Souvenirs de mer

27 août 2005

Histoire du Radar de Navigation Maritime... Et de la TV

L’Histoire du Radar de Navigation Maritime et celle de la Télévision ont beaucoup en commun, jusqu’aux grands écrans plats aujourd’hui... J’ai eu le privilège par hasard d’en savoir plus que la moyenne sur la question.
- L’ADSL est né en Belgique à Bruxelles (prononcer Brüssel, comme Bressol) et trop peu de gens le savent. Presque tout le monde pense qu’Internet est "seulement" Américain. Loin de là est la vérité, c’est une création collective partie de là-bas, nuance !

(réparé le 18 juin 2008 et corrigé le 10 Septembre 2008)
- De même, la légende trop communément admise et entretenue veut que l’origine du Radar soit anglo-saxonne. Il se trouve que ce n’est pas plus exact.

Ceci n’est vrai que pour les versions militaires qui furent mises en oeuvre à l’occasion de tout ce que nous devinons à partir de septembre 1939...
- Les alliés durant la seconde guerre mondiale ont en effet su mettre à profit la fuite des techniciens électroniciens antinazis venus de toute l’Europe, à commencer par ceux de l’Allemagne...
- Le radar de navigation maritime fut développé plus ou moins confidentiellement en Italie et en France au début des années 1930. Ses premiers essais connus eurent lieu à bord du cargo Oregon de la Compagnie Générale Transatlantique, car il est bien connu que Mr Cangardel le président de l’époque était un homme moderne.

Les radars que j’ai "fréquentés" nous en disaient moins. Ici le Pas de Calais "Northbound"

Je cite ci-dessous pour commencer mon ami Jean-Jacques Salein, un autre ex-officier radio. Son riche site perso se doit d’être connu :
- Site de Jean-Jacques Salein & Les Corsaires

"Mr Henri Cangardel et le Radar

Non, ce n’est pas l’aérien d’un radar de l’Esso Normandie, c’est celui de l’illustre paquebot

Contrairement a une idée trop bien établie, l’invention du radar n’est pas Anglaise, mais bien Française. Les premiers essais effectués à bord d’un navire furent faits grâce à Henri Cangardel, alors président de la Compagnie Générale Transatlantique, à bord du cargo Orégon avant d’être ensuite installés sur le "Normandie", question de prestige aussi...

Extrait de "Création des détecteurs électromagnétiques"
(à présent appelés radars) par Emile GIRARDEAU.

Emile Girardeau, un des principaux créateurs du radar

Citation :
- "La date de la création du radar français est authentifiée par les rapports sur les essais effectués de mai à juillet 1934 ainsi que par le dépôt le 20 juillet 1934 du brevet no 788.795 nouveau système de repérage d’obstacles et ses applications, au nom de la Compagnie générale de Télégraphie sans fil.
- Ce document descriptif mentionne que son dépôt à l’Office des Brevets a été effectué après la réalisation et les essais pratiques et que d’excellents résultats avaient été obtenus sur 30 cm de longueur d’onde.

Ces tous premiers essais, effectués près de Paris dans la région de Palaiseau furent suivis d’autres portant sur des détecteurs dont les longueurs d’ondes extrêmes étaient 80 et 16 cm.

Notre objectif à cette époque était l’application de ces instruments à la sauvegarde de la vie humaine en mer. Aussi, je demandai au président de la Compagnie générale transatlantique, mon ami Cangardel, de nous autoriser à procéder à des essais en mer.
- Très vivement intéressé, Henri Cangardel m’offrit d’équiper le paquebot Normandie alors en achèvement.
- N’allons pas trop vite, il s’agit d’essais, et je préférerais un premier montage sur un navire où les ingénieurs seraient plus à l’aise afin de procéder à des mises au point.

Telle fut ma réponse et la raison pour laquelle le cargo Orégon fut désigné pour ces essais. Deux appareils furent embarqués, l’un de longueur d’ondes 80 cm et l’autre de 16 cm, car nous cherchions à savoir quelle fréquence devait être choisie pour l’équipement du Normandie.

