rationellen Wäremotors"
- "Théorie et Construction d’un moteur chauffant".

Avec le support de Maschinenfabrik Augsburg, des sociétés Krupp et Sulzer, il a produit une série de modèles de plus en plus réussis qui aboutirent à sa démonstration de 1897 :
- Un moteur monocylindre vertical à 4 temps avec une pression de compression de 32 atmosphères qui développait 25 chevaux-vapeur. La réalisation de son moteur reposait sur deux principes :
- La compression de l’air et la possibilité de brûler n’importe quoi en fonctionnant, c’était "un plus" énorme par rapport à tout ce qui existait.


- "Vous osez rentrer là-dedans ?" demanda un jour une amie visiteuse à mon bord...
- Et pourquoi pas, s’il le faut ?

Mécanicien au travail à bord, dans le moteur

Le premier prototype explosa à l’usine MAN lors de la première mise en marche. Diesel bien que durement blessé, ne désespéra pas et conçu un autre moteur qui s’il n’explosa pas, ne fournissait pas assez de puissance motrice. Cependant il prouva que son idée pouvait fonctionner après 4 années de recherches difficiles.
- La jalousie de ce succès se solda en de multiples procès avec des individus contestant l’antériorité de certaines caractéristiques importantes de son moteur. Diesel gagna tous ses procès, mais en fut affaiblit au niveau de sa santé et dut même suivre des cures car il était probablement trop sensible au stress.

Présenté pour la première fois en public en 1898, son moteur fut fort appréciés par tous les "observateurs" et un Américain acheta la licence pour les Etats-Unis. Krupp (Essen) proposa de financer de futurs travaux mais ils hésitaient car le moteur de Rudolf Diesel ne supportait pas le charbon :
- A cette époque en effet, toutes les mécaniques puissantes marchaient encore et seulement au charbon...

Diesel étudia le travail de Niklaus Otto en 1876, car son moteur comprimait aussi le mélange avant son allumage par étincelle électrique. A l’origine, Rudolf Diesel ne concevait son moteur que pour être utilisé en version fixe, pour les usines par exemple. C’est seulement par la suite, en mettant au point les premiers modèles légers et puissants que de grandes idées se sont imposées à lui.
- Le succès commercial fut vite au rendez-vous car la présentation de son moteur en 1900 à l’Exposition Universelle de Paris consacra sa renommée déjà universelle. Par la suite, le rendement élevé du moteur diesel et sa simplicité comparative de conception lui donnèrent un succès commercial immédiat et les honoraires de redevance lui apportèrent vite énormément d’argent.
- Hélas, Rudolf n’en retira ni reconnaissance ni fortune durable par la suite.

Evincé de ses propres entreprises par des hommes d’affaires sans scrupules, Diesel se retrouva peu à peu dans une situation très difficile à gérer dans tous ses aspects.
- 1898 : premier moteur puissant 200 Kg/CV
- 1900 : Succès à l’exposition universelle de Paris

Progressivement, le Doktor Diesel est devenu riche et tout le monde s’adressait à lui en disant "Herr Professor", ce fut la consécration.

Moteur de navires des années 2000... Qu’en aurait-il pensé ?

Moteur Diesel Sulzer de navire de commerce

1910 : Premier moteur conçu pour les navires :
- Ce fut aussi le début de ses vrais ennuis car le Grand-amiral et Ministre de la Marine, Alfred von Tirpitz (1849-1930) et son alter-ego au Royaume Uni le Lord-Amiral Fisher s’en mêleront de plus en plus ouvertement...

A titre d’information, son innovation ne cessa jamais de "faire des petits" entre les deux guerres mondiales. Les "professionnels" les plus lucides avaient prévu ou "senti" cela dès 1910 :
- 1922 : premier moteur diesel léger pour les voitures et les camions.
- 1934 : premier diesel puissant conçu pour les grosses locomotives et.. Premiers essais de l’Ingénieur Pielstick pour les nouveaux U-Boote, le fameux "type VII"...

1910 et 1911 : Rudolf Diesel fut de plus en plus souvent "démarché" par des personnages "collants" envoyés par l’amirauté Anglaise et par ses cousines Allemande et Française.
- En effet les premiers sous-marins vraiment performants étaient tous à vapeur, ce qui n’était pas très satisfaisant. Le moteur de Diesel semblait être LA solution à ces "insuffisances"...

1910 : Fondation de son entreprise anglaise, "Consolidated Diesel Engine Manufacturing" en association avec Mr Akroyd Stuart, qui inventa lui aussi (en 1890) un moteur à allumage par compression mais qui fonctionnait à l’huile lourde .

Admiral John Arbuthnot Fisher ou "Jackie"

1911 : Diesel fut invité à Londres par le Lord-Amiral Fisher pour y rencontrer aussi le Premier Lord de l’Amirauté. Ceci eut pour conséquence, d’être ensuite rapidement convoqué par le "Gross-Admiral" von Tirpitz, Ministre de la Marine Impériale du Kaiser. Avec ce dernier, je suppose qu’il devenait de plus en plus évident que "ça ne rigolait plus"...

