Souvenirs de mer

15 septembre 2005

Extraits de "Voyage" d’Ibn Jubayr

Ibn Jubayr n’était pas un marin mais un grand voyageur. Cela dit en 1185 les voyageurs et la mer allaient naturellement bien ensemble. Pour conclure, je pense qu’il faut le lire aussi avec moi, qui n’a eu que l’idée de le faire connaître avec mon point de vue d’ancien marin.
- Ibn Jubaïr nous a donné "Rihla" ou "Voyage", un livre de voyages rare et parmi les plus intéressants.

(Samedi le 14 Mai 2005, réparé et corrigé le 5 Mars 2009 à 22h00)
- Merci à Laurent Albaret le Vendredi 14 Mai 2004
- Suite de Ibn Jubayr, Voyageur en 1185 et Naufrage d’Ibn Jubayr en 1185 :

Orient médiéval - Égypte Musulmane

La couverture d’une édition récente de "Rihla" en anglais

Citation de "Rihla" (Voyage) traduction par M. Gaudefroy-Demombynes et deux autres littéraires nommés Amar et Hemdane, Paris 1949 I, p. 40-43 (Note Th.Bressol : mon livre perdu)
- Ibn Djubayr doit sa célébrité du 20ème siècle aux récits de ses voyages, dont un pèlerinage à La Mecque.

Valencia le château

Célèbre voyageur et Lettré Andalou, Ibn Djubayr est né en Espagne à Valence en 1145 dans une famille Arabe qui s’était fixée dans la région depuis plusieurs siècles vers l’année 740. Son père étant fonctionnaire, Ibn Djubayr fit ses études à Játiva en sciences religieuses et en belles-lettres ou poésie. Considéré comme "brillant", il est vite devenu le Secrétaire du Gouverneur Almohade de Grenade, avec un rang comparable à celui de Gouverneur dans la Belgique du 20ème siècle, ou de Préfet en France.

Grenade

Le point d’origine de ses récits de voyage fut son pèlerinage à La Mecque effectué aussi pour se repentir concrètement d’avoir bu trop de vin...
- Note Th. Bressol : même si cela lui arriva tout à fait involontairement.

Alhambra de Grenade

Il quitta donc de Grenade en Février 1183 pour se rendre à Alexandrie en bateau, (naturellement il n’a pas pris l’avion) puis visita l’Égypte pour aller en Arabie en traversant la Mer Rouge. Il resta neuf mois à La Mecque puis rentra vers son Espagne natale après avoir traversé l’Irak en passant cinq jours à Bagdad, puis la Syrie et la Terre Sainte. Lors de son retour toujours par la voie maritime via la Sicile, il fit naufrage près de Messine ou il fut secouru et accueilli par le Roi.
- De retour en Andalousie en Avril 1185, il effectuera par la suite un second voyage plus court en Orient (1189-1191).
- En 1217 Ibn Djubayr est reparti pour Alexandrie où il enseigna le Droit, la géographie, la Navigation et la Littérature. Il y est mort malade la même année. Lisons le un peu :

Port d’Alexandrie, il y a "un certain temps"

Citation :
- "Tout d’abord, l’heureux site de la ville et l’étendue de sa surface construite. Nous n’avons point visité de ville dont les voies d’accès soient plus vastes ni les édifices plus hauts qui soit plus belle et en même temps plus vivante que celle-ci."

"Les souks eux aussi, sont extrêmement animés. C’est une merveille de sa situation que ses constructions souterraines soient aussi considérables que celles qui sont à la surface, qu’elles soient plus belles et plus solides, car l’eau du Nil traverse sous terre, toutes les maisons et les rues."
- "Les puits sont tous proches les uns des autres et ils communiquent entre eux. Parmi les merveilles de cette ville, l’une des plus importantes que nous ayons vues est le Phare dont Dieu, par les mains de ceux qu’il soumit à ce travail, fit un signe pour ceux qui cherchent à connaître la vérité et pour les voyageurs un point de repère. Sans lui, ceux-ci ne trouveraient point leur route vers le continent d’Alexandrie :
- Il est en effet visible à plus de soixante-dix milles marins [...]. "

Le phare d’Alexandrie, trop ancien pour être vu par Ibn Jubayr ? Il y en a eu plusieurs, pour autant que je le sache.