Maurice Ponte en 1960, autre créateur du radar, et le plus jeune complice de Girardeau

Les essais sur l’Orégon en traversant de Bordeaux au Havre furent très satisfaisants car les autres navires et les côtes étaient nettement détectés jusqu’à 10 à 12 milles, donc à une vingtaine de kilomètres, même avec les ondes de 16 cm, ce qui était très remarquable à une époque où l’on ne savait pas encore fabriquer des magnétrons donnant une forte puissance sur des fréquences aussi élevées.

Après ces essais (novembre et décembre 1934), ce fut donc un équipement sur 16 cm qui fut choisi pour Normandie après de nouveaux essais sur le remorqueur Minautore du port du Havre. Dès 1935, le paquebot Normandie effectuait ses premières traversées en ayant un tel radar à bord.

Lire l’article complet sur :
- Véridique histoire du radar avec Mr Girardeau
- Radar France
- Fin de citation

Aileron de passerelle du supertanker Algarve. "Au loin" : le mât radar et la boule blanche protégeant l’antenne du Satcom (émission directive du Satcom, 25 Watts)
Atterrissage à Malte, un radar moderne garde les fonctions anciennes, cercles fixes concentriques (nous sommes le centre du monde maritime)

Les origines communes de la télévision et du radar :

On fait beaucoup d’abus de télévision à bord aussi. Voici donc à présent tout ce que j’en sais personnellement, qui va bien au-delà des technologies du radar maritime :
- A la même époque des équipes Italiennes sur lesquelles j’ai du mal à savoir quelque chose, ont aussi réalisé des essais de ce genre avec succès. Le constructeur de radar Selenia en est issu.

Il s’est passé le même genre de chose pour le radar qu’avec le téléphone et l’aviation :
- La même semaine en 1880, Bell aux USA et Ericsson en Suède ont fait connaître le téléphone. Qui "frappa" le premier ? No sé...
- Plus délicat encore est la querelle France-USA avec l’avion de Clément Ader et l’engin catapulté des frères Wright. Certes, l’aéroplane des Wrights allait plus loin en vol, mais il était moins puissant et ne décollait pas par ses propres moyens. Tandis que l’avion de Clément Ader volait seul, était puissant et capable de s’élever plus haut haut. Mais !
- Mais les détails de ces essais sont restés très (trop) secrets à cause de la rivalité avec l’Allemagne qui ne devait rien en savoir et... Ils avouèrent ensuite ne pas avoir osé voler trop haut alors qu’ils le pouvaient par peur... de se casser la gueule. Ils se contentèrent de 3 mètres. En effet, nous n’y pensons pas naturellement, il n’y avait pas d’instructeur pour leur apprendre à piloter et nous comprenons une certaine tendance à la prudence. Aux Etats Unis, on savait déjà mieux communiquer, il n’y a pas de doute. Tout cela n’enlève du mérite à personne de toutes façons.

L’apparition des nouveaux composants à tubes à la fin des années 1920 et 1930 a eu pour conséquences (entres les autres progrès "radio-électriques") le développement des premiers essais de télévision ET de la fameuse "détection électromagnétique d’obstacles à distance".

Le général Gustave-Auguste Ferrié pionnier français de l’usage militaire de la Radio

Ferrié reste le père de la radio militaire en France. Avec la complicité de Gustave Eiffel en 1904, ce très grand spécialiste de la Radio installa le premier émetteur sur la Tour que l’on sait. Depuis lors, la Tour, la Radio et la TV sont liées plus que jamais aujourd’hui.

Pour la TV par exemple, les travaux théoriques et pratiques de René Barthélemy et de Branly pouvaient enfin sortir enfin du "domaine démonstratif". Je cite là Mr Mareau mon prof de théorie des antennes à l’école "Hydro" de Nantes en 78, car ce vieux crocodile "y était", en étant tout jeune. J’ai donc eu de la chance de le croiser car il n’était plus tout jeune en 1978.