En effet tous les constructeurs de sous-marins en Europe et aux USA, pour ne citer que ceux-là, venaient "consulter" Herr Doktor Diesel, les uns après les autres... Du côté anglais et allemand l’exigence se faisait de plus en plus précise car les deux "partis" voulait des moteurs Diesel et être seul à en disposer !
- Par contre, Rudolf Diesel était très déterminé à laisser tous les pays utiliser ses brevets si on lui payait sa "redevance", au demeurant calculée à un assez faible taux. Il pensait que tout le monde devait en disposer librement et voulait absolument que ses entreprises fonctionnent. Il avait en effet besoin d’argent à la suite des déboires financiers évoqués plus haut...
- Un courrier sur ce thème fut donc envoyé à tous ses interlocuteurs et cette lettre n’a pas du tout (mais alors, pas du tout !) su plaire à Tirpitz, le Ministre de la Marine Impériale à Berlin.

Il fut donc convoqué une seconde fois à Berlin par l’Amiral Tirpitz et cet entretien se passa fort mal selon de nombreux témoins :
- Des cris et des insultes même en français (!) auraient été entendus jusqu’au bout de la coursive, assez loin du bureau du Grand Amiral. Mais Rudolf Diesel ne céda pas. Au contraire il envoya ouvertement, haut et fort l’amiral se faire voir...

Partout où j’ai lu évoqué "cet incident", il est visible que cela ne pouvait qu’avoir d’incalculables et graves conséquence.
- Quelle fut la réaction de Tirpitz ?
- A ce sujet "ça brode beaucoup". Thierry Bressol est absolument certain qu’il l’a fort mal pris. Mais cela ne veut pas dire que... Tirpitz n’avait pas une mentalité de gangster.

Le Grand-amiral Alfred von Tirpitz

1912 : Conception et essais du premier moteur diesel spécialement conçu pour les sous-marins. Des essais en mer Baltique furent organisés avec un sous-marin à vapeur spécialement transformé :
- Nouvelle convocation de Rudolf Diesel par le Ministre von Tirpitz, qui lui a alors strictement interdit toute divulgation d’information concernant cette nouveauté vers toute puissance étrangère que ce soit :
- A cette occasion une ancienne loi Prussienne fut rappelée au bon souvenir du grand Ingénieur, selon laquelle toute innovation technologique pouvant avoir un usage militaire doit être strictement réservée aux Autorités Militaires Impériales. A ce titre, Herr Doktor Diesel pouvait donc être considéré comme coupable de haute trahison... Verdamnt !

Cependant Diesel ne cédant pas plus que précédemment, Tirpitz aurait alors violemment menacé Diesel d’un risque de prison.
- Pendant ce temps en Grande Bretagne, il semble que le jeune Winston Churchill, premier Lord de l’Amirauté c’est à dire le ministre de la Marine et le vieil amiral Lord Fisher "veillaient" :
- Il fut en effet plusieurs fois constaté que Rudolf Diesel était suivi partout par des anglais, ce qui l’a certainement encore plus exaspéré...

Fisher était l’un des rares amiraux Anglais à être un "chaud supporter" de l’arme nouvelle des années 1900, les sous-marins. Il était en effet persuadé que le moteur de Diesel apportait quelque chose de stratégique en la matière.
- Il se trouve que ces idées avancées étaient partagées par Tirpitz !

Le Lord-amiral Fisher fit alors ouvertement des propositions très "précises" à Diesel, pour obtenir l’exclusivité absolue de ses plus récentes innovations. Bien sûr, cela s’est su à Berlin. On peut donc se douter que cela a su "mettre de l’ambiance" à Berlin dans le bureau de qui vous savez...

Le U-14, sous-marin Diesel de la première guerre mondiale.

La MYSTERIEUSE DISPARITION DE RUDOLF DIESEL

Après avoir situé le contexte du moment et rappelé qui il était, voici tout ce que je sais du dernier voyage de Rudolf Diesel et de sa disparition. Je ne raconte ici que les éléments sur lesquels tout le monde est "d’accord" et ceux qui sont vraisemblables et hautement probable, compte tenu des circonstances et des mentalités de l’époque. C’est donc dans un climat très pesant pour l’intéressé que ce voyage fatal en Angleterre fut organisé.
- Ce voyage fut-il vraiment "organisé" ? Il s’est en effet passé quelque chose d’insolite lorsque Diesel et ses deux compagnons de voyage sont arrivés à bord du paquebot Dresden de la Compagnie "Great Eastern Railway Co" sur sa ligne en Mer du Nord entre Anvers et Harwich :