"Le Sultan a poussé la sollicitude envers ces étrangers venus de si loin jusqu’à ordonner d’installer des bains où ils peuvent se baigner quand ils en ont besoin et de fonder un hôpital où sont soignés ceux d’entre eux qui sont malades. Il y a établi des médecins qui examinent leur état et sous leurs ordres, des serviteurs que ceux-ci chargent de veiller à l’exécution des prescriptions de traitement et de régime qu’ils édictent pour leur bien. Il y a appointé aussi des gens chargés de visiter les malades qui s’abstiennent de venir à l’hôpital, particulièrement parmi les étrangers. Ces personnes expliquent leur cas aux médecins afin que ceux-ci prennent en main leur traitement."
- "C’est encore un bien noble dessein qui a conduit le Sultan à attribuer aux étrangers errants sur les chemins, quel que soit leur nombre, deux pains par personne et par jour. Il désigne pour veiller à cette distribution quotidienne un homme de confiance agissant en son nom. On en arrive chaque jour à deux mille pains ou même davantage, selon le nombre plus ou moins grand des quémandeurs. Cette institution fonctionne en permanence [...]."

Alexandrie (vue d’époque ?)

"Les habitants de cette ville sont au comble du bien-être et de l’aisance en leurs affaires, car ils ne sont chargés d’aucun impôt. Le Sultan ne tire d’eux aucun profit, hors les waqfs qui sont biens de main morte constitués par lui pour ses fondations, la taxe de capitation des Juifs et des Chrétiens et la part qui lui revient sur la zakâ des métaux précieux et qui est des trois huitièmes, les cinq autres étant affectés aux fondations."
- "Le Sultan qui a créé ces louables institutions et qui a instauré ces règles généreuses méconnues depuis bien longtemps, c’est Salah ad-dîn Abou-l-Mozaffar Yousouf ben Ayyoub, Dieu veuille joindre en sa faveur la paix et l’approbation !"
- Telle reste la description d’Alexandrie par Ibn Djubayr.

Damas

1/ Damas :
- "Les Chrétiens font payer sur leur territoire aux Musulmans une taxe, qui est appliquée en toute bonne foi. Mais les marchands Chrétiens à leur tour, paient en territoire Musulman une taxe sur leurs marchandises. L’entente est entre eux parfaite et l’équité est observée en toute circonstance. Les gens de guerre sont occupés à leur guerre, le peuple demeure en paix et les biens de ce monde vont à celui qui est vainqueur. Telle est la conduite des gens de ce pays dans leur guerre.
- Il en va de même dans la lutte intestine survenue entre les émirs des Musulmans et leurs rois. Elle n’atteint ni les peuples, ni les marchands et la sécurité ne leur fait défaut dans aucune circonstance, paix ou guerre. La situation de ce pays sous ce rapport, est si extraordinaire que le discours n’en saurait épuiser la matière. Que Dieu exalte la parole de l’islam par sa faveur."

2/ Baniyâs :
- "Que Dieu la protège ! Cette cité est le premier poste frontière du pays des Musulmans, elle est petite avec une citadelle dont un cours d’eau fait le tour, au pied de sa muraille. Pénétrant par l’une des portes de la ville, il poursuit son cours sous des moulins. Elle était aux mains des Francs quand feu Nûr al-Dîn la fit revenir à l’Islam. Elle a un vaste territoire de labour dans une plaine qui l’avoisine et qui est dominée par une forteresse des Francs appelée Hûnin, située à 2 ou 3 parasanges de Baniyâs. L’exploitation de cette plaine est partagée entre les Musulmans et les Francs, suivant un règlement qu’ils appellent "règlement de partage" :
- "Ils partagent la récolte en portions égales et leurs bêtes y sont mêlées, sans qu’il en résulte entre eux aucun acte d’injustice."

Massada : à l’Horizon la Mer Morte

3/ Jean d’Acre ou Akka :
- "Nous nous sommes arrêtés le lundi dans l’une des 5 fermes de Saint-Jean-d’Acre à une parasange de la ville. Le Chef ou "le Directeur" est un Musulman, chargé de commander pour le compte des Francs aux travailleurs Musulmans qui s’y trouvent. Il réserva à tous les gens de notre caravane une hospitalité magnifique et les accueilla tous, grands et petits, dans une vaste chambre haute de son habitation. Il leur a offert diverses espèces de mets qu’il leur fit servir, réservant ainsi à tous son généreux accueil. Nous fûmes de ceux qui profitèrent de cette serviable invitation."
- "Cette nuit ainsi passée, au matin du mardi 10 de ce mois de septembre à Saint-Jean-d’Acre (que Dieu la ruine !) on nous a emmenés à la douane qui était un khan destiné à la station de notre caravane."

