Souvenirs de mer

20 août 2005

Les Bases Sous-Marines Allemandes en France

Il me fut aussi raconté le "beau carton" qu’un commando Anglais fit à St-Nazaire en 1942. Après ça, la base fut un peu moins utilisée, c’est dire. Avec la casse réalisée sur la grande écluse et son bassin, je me demande en combien de temps tout cela fut réparé. Le port de St-Nazaire a dû rester "out" assez longtemps.

(réparé le 17 Sept. 2008)

La Base Sous-marine de Lorient Kéroman aujourd’hui inutilisée

Note : Merci au site U-Boot "FR", dont le webcaptain m’a rappelé que son site ne fut pas cité à la suite d’une fausse manoeuvre. Autant pour moi ! Rédigés très vite, certains articles nécessitent une petite "refonte" et c’est en cours "temps permettant".

Base sous-marine de Lorient-Kéroman aujourd’hui

Pour commencer, une scènes de ces bases sous-marines :
- Le U-510 est ici devenu par la suite un vrai Breton, légitime.

Le Bouan à sa base de Lorient, ici devant une alvéole

Le "coup de Saint Nazaire" (20 Août 2000)
- Le nombre des victimes civiles et militaires de l’opération fut phénoménal, plus de 450. Les pêcheurs Dieppois n’étaient pas seuls à avoir plus peur des anglais que des allemands. Ils devaient de surcroît manger leur casquette en comptant sur la "protection" pesante des Allemands...
- Ce fut du point de vue Anglais une réussite, mais pleine d’imprévus.

Base sous-marine de Saint Nazaire

Autre version des faits (par André Lenay, de St Nazaire) :
- "L’action du commando britannique n’était pas dirigé contre les activités sous-marines qui perdurèrent jusqu’en 1945 à St-Nazaire car la base est encore intacte et rien ne fut endommagé par le commando du Campbelton, qui lança le vieux navire sur la porte de la forme Joubert pour la rendre indisponible au carénage des grands cuirassés allemands comme les Bismarck et Tirpitz. C’était leur seul but.
- L’épave explosa plus de 12 heures après le choc contre la porte aval et fit de nombreuses victimes parmi les Allemands qui se trouvaient alors à bord pour chercher des indices. Avant d’être décimés les commandos tentèrent quelques destructions en ville aux abords des bassins et surent réussir à couler un remorqueur qui se trouvait à quai, mais il n’y avait pas de quoi gêner durablement les mouvements des sous-marins.
- André LE NAY"
- Fin de citation -

La Pallice vue de l’écluse protégée

Ces précisions sur le coup de St-Nazaire s’imposaient. Kernel et son acolyte m’ont raconté les éléments suivant à propos de St-Nazaire. Ils eurent tous les deux la chance de ne pas y être. D’habitude, il se dit que "les absents ont toujours torts", mais tel ne fut pas leur cas. L’un d’eux fut successivement basé à La Pallice (7 abris) puis à Lorient, tandis que l’autre était à Bordeaux puis Brest ensuite. Mais ils ont entendu parler du coup de St-Nazaire !

Effectivement la cible principale était visiblement la grande cale sèche Joubert pour toutes les raisons que précise André Lenay. Le commando utilisa le vieux sabot plein d’explosifs qu’ils jetèrent contre la porte. L’attaque elle-même ne se passa si mal, mais le commando se dispersa ensuite dans toutes les directions après avoir essayé de "casser" ça et là un maximum de choses possibles. Ils furent presque tous tués et quelques uns capturés.

Base sous-marine de La Pallice, l’Ecluse bétonnée

Malheureusement lorsque l’attaque fut terminée ou plutôt, avait l’air de l’être, un important groupe de pingouins de l’armée et des "experts" montèrent à bord de la vieille coque brisée du Campbelton pour "faire le point" sur les dégâts et enquêter.
- De nombreux badauds français se rendirent aussi rapidement sur les lieux car tout semblait terminé.

Ceci se révéla d’une extrême imprudence car l’épave explosa soudainement plus de 10 heures après. On retrouva les corps des victimes sur quelques kilomètres. D’où ma remarque sur la peur que les Anglais pouvaient inspirer sur place comme à Dieppe, où les pêcheurs furent plusieurs fois mitraillés par la RAF. En ayant habité Dieppe neuf ans, je connais certains petits secrets de la ville qui n’ont rien de "politiquement correct".
- Effectivement la base sous-marine elle-même, trop solide et située un peu à l’écart du "site" de l’explosion n’a presque rien subi de l’attaque, sauf qu’il a fallu nettoyer la toiture des nombreux débris qui retombèrent dessus...