Le Dr Diesel était (naturellement) invité au conseil d’administration de son entreprise anglaise citée plus haut. C’était un "excellent prétexte" officiel pour faire ce voyage. Tout vrai que cela était, il se peut que bien d’autres choses aient été prévues par Diesel, à faire en Angleterre. Nul ne le sait aujourd’hui.
- Rudolf Diesel voyageait donc avec Messieurs Carels, un Constructeur Belge associé et ami de longue date, et Luckmann, un de ses proches collaborateurs Allemand à Augsbourg. Deux cabines étaient réservées pour ces personnes sauf pour Diesel. N’est-ce pas bizarre ? Cela dit j’ai tout de même tendance à considèrer ce fait insolite, comme une stupide erreur, un hasard sans rapport avec sa disparition.
- Il fut donc nécessaire au personnel de bord d’improviser pour loger l’ingénieur, ce qui fut finalement fait sans grand problème. Mais ! Cela eut une autre stupide conséquence, Rudolf Diesel n’était pas sur la liste officielle des passagers, je cite ici une fois de plus, les enquêtes Belge et Anglaise...

Transmanche ancien, le Ville d’Anvers

Le navire appareilla très normalement d’Anvers le 29 septembre 1913 au soir.
- Le lendemain, il fut constaté que le Dr Diesel ne se présenta pas comme c’était prévu au petit déjeuner et sa cabine fut trouvée vide lorsqu’on y jeta un coup d’oeil à la fin de la matinée... On ne l’a plus jamais revu.

Il doit être inutile de dire que l’affaire fit grand bruit et que le navire fut fouillé avec soin une fois de plus dès l’arrivée à Harwich. On retrouva dans sa cabine tous ses bagages et effets personnels, sa montre (à gousset), ses papiers, son argent liquide etc...
- Même sa chemise de nuit (quelle époque !) fut retrouvée, pliée sur la bannette soigneusement "comme il en avait l’habitude avant de se coucher" confirma sa famille.
- De surcroît des objets furent trouvés disposés sur le lavabo du cabinet de toilette, comme s’il allait se brosser les dents et se coucher. Tout était (ou semblait) normal, sauf que Diesel semblait s’être évaporé.

ENQUETES

Deux longues enquêtes "parallèles" n’eurent aucun résultat, tant en Angleterre qu’en Belgique. D’autre part deux policiers (jumeaux ?) qui me font réellement penser aux Dupond & Dupont menèrent l’affaire à Anvers au retour du navire, ça ne saurait s’inventer, même si tout cela reste à vérifier. Plusieurs "sources" les citent mais leurs noms "changent" et ils auraient multiplié les "gaffes". Bizarres, bizarre...

Je n’ai pas eu le temps de leur téléphoner. Heureusement ?

Pour l’anecdote, les Dupond & Dupont auraient été imaginés par Hergé à partir de deux personnes de sa familles pour leur tenue vestimentaire, mais les deux fameux policiers de l’Affaire Diesel auraient servi de "modèles de base"...
- Hergé aurait aussi envisagé "d’utiliser" la mystérieuse disparition de Diesel, avec les personnages que vous devinez bien sûr ! Nous avons sans doute manqué quelque chose, même si la réalité dépasse souvent toute fiction. Surtout avec Rudolf Diesel !

Cinq jours après, des pêcheurs Belges au travail au large de l’estuaire de l’Escaut trouvèrent un corps dans leur filet. Il fut ramené à Anvers puis autopsié à la morgue. Quelques objets personnels furent trouvés dans les poches sur le corps furent ensuite identifiés par le fils de Diesel.
- D’autre part le corps avait une montre sur lui. Mais peut-être Diesel en avait-il deux... Encore un détail étonnant.

INSOLITE

Quelques jours plus tard le 10 octobre, un bateau pilote Hollandais trouva un autre corps qui dérivait au large de l’embouchure de l’Escaut. Ce corps portait lui aussi quelques effets personnels appartenant à Rudolf Diesel.
- Cette fois, nous traversons une zone brumeuse car personne même le génial Rudolf Diesel, n’est censé avoir deux corps. Pour Christophe Colomb, on en parle encore !

Beaucoup plus grave, ces cornichons de Hollandais ne ramenèrent que les objets trouvés sur le corps trouvé, qui fut rendu à la mer du Nord... Ce qui a "fait désordre" fut aussi le fait que le médecin légiste Anversois trouva une profonde blessure derrière la tête du corps examiné, dont il certifia qu’elle fut faite bien avant la mort de "l’intéressé". Etait-ce la blessure due à l’explosion, survenue des années plus tôt ?

Tous les témoignages sèment le trouble, car les membres de son entourage "pro" et familial étaient divisés en deux "camps" :
- Ceux qui disaient que Rudolf Diesel était robuste et en parfaite santé.
- Ceux qui évoquaient un Rudolf Diesel dépressif et instable, dont le comportement montrait une "tendance à la mythomanie".