"Devant la porte sur des bancs couverts de tapis, étaient assis les secrétaires Chrétiens de la douane avec des écritoires d’ébène à ornements d’or. Ils savaient écrire et parler l’arabe ainsi que leur chef, fermier de la douane, qu’on appelait le "çahib 7", titre qui lui est donné à cause de l’importance de sa fonction."
- "Ce titre est conféré à toute personne considérable et préposée à une charge autre que celles de l’armée. Tout impôt chez eux
est converti en une ferme, et la ferme de cette douane vaut une somme considérable. Les marchands y descendirent leurs charges et s’installèrent à l’étage supérieur. On examina la charge de ceux qui déclarèrent n’avoir point de marchandises, pour constater s’il n’y en avait point de cachées, puis on les laissa aller leur chemin et prendre logis où ils voudraient."

"Tout cela se fit avec politesse et courtoisie, sans brutalité ni bousculade. Nous sommes allés loger dans une chambre louée à une chrétienne, belle femme résidant face à la mer. Nous avons demandé à Dieu de combler notre paix et faciliter notre sécurité."
- "Que Dieu l’anéantisse et la rende ensuite à l’Islam !"

Saint Jean d’Acre (Akka)

"Acre est la capitale de toutes les cités des Francs en Syrie, l’escale des voiles se dressant comme des étendards sur la mer immense", le port de tout navire, l’égale par sa grandeur et son animation de Constantinople, centre de réunion des bateaux et des caravanes, rendez-vous des marchands Musulmans et Chrétiens de tous les pays."
- "Les rues d’Acre et ses voies publiques regorgent de la foule et la place est étroite où poser son pas. Elle brûle dans l’incroyance et l’iniquité, elle regorge de cochons et de croix, sale, dégoûtante, toute emplie d’immondices et d’ordures. Les Francs l’ont enlevée aux Musulmans dès la première décennie du VIe siècle."

"L’Islam l’a pleurée à pleines paupières et ce fut l’une de ses lourdes peines. Les mosquées y sont devenues des églises et les minarets des sonoirs à cloches. Dieu a cependant conservé pure, dans sa mosquée principale, une place qui est réservée aux musulmans, comme un petit oratoire où les étrangers d’entre eux se réunissent pour célébrer la prière rituelle. À son mihrab est le tombeau du prophète Calih (que Dieu lui accorde prière et salut) ainsi qu’à tous les prophètes ! Dieu a garanti cette place de la souillure de l’incroyance pour la baraka de ce saint tombeau."

"À l’Est de la ville est une source [...] proche d’une mosquée dont le mihrab est resté intact. Les Francs se sont donnés un autre mihrab dans la partie Est. Ainsi Musulmans et Chrétiens s’y assemblent et prennent les uns une direction de prière, les autres une autre. Entre les mains des Chrétiens cette mosquée est vénérée et respectée. Dieu veuille y conserver avec ou sans eux pour les Musulmans une place où prier !"

