Souvenirs de mer

11 août 2005

La radio et la navigation maritime

- Voici, ci-dessous quelques informations concernant l’usage de la radio dans le cadre de la navigation maritime civile.
- En effet, j’écris "civile" parce que les "tuyaux gris" utilisent la radio en mer de façon plus exotique encore.

Note technique :

- D’ici une semaine cet article recevra quelques photos pour l’illustrer concrétement.
- Avril 1999 et 10/08/2005

- Ce 20 Août 2006, il n’a tjrs pas été corrigé... Ca va venir !

- Depuis que le téléphone, le fax et Internet sont devenus indispensables en permanence à presque toutes les activités économiques, qui s’étonnera que les navires de commerce finissent toujours par suivre ce mouvement ?

- Dès qu’un progrès technique survenait pour faciliter les communications du bord avec "la terre" et inversement, il fut promptement accepté et adopté, parfois sous réserve
d’être susceptible de participer plus vite encore à la future éviction de l’officier radio.

- C’est donc arrivé en Mer par les progrès de la Radioélectricité, les Ondes Moyennes et les Ondes Courtes en Graphie, en Radiotéléphonie BLU, puis avec le Radiotélex TOR. (telex on radio)

- Pour finir Inmarsat s’imposa en commençant pourtant très timidement à partir de la fin des années 70. En effet longtemps les "Inmarsat" restèrent peu nombreux, c’est-à dire moins de 200.
- J’ai encore chez moi un "Inmarsat A Directory" de 1985.

Peu à peu, le cercle restreint de cette "élite radio-maritime" (sic !) s’est agrandi. En 1983 ils étaient déjà 700. Il y a peu, un chalutier devenu le millionième abonné d’Inmarsat. Il fut fêté sans discrétion en Bretagne.

Les boules blanches ont depuis lors fleuri dans les mâtures ou sur la partie supérieure du château de la quasi-totalité des navires, même de taille modeste.

Plus étonnant le terminal Saturne du St-Roch installé en 1979 peu après son neuvage, est maintenant comparable à une pièce de musée.
- C’est en effet un authentique "Standard A" des années 70, l’un des tous-premiers Satcom. Nous n’en sommes plus là.

"Inmarsat" est devenu le moyen évident et immédiat pour joindre un navire par téléphone ou par télécopie, quand "ça nous prend". Les usagers du téléphone qui le souhaitent ne se posent plus de question, ils décrochent. Parfois même ils appellent depuis leur véhicule ou bien en tant que piéton avec leur "portable"), composent le numéro 00 871 (872, 873 ou le 874) suivi des 7 chiffres du navire.

- Hop ! Le bateau est en ligne même en étant à quai car les navires sont "joignables" de la sorte maintenant.

D’autre part, certains à bord disposent même de leur radiotéléphone GSM personnel.
- Ce dernier fait a parfois eu des conséquences inattendues ou insolites.
- Cela vaudra ici un prochain article technique et tragi-cocasse.

Les Officiers Radios étaient des figures remarquables par notre position hiérarchique un peu à part à bord. Mais cela provenait aussi probablement des contraintes de l’ancien système international des heures de veille de l’officier radio qui isolait souvent l’homme de l’art du reste du bord.
- Trop jeune, je n’ai pas connu cela, car je suis "arrivé" après son abolition. Le fait demeure cependant que certains de "mes anciens" m’ont parfois parus "bizarres".

Peut-être était-ce aussi l’excès de code Morse, cela s’est dit aussi. - Penser cela est oublier que notre devoir était d’organiser régulièrement un lien avec la mère patrie parfois très lointaine.
- C’était un art étrange consistant à composer avec une Loi de la Nature parfois retors, les conditions de la Propagation des Ondes courtes, pour ne parler que d’elles.

C’est plus souples que la Loi de la Pesanteur, (jeté dans le vide on ne négocie pas, on tombe) mais ce phénomène naturel en a fait voir de belles à de nombreux officiers radio-électroniciens.
- La qualité et l’état du matériel radio du bord, l’astuce, l’expérience jointe à l’habileté de l’opérateur comptaient pour beaucoup.