Où était "le vrai" ?

Dépressif et instable ? Ce dernier trait ressemble assez peu à l’image de marque du personnage. D’autre part il fut également dit qu’il était susceptible d’avoir organisé sa fuite devant une situation financière et personnelle devenue tout à fait inextricable :
- Déboires financiers, harcèlement professionnel, histoires de cocu, etc.

A Anvers en 1912, tout le monde n’avait pas encore un Diesel...

A bord du navire par contre, tout le monde fut d’accord sur ce qui a pu être vu et entendu, de Mr Carels à Mr Luckmann, en passant par les gens du bord, sans oublier tous les passagers qui reconnurent le Dr Diesel. Tel fut le Docteur Nehru, un médecin en voyage d’étude et membre de la famille d’un autre Nehru très connu aujourd’hui. Le docteur Nehru qui ne pouvait pas dormir ce soir là, passa une partie de la nuit sur le pont. Il déclara y avoir rencontré Diesel qui se promenait pour la même raison. C’est tout à fait vraisemblable.

Tout le monde déclara que l’atmosphère du repas le soir du départ était parfaitement détendue. Rudolf Diesel évoqua le prochain mariage de sa fille prévu quelques semaines plus tard avec le baron Von Schmidt. Il en plaisanta même en disant qu’il risquait fort d’être ruiné avec ce que cela lui coûterait... (il était probablement déjà ruiné)
- Il fut cependant remarqué par la suite que Mr Luckmann resta le plus silencieux possible lors de l’enquête et qu’il n’avait qu’une seule idée en tête :
- Rentrer en Allemagne le plus vite et le plus tôt possible. Il attira donc l’attention en étant fort peu coopératif. J’ai tendance à penser qu’en tant que proche collaborateur, il avait tout simplement "des états d’âmes". Mais je n’y étais pas...
- Ces soupçons furent bien sûr alimentés parce que c’était un homme très discret et peu bavard. Herr Luckmann nous est donc resté peu connu et laissa peu de traces, d’où ces soupçons.

Trouver une photo de Winston Churchill très jeune, un défi !

Tout cela est arrivé dans un contexte politique et international tendu, l’ambiance romanesque et surréaliste de 1913 :
- Les tensions Franco-Allemandes à cause de l’Alsace-Lorraine.
- La tension entre la Grande Bretagne et l’Empire Allemand du Kaiser.
- Le grand-amiral von Tirpitz dur à cuire.
- Les perfides ministres Britanniques et leur tendance aux coups tordus.
- Le vieil amiral Fisher et son compère le jeune loup Winston Churchill.

Le jeune Winston Churchill en 1900


- Les fameux marchands de canons du début du 20ème siècle, Zaharoff par exemple...
- Les capitaines de sous-marins Allemands participant aux essais.
- Les mystérieux essais de sous-marins Français à Toulon.
- Les stewards de bord perplexes.
- Le collaborateur silencieux qui ne veut que rentrer chez lui. Le comportement de Mr Luckmann fut incompris et mal apprécié. Il fut donc vite soupçonné d’être un agent secret du Kaiser et de Tirpitz...
- Les policiers Belges et Anglais et leurs enquêtes qui se terminèrent en queue de poisson.
- Les contextes financier et personnel de Rudolf Diesel ambigus.
- Les allusions imprécises de sa fille à propos de sa vie privée agitée dans son livre en 1957. Elle ne voulut jamais en dire plus mais... Connaissons nous la vie privée de nos parents ? Ca ne nous regarde pas. Nous ne pouvons généralement que supposer l’activité nécessaire pour "faire des enfants"... ;-))

Absolument rien ne manquait pour faire un beau roman à suspens, sauf peut-être Sherlock Holmes et le Docteur Watson.

Sherlock Holmes et le Dr Watson s’en seraient-ils mêlés ?

Qu’est-il arrivé ce soir-là au juste ?

Je m’en tiendrai à ce qui est sûr, relativement vérifiable et évident. L’accident est improbable, même s’il peut depuis toujours arriver en Mer que des passagers ou des membres de l’équipage tombent bêtement à la baille. Avec quelqu’un comme Rudolf Diesel, qui traînait de nombreuses casseroles, qui était suivi un peu partout en permanence et dont "l’évaporation" arrangeait beaucoup de monde, ce serait une coïncidence bien étrange...