Palais de Palerme

4/ Palerme capitale de la Sicile Musulmane :
- "Elle est dans ces îles, la mère de la vie citadine unissant en elle deux beautés, richesse et éclat. Elle a tout ce que l’ont peut souhaiter pour charmer l’ouïe et la vue, et pour réaliser une vie pleine et verdissante, belle et splendide, brillante, plaisante, elle apparaît en une vision ensorcelante. Parmi ses places et ses espaces on imagine qu’elle est toute entière un jardin. Les rues et avenues y sont spacieuses, elles charment tous les regards par la brillante beauté de leur aspect. Extraordinaire, elle a des édifices dignes de Cordoue, c’est à dire que tous les bâtiments sont en pierre de taille appelée tuf."(...)
- "Les palais du Roi sont rangés sur la poitrine de la cité, comme les colliers sur le cou de jeunes femmes aux seins arrondis. En ses jardins et ses hippodromes se succèdent plaisirs et jeux. Combien de closeries et de pièces d’eau, de pavillons de plaisance et de belvédères, ce roi possède sans les habiter ! Combien il possède dans ses quartiers, de couvents aux bâtiments, brillamment ornés dont les moines sont richement pourvus de larges censives et dont les églises ont des croix orfévrées d’or et d’argent (...)".
- "En cette cité les Musulmans conservent cependant quelques restes de leur foi. Ils fréquentent la plupart de leurs mosquées et ils y célèbrent la prière rituelle sur appel clairement entendu. Ils ont des faubourgs qu’ils habitent seuls, à l’exclusion des Chrétiens. Mais les souks en sont fréquentés par eux et ils en sont aussi des marchands (...)."
- "Ils ont un Cadi devant lequel ils élèvent leurs procès et ils ont une mosquée principale où ils s’assemblent pour faire la prière et qu’ils ont grand soin d’illuminer en ce mois béni. [C’était le Ramadan] Les mosquées ordinaires sont fort nombreuses, innombrables. Pour la plupart, elles servent de classes pour les professeurs de Coran." (...)
- "En somme, ces gens sont des isolés séparés de leurs frères Musulmans, et sous tutelle des infidèles. Ils n’ont aucune sécurité, ni pour leurs biens, ni pour leurs femmes, ni pour leurs fils. Dieu veuille les rétablir en leur état, grâce à une intervention favorable. [...]"
- "L’un des édifices des infidèles les plus extraordinaires que nous ayons vus est l’église dite de l’Antiochien. Nous l’avons visitée le jour de la Nativité, qui est pour les Chrétiens une très grande fête à laquelle ils se rendent en foule, hommes et femmes. Son architecture nous offrit un spectacle indescriptible, tel qu’il faut décider qu’elle est le plus merveilleux des ouvrages de ce bas monde. Ses murs sont à l’intérieur, entièrement revêtus d’or avec des plaques de marbre de différentes couleurs, tel qu’on n’en vit jamais de pareil. Les murs sont ornés partout de mosaïques d’or et couronnés d’arborescences en mosaïque verte. [...]"
- "Cette église a un clocher qui repose sur des piliers-colonnes en marbre de différentes couleurs et une coupole y est élevée sur d’autres colonnes. C’est la construction la plus extraordinaire qui soit. Dieu veuille l’honorer bientôt de l’appel à la prière, par sa bonté et son intervention généreuse !"

"Dans cette bonne ville de Palerme, la parure des Chrétiennes est celle des femmes des Musulmans. La langue alerte, enveloppées et voilées, elles sont dehors à l’occasion de la fête dont nous venons de parler, vêtues d’étoffes de soie brochées d’or, drapées dans des vêtements magnifiques, voilées de voiles aux couleurs variées et chaussées de bottines brodées d’or, elles se pavanent en se rendant à leurs églises ou plutôt à leurs gîtes. Elles portent en somme, toute la parure des femmes des Musulmans y compris les bijoux, les teintures et les parfums."

Note Thierry Bressol : En homme bon vivant et excellent voyageur, Ibn Jubayr semble s’être également beaucoup intéressé aux Chrétiennes. Quelques recherches historiques difficiles sans doute, sont peut-être nécessaires pour en savoir plus...

Une ruelle ancienne à Palerme

5/ Les environs de Palerme :
- "Nous sortons de Palerme au petit matin du vendredi pour nous rendre à Trapani, à la recherche de deux navires s’en allant l’un en Andalousie, l’autre à Ceuta. Tous deux avaient fait voile vers Alexandrie et transportaient des pèlerins et des marchands Musulmans. Nous passons par une suite ininterrompue de villages et de fermes fort rapprochées. Nous voyons des labours et des cultures en un terroir tel, qu’on n’en saurait trouver de plus généreux de plus excellent, de plus étendu."

"Nous les comparons à celui de la campagne de Cordoue mais la terre est ici encore meilleure et plus forte."
- "Sur notre route, nous passons une seule nuit dans une localité appelée Alcamo, grande et vaste, avec un souk et des mosquées. Les habitants de cette ville, comme ceux des fermes que nous avons rencontrées sur notre route, sont tous Musulmans. Nous en partons à l’aube du samedi et dans les environs, nous passons près d’une grande localité avec de nombreux bains d’eau chaude. Nous descendons de monture et délassons notre corps en nous y baignant. Nous arrivons à Trapani à la tombée de la nuit et nous nous installons dans une maison que nous prenons en location. [...]"

"Cette ville a un souk, un bain et toutes les commodités que l’on doit trouver dans une ville. [...] Elle jouit d’une aisance qui provient du bon marché des denrées que l’on y trouve, car elle possède un très vaste territoire en labour. Les habitants sont des musulmans et des chrétiens, chacune des deux fractions y ayant mosquées et églises. [...] Ce jour avait été jour de jeûne pour les habitants de cette cité. Ceux-ci célébrèrent la fête [de rupture de jeûne] [...]. Les gens de la ville sortirent de la ville pour se rendre au champ de prières. Ils se mirent en marche avec timbales et trompettes. Nous fûmes surpris de cela et de la licence que les chrétiens leur en laissaient."