René Barthélémy un créateur de la TV

Rions un peu ! Les services de la guerre électronique anglais ont longtemps pensé que les émissions TV de la Tour Eiffel entre 1942 et l’Eté 1944 étaient celles d’un fort mystérieux système de radar aérien allemand.

Une mire TV française de 1935

Un technicien Gallois (dont j’ai oublié le nom) grand connaisseur des nombreux essais de TV franco-allemands de la fin des années 1930 a lui seul , su comprendre ce que c’était. Il fit donc tomber sa hiérarchie le cul par terre en leur montrant sa jolie trouvaille à partir d’un système oscilloscope "surbricolé" :
- En effet l’iconoscope de ce technicien Gallois prouvait que les mystérieuses émissions radioélectriques observées par les services anglais n’étaient pas celle d’un radar mais de la télévision. C’était le fruit de ses très nombreuses "bidouilles" techniques. Constatant le caractère complexe des signaux radios observés, il était évident pour lui que "cette affaire" était loin du radar.

Il affichait tout bêtement une mire TV très surprenante à chaque heure ronde :
- Une Tour Eiffel avec le titre superposé : "Fernsehsender Paris" !

Superposition de la mire Fernsehsender Paris avec une image

Je n’ai pas (encore) réussi à retrouver la fameuse mire seule.
- Il est bien dommage qu’on ne pouvait pas enregistrer cela. A cette époque l’enregistrement magnétique d’image de télévision était encore impossible. On ne savait faire que du "direct" et ces émissions duraient 12 heures par jour. Au tout début en 1942 il n’y avait qu’une mire de plus ou moins bonne qualité, puis rapidement les images mobiles sont arrivées, encore plus stupéfiantes :
- Les techniciens britanniques ont dû être "sciés" en voyant des danseuses ou un orchestre de jazz après la mire...

Les caméras étaient grosses comme des voitures et les projecteurs étaient atrocement puissants pour compenser leur manque de sensibilité lumineuse. Quelle chaleur "à l’antenne" ! Quiconque "y passait" se retrouvait trempé en sueur en peu de temps, et devait toujours prévoir de se changer puis prendre une douche immédiatement après... Les début de la TV ne furent simples pour personne.

Le studio de TV rue de Grenelle en 1935

Je suppose que la hiérarchie du gallois rusé ne s’est pas privée de lui dire ensuite :
- "Démerdez-vous maintenant pour nous faire recevoir le son !"
- Cette chaîne de TV diffusait pour essai et à titre de belle démonstration gratuite vers tous les hôpitaux de l’Ile de France, où les gars qui s’étaient fait casser la gueule sur le front de l’Est se faisaient soigner...
- Il existait un programme complet avec des informations, la météo, du théâtre, des spectacles divers et même du jazz qui était pourtant interdit partout en Europe sauf là...
Il n’y manquait ni la publicité, ni la propagande. Ce serait d’autre part la toute première vraie chaîne de TV à émissions régulières dans l’histoire, et le fruit imprévu de l’occupation allemande à Paris.

Cela représentait environ 1000 récepteurs dispersés dans toute la région parisienne et cela ressemblait si j’en crois ce qui fut dit et écrit, un petit peu à Arte par son
côté bilingue et biculturel...
- Les autorités d’occupation laissaient faire beaucoup de choses étonnantes, parce qu’il y avait d’autres chats à fouetter qu’à s’occuper du contenu d’un média très confidentiel et que de fait à l’époque, plus que le contenu c’était le bon fonctionnement du "contenant" qui était important.

Tel fut le résultat d’une coopération opportuniste et astucieuse entre ces "vieux collègues" d’avant-guerre pour obtenir ce qui suit à la satisfaction générale :

- 1/ Les uns et les autres purent ainsi continuer ensemble leurs passionnants travaux et essais hélas interrompus sur ordre en Août 1939.