ACCIDENT ?
- Je n’imagine pas une seconde Rudolf Diesel glisser bêtement sur une peau de banane, puis basculer accidentellement par dessus bord la nuit en se baladant au pont promenade parce qu’il avait du mal à s’endormir. Il ne faut pas se moquer du monde !
- Pas de crime crapuleux non plus. Aucun vol ne fut constaté et ce n’était "pas le genre" de la Ligne Anvers - Harwich et encore moins du sympathique petit paquebot Dresden. Les stewards eurent cependant des ennuis pour ne pas s’être inquiétés de Diesel suffisamment tôt, ayant attendu longtemps avant d’ouvrir sa cabine en fin de matinée.
- Mais ! L’un d’eux pensait qu’il y avait une dame avec lui et ne voulait à aucun prix les déranger, ce qui se conçoit fort bien...
- Bizarre encore, l’ingénieur était venu à bord accompagné par deux hommes et la présence d’aucune compagnie féminine à bord ne fut confirmée. C’est cependant possible.

SUICIDE ?
- Telle fut la version officielle "préférée". C’est possible, compte tenu du stress auquel il était soumis. Il faut aussi reconnaître qu’autour de Rudolf Diesel, s’était construite peu à peu une situation de plus en plus complexe et ingérable, dont il est évident qu’il ne savait pas comment s’en dépêtrer. Ce fut confirmé par sa fille Heidy et d’autres personnes dans l’ensemble de ses collaborateurs.
- Son entourage était très divisé mais il se trouvait dans les deux "camps" des gens de la plus parfaite bonne foi :
- Les deux aspects connus du personnage, le Diesel robuste en parfaite santé et le dépressif devenu instable, ne sont pas si incompatibles que cela peut en avoir l’air à première vue. N’importe quel spécialiste "psy" peut vous le confirmer.

Il redoutait de plus en plus ce qui arriva hélas l’année suivante, la guerre de 1914. Diesel avait aussi tendance à trop en parler, ce qui était fort imprudent, déclarant qu’il refuserait catégoriquement de participer à ces "énormes sottises". Ici je cite Rudolf Diesel en personne, pacifiste né en France ET d’origine Allemande.
- Qui pouvait se sentir à l’aise dans cette situation "particulière" en 1913 ?

Soumis à d’aussi fortes pressions tout est imaginable, à commencer par péter les plombs en regardant le sillage du navire. Il est bien connu des Marins qu’il ne faut pas faire cela en se tenant à l’arrière trop longtemps durant la nuit, surtout lorsque "tout va mal".
- La bonne ambiance du repas de la veille au soir à bord n’empêche absolument rien, j’aime autant vous le dire. Peut-être même qu’au contraire... Cela aussi, n’importe quel "psy" peut le confirmer.

Anvers autrefois

Qui était vraiment Rudolf Diesel ?

Il est étrange que cet homme soit resté le plus parfait inconnu pour nous toutes et tous jusqu’à maintenant. J’ai comme tout le monde prononcé son nom des milliers de fois durant ma vie sans jamais avoir entendu parler de lui. Tout au plus, je savais qu’un Allemand nommé Diesel créa le moteur de ce nom.
- C’est semble-t-il, resté un sujet tabou en Allemagne aussi.

Ma surprise fut donc totale en apprenant non seulement qu’il était Parisien et Allemand à la fois, mais que sa mort était restée mystérieuse.
- Diesel a eu la chance d’avoir des parents exceptionnels, des gens modestes, courageux et cultivés. Son père était artisan maroquinier. Theodor Diesel était hautement estimé par ses voisins, ses clients et tous ses fournisseurs à Paris. Il l’était tellement que lorsqu’il est revenu à Paris avec sa famille peu après la guerre de 1870, une fête fut organisée dans le quartier !
- Après tout ce qui s’était passé peu de temps auparavant avec les Prussiens à Paris, c’est très fort pour des Allemands n’est-ce pas ?

Rudolf était intelligent, cultivé et inventif on le sait. Comme son père et sa mère, il était un pacifiste convaincu et un dur à cuire, souvent très imprudent dans ses propos. Père, mère et fils disaient toujours les choses telles qu’ils les sentaient, en se moquant cordialement de tout ce qui pourrait en être pensé. (ceci me rappelle quelqu’un)
- Il avait un gros défaut cependant. Trop fier, dans l’embarras Diesel n’appelait à l’aide que toujours trop tard et ne se confiait à personne, pas même à son épouse dont il était très proche, selon sa famille et ses collaborateurs.
- Je n’écarte donc pas à priori l’hypothèse du grand coup de blues soudain que de toutes façons, il a certainement dû ressentir souvent.
- Tout le monde à l’époque préféra l’hypothèse du suicide pour éviter un énorme scandale international. On a donc peu à peu étouffé l’affaire.

Ces traits de personnalité ensemble, cela constitue un excellent moyen de ne pas se faire que de bons amis ! D’autre part le contexte politique très dangereux décrit plus haut n’arrangeait rien. Nous savons qu’il fut un cocktail tout à fait détonnant.
- Pourtant Diesel se montra bien intentionné en toutes choses. Une chose reste irréfutable, il n’était pas homme à se laisser aller et encore moins se laisser impressionner par qui que ce soit ! Il faut se souvenir de ses relations orageuses avec Tirpitz.
- J’ai donc la certitude qu’il a été tué cette nuit-là, à la suite d’une mauvaise rencontre. Par qui, comment et pourquoi ?