Le détroit de Messine

6/ Le roi de Sicile Guillaume Ier (1154-1166) vu par le voyageur Arabe Ibn Jubayr :
- "L’attitude du Roi est vraiment extraordinaire. Il a une conduite parfaite envers les Musulmans. Il leur confie des emplois, il choisit parmi eux ses officiers et tous ou presque tous, gardent secrète leur foi et restent attachés à la foi de l’Islam."

"Mais le Roi a pleine confiance dans les Musulmans et se repose sur eux dans ses affaires et pour l’essentiel de toutes ses préoccupations, à tel point que l’intendant de sa cuisine est aussi un Musulman."
- "À Messine le Roi a un château blanc comme la colombe qui domine le rivage de la mer. Il a un choix nombreux de pages et de femmes esclaves. Il n’y a point de Roi des Chrétiens qui soit plus splendide en sa royauté, plus fortuné et plus luxueux que lui. (...) Par l’éclat de sa pompe royale, par l’étalage de sa parure, il ressemble au Roi des Musulmans (...) Un autre trait
que l’on rapporte de lui et qui est extraordinaire, c’est qu’il lit et écrit parfaitement l’Arabe (...)"
- "On nous a aussi raconté que cette île fut secoué d’un tremblement de terre, dont ce roi polythéiste fut fort effrayé. Il parcourut alors son palais où il n’entendit qu’invocations à Dieu et à son prophète, prononcées par ses femmes et par ses eunuques. Si ceux-ci manifestèrent quelque trouble à sa vue, il leur dit pour les rassurer :
- "Que chacun de vous invoque celui qu’il adore et dont il suit la foi !"
- Fin de citation.

Les environs de Messine

Notes Th.Bressol : Un des passages du livre le plus savoureux reste ce récit resté très actuel, concernant les formalités de Douane. Les marins d’aujourd’hui savent de quoi je parle. La relève fut parfaitement assurée à travers les temps, il n’y a aucun doute !
- Je n’ai pas su retrouver sur l’Internet tout le récit de son naufrage, dont j’ai heureusement pu retenir quelques intéressants détails relatés ici la semaine dernière. Mais j’y reviendrais, "timing permitting" !

D’autre part on l’aura remarqué, Ibn Jubayr était "un gentil". Mais en homme pieux mais sans concession, il n’acceptait pas comme un fait acquis et définitif la présence des "Francs" en Terre dite Sainte ou d’Islam et n’était pas le seul. Pour bien évoquer sa piété très personnelle, je dois aussi préciser ici la raison exacte de son premier pèlerinage :

Ibn Jobaïr a voulu se repentir d’avoir bu du vin, ce qui ne lui arrivait jamais normalement. Il était le premier conseiller et "Secrétaire" du prince Mulsulman Gouverneur Almohade de Grenade qui lui, était un "trop bon buveur".
- Ce dernier ne savait pas toujours "s’arrêter à temps" de boire semble-t-il. Il se moquait d’autre part souvent de ceux qui ne consommaient pas d’alcool. C’est ainsi que par la ruse, il réussit un jour à faire boire son premier collaborateur jusqu’à le rendre complètement ivre.

Estimant cependant nécessaire de se racheter, Ibn Djubaïr décida donc de faire Le Voyage. Avec le vague souvenir de ce que j’ai lu, ce fut probablement une cuite mémorable mais comme il fut capable de la raconter, il n’a sans doute pas bu autant qu’on le pense.

Bien navicalement - Thierry Bressol - OR1
- Ibn Jubayr, Grand Voyageur Maritime de 1185
- Quand Ibn Jubayr a fait naufrage
- Extraits de "Voyage" d’Ibn Jubayr

- L’avenir du port de Gaza (le 16 Janvier 2009)

Merci aux sites évoquant Ibn Jubaïr, dont je suis certain qu’en homme moderne qu’il était, saurait apprécier cette façon de se souvenir de lui :
- Témoignage Andalou par Thierry Aimard (aimard.thierry wanadoo.fr)
- L’Egypte aujourd’hui
- Extraits de "Voyage"
- Extraits de "Voyage"

La pensée navale et militaire de l’époque, ça c’est intéressant !
- "Voyage"
- Les Croisades
- Le détroit de Messine
- Messine autrefois
- Le détroit de Messine en Italien

L’amiral Laurent Mérer s’est fait écrivain. Lire "Alindien" aux éditions Le Télégramme.

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A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur
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