D’autre part les circonstances météorologiques du lieu et du moment, la saison, l’heure solaire locale, la position du navire puis celle de la station radio "à terre" devant être contactée, tout cela se mêlait savamment pour nous compliquer soigneusement la vie sur les lignes maritimes au long cours.

- Parfois, le caractère urgent de ce qu’il fallait transmettre ou recevoir créait un stress mémorable dans l’esprit de l’intéressé. Tous les ex-officiers radios savent de quoi je parle.

- Avec le recul, je sais à présent pourquoi certains d’entre nous sont parfois devenus un peu "nerveux". J’ai aussi compris à cette occasion pourquoi les anciens Egyptiens adoraient le Soleil.

- J’ignorais de fait ce qu’est vraiment le Soleil avant de naviguer. J’écris maintenant toujours ce mot avec une majuscule.
- Cet astre nous donne la Vie mais il sait également plus encore s’en mêler. Il sait aussi parfois nous l’enlever. De surcroît le Soleil intervient pour beaucoup dans les conditions de propagations des ondes.

- Depuis que le GPS, l’informatique et ses cartes scannerisées (ou numérisées) ont pris place sur les tables à cartes, un certain nombre d’officiers de pont ne savent plus faire une droite de hauteur et nous pouvons nous poser des questions.

Il n’y a pas si longtemps les navires savaient se débrouiller seuls pour se situer et pour communiquer avec le Pays...
- En France nous avons fermé St-Lys Radio, ses Ondes Courtes et le code Morse en fanfare. Cela donna au grand public l’effet très recherché d’une merveilleuse avancée
technologique.

- Observé de plus près, un archaïsme sournoisement caché derrière un modernisme de façade apparaît toujours.

- Espérons que jamais un scénario de cauchemar ne surprendra un jour les collègues en Mer, à la faveur dangereuse d’une "bonne crise internationale", qui mettrait à mal volontairement ou non les grands systèmes de navigation et de communication par satellites.

Ces systèmes très centralisés sont dominés à partir de certains pays, par de très grandes entreprises ou par des institutions militaires qui ont naturellement des intérêts (légitimes ou non) qui leurs sont propres et sont naturellement une priorité. Qui ne le comprendrait pas ?

Cela est à mon sens potentiellement très dangereux et je ne suis pas seul à le penser.

- En cas de grande crise mondiale, jamais à exclure dans un monde devenu aussi dangereux que le nôtre, qui en garantira le fonctionnement et le libre accès à tous ?
- Ne risque-t-on pas un boycott de certains appels de détresse par exemple ?
- Je mets au défi tous les supporters du moderne SMDSM de répondre clairement et avec précision sans aucune gêne à ces questions.

- Personne ne sait si un spectaculaire sabotage est capable de mettre bas tout ou partie des capacité d’Inmarsat ou pire, du GPS. "On" n’a pas trop envie de le savoir d’autrte part...

- Pour ce dernier, il n’est pas impossible que l’Oncle Sam en réserve un jour l’usage exclusif du GPS à ses militaires. Ce serait une belle pagaille je suppose.
- Cela dit, je suis de moins en moins convaincu qu’ils oseraient faire cela... Et comme Gallileo est en cours d’implémentation, ces incertitudes évolueront d’une autre façon d’ici 10 ans.

A contrario, l’usage des Ondes Courtes et du code Morse représentaient l’indépendance absolue en matière de radio.

- Un équipement peu puissant et peu sophistiqué permet en effet de communiquer librement avec n’importe quel point du globe, sous réserve d’un minimum de patience, d’habileté et de savoir-faire.

- Les radios amateurs le prouvent tous les jours, rien que pour le plaisir d’en user et de s’instruire.

- En cas de situation hautement dégradée, il est donc
utile de savoir et pouvoir utiliser le "système D", donc le code Morse entre autres choses...

- Bien navicalement - Thierry Bressol R/O

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/