S’étant tous retrouvés à Paris, ils surent peu à peu s’arranger pour retravailler dans des conditions qui allaient redevenir presque "comme avant", car le beau contrat de travail commun pour 10 ans qui fut signé en 1936 (avec entre autres, Telefunken) et interrompu en septembre 1939 a pu être rétabli en 1941.

- 2/ Cerise sur le gâteau, si bien racontée par l’un des intéressés dans son livre, ce fut aussi un excellent moyen pour les confrères allemands de René Barthélemy pour ne pas devoir risquer aller se faire casser la gueule sur le front.
- Et nous comprenons fort bien cela. L’un d’eux cita même :
- "Quelle connerie la guerre Barbara..."

- 3/ D’autre part techniquement la Télévision, c’est d’abord du Traitement de l’Image ET de la Radio. On l’oublie souvent. Barthélemy avait de l’avance en matière de stricte radio, mais il était en retard en matière d’image, tandis que du côté "teutonique" La situation technique était exactement inversée. Ca tombait fort bien !
- En effet, la première belle application publique de télévision en Allemagne est arrivée avec les jeux Olympiques de Berlin. Un réseau de câbles en cuivre les a rendus visibles par tous gratuitement, dans une salle de spectacle aménagée dans les grands bureaux de Poste tous équipés d’un grand écran, pour l’époque. Ce joli début a rendu crédible ce type de spectacle.

Les très nombreux fugitifs qui furent protégés durant l’occupation par ces essais de TV, sauvèrent à leur tour venu tout ce petit monde par la suite. Nous savons ce qu’est devenu la télévision depuis, il n’y a pas eu que du brillant...

Le studio de "Fernsehsender Paris" était celui de la rue Cognac Jay, un ancien dancing réquisitionné pour l’occasion. Cela prouve que TF1 a une hérédité un peu sulfureuse, un peu comme la coccinelle de WW...

Autre image TV des années 1920, celle du Marconi 705

Les premiers essais de télévision sont plus anciens que le Radar et remontent au milieu des années 1920. Le proche cousinage de ces deux techniques apparaît facilement car les points communs furent nombreux dès le début, à commencer par les "histoires de fréquences". Durant les années 1930 on ne savait pas encore émettre au-delà de 200 MHz par exemple.

De nombreux essais de radar eurent lieux jusqu’à 80 Mhz comme pour la TV par exemple. Il faut bien commencer les choses par le début. Nous sommes loin de ça aujourd’hui.

D’autre part ces braves gens (pour ne parler que des relations entre français et allemands) se connaissaient tous, même en faisant chacun de leur côté des choses très différentes :
Il y avait Ducretet, Girardeau, Barthélemy, (Henri de France longtemps après) Edouard Branly, Fritz Schröter, Kurt Diels, Alfred Bofinger, Kurt Hinzmann etc. et la liste est infinie dans toute l’Europe.*

Un TV des années 1920 1930, le Marconi 705

On a aussi oublié Zworykin, le génial inventeur polonais de l’Iconoscope, le tube cathodique à balayage horizontal aux 2 demi-images à trames entrelacées que nous regardons tous aujourd’hui.
- Grâce à Zworykin nous avons enfin eu une image "regardable", car avant lui c’était l’horreur par scintillement. L’écran plat est en train depuis peu de "supprimer" le tube cathodique. Mais il ne supprime toujours pas le principe de base de l’iconoscope de Zworykin.
- Comme Mr Jourdain faisait de la prose, nous regardons aujourd’hui l’iconoscope.
- J’aime ce mot qu’on aurait dû conserver.

Ils se téléphonaient et se rencontraient régulièrement en se moquant plus ou moins de la guerre, car ces gens (dont René Barthélemy en était un cas typique) étaient des passionnés au relationnel sans limite aucune.

Leurs aventures sont passionnantes, à commencer par les risques insensés pris pendant la guerre par les uns et les autres. De nombreux artistes connus sont passés par "les arrangements de Kurt Hinzmann" : Francis Blanche, Jean Marais, Suzy Solidor etc.
Il y a aussi eu des belges (dont le père d’un JP Smet bien connu aujourd’hui) et d’autres gens venus de toute l’Europe par "relations", il y a même eu des antillais de Paris.

