Souvenirs de mer

23 août 2005

Les U-Boot et le « Metox »

Ce qui suit est un peu "technique", mais ce n’est pas un cours de "radionav". Cet épisode déjà ancien de la guerre électronique moderne, est aussi lié à un assez joli "tour de con" de la guerre...

(mis à jour le 24 Août 2008 à 18h15)

Cet appareil de bord appelé "Metox" est resté inconnu du grand public. Les deux grands-anciens des U-Boote qui furent nos passagers lors de ce voyage à bord du Pointe Sans Souci m’ont naturellement expliqué de nombreux détails techniques restés intéressants même en 1983. Nous avions régulièrement de longues conversations en fin de soirées sur l’aileron de passerelle.

Fatalement en les fréquentant pendant des semaines, j’ai pu en apprendre beaucoup sur ce sujet au point de prétendre pouvoir rivaliser sérieusement avec de nombreux passionnés par le sujet en matière d’information rare ou insolite.
- Sans rentrer dans l’intimité de la technique et pour éviter de transformer ces lignes en cours de radio-électricité, je dois ici décrire le Métox aussi simplement que possible.

CO du Roland Morillot (ex U-2518)

Cet appareil était un détecteur de radar(s) entièrement passif conçus par les électroniciens de la Kriegsmarine à partir de 1938 et mis au point de façon satisfaisante au début de 1940.
- Dire que cet appareil était passif, c’est préciser que son principe de fonctionnement n’utilisait pas l’émission d’une onde radio, même sous forme de petites et courtes impulsions. Bien au contraire, il se contentait de recevoir et écouter les fréquences utilisées par les radars de marine et d’aviation des Anglais et des Américains. Son principe de base était simple :

Alim de radar (très style "années 50") du Roland Morillot (ex U-2518)

La réception par le Métox du moindre train d’impulsions déclenchait une alarme prévenant l’équipage du sous-marin de la présence même assez lointaine, d’un prédateur dans les environs. Ce genre de système existe encore en 2007, avec des principes beaucoup plus sophistiqués bien sûr...
- Ceci devait en théorie lui laisser le temps de s’éclipser discrètement et sans danger. Au début les sous-mariniers Allemands faisaient entièrement confiance en ce détecteur à l’efficacité prouvée et si simple à utiliser. Il suffisait en effet de le mettre sous tension et d’attendre.... Son entretien ne représentait qu’une seule réelle mais légère contrainte, veiller au bon état de ses antennes installées en tête d’un petit mât télescopique.
- Le but était donc connaître la présence de l’ennemi bien avant que celui-ci ne soit en mesure de détecter le U-Boot équipé car ils le furent tous très rapidement. Un certain nombre auraient même été montés à Paris, politique de la collaboration plus ou moins volontaire oblige...

Le radar était encore à l’époque une technique très récente (1933), mal connue et plus ou moins bien maîtrisée, en particulier du côté Allemand. En effet, l’arrivée du nazisme au pouvoir eut pour première conséquence la fuite à l’étranger d’un grand nombre de scientifiques, ingénieurs et techniciens très qualifiés, en particulier en matière d’électronique.

Ainsi, le "jeu" était passablement plombé pour l’Allemagne avant même de commencer, puisque les nazis avaient de la sorte scié la branche sur laquelle ils étaient assis. L’électronique fut la discipline la plus atteinte par ce mal sournois. Il fut en effet constaté après la guerre que les forces "de l’Axe" avaient systématiquement un ou deux trains de retard sur les Anglo-saxons en la matière. Ces derniers bénéficiaient en permanence de l’aide motivée de toujours plus nombreux spécialistes venus de toute l’Europe.

Au début des années 40, les radars fonctionnaient en émettant leurs impulsions en ondes courtes jusqu’à 60 Mhz. Par la suite les plus sophistiqués travaillèrent en ondes métriques. A chaque nouveauté le Metox s’adaptait. En effet, sa conception modulaire astucieuse lui permettait d’être aisément "rétrofité", c’est à dire modifié pour l’adapter à une situation nouvelle en moins d’une heure lors de chaque escale dans les bases sous-marines Françaises.