Ce coup très dur a eu entre autres conséquences, une utilisation précautionneuse de cette base par manque de confiance. J’ajouterai pour ceux qui n’auraient jamais vu ces fameuses bases, que l’on peut les considérer comme indestructibles. J’ai vu de près celles de La Pallice (la plus petite), St-Nazaire et Brest. Elles sont très impressionnantes.

Base sous-marine de La Pallice

La visite des cathédrales m’avait aussi impressionné, en particulier celle de Chartres où j’ai eu le privilège de visiter des endroits sous-terrains totalement inaccessibles normalement au public. Les cathédrales sont fragiles, pas les bases sous-marines.

Base sous-marine de Lorient-Kéroman vue d’ensemble

Ces bases valent à mon sens le détour autant que les cathédrales, même si c’est un tout autre genre. D’autre part, elle sont maintenant presque totalement inutilisées par la Royale qui n’en a plus l’usage. Les nouveaux "bateaux noirs" sont moins nombreux et trop grands pour les utiliser. L’accès en est de surcroît libre en général.

Base sous-marine de Lorient-Kéroman, une impressionnante installation

Pour dégrader ces bases, on ne peut y faire que des tags et ceux-ci disparaîtront bien avant elles. Certes, elles ne sont pas les Pyramides, mais elles feront très longtemps partie du paysage. Ce serait extrêmement cher à démolir. D’autre part en cherchant bien, je suis certain qu’on peut en faire quelque chose.

Base de La Pallice, le stockage des torpilles à l’écart. Prudence...

Il y a un fait que je n’ai pas compris. Ces bases étaient invulnérables, mais les anglais s’acharnèrent longtemps surtout sur les villes et leurs environs. Les allemands en furent donc étonnés bien avant moi.
- Plus surprenant encore, on a fort peu perturbé leur construction qui dura des mois. C’était pourtant pendant ces travaux qu’il fallait frapper. Il était alors facile de rendre impossible le séjour des sous-marins. Cela reste un aspect encore mal expliqué de la guerre.

C’en est à se demander si les entrepreneurs Français contraints et "l’Organisation Todt" (le "maître d’oeuvre") n’ont pas payé des pots de vin en Angleterre pour qu’on les laisse "travailler en paix". Qui va comprendre ? Il reste donc quelques mystères de la seconde guerre mondiale.

Cet autre "ex" (U-123) continua à fréquenter sa base.

Les années 40 et 50, le Blaison ex U-123 : Un beau nez

Pour les amateurs de vieilles pierres, une base sous-marine allemande est moins mystérieuse, car c’est d’un intérêt moindre et totalement différent de celui des Menhirs, des Dolmen ou des théâtres Romains. Mais c’est à voir. Les Norvégiens en ont deux du même genre et bien sûr, le Nord de l’Allemagne en est bien "garni". Quoi en faire ?

Base sous-marine à Brême (Bunker Horisse)

Il se trouve même des abris qui furent des lieux de montage d’éléments préfabriqués et soudés des U-boot puis d’assemblage de leur coque. De nombreux éléments venaient de France à ma grande surprise. Parmi les sous-ensembles venus de France qui furent les plus appréciés, se trouvaient les systèmes d’optique de périscope. Les industries françaises étaient alors obligées de fournir des quantités phénomènales d’équipements pour les sous-marins entre bien d’autres choses.

Le Bouan, ex U-510 et Breton d’adoption

Le Bouan à sa base de Lorient, ici devant une alvéole

Mon témoins Kernel se démerda avec astuce (et cynisme ?) pour faire partie des unités de groupe de formation des nouveaux équipages en Mer Baltique où la sécurité (pour eux) régna jusqu’à la fin de 1944. C’est pourquoi il a survécu. Il dut ensuite rejoindre la base de Bergen, d’où il fut envoyé en Atlantique jusqu’à devoir capituler....

Base sous-marine de Lorient-Kéroman, une impressionnante installation

La quantité de choses étonnantes que j’ai pu apprendre de ce capitaine devenu ingénieur aux chantiers navals me semble parfois sans limite.
- A suivre....

Pour la petite histoire, à partir de Juin 1945 le premier job des chantiers navals Allemands fut, de commencer à ferrailler joyeusement tout ce qui était en construction jusqu’au 4 Mai 1945...