De très nombreux ingénieurs et techniciens français ont échappés au STO (le triste Service du Travail Obligatoire) et parfois à bien pire grâce à "Fernsehsender Paris", cela tout en faisant progresser la technique.
- La Gestapo de Paris avait Kurt Hinzmann "dans l’oeil", mais celui-ci accessoirement champion olympique (1936) de ski avait des relations très hautes. Alfred Bofinger était dans le même cas, mais avoir été sportif il avait aussi quelques "pistons". René Barthélémy aurait un jour accueilli les hommes en traction-avant noire et tenue de cuir, en leur disant que Herr Bofinger était absent et :
- Vous avez le bonjour d’Alfred...

Celui-ci était en effet parti à Berlin pour "assurer ses arrières" par utile précaution. Tous ces gens ont beaucoup travaillé ensemble pendant que les autres flinguaient. Un type de la "police scientifique" de la Gestapo est un jour venu, il ressemblait au gendarme des films de Louis de Funès et disait :
- "Je n’aime pas votre ambiance, vous devez en tant qu’ennemi absolument vous détester, et ce n’est pas le cas. On vous a à l’oeil."
- Causes toujours, tu m’intéresses... Ont-ils dû penser, car je suppose que cela se pensait déjà.

Ensuite, tous les résultats des travaux franco-allemands furent (évidemment) joyeusement récupérés par les alliés dès le début de 1945 comme pour les fusées, Pielstick et tout le reste.

Ce fut une course parmi d’autres, à qui s’emparerait du plus possible et le plus vite possible. C’est ainsi que chaque pays a pu monter ses stations de TV par la suite.
"Bien placée" la France garda un certain nombre de normes technique qui évoluèrent différemment par la suite.
Exemples : 441, 450 puis 819 lignes. Plus tard, ce fut la capitulation devant les 625 lignes et l’abandon définitif d’un superbe système à plus de 1000 lignes.
- La norme à 819 lignes a longtemps vécu parce que le ministre de l’information dans les années 50 (François Mitterrand) avait signé ce qu’on lui demandait.

Pour rester centré sur notre sujet maritime, le joli site cité nous montre quelques photos qui méritent une petite explication :

Les premiers modèles de radar aux essais non secrets ne s’appelaient pas radar et n’avaient pas un "display" à écran cathodique montrant l’image au rayon tournant bien connue du grand public et encore moins une antenne tournante en haut d’un mât !

Pas du tout. Un gars "en haut" tournait l’antenne lui même dans la direction qui intéressait la passerelle à la main, en notant bien le gissement.

L’écran était un genre d’oscilloscope sur lequel on voyait un spot unique, dont on mesurait le temps donc la distance à partir de l’origine du temps à gauche...
- Cela fonctionne vite fort bien. Mais autant techniquement tout le monde était satisfait, autant les marins de l’Oregon, du Normandie et des autres par la suite ont vite demandé à disposer d’une image plane de la situation autour du navire. En effet ces manipulations bizarres et délicates avec l’oscilloscope ne plaisaient pas aux marins. Une image plane seulement allait leur plaire vraiment, surtout les militaires ! L’ergonomie était déjà très importante en matière d’électronique, elle poussa l’innovation.
- Lorsque furent trouvées les astuces pour faire tourner une antenne d’émission/réception unique, puis inventé et mis au point l’asservissement de cette image à la rotation de l’aérien, les principes de l’iconoscope de la télévision furent empruntés et simplifiés. Un balayage radial à partir du navire tournerait donc sur un écran rond...

Ainsi fut reconstituée la situation autour du navire et surtout le radar comparable avec ce que nous connaissons était enfin né. J’ai navigué avec les derniers engins dont les bobines de balayage radiales tournaient autour du col du tube cathodique. Cela ne se fait plus !