D’autre part certains U-Boot héritèrent aussi d’un appareil français très équivalent, qui fut "prélevé" sur les stock de qui on devine à Brest et à Toulon avec l’accord plus ou moins volontaire des "intéressés". Il est donc plus que probable que les alliés savaient tout sur ce qui était possible ou non du côté allemand. En tous cas mes deux passagers avaient la certitude qu’ils le savaient.

Local radio du Roland Morillot (ex U-2518)

Très probablement pour piéger le Metox à coup sûr, les Américains et leurs aides Européens mirent au point le radar centimétrique à la fin de 1943. Ce fut le véritable précurseur des radars de navigation d’aujourd’hui, que j’ai bien connus en naviguant. L’évolution naturelle de ces technologies ne pouvaient d’autre part, pas être autre que de "monter en fréquence"

Ces nouveaux appareils travaillaient sur les 1500, 2000 ou même 3000 Mhz, de sorte que le Metox ne pouvait absolument plus les "entendre", sauf à être remplacé par un appareil plus évolué...

Les Allemands n’ont pas eu connaissance assez tôt de cette innovation pour réagir efficacement car avec cette dernière farce, il fallait changer plus qu’un module ou plus pour adapter le Metox.

En d’autres termes, un certain nombre de U-Boot qui se croyaient à l’abri furent surpris en surface par des avions surgissant soudainement de nulle part. Recharger en surface les batteries est devenu peu à peu beaucoup plus vite qu’on le craignait.

De très nombreux sous-mariniers n’eurent pas même le temps de comprendre ce qui leur arrivait. Evidement ceux qui par chance réussirent à s’en tirer sont allés se plaindre au BdU !

Poste avant du Roland Morillot (ex U-2518)

A la fin de 1943 la cause de cet apparent dysfonctionnement n’était toujours pas expliquée avec précision et certitude. Le Metox perdit donc sa crédibilité et une certaine psychose finit par régner sur ce sujet dans le petit milieu et à l’Etat-major des Amiraux Dönitz, Arnaud de la Perrière et Godt.
- Ces deux personnages très hauts en couleur étaient les adjoints de Dönitz l’un à Brest et l’autre à Lorient.
- C’est alors qu’un aviateur de l’Aéronavale Anglaise fut capturé, et évidement il fut interrogé à ce sujet.

Lors de son interrogatoire, cet homme astucieux et retors dut sentir la vulnérabilité de ses interlocuteurs. Décidant de laisser croire qu’il se déculottait, ce pilote profita de la situation pour déclarer que les Metox émettait un rayonnement parasite imprévu, qui était exploité pour détecter de encore plus loin les sous-marins en surface. Il réussit par cette ruse diabolique et sournoise à frapper d’une pierre trois coups :
- Il put de la sorte dissimuler encore plus longtemps l’existence d’un nouveau type de radar que le Metox ne pouvaient pas "entendre" et cerise sur le gâteau, il sema la panique à l’Etat-major des sous-marins.

Radio démonstration sous-marine

Dans la précipitation et très probablement sans consulter les spécialistes en radio (telle était l’opinion du Cdt Kernel), il fut aussi ordonné pendant quelques temps aux U-boot de ne plus utiliser leur Metox !
- Tous les avions alliés n’étaient pas encore équipés des fameux radars centimétriques (fort loin de là) et cet aviateur retors avait donc obtenu de surcroît directement de l’Etat-major que les U-Boot eux-mêmes arrêtent de se servir de cette protection. Qui dit mieux ? (ou pire ?)

Heureusement ces ordres ne furent que très inégalement exécutés par les bords, dont les techniciens contestèrent la pertinence. C’est dire l’état d’ignorance incroyable des Etats-majors Allemands de l’époque en matière de nouvelles technologies. Nous pouvons d’ici imaginer les sueurs froides que cela occasionna aux "intéressés" car plus rien n’était certain.