Le "Kaiser" Wilhelm II (Guillaume II) en 1914

S’il n’est pas fréquent que ce sujet soit traité par la presse, j’ai tout de même trouvé un article de la revue Historia dont la thèse est extrêmement simple :
- C’est un coup du Grand-amiral von Tirpitz et du Kaiser ! Pour les rédacteurs de Historia, des agents des services spéciaux auraient été envoyés pour "traiter le problème Diesel" une bonne fois pour toutes...

Cette accusation est à mon sens simpliste et sans aucune preuve de surcroît. J’ai connu la revue Historia plus méticuleuse que ça. Faisons l’effort de nous mettre à la place de Tirpitz :
- Pas une seule seconde je ne l’imagine décrocher son téléphone juste après son entretien orageux avec Diesel, pour ordonner le pire. Tirpitz n’était ni un chef mafieux ni un adepte des méthodes nazies !

Je suppose par contre qu’après son entrevue avec Diesel qui lui fit bouffer sa casquette, Tirpitz a fort probablement pensé ceci :
- "Avec cette maudite tête de bois de Français" (tout le monde savait son lieu de naissance), "cet homme d’affaires qui ne pense qu’à l’argent", il n’y a vraiment rien à faire ! Et de toutes façons, il est maintenant trop tard pour empêcher le reste du monde d’utiliser les nouveaux moteurs" !

Sous-marin allemand à vapeur, pendant les premiers essais de moteurs "diesel".

En effet il y avait dans les équipes de travail à Augsbourg quelques Français. Comme par hasard, la Marine Nationale à Toulon essayait benoîtement au moins deux sous-marins équipés des nouveaux moteurs dès 1905. Ces techniques ne furent probablement pas acquises par les Français par "des moyens très catholiques"... Verdamnt !
- Pas plus "catholiques" d’autre part, que le "comment" Tirpitz savait cela bien sûr... ;-))

Il faut aussi le dire, les Anglais ne furent pas les seuls à se faire remarquer en "pistant" notre ami Rudolf Diesel par tous les moyens. En effet furent observés en train de tourner autour de l’Ingénieur :
- Deux Japonais, un Chilien, un Austro-Hongrois, des Américains, des Italiens et un Espagnol. Il ne manquait plus que les Portugais et les Russes. Sans doute ne se sont-ils pas fait remarquer ! D’autre part on ne trouva pas de Français chez les "suiveurs". Mais compte tenu du fait qu’il y en avait "ça et là" au moins à l’usine d’Augsbourg, il leur était inutile de courrir partout comme les autres !

Les policiers Belges finirent par faire comme leurs collègues anglais, c’est-à-dire abandonner l’enquête après avoir tenté de fouiller tout ce qu’il était possible de savoir sur la vie privée du disparu. On est là, non loin des mystérieuses galipettes de Jules Verne, qui sut si bien réussir à presque tout faire disparaître. La vie privée de Rudolf Diesel était beaucoup plus calme que celles de Jules Verne ou de Victor Hugo, mais deux choses me semblent certaines :
- Il y a eu au moins une histoire de cocu, car Rudolf plaisait aux dames. Il fut même "poursuivi" ouvertement par au moins deux femmes et il "marcha" au moins une fois :
- Si l’un des maris cocus avait été reconnu à bord du Dresden, cela aurait été fort dangereux pour lui. "On" lui aurait certainement fait porter le chapeau ! La police cherchait cela pendant que les journalistes accusaient les agents de Tirpitz ou du Kaiser. Cela dure encore en 2010 car tout simplement, "ils avaient la tête à ça"...

J’ai pris soin de tenter d’innocenter le Grand-Amiral von Tirpitz. Mais il est évident qu’autour de lui, quelques individus moins scrupuleux ont fort bien pu prendre une "initiative inappropriée" et malheureuse sans le consulter :
- Tirpitz était Ministre de la Marine. Il dut probablement parler de cela avec d’autres ministres du Chancelier Theobald von Bethmann-Hollweg. Au moins l’un d’entre eux peut donc être susceptible d’avoir fait préparer un "coup tordu" sans avoir compris que c’était de fort peu d’intérêt. C’était même idiot car il était déjà trop tard. Rien n’est à ce jour prouvé sauf qu’il n’y avait pas dans ce gouvernement, que des gens sympathiques et "droits".

Le Chancelier Theobald von Bethmann Hollweg

Et s’il s’était passé quelque chose de ridiculement plus simple ?

Il est réellement difficile d’affirmer quelque chose de précis, mais j’ai (en 2005) fait un rêve étrange que j’hésite à évoquer. Finalement c’est tellement possible que...
- En haute mer, jeter quelqu’un "à la baille" en pleine nuit par surprise est très facile. C’est cependant plus "délicat" à bord d’un navire à passagers car le risque d’avoir un ou des témoins gênants est (naturellement) très élevé.

