Souvenirs de mer

13 août 2005

Les pirates de la Ligne Dieppe Newhaven

La marine marchande, c’est aussi la Marine Transmanche.
- Incluse dans celle-ci est la Ligne (avec un grand L) Dieppe-Newhaven, l’une des plus anciennes.
- Certains passagers faisaient de nombreuses bêtises parfois très dangereuses mais souvent aussi pleines de cocasserie.
- Cela dit, les gens du bord n’étaient pas toujours en reste.

Transmanche - Fin Octobre 2002 -

- Quelques hauts sommets de la cocasserie maritimes furent atteints à mon avis par le médecin passager du Léopard en 1984 et par une famille française originaire de l’Auvergne, qui laissa échapper le chat à bord du Chartres.
- Ils serontl’objet d’un article d’ici peu.

Le CF Chartres à la fin de ses années dieppoises (1989 à confirmer)

Mais trop se polariser vers les anecdotes de passagers serait oublier les sottises de pirates commises par certains à bord. C’est arrivé près de chez vous, à Dieppe.

L’Eté, les chaloupes étaient parfois utilisées pour un usage insolite que les chantiers navals n’avaient certainement pas prévu. Je ne pense pas exactement qu’il soit fort romantique de faire l’amour dans une chaloupe de sauvetage :
- C’est peu confortable et pas vraiment étudié pour. Un officier mécanicien remontant chez lui à la fin de son quart de nuit "en bas", y trouva un couple "au travail". Certes, c’est plus confortable qu’un canot mais enfin...
- Il y a des passagers qui font n’importe quoi, disait le Commissaire du CF Valençay.

Le Valençay navigua à Dieppe de 1966 à 1985 (ici vu avant la transformation de 1978)

- Avant les sottise des passagers, voici celles des pirates du CF Chartres, quelques révélations sur les "services spéciaux" de l’Armement Naval SNCF de Dieppe qui sauront faire rire tout le monde.

A bord des ferries de La Ligne Dieppe Newhaven, (à Dieppe on l’écrivait souvent avec deux majuscules) il y avait aussi quelques "fines équipes" plus ou moins bien disciplinées. L’une d’elles était un groupe de "copains mauvais garçons" barmen, serveurs aux restaurants, matelots de pont et au moins un officier, pour autant que je le sache.

Ces sauvages prenaient juste avant chaque départ le temps d’observer toutes les passagères qui embarquaient à pieds par la coupée de quai de la gare maritime.
Toutes les "JJMS" (je cite ici l’un des membres de la bande) étaient ainsi repérées avec efficacité.
- JJMS = jeune jolie mais seule.
(à ne pas confondre avec JMJ, même si cela existe aussi aux JMJ)

Durant la traversée et "temps permettant" (dans les deux sens du mot temps) chacun choisissait ses "cibles" puis dès que les gars avaient terminé leur travail, ils iraient chasser.

Ce "sport" consistait tout naturellement et simplement à aborder une femme et lui faire vite et ouvertement des propositions qui n’ont rien de professionnel et ne font pas officiellement partie des services offerts aux dames par la SNCF à bord de ses navires.
- Cela était un service de bord gratuit :
- "Avec la SNCF c’est possible" disait le slogan de l’époque.

Cela reposait avec cynisme sur un principe statistique très simple. Sur 20 femmes, il n’était pas rare qu’au moins l’une d’elles dise "oui". Cela marchait fort bien finalement.

La réaction des intéressées (qui ne l’étaient pas si souvent) était cependant 7 fois sur 10 la suivante :
stupéfaction, indignation, injures, suivies d’une retraite rapide de "l’opérateur" par prudence...

Il obtenait parfois aussi un grand éclat de rire de la cible, qui se moquait alors de cette tentative ridicule et audacieuse à la fois. Il existait aussi un risque potentiel et sérieux de recevoir une énergique paire de claques. Un de ces sauvages disait d’ailleurs :
- Qui ne risque rien, n’a rien ! Effectivement.

Le jeune CF Chartres ici à Calais durant les années 70

C’est même arrivé souvent, mais ces cornichons préféraient parler des opérations couronnées de succès.

Il me faut ajouter maintenant, que si les statistiques nous confirment que cela "doit marcher normalement" 1 fois en 15 à 20 essais, il pouvait aussi se passer "autre chose" avec une probabilité de moins de 1% certes....

- Une passagère n’avait semble-t-il pas réagi sur le moment. Quelques jours après, cette mauvaise joueuse a probablement écrit chez Sealink. Il y a donc eu "de l’ambiance" dans les bureaux de l’Armement Naval une fois la nécessaire petite enquête de police réalisée. Pourtant, nous avions été plusieurs à les prévenir que cela pouvait dégénérer.