C’était le début de ce que nous appelons maintenant la guerre électronique. En dehors de tout jugement d’ordre moral sur le nazisme, tout ayant déjà été dit la-dessus, il me semble que ce régime politique était marqué par une stupidité naturelle directement issue de la personnalité troublée de Hitler. Comment pouvait-il en être autrement ?

Même des gens "de son bord" n’hésitèrent pas à exprimer en privé l’opinion selon laquelle le Führer n’était pas mentalement très équilibré. On peut aussi citer par exemple le général Franco qui s’en est avec prudence rapidement tenu à l’écart.
- Dans un courrier très privé à son épouse aujourd’hui visible sur le web(!), il raconta la grosse colère de Hitler qu’il déclencha lors de leur rencontre, en refusant l’autorisation à l’armée allemande de traverser l’Espagne pour "s’occuper" de Gibraltar...
- Si Franco a duré jusqu’en 1975, c’est que lui n’était pas si fou ! De même, Mussolini et Albert Speer, un autre homme de confiance de l’intéressé, disaient la même chose avec prudence.

La baronne Renate Von H. (passagère du Pointe Sans Souci aussi) pensait de même, comme d’autres élèves qui ont pu l’approcher le jour de sa visite pour l’inauguration de son Lycée.
- As-tu observé son regard ? Demanda une de ses camarades. La vérité sort facilement de la bouche des enfants, même membres des Hitlerjungen, organisme obligatoire à l’époque pour tous les enfants Allemands.

L’anecdote du Metox appelle à mon sens d’autres commentaires :
- Nous sommes toujours aujourd’hui concernés par deux attitudes stupides des autorités politiques actuelles, consistant souvent à laisser de côté les nouvelles technologies, ou bien à l’opposé en apparence, à s’en servir fort mal par effet d’annonce ou de mode, pour mieux dissimuler ainsi leur archaïsme profond et naturel.

Roland Morillot (ex U-2518) au bassin en 1966

Une remarque beaucoup plus technique s’impose aussi venant du spécialiste radio que je suis :
- Tout dispositif électronique même le plus modeste appareil électrique, émet toujours un ou plusieurs rayonnements radioélectriques parasites généralement très faibles autour de lui. Il faut donc toujours "faire avec" et éventuellement prévoir en laboratoire d’essais des astuces pour s’assurer de la compatibilité avec les autres systèmes cohabitant sur un même "site", tel que le matériel "embarqué" à bord d’un avion par exemple, ou à bord d’un sous-marin.

Ce phénomène inévitable est en effet susceptible de gêner ou empêcher le fonctionnement normal des autres appareils. C’est pourquoi la mise sous tension des téléphones mobiles est restée longtemps interdite à bord des avions de ligne. De même, l’usage d’ordinateurs portables ou de jeux électroniques est proscrit durant les manoeuvres de décollage et d’atterrissage, car en aucun cas les pilotes de lignes ne veulent risquer de voir leurs instruments perturbés au plus mauvais moment !

Il est par exemple bien connu que les premiers radiotéléphones de voitures ont été à l’origine de très dangereux problèmes de cohabitation avec le système ABS des voitures durant les années 80.
- Evidement le Metox comme les autres systèmes passifs et les récepteurs de bord d’un U-Boot émettaient certainement quelques rayonnements parasites. Mais en aucun cas ceux-ci n’auraient pu être reçus de très loin par un avion !
- En effet l’élément récepteur d’un radar doit déjà être extrêmement sensible pour pouvoir écouter le retour toujours faible des impulsions émises par son magnétron.
- Plus la cible est lointaine, plus le retour sera faible.

Réaliser cela ne fut d’évidence pas une chose facile durant les années 1930. Il s’agit d’un réglage de base qui resta longtemps délicat pour ce genre d’appareil(s).
- Ainsi, comment un avion très éloigné aurait-il pu recevoir des rayonnements très faibles et de natures aléatoires ? Il n’est nullement besoin de sortir de SUPELEC pour le comprendre...
- Je fus donc très étonné par cette réaction immédiate pour le moins inadaptée des chef des U-Boot. Mes deux "anciens" me firent alors remarquer qu’aucun spécialiste électronicien de haut niveau n’était devenu Capitaine de vaisseau et encore moins Amiral à l’époque. Il n’est donc pas très surprenant en sachant cela, que personne de compétent en la matière ne fut consulté dans la précipitation forcenée et l’extrême tension nerveuse de l’époque.