Justement, cette nuit du 30 septembre 1913 il y avait peu de monde pour se balader sur le pont. Le Dr Nehru affirma n’y avoir rencontré que Rudolf Diesel. Nehru se serait couché peu après une brève et banale conversation avec Diesel, ce qui est tout à fait vraisemblable.
- Supposons ! Il n’est pas du tout impossible que l’un (ou plus) des nombreux "suiveurs-voyeurs-espions" pénibles qui exaspéraient tant Rudolf Diesel, l’ait rencontré sur le pont durant la nuit. Il y en avait certainement à bord du Dresden. C’est irréfutable car il était suivi presque partout.

Il n’est pas non plus impossible que comme avec le docteur Nehru, se soit engagée une conversation, qui cette fois n’avait rien d’anodin ni de plaisant pour Diesel. Cela ne pouvait que "dégénérer". Si jamais quelqu’un l’a abordé à cette occasion pour faire des propositions de business militaro-industrielles, il est évident que Diesel s’est mis en colère ! C’est arrivé souvent durant cette période. Il est même arrivé que Diesel "boxe" ses interlocuteurs "collants". C’est dire... Cette rencontre risquait donc de fort mal se passer :
- Et si tous les deux étaient passés par-dessus bord en se battant ? L’ingénieur pouvait fort bien décider de "donner une bonne leçon" à son interlocuteur.

D’autre part s’il y a eu plus d’un "agresseur", je conçois fort bien qu’ils n’aient rien dit à l’arrivée et encore moins après. Tout peut ainsi s’expliquer, les deux corps de l’Ingénieur comme les objets trouvés dans leurs poches.
- La célèbre journaliste Séverine enquêta sans succès pour comprendre, car elle le connaissait très personnellement, étant une amie proche. On ne lui a probablement pas vraiment facilité les choses...

Portrait de Séverine la journaliste en 1900

On ne saura probablement jamais la vérité. Ce second corps, comme pour Christophe Colomb, est un des trucs les plus étonnants que j’ai pu savoir. Il s’agit probablement de "l’autre homme", qui aura d’une façon ou d’une autre pu "faire les poches" du Dr Diesel, avant ou après être tombé à l’eau avec lui.
- Je suis donc certain qu’il a fait ce genre de mauvaise rencontre sur le pont, probablement par hasard. Le Dresden n’a pas traversé le Triangle des Bermudes et ce ne sont tout de même pas les extra-terrestres qui l’ont enlevé !

Vous en savez autant que moi maintenant. Tout le reste n’est qu’un énorme fatras de détails invérifiables et le plus souvent invraisemblables. Je ne prétends pas "savoir", je me suis contenté de déduire le déroulement d’un événement compatible avec tous les faits connus, parfaitement vérifiés ou hautement probables.
- Les polices cherchaient un coupable jusque chez les cocus sans en trouver. La version officielle ne pouvait donc pas être autre chose que le suicide, au demeurant possible.

Cela s’est fort mal terminé, ici 4 U-Boote à Harwich en fin 1918

Comme aujourd’hui (en 2005) à propos de l’assassinat de l’ancien premier ministre Harriri au Liban, tout le monde s’est naturellement tourné vers un superbe coupable qui a une "tête à ça". Pourtant au Moyen-Orient, les choses sont toujours plus complexes et plus nuancées que leur apparence. Il y a "du monde" pour avoir un double intérêt, se débarraser violement de "l’intéressé" en mettant les Syriens dans l’embarras. (vous pensez sans doute au même organisme que moi... ;-)) Qui peut savoir ? Ils ne vont pas nous l’expliquer maintenant !
- D’autre part l’amiral Tirpitz n’était pas du genre à faire assassiner Rudolf Diesel. Naturellement dans le contexte et l’ambiance du moment, il se montrait vindicatif et anti-Français ça c’est sûr. Mais le Grand-amiral n’était pas un adepte des méthodes nazies, c’était fort loin de sa mentalité et de son éthique personnelle .

René Viviani, Président du Conseil qui engagea la guerre en 1914

En septembre 1913 il était beaucoup trop tard. Les Français "comptaient les points" en observant la lutte Fisher contre Tirpitz et "ils avançaient", non sans avoir eux aussi tenté sans aucun succès d’obtenir une exclusivité qui n’était plus possible depuis longtemps. Diesel avait tout fait pour cela et réussi.