Il doit être précisé ici après m’être relu, que s’il était question des bêtises de l’équipage, il doit être dit aussi que je fus "au courant" parce que quelques Tartuffe parmi les officiers ont aussi pratiqué ce "sport", en s’étant par prudence déguisés en passager.

- En "tenue de caribou", cela aurait (peut-être) mieux "fonctionné". Mais ils ont sans doute estimé qu’une élémentaire discrétion était moins dangereuse. Cela n’empêcha pas certains de se venter de leurs "exploits statistiques". Je dois avouer ici une chose :

- Un des plus amusants souvenirs de ma vie de navigateur fut un début d’après-midi d’Eté, l’observation à distance de quelques "manoeuvres d’approche", étant accoudé au comptoir du bar du salon-avant avec le bosco. Ainsi café en main, j’ai pu assister en "direct live" à deux mémorables claques reçues successivement par un collègue qui l’avait finalement au moins un peu cherché.

Son troisième et dernier essai de la journée (pourtant c’était tôt le matin) fut un échec encore plus dur. La réaction fut en effet haute et forte, dérangeant tout l’espace du salon bar :
- "Non ! Mais tu m’as regardée merlan ??? Vas te faire foutre par les poulpes !!" (Avec un très dur accent de Marseille) Cette réponse fuit suivie d’une terrible claque qui manqua de faire tomber l’homme de l’art.

C’est une littéraire de la fac d’Aix-en-Provence sans aucun doute, ai-je pensé...
- Sûr ! On ne prend plus rien au sérieux à notre époque ! disait notre bosco en assistant à cette scène avec moi. Nous en avons hurlé de rire ! Il "sauva" deux de ses gars en les mettant "off", peu avant "l’explosion de gaz" prévisible dans les bureaux...

S’ils n’avaient pas écouté le bosco et arrêté ce jeu, ils seraient passés certainement "à la casserole" avec les autres.

Sur le principe, je ne cautionne pas (je procède autrement). Mais j’avais pris parti d’en rire, car cela restait dans un "cadre civilisé" :

- "L’homme propose, la femme dispose" (je pense)
N’est-ce pas ?

Celle que je fréquentais alors en disait ceci :
- Après tout, ils ne sont pas pot de colle...
Tant qu’ils n’insistent pas.....

Bien amicalement & navicalement - Thierry Bressol OR1

SEA-FRANCE, l’ex "ARMEMENT NAVAL" de la SNCF :
- SEAFRANCE en PERDITION Consternation ! (le 16 Nov. 2011)
- Le retour du Villandry à Dieppe Incroyable mais vrai !
- Visite annuelle de sécurité des navires Il faut aussi savoir en rire.
- Le Car-ferry CHARTRES Un navire sympa...
- Le Chartres déchaîné et ses secrets technologiques.
- Le Chartres blessé par le mauvais temps Un navire solide !
- Le Car-Ferry Chartres, Mitterrand et la rumeurs
- Alerte à bord du Chartres, Greffier à bord !! Interdit aux chats !
- Les pirates de la Ligne Dieppe Newhaven Indignons-nous et rions !
- Recherche Médecin à bord Les bêtises ? Les passagers aussi !
- Mourir d’amour à Dieppe
- Secret de la Ligne Dieppoise (Apache) Indignons-nous*. Ces quelques révélations ne plairont à tout le monde, c’est tant pis.
- Bellini et Tosi à Dieppe en 1906 En effet le "gonio" est né à Dieppe.

NOTE :* Quelques révélations ne vont pas plaire à tout le monde, et c’est tant pis. Il existait aussi en effet, une belle petite bande de cons à l’Armement Naval SNCF, également dans le sous-ensemble Dieppois. Bien sûr ils ne sont pas nombreux, il ne faut pas mettre tout le monde dans ce même sac.
- D’autre part ce n’est pas le plus agréable et encore moins le plus intéressant à raconter. Cela dit peut-être que la vie serait profondément ennuyeuse sans eux... Et il n’est pas inutile de faire connaître tout cela.
- Mon site a effectivement "attrapé un "troll" durant le mois de juillet 2008. L’un d’eux s’est en effet exprimé ici le 26 Juillet dans toute sa virulence. Il n’arrive rien à ceux qui ne font rien. En ne fréquentant personne, on ne risque pas d’attraper des morpions.
- Le problème est aussi que les passages à mon bord sont nombreux.
- A propos de dates, il est évident que certaines dates sont parfois fausses ici, car ma mémoire peut aussi être défaillante. Autant pour moi.
- Les articles les plus anciens du site ont souvent été rédigés à la "vitesse grand-V", et corrigés par la suite. Mais l’accident informatique du 8 Juin dernier m’oblige à tout re-corriger.

A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/