Pourtant l’amiral Dönitz consultait toujours autant de monde que possible "sur le terrain". Devenu Grand-Amiral (Chef des Marines Militaire et Marchande) en janvier 1943, il n’avait probablement plus le temps pour suivre lui-même en permanence les choses de près. Il était extrêmement brillant, mais ne semble pas avoir eu pleinement conscience de tous les enjeux technologiques.
- S’il avait pris le temps dans le calme de se pencher lui-même sur le problème et sur ces rumeurs, je suppose qu’il ne se serait pas laissé abuser. C’est tant mieux pour le monde libre.

Bien navicallemand - Thierry Bressol R/O

PS : Il m’est difficile d’éviter la tentation de faire ici une allusion à ce que nous avons pu constater par surprise au printemps 1997 en "direct live" un soir à la Télévision FR3.
- Le Président Jacques Chirac inaugurait un centre informatique pour les jeunes en Ile de France, devant des ordinateurs PC équipés pour la connexion à Internet. On lui demanda de prendre la souris.
- Sa surprenante réaction spontanée ne pouvait être feinte, ni s’exprimer ainsi pour plaisanter car il n’en avait ni le temps ni l’esprit. Il ne put s’empêcher de demander :
- "La souris ? Quelle souris ? Où ça la souris ?..." Désorienté, il cherchait partout du regard.

Nous avons su à cette occasion, que le Président de la République en cette fin du vingtième siècle, il ignore tout de l’usage d’un ordinateur même la souris, ce qui ne l’empêche pas de prêcher pour le développement des hautes technologies et d’encourager à innover plus que les Chinois. Comment faire confiance ?
- A notre époque, savoir comment fonctionne un ordinateur et au moins comment on s’en sert, ce serait bien le moins que l’on puisse demander à celui (ou celle) qui prétend représenter tout le monde.

- Depuis les années 60 les marins du commerce (pour n’évoquer que ceux-ci) se voient régulièrement confier des navires équipés d’un matériel toujours plus sophistiqué. Il nous a sans cesse fallu nous adapter. Chacun à sa façon nous l’avons fait.
- Si tel avait été notre comportement, notre marine n’aurait pas attendu les années 1980 pour être gravement malade. D’autre part nous n’aurions pas même su appareiller, dès la première apparition d’un automatisme à bord...

Radar et Radio
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Portrait d’un U-Boot type IX-B (Mike Rock)

Information reçue le 23 Août 2008 au soir :
- Bonjour, à la suite de votre article sur le matériel METOX des U-Boote, je vous expose les remarques suivantes qui proviennent d’un ancien technicien Allemand affecté sur la BA106 de Mérignac entre 1941 et 1944 :
- En juillet 1943 les Allemands ont émis l’hypothèse que les radiations de l’oscillateur du récepteur R600A fabriqué chez METOX et chez GRANDIN en France, puisse trahir les U-Boot, si des aéronefs anglais étaient équipés d’un récepteur muni d’un oscilloscope.
- A la fin de juillet 1943 fut monté au sol à Mérignac un récepteur METOX avec un oscillateur accordé à 125 MHz et relié à une antenne type de sous-marin. D’autre part un Fw 200 équipé du matériel "Rostok" fut modifié avec son émetteur bloqué travaillant alors comme une antenne passive, en d’autres termes en récepteur seulement.
- De cette configuration il fut observé que l’antenne "Rostock" accordé à la fréquence de 125MHz du METOX était brouillée à une altitude de 3 à 4000 m sur une distance de 50 à 70 km !
- De ce fait l’ensemble des récepteurs METOX furent vite enlevés de tous les U-Boote. D’autre part ce matériel n’était plus vital car les ASV-Vessel (Anti-Surface-Vessel) à 200 MHz étaient alors remplacés par les ASV à 9 cm de longueur d’onde.