Raymond Poincaré, Président de la République

D’autre part ce que Diesel ne voulait pas faire avec le Ministre Tirpitz, il n’en était certainement pas plus question avec les Anglais ! Par contre essayer d’en tirer de l’argent, c’est possible.
- C’est pourquoi il m’arrive parfois de penser que "les services" de Winston Churchill, "Premier Lord de l’Amirauté" en 1913, ne sont peut-être pas pour rien dans la disparition de Rudolf Diesel. Cette dernière supposition n’est certes pas la plus probable. Mais ! Le silence officiel Anglais sur l’affaire est assourdissant et leur refus permanent depuis cette époque de laisser voir les archives concernées, tout cela me semble d’une haute bizarrerie. Une de plus...
- S’il ne s’est rien passé de "sulfureux", pourquoi garder cachées dans les années 2000 des "vieilleries" de 1913 ?
- "On" ne me fera pas croire qu’il n’y a absolument rien "d’intéressant" ! Lisez les mémoires de Winston Churchill, qui fut aussi prix Nobel de littérature. Vous découvrirez l’un des personnages les plus brillants du vingtième siècle, mais aussi qu’il n’était pas toujours très scrupuleux. Sa façon "d’évacuer" le sujet me semble tout à fait bizarre...

Avec le personnage hors norme qu’était Rudolf Diesel, on navigue en permanence dans la complexité ou dans le bizarre :
- C’est certainement arrivé très vite, pour que personne à bord n’ait rien vu. Et ceux qui "ont vu" s’il y en avait, n’ont probablement pas dû traîner longtemps "dans le quartier" à l’arrivée à Harwich !

La présence d’un troisième personnage est plausible, je le crois aussi. Il n’aura sans doute rien pu faire pour les empêcher de basculer à la baille. C’est possible. Nous pouvons donc être raisonnablement certains de ce qui lui est arrivé, mais la vraie question est double :
- "D’où venaient et qui étaient les personnes de cette mauvaise rencontre ?"
- "Qui aujourd’hui peut savoir ?"

Bien navicallemand - Thierry Bressol - OR 1

Georges Clémenceau, Président du Conseil qui termina victorieux

Commentaire sur une étrange hypothèse :
- S’il ne lui était rien arrivé, en Août 1914 Diesel aurait probablement dû fuire aux Etats-Unis ou en Amérique du Sud, ne serait-ce qu’à cause de son profil "politiquement incorrect" en Allemagne comme en France.
- Aurait-il pu échapper à ses nombreux problèmes ?
- Peut-être a-t-il réussi une évasion surréaliste, mais j’en doute !

Note fantaisiste : Pourquoi n’en a-t-on pas fait un film ? Peut-être parce que la formule consacrée citée ci-après ne saurait convenir à Rudolf Diesel :
- "Toute ressemblance avec des événements, des lieux, des situations ou des personnes ayant existé ou existant, n’est qu’une pure, totale et fortuite coïncidence."

- Séverine, née Caroline Rémy, la plus grande Journaliste
- Les 2 corps de Christophe Colomb (comme Rudolf Diesel)

Merci aux sites :
- La SEMT Pielstick : Une autre histoire de moteur Diesel, celle de Gustav Pielstick l’homme des moteurs "semi-rapides". Comme Von Braun il "passa à l’Ouest" en 1945, mais ce fut en France, sans les fusées mais avec un nouveau type de moteur Diesel...
- Les sous-marins et l’Histoire
- L’Amiral John Fisher
- Churchill (m.à.j. récente avec belles photos en mars 2010)
- Alfred von Tirpitz
- Le Chancelier Theobald von Bethmann-Hollweg
- Archives "Diberville"

Les sous-marins avant les moteurs de Diesel :
- Le Gymnote
- Le Hunley
- Epaves célèbres

Bulletin Bibliographique Spécial du 25 Juillet 2007 :
- La malle de l’Ingénieur. Ce roman policier de Luc Zana est consacré à la disparition de Rudolf Diesel, publié en Juillet 2007. Notre correspondance a modestement aidé Mr Zana à finaliser son texte.

Symbole de l’accueil du site

Merci aussi à Wikipedia
- Plan du site & Marine Inconnue

Commentaire reçu en Janvier 2010 :

"Bonjour,
- J’ai essayé de prendre contact par votre site-blog, mais je n’ai pas eu l’impression que mon mail ait été bel et bien envoyé !
Mon époux et moi-même sommes des descendants de lignée indirecte de l’ancêtre Georges Carels qui a accompagné Rudolf Diesel sur ce bateau. Ma belle-mère est une Carels ainsi que ma grand-mère.
- Je viens de lire votre article très intéressant sur la mort et disparition de Rudolf Diesel en mer. Je connaissais déjà l’histoire par le biais d’un article du journal Le Soir de Bruxelles.
- J’ai trouvé votre article très complet et j’aurais voulu savoir où vous aviez trouvé les informations concernant l’enquête. J’aimerais bien pouvoir en prendre connaissance ou obtenir une copie pour compléter mon dossier au sujet de la famille Carels.
- Je vous remercie d’avance de votre réponse.
"
- "Laurav hb"

Surveillance de la Machine en timonerie à bord du CMA CGM Nabucco

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/