Comme le dirait Galilée, pourtant le balayage tourne encore, mais sans que les bobines bougent. Les militaires s’en mêlèrent vite en exigeant toujours plus de finesse et plus de facilité d’utilisation à cause de ce que nous savons qui arriva en 1939...

Toutes ces améliorations furent les effets secondaires et naturels des progrès de mise au point de la télévision à la fin des années trente. Les mêmes progrès des nouveaux composants à tube de l’époque ont été utilisés pour permettre la mise au point de la partie radio des récepteurs de TV et de "l’iconoscope" qui va avec (j’adore cette appellation expressive aujourd’hui hélas disparue) ou pour améliorer toujours plus le système de "détection électromagnétique d’obstacles à distance".

Très vite, les aviateurs militaires ont compris qu’on pouvait fort bien se servir de ce système d’origine maritime dans leur domaine. Donc, on essaya différentes sortes d’impulsions, fréquences de récurrence, bandes de fréquences etc...

Avec le radar sont né des systèmes de détection de radar en émission tel que le Metox des U-Boot et plus tard plein de systèmes d’analyse des signaux radio-électriques.

Au-delà de ces insolites informations techniques, tout cela pour dire que lorsque je naviguais, ma première frousse était l’éventualité d’une grosse crise internationale avec les énormes risques de "belle galère"
que cela suppose. Le récit de la terrifiante escale du navire belge Carlier à Dakar en 1940 est un parfait exemple de tout ce qui peut arriver aux navigateurs.

En mer, civils ou militaires, nous sommes tous à la merci d’ordres plus ou moins stupides ou inadaptés qui peuvent nous être donnés comme c’est arrivé aux U-Boote à propos du Metox. Cela fait d’autant plus peur que, à priori si tout le monde commence à se prendre la tête et à vérifier autant que faire se peut( ?!) la pertinence des consignes reçues... Et bien on n’a pas fini de se faire edes cheveux blancs.
- C’est là une question de confiance faite aux autorités. Mais avec les "Tout va très bien, Madame la Marquise.." que nous avons, ça craint...
- Au début de 1991 durant la guerre du Golfe, des navires français auraient reçu l’ordre de "silence radio" dans certaines zones, mais pas de garder "off" leurs radars...

- A quoi cela rime au juste ?
En effet un modèle Raythéon de 60 KW du genre de ceux de l’Esso Normandie peut "s’entendre" de fort loin !!! Plus grave, il existe une sorte de signature spectrale... Il y a des choses dans la vie que je n’ai jamais su comprendre.

Bien amicalement & "navicalement" - Thierry BRESSOL R/O

Mes SOURCES :
- Monsieur Mareau prof de théorie des antennes à "l’Hydro" de Nantes à la fin des années 70, grand bavard devant l’éternel qui fut très jeune, technicien à Fernsehsender Paris.
- L’excellent livre "Cognacq-Jay 1940" de Th.Kubler & E.Lemieux Calmann Lévy 1990
- Les Mémoires de Kurt Hinzmann
- Les notes conservées par les familles de René Barthélemy et d’Alfred Bofinger.
(sujets labourables avec Altavista et autres Google, timing permettant !)

- Merci pour les photos à :
- Les Radars (Radar France ".net")
- Mr Girardeau (lien "réparé" le 10/09/08)
- Radar France (lien "réparé" le 10/09/08)
- Roger Dupouy
- TV en 441 lignes
- Radar et aviation
- Early TV

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La présentation de l’image du 705 était loin de ce qui se fait en 2007

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Le 9 septembre 2008 : Histoire du Radar de Navigation Maritime... Et de la TV

merci

de bien vouloir changer le lien
www.radar-france.net par www.radar-france.fr

Lien : histoire du radar Histoire du Radar de Navigation Maritime... Et de la TV 10 septembre 2008, par Thierry BRESSOL

Cette modification qui s’imposait est faite ce jour !
- Merci pour cette information, car il se révèle (hélas) impossible de tout vérifier sur les 270 articles...

Bien amicalement


A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/