Comme je suis en cours d’écriture d’un mémoire des activités militaires sur la BA106 durant la seconde guerre mondiale, je me permet de vous contacter afin d’obtenir de votre part un avis sur ce récit :
- Cela vous semble-t-il plausible ?

Olivier BUISAN
- Envoi via le site Souvenirs de mer

Réponse aux commentaires reçus :
- C’est une bonne occasion pour revenir aux articles consacrés au U-Boote de mon site. Oui, cette explication est relativement plausible, même si c’est parfaitement inattendu ! Je crois cependant que fort peu d’avions Anglais pouvaient détecter ces Metox défectueux de cette façon. Mais si cela fut ainsi constaté, ce danger existait...

Ce n’est pas une histoire techniquement très simple et c’est arrivé il y a trop longtemps. Une double remarque s’impose :
- Ce fut tout de même "assez tordu" pour que les "intéressés" encore vivants, continuent à se poser des questions durant les années 1980, peut-être même encore en 2008. Et nous aussi on continue !! C’est dire.

Au-delà du côté technicien de l’affaire, je remarque aussi qu’il n’y avait pas d’électronicien "pointu" à l’Etat-Major de la Kriegsmarine et il me semble que ce fut un tort... Il est donc compréhensible que des disparitions inexpliqués de U-Boote aient sur le moment provoqué cette réaction de faire démonter les Metox, surtout après la lecture d’un tel rapport technique !
- D’autre part pour avoir fait réaliser ce genre d’essai, il fallait que quelqu’un "bien placé" s’en doute avec certitude ! Ce fut peut-être la conséquence de l’interrogatoire auquel j’ai fait allusion, tout simplement.

Peut-être aussi que ces disparitions n’avaient pas d’autres causes que le coup le plus tordu de toute la guerre, c’est à dire la faculté que les Anglais avaient de lire tout ce qui passait à travers la machine Enigma. On ne l’a su qu’en 1974...
- Le Prince Noir & Turing

Mais les Anglais furent sans doutes submergés par cette quantité d’informations pas toujours utiles ou intéressantes. Ceci méritait cet additif à mon bord. Et si cela peut susciter d’autres réactions...

Note : L’accident informatique du 8 Juin 2008 a plus ou moins saboté le contenu du site en effaçant toutes les corrections et mises à jour en juin dernier. En effet il est évident que certains détails ou certaines dates peuvent parfois être inexactes, car ma mémoire peut aussi être défaillante. Autant pour moi car les articles les plus anciens du site ont souvent été rédigés à la "vitesse grand-V", et furent généralement corrigés par la suite. Mais il me faut tout re-corriger depuis
juin 2008.
- Autant pour moi ! (journal de bord)
- Le problème fut que les sauvegardes les plus récentes ont été détruites. No comment.


Note Technique : les commentaires ci-après ont été laissés à la suite d’une mystérieuse fausse manoeuvre sous l’article nr 80 aujourd’hui consacré à Orange, dont le texte totalement périmé vient d’être remplacé le 21 Octobre 2010. Il me semble donc utile de les poser à leur juste place !

Le 15 novembre 2007, G Dessornes : U-Boote et Metox

Bonsoir M Thierry BRESSOL
- A propos des Metox (certains fabriques a Paris !) je voudrais noter qq points de discordance :
- "Le radar était encore à l’époque une technique récente (1933) mal connue et plus ou moins bien maîtrisée, en particulier du côté Allemand...."

En fait on sait maintenant que les Allemands étaient autrement plus en avance que les alliés (et la France, hélas) Les Anglo-saxons ont toujours pensé qu’eux seuls avec les radars à magnétrons avaient l’avantage. Les Allemands eux, avaient des radars de conduite de tir SANS magnetrons, qui ne furent égalés qu’en 1943 avec le SCR 584 US.