Bien navicalement - Thierry Bressol OR 1

Château de Kernevel, où fut l’Etat-major de l’amiral Dönitz

Merci aux sites :
- U-Boot "FR"
- U-boat bases
- Architecture maritime
- Les anecdotes écoutées à bord du Pte Sans Souci et...
- Les mémoires de Karl Dönitz : "Ten Years and Twenty Days"

"TUYAUX GRIS", SOUS-MARINS et/ou GUERRES Mondiales

Portrait d’un U-Boot type IX-B (Mike Rock)

- Le Prince Noir des hommes-torpilles
- L’espion du sous-marin Argo
- Le sabordage de la Flotte de Méditerranée à Toulon le 27 Novembre 1942 (Nouveau)

- L’épouvantable escale du Carlier à Dakar 1/3
- L’épouvantable escale du Carlier à Dakar 2/3
- Le Carlier après son épouvantable escale 3/3

- Pourquoi est-ce arrivé à Vichy ?

- Les méthodes du Grand-Amiral
- U-BOOT, la cible
- U-BOOT ou l’Anti-Marine Marchande
- Capitulation en mer le 4 mai 1945
- Les U-Boote avant et après le 4 mai 1945

- Le Gyro s’envoie en l’air à bord d’un U-Boot
- Le mal de mer, l’ennemi
- Les U-Boote et le « Metox »
- U-Boote, « La vache qui rit » et les tags
- Les bases sous-marines
- Le U-Boot et la marée blanche
- Guy de Rothschild en mer

- Luckner et le Seeadler, dernier corsaire à voiles
- Sous 10 pavillons, un grand farceur maritime
- Avis TV "Arte" : les croiseurs Emden & Dresden
- Les cargos sous-marins du Kaiser par Pierre Escaillas

- Le berger Allemand et les scouts marins
- "Loire" : Ne les oublions pas
- "Royale" et Marine Marchande
- Le Ponant Libéré (Nouveau)

- Rainbow Warrior... "Hill falépâ kon..." !!
- Echelon ou Greenpeace ?
- La guerre des Câbles sous-marins A propos ! J’ai été sympathiquement piraté :
- L’USS J. Carter et Agoravox pour illustrer mes explications.
- Intox ? Napoléon, la Marine et l’avance technologique...

- La "mitraillette" des Ondes Courtes
- Les voyeurs

- Le sauvetage de l’U-47
- L’U-47 à la chasse aux canards

- Visite de courtoisie à bord d’un sous-marin Portugais
- Chasse au sous-marin sur la Loire
- Patrick O’BRIAN - "Master and Commander"

- Le monde des "bateaux noirs" (les sous-marins par Gilles Corlobé)
- Secret Défense : C’est pas moi ! Mais c’est très intéressant, pour ne pas dire parfois excellentissime...
- Site dédié aux Marins de 1939 a 1945
- Témoignages insolites venus de "l’ombre"
- Mer et Marine ou... Océans et Marines. En plus ils sont brefs !

Le Flore en attente pour la démolition ? A Lorient-Kéroman (2002)
Le 12 janvier 2008 : Les bases sous-marines

C’est bien de prendre des clichés sur mon site, mais il faudrait quand même signaler leur provenance !!!

http://www.u-boote.fr/

Les bases sous-marines 12 janvier 2008, par Thierry Bressol

Ah !! C’est tout à fait involontaire...
- Probablement par inattention ou manque de temps sur le moment. Certains articles ici furent rédigés et publiés "entre deux"...

En général, je cite mes sources. Autant pour moi, c’est qu’elles sont parfois nombreuses. Merci d’ailleurs !


Le 17 septembre 2008, PETITJEAN56 : Les bases sous-marines

CONCERNANT ST NAZAIRE / Lors du raid du 28 mars 42, les installations portuaires etaient un objectifs secondaires et devaient gener l’utilisation de la base sous marine. Ces objectifs etaient la destruction de toutes les portes ecluses des 2 entrées donnant accees au bassin et au U Bunker. Seule l’ecluse de la vieille entrée fut torpillée par la MTB74 et hors service jusqu’a la fin de la guerre.

Les bases sous-marines 17 septembre 2008, par Thierry BRESSOL

Content de vous lire. C’est comme ça que je suppose aussi que les choses se sont passées, même si cela ne transparaît pas bien effectivement dans le texte de l’article.
Il faudrait peut-être le "re-écrire" mieux.
Cela dit, les Anglais voulaient perturber l’utilisation de la base SM, ce fut globalement réussi.
A regretter, les nombreux effets "secondaires" ou dommages colatéraux dit-on aujourd’hui...
Pouvait-on faire mieux ? (c.àd. moins dangereux) No sé !
Les "gens du coin" n’ont pas du tout "aimé" cette opération, qui leur coûta fort cher.

Met vriendelijke groeten / Bien amicalement & navicalement
Thierry Bressol OR1

D’autre part, la remise à jour des articles et des liens avec ce qui est parfois leur source, est en cours !


A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/