D’autre part :
- "Très probablement pour piéger le Metox à coup sûr, les Américains et leurs aides Européens mirent au point le radar centimétrique à la fin de 1943.etc..."

Le fait que les radars US soient passés aux ondes décimétriques n’a rien à voir avec le Métox. Coincidence due au magnétron. Notez que le SCR 268 Marcajier SANS vrai magnetron sur 1.5m en 1940-41 et a Pearl Harbor en 42.

Maintenant j’ai une petite question :
- Vous mentionnez un apareil francais récupéré par les Allemands. Pouvez vous dites élaboré ?

Merci et très cordialement votre. G Dessornes - Californie


Le 15 novembre 2007, par Thierry BRESSOL :
- Vos précisions sont très intéressantes. Merci !
- Il est sûr que l’avance technologiqe des uns et des autres à l’époque, nous reste encore mal connue. Il nous a fallu attendre 1974 pour que soit enfin(!) révélée l’existence des écoutes et des bonnes interprétations des messages expédiés avec la fameuse machine Enigma. Ce secret était dévastateur en effet... De là à supposer que d’autres "bonnes trouvailles" aient été gardées secrètes depuis les années 40, ce n’est pas inimaginable.
- Ceci dit effectivement, les Allemands avaient des radars de surveillance aérienne qui fonctionnaient sans magnétron, invention Américaine. Ce sujet est inépuisable. D’autre part, pour en savourer tout l’intérêt il faut d’abord être très technicien !

Cet article est complété par celui qui est consacré à la TV :
- Histoire commune du Radar de Navigation et de la TV
- Merci, bien amicalement et navicalement.

Le 15 novembre 2007 : Les U-Boot et le « Metox »

Msg très intéressant reçu étrangement à la fin d’un autre article :

Bonsoir M Thierry BRESSOL : A propos des Metox (certains fabriqués à Paris !!)

je voudrais noter qq points de discordance :
- "Le radar était encore à l’époque une technique récente (1933) mal connue et plus ou moins bien maîtrisée, en particulier du côté Allemand..."

En fait on sait maintenant que les Allemands étaient autrement plus en avance que les alliés et la France, hélas.

Les Anglo-saxons ont toujours pensé que seuls les radar à magnétrons avaient l’avantage. Les Allemands avaient des radars de conduite de tir SANS magnetrons qui n’ont été égalés qu’en 1943 avec le SCR 584 US. Et "Très probablement pour piéger le Metox à coup sûr, les Américains et leurs aides Européens mirent au point le radar centimétrique à la fin de 1943...."

Le fait que les radars US aient passé aux ondes décimetriques n’a rien a voir avec le Metox... Coincidence due au magnétron. Notez que le SCR 268 Marcajier SANS vrai magnetron sur la longueur d’onde 1.50 m en 1940 et 41 fut utilisé à Pearl Harbor en 42.

Maintenant j’ai une question : vous mentionnez un apareil francais récupéré par les Allemands. Pouvez-vous dire élaboré ?

- Merci et tres cordialement votre G. Dessornes Californie (gaselen earthlink.net)

Radar et Metox 15 novembre 2007, par Thierry BRESSOL

Vos précisions sont très intéressantes ! Merci !

Il est sûr que l’avance technologiqe des uns et des autres à l’époque, nous reste encore mal connue. Il nous a fallu attendre 1974 pour que soit enfin(!) révélée l’existence des écoutes et des bonnes interprétations des messages expédiés avec la fameuse machine Enigma !
Ce secret était dévastateur en effet...
Delà à supposer que d’autres "bonnes trouvailles" aient été gardées secrètes depuis les années 40, ce n’est pas inimaginable.
- Ceci dit, effectivement, les Allemands avaient des radars de surveillance aérienne qui fonctionnaient sans magnétron, invention Américaine. Ce sujet est inépuisable. D’autre part, pour en savourer tout l’intérêt il faut d’abord être très technicien !
- Merci, bien amicalement.


A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
- Qui je suis ?


"Souvenirs-de-mer" et "Marine Inconnue" : http://souvenirs-de-mer.cloudns.org/